Perpignan-Toutvabien

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16oct

THT : réunion de pêcheurs à la ligne THT à Baixas

Le collectif "Non à la THT" vient de voir le jour. Créé le 3 octobre, il a dévoilé son existence lors d’une conférence de presse, le 10 octobre, à Baixas. Une dizaine de responsables de diverses associations de défense de l’environnement avaient donné rendez-vous à la presse sur le trottoir devant Château les Pins. Un lieu de réunion avait bien été demandé à la mairie une semaine plus tôt, hélas, selon une employée municipale, les salles étaient, ce jeudi après-midi, toutes occupées.

Hasard du calendrier, une douzaine de maires se réunissaient à Château les Pins à l’initiative du sénateur Jean-Paul Alduy. Gilles Foxonet, le maire de Baixas, s’approcha des militants et des journalistes qui avaient posé leurs fesses sur les rebords d’une murette dans la cour du mas. Il regretta de n’avoir pu fournir de toit pour la conférence de presse. «Si vous étiez venu la semaine dernière, on vous aurait offert du muscat, mais les vendanges sont terminées.» Il avait l’air tellement et sincèrement désolé qu’il aurait presque fallu le consoler de la contrariété qu’on lui causait.

Et lui, que pensait-il de la ligne THT ? L’élu n’avait pas encore pris position. Il fit remarquer aux militants, qui n’avaient pas choisi Baixas par hasard (la ligne de 400 000 volts y arrive et y est transformée en fluide de moindre puissance alimentant l’ensemble du département), que la ligne passait au-dessus de ses vignes et qu’un pylône planté sur l’une d’elles ne le dérangeait pas.

La discussion avec Gilles Foxonet fut interrompue par l’arrivée de Jean-Paul Alduy et de Daniel Mach. Dommage ! Le maire aurait peut-être dit que les ressources fiscales produites par les installations de transformation d’EDF n’étaient pas négligeables pour sa commune et peut-être pour lui-même, propriétaire d’un arpent où est planté un pylône.

Un bref dialogue s’engagea entre le sénateur, le député et les militants. JPA ne pose pas le problème de la THT seulement en termes d’environnement, «On n’est pas contre alimenter l’Espagne, il faut voir avec qu’elles solutions on fait fonctionner la solidarité énergétique… Et si on ne leur vend pas d’électricité, ils pourraient la fabriquer eux-mêmes en faisant une centrale nucléaire à Figuères.» Ce propos à la limite du chantage aurait pu faire bondir les écolos.

«Jamais le département n’a eu un problème d’environnement aussi important», asséna un Mach Daniel’s qui ne doit pas voir à quel point les carrières défigurent de nombreux paysages du département dont certains parmi les plus beaux.

Militants et politiques se sont promis de se revoir et JPA a proposé de faire venir Christian Kert, député, auteur d’un rapport sur l’enfouissement des lignes à hautes et très hautes tensions (consultable sur le site de l’Assemblée Nationale).

Les militants associatifs pouvaient maintenant délivrer leur message. Ce que firent dans le désordre et la confusion la dizaine de personnes qui s’adressaient aux trois journalistes.

«Les risques pour la santé sont reconnus… Leucémie infantile…» Sur la base de quelles études cette affirmation était-elle faite ? «Nous avons établi un dossier conséquent», expliqua un des orateurs. Mais il était venu les mains dans les poches.

Tout le reste fut à l’avenant. Ce type d’opposition ne risque-t-il pas d’être contre-productif ?

Un des responsables évoquait les conséquences catastrophiques de la THT sur l’image des vins du Roussillon. Hors la situation de Baixas ne semble pas lui donner raison. La cave Dom Brial, la plus importante cave coopérative du département en chiffre d’affaires, est surtout l’une de celles qui se porte le mieux.

La cuvée Château les Pins est un des côtes du Roussillon les plus réputés du département. C’est de la même cave que sort un des muscat de Rivesaltes parmi les plus récompensés. Et que dire du Rivesaltes hors d’Age à 30 euros la bouteille considéré comme une des merveilles de la viticulture du département ? A-t-on jamais entendu dire que la ligne à très haute tension et les nombreuses lignes à haute tension qui repartent de la commune causaient un préjudice à sa viticulture ?

Un certain nombre d’informations, données lors de cette conférence de presse, méritent pourtant des explications de la part de RTE, «Trois écoles sont très proches de la ligne à très haute tension.» A quelle distance ? Quel risque de santé publique cela présente-t-il ?

La présentation à la presse, au printemps 2002, du numéro 1 de Roussillon Haute Tension, journal édité par La Hune et la Frene, association et fédération respectivement présidées par Maryse Lapergue et Marc Maillet, avait donné une image de crédibilité des opposants à la THT.

Il s’est depuis produit des évènements qui ont obscurci cette impression. Il est évident que les politiques n’ont pas tous un positionnement très clair. A l’image d’un Caseilles, menant la fronde des élus d’un côté, et de l’autre, honorant avec sa compagne une invitation d’EDF à un dîner spectacle.

Ce projet de ligne THT est aussi devenu un objet politique. Depuis que les socialistes ont perdu le pouvoir, Bourquin accuse «Le gouvernement Raffarin de vouloir casser le département.»

Le risque est grand de voir le débat public qui doit se dérouler l’an prochain être confisqué, détourné, par ceux qui en feront un des fers de lance de leur combat contre la droite et ceux qui seront tentés de faire de l’agitation en exploitant les inquiétudes de la population.

Ces écueils pourront-il être contournés afin qu’ait lieu un vrai débat sur le projet et une sérieuse réflexion sur la valeur et la protection de nos paysages ? La commission qui organisera le grand débat aura fort à faire.

P.S. : Associations composant le collectif "Non à la THT"

- ADIHTC, Association de défense des intérêts des habitants de Toulouges et Canohès. - ADISTC, Le Soler. - APED, Association pour le développement Tech Bas Vallespir. - ASEV,Association pour la sauvegarde de l’environnement de Villemolaque. - l’ADECCAA… - La FENEC, Fédération pour les espaces naturels et l’environnement catalan. - Le Garen, Groupement associatif… - Els Simots, Laroque-des-Albères Et d’autres, nous attendons la liste.

14oct

Brèves

Happy Birthday Mister Président

Dans les colonnes du Midi-Libre du 7 octobre, Luc’ifer Malepeyre a fait sa Marylin en adressant un “Happy Birthday mister Président“ à Christian Bourquin. «Les élus auront-ils le temps de trinquer avec leur président Christian Bourquin, dont c’est l’anniversaire ?», s’inquiétait le journaliste préféré du président. On remet sa !

Lors de la cession plénière du conseil général, c’est Georges Armengol, conseiller général de Cerdagne, qui souhaita un bon anniversaire au président du conseil général.

Evénement majeur pour la République

Devant la tournure que prenaient les choses, il y avait de quoi s’inquiéter. Heureusement Jean Codognès vint avec son verbe et son humour ravageur expliquer que le 7 octobre 1954 c’était produit un évènement majeur pour la République française, la naissance de Christian Bourquin à Millas. La salle a éclaté de rire.

Scotché

Le président du conseil général corrigea en précisant qu’il était né Saint-Féliu d’Amont, en souhaitant que Codognès soit à l’avenir toujours aussi bienveillant avec lui. Ce que Codo fit immédiatement en précisant que Bourquin était donc né près du Soler. Les mots "Le Soler" et "Calvet" ont le pouvoir de donner une crise d’urticaire à un Bourquin qui n’a pas encore digéré sa défaite des législatives.

Les contribuables invités à l’anniversaire du président

A la fin du buffet servi aux conseillers généraux, un gâteau couvert de crème mesurant plus de 1 mètre de long arriva bientôt, suivi par des bouteilles de champagne ouvertes en l’honneur de l’anniversaire du président Bourquin. Cansouline intervint même pour faire applaudir le président. Les contribuables ont été associés à cette manifestation, certes involontairement, puisque ce sont eux qui ont payé le gâteau et le champagne.

Qui a pondu…

Le jour anniversaire de Bourquin est-il tombé par hasard à la date de la cession ou la cession est-elle tombée tout exprès le jour de l’anniversaire de Bourquin ?, se demandait un conseiller général qui n’est pas dupe du narcissisme du président.

Méprisant

Énervé par les nombreuses questions, et la pugnace contradiction que lui opposa un Jean Rigual qui avait mangé du lion, Chritian Bourquin finit par lâcher, «Je vais voir dans les jours à venir si je dois continuer de discuter avec vous.»

Problème

Alors que plusieurs élus demandaient que l’avant dernier point de l’ordre du jour, consacré à la restructuration du CEPR, Centre éducatif et professionnel du Roussillon, soit avancé en début de séance, Bourquin opposa une farouche résistance. Les dizaines de salariés de l’établissement installés depuis 10 heures dans les rangs du public ont dû attendre 14h30 pour assister au débat sur le dossier concernant leur devenir professionnel. Sachant que les travailleurs sociaux votent à gauche dans leur écrasante majorité, combien de voix Bourquin a-t-il fait perdre à la gauche ce matin-là ?

Trois mois sans réunion

Le conseil général ne s’étant pas réuni en cession plénière depuis le 7 juillet. Bourquin aura du mal à se féliciter de le réunir une fois par mois.

C’est du vice

Certaines personnes, peu au fait des mœurs du conseil général, s’interrogeaient sur les causes de la démission de Marcel Mateu de la vice-présidence. Serait-il en désaccord avec Bourquin ? En fait, il s’agit d’une vice-présidence tournante qu’occupent, à tour de rôle, les élus socialistes. Quand vient leur tour cela leur fait quelques milliers de francs en plus d’indemnités mensuelles.

Le punch de Caseilles

Louis Caseilles a fait preuve d’une impressionnante combativité en s’opposant à Bourquin et Cansouline sur le dossier de la restructuration du CEPR. A force d’acharnement, il est même parvenu à les faire reculer. A la grande satisfaction des personnels concernés, le conseil général n’a pas adopté la délibération proposée. En faisant passer une partie des activités sous statut associatif, elle faisait perdre leur statut, lié à la fonction publique, à une partie des salariés. Bourquin faisait la gueule.

L’homme invisible est élu au conseil général

Lors du vote de la décision modificative du budget 2002, on a, comme lors de tous les votes budgétaires importants, noté quelques absences plus ou moins justifiées. Pierre Roig s’est éclipsé quelques minutes… La Sergent Pons était absente sans avoir laissé de procuration, même attitude de Jean-Luc Englebert. Ce dernier, élu Alduyste, est d’ailleurs tellement absent que même lorsqu’il est là on ne le remarque pas. C’est le fantôme du conseil général.

Contre

Madeleine Carbonell, Jean Rigual, Jean Maydat, Jacques Bouille et Paul Blanc, par procuration, ont voté contre la décision modificative du budget.

Les bons élèves

On se souvient des ordinateurs portables offerts aux conseillers généraux par Bourquin pour économiser le papier. Près d’un an après, on constate un faible usage de ce matériel. Seuls, Michel Moly, Pierre Aylagas, Michel Coronas, Henri Demay et Robert Garrabé avaient leur portable allumé devant eux.

ERRATUM Le fantôme du conseil général

Dans les brèves du 14 octobre ci-dessus, nous indiquions que Marie-Cécile Pons et Jean-Luc Englebert, absents tous deux de la cession du conseil général du 7 octobre, n’avaient pas laissé de procuration. Erreur ! Marie-Cécile Pons avait donné sa procuration à Bernard Remedi et Jean-Luc Englebert à Georges Armengol.

Résultat du vote sur le décision modificative du budget 2002 :

Sur 11 conseillers d’opposition :

5, comme nous l’indiquions, ont voté contre : Carbonell, Rigual, Bouille, Blanc, Maydat.

3 ont voté pour : Pons, Marquès, Remedi.

2 absents au moment du vote : Armengol porteur de la procuration d’Englebert et Pierre Roig.

Il est quand même très fort, cet Englebert, il a réussi à donner sa procuration à un élu qui a été absent lors du vote le plus important de la session.

La Sergent Pons a, une nouvelle fois, apporté son soutien aux choix budgétaires de Bourquin.

D’autres ont des absences qui tombent toujours à point nommé, c’est-à-dire aux moment des votes importants.

Au moment où Bourquin canarde le gouvernement Raffarin à boulets rouges, y compris dans les colonnes du magazine du conseil général, il est amusant de voir une partie de la droite lui apporter son soutien.

14oct

Bienvenus aux nouveaux Catalans (2)

Bénis par Christian, Chantal et l’évêque

A l’heure des discours, vers 11 heures, la grande surprise fut de voir que l’évêque de Perpignan avait pris place aux côtés des politiques sur la scène dressée dans la cour du palais des rois de Majorque. Plus grand fut encore l’étonnement, quand Christian Bourquin donna la parole au représentant de l’église catholique. Nom de dieu ! Nous voilà un siècle en arrière, avant la séparation de l’église et de l’état.

Oublier la distinction du politique et du religieux, du public et du privé. Depuis quand la République fait-elle participer le représentant d’une religion à une de ces manifestations publiques ?

Cette situation ne semble pas avoir fait lever un seul sourcil parmi les nombreux conseillers généraux socialistes et communistes présents. Les mêmes représentants de cette gauche officielle molle, tiède et transparente vont ensuite s’étonner que leurs ouailles préfèrent se vouer à Besancenot, Laguiller, Mamère ou Chevènement.

Chantal Gombert, maire adjointe de Perpignan, représentant Jean-Paul Alduy fit un discours des plus remarqués. Elle se félicitait d’avoir “ Dés le début soutenu l’excellente initiative de Christian Bourquin “. Et au cas où ce dernier n’aurait pas bien entendu l’enchaînement de félicitations qui suivit, la laudatrice martela “ j’approuve à 100 % l’initiative de Christian Bourquin “. La légèreté n’est pas, il est vrai, la principale qualité de Chantal Gombert. Cela contribue peut-être à la rapprocher de Christ’hi-han.

Les cantonales de 2004 approchant Bourquin, qui a perdu son siège de député sur la ville de Perpignan en bonne partie à cause de la guéguerre qu’il mena au chef lieu de département, fait, à présent, le gentil qui s’entendrait bien avec JPA et qui ferait tout ce qu’il peut pour les Perpignanais. La caution apportée par Chantal Gombert a donc provoqué de l’effervescence dans les rangs UMPistes.

Le clou du spectacle fut assuré par un Bourquin parlant si facilement du président du conseil général à la troisième personne que l’on pensait parfois qu’il parlait d’un autre.

BourKing Premier remonta à l’époque des rois de Majorque et à “ La construction du palais de Perpignan en moins de trente ans… Une période extraordinaire où, grâce au commerce, les Catalans dominaient la Méditerranée…Mais tout cela s’est écroulé et il y a eu un vaste endormissement… Et bien ce paradis perdu, je veux vous le faire retrouver. " Après les lendemains qui chantent, voilà le retour du paradis perdu, interprété par un BourKing Premier qui prétend réincarner les rois de Majorque.

Bourquin déclencha quelques rires sonores et de nombreux apartés dans l’assistance et sur la tribune lorsqu’il donna rendez-vous dans trois mille ans.

Après s’être Investi de ce rôle messianique, Christian Bourquin déclara à la foule massée à ses pieds «Je me permets de vous déclarer citoyens Catalans.»

Les propos généreux du président du conseil général furent chaudement applaudis. Vous étes chez vous, vous êtes des nôtres, dît en substance Christian Bourquin, en s’inspirant du principe de primauté du droit du sol.

On s’étonnera que depuis quelques temps déjà, Bourquin parle de “citoyen catalan“. Les nationalistes catalans se réjouiront de la reconnaissance d’une citoyenneté catalane. Mais ce propos s’inscrit-il dans une pensée politique ou dans l’habituelle confusion du discours Bourquinien ?

Ce qui est bien réel et bien palpable, c’est la mégalomanie croissante de BourKing Premier, roi de Millas. Elle vient là d’atteindre des sommets.

PS : Dans le premier article consacré à cette manifestation, nous avons omis de rappeler qu’elle était financée par le CDT, Comité départemental du Tourisme. Les budgets de communication et de relation publiques du conseil général atteignant déjà des niveaux records, il fallait bien trouver le moyen de financer cette opération pourtant fort éloignée des objectifs du comité départemental du Tourisme.

11oct

Lancer du disque : JPA champion d'Europe

À force d’entraînement, Jean-Paul Alduy lance le disque de plus en plus loin. Il faut rappeler comment le maire de Perpignan est devenu un athlète dans cette discipline assez particulière.

L’histoire commence en 1993, et oui, bientôt dix ans. Lors du Festival International du disque, Jean-Paul Alduy signe avec Jean-Pierre Farkas, directeur de Radio France, une convention faisant de Perpignan l’héritière d’une collection de 100 000 disques vinyle en 45 et 33 tours, venant des stations locales de Radio France. En contrepartie, la ville s’engageait à créer un espace pour conserver cette collection que les responsables de la grande discothèque de Radio France n’ont pas voulu récupérer jugeant qu’elle faisait doublon avec leur fond.

Jean-Paul Alduy prit alors l’engagement de créer un musée du disque. La collection dormait déjà depuis quelques années dans des sous-sols de la municipalité quand certains s’inquiétèrent de l’oubli dans lequel elle était tombée. Il fallut alors pas mal de temps à notre maire pour sortir de son silence et annoncer la création de ce qui n’était plus un musée, mais un espace du disque, et qui verrait le jour dans le cadre de la deuxième tranche du Médiator.

Surprise, lors de l’inauguration des derniers bâtiments du Médiator, il y a quelques jours, l’Espace Disques promis, maintes fois, à cet endroit, n’y était pas.

Il sera, dit-on, fait ailleurs. On croit comprendre que le responsable de l’établissement n’a pas voulu récupérer la gestion d’une collection loin de sa programmation orientée vers les musiques actuelles. Maurice Lidou, le directeur du Médiator, précise, quant à lui, que dans l’étude qu’il a faite, en vue de la réalisation du Médiator, il a préconisé que la conservation et la gestion de la collection de 100 000 disques qui supposait des moyens de conservation considérables et des compétences musicologiques que le Médiator ne pourrait rassembler se fassent à part dans un autre projet.

Aux dernières nouvelles c’étaient les catalanistes qui récupéraient le bébé. Information confirmée par une délibération adoptée lors du dernier conseil municipal comme par hasard cinq jours avant l’inauguration de la dernière tranche du Médiator.

La Ville s’est associée à la Génaralitat de Catalogne pour créer un pôle de ressources de la culture catalane à Perpignan. Et c’est le CEDACC, Centre de documentation et d’animation de la culture catalane qui gérera le fonds, si l’Europe accepte de financer à 50 % ce projet estimé à 3,5 millions d’euros.

Il faut quand même un grand chausse-pied pour faire rentrer la volumineuse collection de disques dans ce projet culturel transfrontalier orienté vers la culture catalane entrant dans le cadre d’Interreg III. Les instructeurs du dossier fermeront-ils les yeux sur cette énorme incongruité ?

Les 100 000 disques des stations locales de Radio France sont décidément embarrassants. Quel intérêt y a t-il à dépenser de d’argent pour construire des locaux et payer du personnel chargé de conserver une collection au caractère muséographique secondaire ?

Il serait certainement plus sage de l’offrir à un musée ou à une institution qui, en France, ou dans un autre pays à vocation à conserver les disques. Cela existe.

Doit-on gaspiller de l’argent public pour éviter de reconnaître qu’en 1993 le tout nouveau maire tout feu tout flamme à pris une décision un peu précipitée ?

Qui ne pardonnerait pas une erreur de jeunesse ?

En attendant, le maire a lancé le disque un peu plus loin… à quelques années de là…

09oct

Bienvenue aux Nouveaux Catalans (I)

Combien ça coûte ?

Ils sont gentils à L’Indépendant. Ils ont tenu à rassurer les lecteurs qui s’inquiétaient du coût la journée Portes ouvertes aux nouveaux catalans, organisée par le conseil général, samedi 5 octobre, au palais des rois de Majorque. C’est ainsi que, mardi 8 octobre, L’Indép. titrait «Budget restreint pour la journée d’accueil, et on peut lire :

«La journée d’accueil des nouveaux catalans, qui s’est déroulée samedi au palais des rois de Majorque, a fait l’unanimité des personnes présentes. Conseil général, mais également mairie de Perpignan ne cachaient pas leur satisfaction. D’après les indiscrétions des responsables présents ce jour sur place, une telle journée n’a pas occasionné de dépenses exorbitantes. C’est un budget de 9 150 Eeuros qui a été consenti à la manifestation. S’ajoute à cela, la communication qui a été effectuée en amont. Malgré tout, et pour le contentement d’environ 2 000 personnes, le coût reste raisonnable.»

Le journaliste qui a écrit cela a forcément de la merde dans les yeux. Que nos lecteurs pardonnent ce propos trivial. Mais il est pour l’auteur de ces lignes moins grave que l’accusation de malhonnêteté.

Il saute aux yeux que le coût de la manifestation dépasse considérablement cette somme. Combien de salariés du conseil général ont été mobilisés pour préparer le palais, le décorer, l’agencer, installer un vaste podium… ? Combien étaient présents samedi, à l’accueil et à divers autres postes et activités… Les seules dépenses en personnel dépassent la somme de 9 150 euros. Combien les calicots et panneaux peints pour l’occasion ? Combien les grandes bourses garnies imprimées aux couleurs du conseil général ? Combien le monumental buffet autour duquel se sont régalés les 500 convives présents à l’heure du déjeuner ?

C’est que, dans un palais, on ne mange pas n’importe quoi. On a servi à volonté des petits fours très sophistiqués, salés puis ensuite sucrés dont se sont régalés les Nouveaux Catalans. D’après les prix pratiqués par les traiteurs que nous avons consulté, il en aura coûté de 20 à 30 euros par personne. Les organisateurs avaient d’ailleurs vu grand car malgré la délicatesse des mets il est resté de quoi nourrir pas mal de monde.

Le budget de l’opération peut-il encore être qualifié de “restreint“ ? D’autant plus qu’aux dépenses liées au déroulement de la manifestation, il faut ajouter celles de la communication, bien plus importantes encore, sur lesquelles, L’Indép, on le comprend, passe un peu vite. Combien la conception graphique de la campagne ? Combien l’impression des affiches en différents formats pour les flancs de bus, les sucettes Decaux et les panneaux 4x3 ? Combien les réservations de ces différents espaces en grand nombre ? Combien la brochure Passeport pour le Pays Catalan ? Les 50 000 euros y sont, sans problème.

Tout compté, l’organisation de cette manifestation n’a pas pu coûter moins de 100 000 euros. Ce n’est que dix fois le chiffre de L’Indép.

Il est vrai que ce n’est pas à L’Indép, un des gros bénéficiaires des dépenses de communication du conseil général de dire que l’institution départementale dépense trop.

Quel conseiller général va expliquer que cette dépense est “raisonnable“ aux associations à caractère social qui voient leur subvention non reconduite, en baisse ou tout simplement insuffisante au regard du précieux travail humain qu’elles font ? Qui va dire cela aux associations culturelles, aux troupes de théâtre, en particulier, à qui l’on baisse cette année les subventions de plusieurs dizaines de % parce qu’il faut faire des économies pour financer l’APA ?

Qui va le dire aux collégiens confrontés à la surcharge des établissements et au manque de matériel ? Qui va le dire aux responsables du refuge de la SPA de Torreilles aux prises avec les difficultés financières et le risque de fermeture parce que le conseil général ne reconduit pas sa subvention de 15 000 euros. Et combien d’autres exemples pourraient être donnés ?

La gabegie de ce samedi ne s’est pourtant pas arrêtée au palais des rois de Majorque. Samedi soir, pour le match USAP Agen, le conseil général a fait distribuer 8 000 tee-shirts à ses couleurs ! Combien ? D’après les renseignements pris à différentes sources, il faut compter 1,50 euros pièce, ce qui fait 12 000 euros de plus encore très bien employés.

Comme le disait un des invités de Bourquin «Aujourd’hui, on oublie que ce département est un des plus pauvres de France». De son côté Jean Rigual, conseiller général d’opposition, rappelait que c’est de l’argent public qui est dépensé «Ils sont contents, mais ils paieront la facture plus tard», a-t-il déclaré lundi 7 octobre à la cession du conseil général, en parlant des bénéficiaires des largesses du conseil général.

«Il suffit de mettre du pain sur la fenêtre pour que les oiseaux viennent manger», disait fort à propos samedi un Alsacien à qui on ne la fait pas.

Prochain article : Bienvenue aux Nouveaux Catalans (2) Bénis par Christian, Chantal et l’évêque

07oct

Jeux Olympiques : Bourquin vous a Andorre-mis

Petit rappel des événements. Le 24 mai 2002, Christian Bourquin annonce que le département des Pyrénées-Orientales s’associe à la pré-candidature de l’Andorre pour les 21e Jeux Olympiques d’hiver qui auront lieu en 2010.

Dans L’Indépendant du lendemain, Georges Gianadda commence son article par «Lorsque Christian Bourquin a reçu l’offre de participation du département des P.-O. au dossier de candidature de l’Andorre, il a bousculé son calendrier de campagne électorale pour monter dans la Principauté…»

Ironique, perpignan-toutvabien commentait, le 27 mai, «Quel sens du sacrifice ! Pourtant obsédé par la conservation de son fauteuil de député, Bourquin n’a pas hésité une seconde à bousculer son calendrier de campagne pour aller en Andorre.»

Sans être spécialement soupçonneux, les sujets d’interrogation ne manquaient pas. Il est pour le moins curieux que Marc Mora le chef du gouvernement de l’Andorre et Christian Bourquin annoncent leur collaboration le 24 mai alors que le volumineux dossier de pré-candidature devait impérativement parvenir à Lausanne avant le 31 mai. Sachant que l’on n’est pas en présence d’un bricolage de dernière minute, il ne reste qu’une explication qui tienne : Bourquin fait un coup politique en pleine campagne électorale, à trois semaines d’un scrutin qui s’annonce difficile pour lui.

S’étonnant de l’aveuglement de la presse locale qui faisait chœur avec Bourquin en laissant croire que l’Andorre et Font-Romeu pourraient effectivement organiser les JO de 2010, perpignan-toutvabien écrivait «Les chances pour l’Andorre d’obtenir les jeux d’hiver en 2010 sont quasiment nulles en raison de l’absence d’un grand nombre de structures et de la non-programmation de leur construction.»

Il suffisait de quelques coups de téléphone, y compris auprès du comité olympique andorran, pour se rendre compte que l’Andorre ne serait pas prête pour 2010. On était dans le processus habituel d’une première candidature qui cherche sans toujours y parvenir à mobiliser les énergies et rassembler les moyens.

Christian Bourquin ne s’est pas rapproché du comité olympique français. L’implication du comité national olympique fait pourtant partie des postulats de base du CIO. Le président du conseil général craignait-il qu’Henri Sérandour, le président du COF, ne se prête pas à une opération au caractère électoraliste évident ? Le gouvernement français n’a pas davantage été consulté. Cette attitude montre bien que Christian Bourquin ne se faisait pas d’illusions sur les chances de la candidature de l’Andorre.

Il faut souligner que du fait de sa petite taille, la Principauté d’Andorre n’a pas et n’aura jamais les moyens de faire seule face aux conditions d’organisation des jeux. Elle devra impérativement faire appel à un des deux grands états voisins. Ce n’est pas le conseil général qui va lui fournir les milliers d’hommes et les matériels nécessaires à la sécurité et à la protection des jeux. Il en va de même dans plusieurs autres domaines.

Mais la propagande se moque bien de la réalité, l’essentiel était pour Bourquin d’avoir un bon gros argument de campagne à asséner, «Figurez-vous que je suis à même de vous proposer les Jeux Olympiques. Il faudra choisir entre celui qui voulait fermer Font-Romeu et celui qui veut la faire vivre.» Tel est le message assez manichéen qu’il s’en allait répéter de réunion en réunion.

Le rapport du groupe de travail sur les candidatures qui s’est réunit le 11 juillet à Lausanne confirme avec force que l’Andorre n’avait pas la moindre chance d’obtenir les jeux de 2010. Sa huitième place sur huit villes candidates, derrière Sarajevo, ville détruite ville martyre, n’a rien de glorieux.

Cette histoire lamentable laissera un goût amer à tous ceux que l’association de Font-Romeu à la pré-candidature andorrane a fait rêver de voir des épreuves olympiques se dérouler dans les Pyrénées-Orientales.

Certains évoquent à présent 2014, voir 2018, sans tenir compte du retard énorme de l’Andorre par rapport à d’autres villes en course qui apparaissent déjà mieux placées. Ce n’est qu’en se lançant dans un plan d’action et d’investissement assez considérable que la Principauté pourrait surmonter son handicap. Mais il faudrait d’abord que les décideurs politiques et économiques andorrans en aient la volonté.

A l’annonce de la décision du CIO, Christian Bourquin a trouvé quelqu’un à qui faire porter le chapeau, il a accusé Raffarin et l’UMP, «l’Union pour le mépris des Pyrénées.» Cela se passe de commentaire.

Extraits du volumineux rapport qui peut être consulté sur olympic.org

Comité International Olympique. Procédure d’acceptation des candidatures aux XXIe Jeux Olympiques d’hiver en 2010. Rapport du groupe de travail pour l’acceptation des candidatures à la commission exécutive du Comité International Olympique.

Lausanne, 11 juillet 2002

Les XXIe Jeux Olympiques d’hiver se tiendront en 2010. Huit villes (ci-après “les villes requérantes”) ont demandé à être candidates à l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver de 2010, à savoir (selon l’ordre du tirage au sort), : Vancouver (CAN), Pyeongchang (KOR), Sarajevo (BIH) Harbin (CHN), Jaca (ESP) Berne (SUI), Salzbourg (AUT) Andorre-La-Vieille (AND).

Évaluation : Vous trouverez ci-dessous les résultats de l’évaluation du groupe de travail pour chacune des huit villes requérantes en fonction des critères techniques. Les résultats de l’évaluation se présentent sous une double forme : textes et graphiques.

La partie textuelle comprend une brève introduction exposant de quelle façon le groupe de travail a traité les critères en question, ainsi qu’une explication du mode et des raisons de l’attribution de telles notes aux huit villes. Le graphique au bas de chaque critère montre la position de chacune des huit villes requérantes en ce qui concerne les critères spécifiques, par rapport à la valeur de référence du CIO et les unes par rapport aux autres. DÉFINITION DE LA TERMINOLOGIE UTILISÉE DANS LE RAPPORT Valeur de référence Note minimum requise (sur une échelle de 0 à 10). Le groupe de travail a fixé la valeur de référence à 6.0.

1- Soutien du gouvernement et opinion publique

Le gouvernement de la Principauté d'Andorre et les sept "comuns" (qui sont pratiquement des municipalités autonomes) soutiennent la candidature. Une partie des Jeux aura lieu en France. Les pouvoirs publics d'Andorre assureront le financement et la mise en œuvre des projets d'infrastructure généraux. Aucune information n'est donnée concernant le financement des installations en France. Les services en matière de sécurité, de santé et de douanes seront fournis gratuitement au COJO à Andorre. Aucune information n'est donnée concernant la prestation de tels services en France. Les Jeux devront respecter la législation d'Andorre, de la France et de l'Espagne. Toutefois, aucune information n'est fournie en ce qui concerne la législation française ou espagnole.

La demande de candidature indique que le gouvernement d'Andorre pourrait, le cas échéant, proposer de nouvelles lois afin de faciliter l'organisation des Jeux. Celles-ci ne seraient toutefois applicables qu'au seul territoire d'Andorre. Dans un sondage effectué à Andorre par la ville requérante, plus de 80% des personnes interrogées se sont prononcées en faveur du projet. Les résultats du sondage MORI (organisé à Andorre) indiquent un soutien de 60%.

SOUTIEN DU GOUVERNEMENT ET OPINION PUBLIQUE – TABLEAU RÉCAPITULATIF Ville requérante Note minimum - Note maximum Vancouver : 6,0 - 8,1 Sarajevo : 3,4 - 6,5 Jaca : 6,2 - 8,6 Salzbourg : 6,1 - 7,8 Pyeongchang : 5,6 - 8,0 Harbin : 7,9 - 8,9 Berne : 4,3 - 6,7 Andorre-la-Vieille : 3,6 - 6,0

2- Infrastructure générale

La ville d'Andorre-la-Vieille, qui compte 25 000 habitants, est accessible via une route à deux voies dont la capacité est limitée. Cette route mène vers l'est à la France par le Pas de la Casa et est reliée à deux routes nationales, l'une en direction de Perpignan et l'autre de Toulouse. Il n'y a aucun accès ferroviaire existant ou prévu. Une autre route conduit à Barcelone en direction du sud. L'accès est difficile à partir des régions avoisinantes et au sein du périmètre relativement étendu des Jeux. ANDORRE-LA-VIEILLE Minimum Maximum Performance actuelle des transports en général 4,0 5,3 L'amélioration de deux routes locales à deux voies par le biais de tunnels est prévue, ainsi qu'un métro aérien court à faible capacité à travers la ville d'Andorre-la-Vieille.

L'infrastructure générale prévue pour les Jeux de 2010 paraît insuffisante.

ANDORRE-LA-VIEILLE Faisabilité Minimum Maximum

Infrastructure de transport future pour les Jeux Olympiques d'hiver 0,8 - 4,7 - 6,0 INFRASTRUCTURE GÉNÉRALE – TABLEAU RÉCAPITULATIF Ville requérante : Note minimum - Note maximum Vancouver : 5,5 - 7,0 Sarajevo : 1,9 - 3,8 Jaca : 4,3 - 6,0 Salzbourg : 7,1 - 8,1 Pyeongchang : 5,3 - 7,1 Harbin : 4,4 - 6,2 Berne : 6 ,4 - 7,7 Andorre-la-Vieille : 3,9 - 5,2

TÉLÉCOMMUNICATIONS (partie intégrante de l'infrastructure générale) Le questionnaire du CIO à l'intention des villes requérantes n'aborde pas le domaine des télécommunications car il a été considéré que la réponse à des questions détaillées à ce sujet au cours de la phase 1 exigerait des villes requérantes qu'elles se livrent à des études approfondies qui devraient plutôt être entreprises par les villes candidates dans le cadre de la phase II. Par conséquent, aucune note spécifique n'a été attribuée. Les télécommunications n'en représentent pas moins un élément important de l'infrastructure générale nécessaire à l'organisation des Jeux Olympiques. Le CIO a donc mandaté l'Institut de l'audiovisuel et des télécommunications en Europe (IDATE) en vue de présenter un rapport de fond sur la situation des télécommunications dans chacun des pays où se trouvent les villes requérantes. Ce rapport traite de sujets tels que la réglementation, la téléphonie fixe et mobile, les réseaux de données et Internet, les télécommunications internationales et la télévision câblée. Il s'agit de mesurer le niveau de développement de l’infrastructure et des services de télécommunications dans les villes requérantes et dans la région où les Jeux auront lieu. Il y a de toute évidence quelques incertitudes compte tenu du laps de temps qui sépare la rédaction de ce rapport des Jeux Olympiques d'hiver de 2010. Il s'agit d'une période très longue pour un secteur dynamique, évoluant rapidement.

Selon le rapport IDATE, les huit villes requérantes peuvent être divisées en 3 grandes catégories (selon l’ordre du tirage au sort) : Villes/pays qui possèdent déjà l'infrastructure nécessaire en matière de télécommunications pour les Jeux Olympiques d'hiver de 2010. Vancouver Jaca Salzbourg Berne

Villes/pays qui offrent apparemment un niveau de développement satisfaisant via un plan de modernisation en cours visant à soutenir les Jeux Olympiques d'hiver de 2010. Pyeongchang Harbin

Villes/pays où le niveau des moyens de télécommunications paraît insatisfaisant pour assurer l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver de 2010. Sarajevo Andorre-la-Vieille Toutefois, la situation géographique d'Andorre-la-Vieille pourrait permettre une approche de l'extérieur (à partir de l'Espagne et/ou de la France). Pour Sarajevo, la principale question est de savoir comment le réseau peut être rebâti et élargi.

3 Sites sportifs

ANDORRE-LA-VIEILLE Le concept sportif, largement dispersé, s'articule autour de trois sites en France – une piste de bobsleigh/luge existante à La Plagne, un deuxième site à Font-Romeu et un troisième à La Llagonne.

Le budget pour les nouvelles installations est très bas, de même que les capacités en termes de places assises sur les sites. Les installations devant être construites en France pourraient être source de difficultés dans la mesure où aucune information n'a été fournie dans la demande de candidature par le gouvernement français ou la région concernée. Qualité Concept sportif Installations % min. max. Faisabilité min. max. Existantes 62,5 4 8 0,6 2 6 Prévues - - - - - -Supplémentaires 37,5 7 10 0,2 2 6 SITES SPORTIFS – TABLEAU RÉCAPITULATIF Ville requérante Note minimum Note maximum Vancouver 7,6 8,5 Sarajevo 4,5 6,0 Jaca 5,1 6,6 Salzbourg 7,1 9,0 Pyeongchang 5,0 7,2 Harbin 4,4 6,0 Berne 4,9 7,4 Andorre-la-Vieille 2,0 4,9

4 village olympique

ANDORRE-LA-VIEILLE L'hébergement des athlètes repose sur un village olympique central à Andorre-la-Vieille, un deuxième village à Font-Romeu (France) et des logements pour les athlètes à La Plagne (France) et à El Tarter (Andorre). Tous les athlètes seront logés à une certaine distance du principal aéroport d'accès de Barcelone. Il y a largement assez de chambres disponibles pour les athlètes et les officiels dans les différents logements proposés.

Les quatre centres d'hébergement des athlètes sont très dispersés. Si la volonté d'héberger les athlètes à proximité de leurs sites de compétition est bonne, l’expérience olympique des athlètes en sera appauvrie et les trajets entre les sites de longue durée. L'utilisation post-olympique est bonne car Andorre et Font-Romeu ont une vocation commerciale et les hôtels et appartements existants seront utilisés à La Plagne et à El Tarter.

VILLAGE OLYMPIQUE – TABLEAU RÉCAPITULATIF Ville requérante Note minimum Note maximum Vancouver 8,0 9,3 Sarajevo 4,2 5,4 Jaca 4,8 7,2 Salzbourg 4,5 7,5 Pyeongchang 4,5 6,7 Harbin 5,7 8,1 Berne 3,0 6,0 Andorre-la-Vieille 3,5 5,6

5- Environnement : conditions et impact

La demande de candidature ne contient pas suffisamment d'informations en ce qui concerne l'état de l'environnement. Les conditions climatiques sont bonnes pour les sports d'hiver et les dates proposées pour les Jeux Olympiques d'hiver de 2010 (5-21 février) sont acceptables. Les Jeux auraient certainement un impact sur l'environnement, mais les informations fournies n'indiquent pas l'ampleur de cet impact ni les mesures envisagées pour l'atténuer. Le gouvernement est intervenu récemment dans le domaine de la gestion des déchets et de projets d'assainissement.

Les améliorations environnementales et la durabilité font partie intégrante de la vision et de la motivation de la demande de candidature. Une conscience écologique accrue de la part de la population pourrait être l'héritage potentiel des Jeux Olympiques d'hiver.

ENVIRONNEMENT : CONDITIONS ET IMPACT – TABLEAU RÉCAPITULATIF Ville requérante Note minimum Note maximum Vancouver 6,7 8,5 Sarajevo 4,8 6,7 Jaca 5,5 7,5 Salzbourg 7,8 9,0 Pyeongchang 5,5 7,5 Harbin 4,0 6,3 Berne 7,5 9,0 Andorre-la-Vieille 5,2 7,5

6- Hébergement

Le nombre de chambres d'hôtel de 3*-5* existantes et prévues est en dessous des exigences de base. À noter qu'Andorre prévoit d'utiliser des logements en France et en Espagne, ce qui pourrait engendrer des difficultés contractuelles. Andorre ne disposerait pas de suffisamment de chambres dans d'autres catégories pour satisfaire aux exigences de base en dépit d'un ambitieux projet de construction.

Le groupe de travail n’a tenu compte que de 500 chambres à La Plagne (bobsleigh et luge) car les autres chambres disponibles ne seraient pas nécessaires pour les activités olympiques. Note minimum Note maximum 4,0 5,0 HÉBERGEMENT – TABLEAU RÉCAPITULATIF Ville requérante Note minimum Note maximum Vancouver 7,0 8,5 Sarajevo 2,0 3,0 Jaca 3,5 4,5 Salzbourg 9,0 10,0 Pyeongchang 5,5 6,5 Harbin 5,0 6,0 Berne 6,5 8,0 Andorre-la-Vieille 4,0 5,0

7- Transports

Les sites olympiques de compétition et autres sites sont répartis à travers plusieurs vallées à Andorre et en France, avec des liaisons assez difficiles sur des routes de montagne à deux voies. La taille et la capacité des sites de compétition et des autres sites paraissent incompatibles avec les capacités de transport, même une fois que l'amélioration des routes et le métro aérien proposés par Andorre seront opérationnels.

L'accès aux zones avoisinantes (France, Espagne) est aussi assez long et difficile. Le site consacré au bobsleigh, à la luge et au skeleton à La Plagne en Savoie (France, à 750 km d'Andorre) nécessite une logistique complexe en matière de transport, notamment en raison de l'éloignement de l'aéroport. L'aéroport de Barcelone est une bonne infrastructure, mais il est situé à plus de 200 km d'Andorre. Le concept global de transport proposé pour les Jeux de 2010 paraît insuffisant.

TRANSPORTS – TABLEAU RÉCAPITULATIF Ville requérante Note minimum Note maximum Vancouver 6,9 8,1 Sarajevo 4,6 6,4 Jaca 4,9 6,8 Salzbourg 7,2 8,4 Pyeongchang 6,1 7,8 Harbin 4,8 6,9 Berne 6,4 7,8 Andorre-la-Vieille 4,5 6,4

8- Sécurité - La demande de candidature décrit un haut niveau de structure organisationnelle avec un comité unifié de sécurité olympique. - Le succès du plan nécessiterait toutefois l'adoption de la législation appropriée par trois États souverains et l'intégration effective sur le plan de l'organisation de nombreuses juridictions opérant à des niveaux parallèles. Le défi paraît de taille. - Ni les rôles ni les ressources des différentes organisations ainsi que leurs interrelations ne semblent suffisamment abordés.

SÉCURITÉ – TABLEAU RÉCAPITULATIF Ville requérante Note minimum Note maximum Vancouver 6,8 7,8 Sarajevo 4,0 6,0 Jaca 6,0 7,6 Salzbourg 6,2 7,2 Pyeongchang 5,4 7,2 Harbin 6,2 7,6 Berne 6,0 7,0 Andorre-la-Vieille 5,0 6,4

9- Expérience passée en matière d’organisation d’évènements sportifs

Andorre a une expérience limitée en matière d'organisation d'événements multisportifs (Jeux des petits États d’Europe en 1991), mais aucune expérience en matière d'organisation de championnats du monde ou autres dans les sports d'hiver.

EXPÉRIENCE PASSÉE EN MATIÈRE D'ÉVÉNEMENTS SPORTIFS – TABLEAU RÉCAPITULATIF Ville requérante Note minimum Note maximum Vancouver 7,0 8,3 Sarajevo 3,0 6,0 Jaca 4,7 7,3 Salzbourg 7,0 9,0 Pyeongchang 4,7 7,3 Harbin 4,0 6,3 Berne 7,0 8,3 Andorre-la-Vieille 2,0 5,0

10- Finances

Evaluation objective et mesurable pour des pays qui devront consentir des investissements considérables en vue d'assurer l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver de 2010. L'échelle de notation de Moody’s va de la note la plus haute (Aaa) à la note la plus basse (C). AAA – Autriche (Salzbourg) AAA – Suisse (Berne) AA1 – Canada (Vancouver) AA2 – Espagne (Jaca) AA2 – Andorre (Andorre-la-Vieille) A3 – Corée (Pyeongchang) A3 – Chine (Harbin) N/D – Bosnie-Herzégovine (Sarajevo) (sous la supervision administrative des Nations Unies. Pas de notation) b) Projections en matière de revenus – Faisabilité La faisabilité des projections en matière de revenus indiquée par les villes requérantes a été qualifiée de Réalisable, Optimiste ou Très Optimiste : - Vancouver Réalisable. - Sarajevo Très Optimiste. Risque de difficultés sur le marché pour le parrainage local. - Jaca Réalisable. - Salzbourg Réalisable. - Pyeongchang Optimiste, les revenus de la billetterie et des licences semblent plutôt élevés pour le marché local. - Harbin, Optimiste les projections de revenus seront difficiles à atteindre vu l’impossibilité d'accéder au marché chinois jusqu’au 1 er janvier 2009 en raison du programme de marketing unique de Beijing 2008. - Berne Réalisable - Andorre-la-Vieille Très Optimiste la taille du marché et, partant, la nécessité de programmes conjoints de marketing avec les CNO voisins, rendront les choses difficiles

FINANCES – TABLEAU RÉCAPITULATIF Ville requérante Note minimum Note maximum Vancouver 6,4 7,6 Sarajevo 3,4 4,0 Jaca 6,1 6,7 Salzbourg 6,8 8,0 Pyeongchang 5,1 6,0 Harbin 5,1 6,0 Berne 6,5 8,0 Andorre-la-Vieille 4,6 5,2

11- Concept général Pondération : 3 Le groupe de travail a conclu son évaluation des villes requérantes par un examen général du concept proposé par chaque ville pour l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver de 2010. Cet examen a été effectué après que tous les autres critères ont été évalués car il a été observé que la notion de concept était prise en compte dans bon nombre des sujets étudiés (par exemple, les sports, l'infrastructure générale, les transports, etc.). Les experts ont donc eu la possibilité de confirmer leur opinion générale du projet après avoir évalué chaque critère. Le groupe de travail a également tenu compte des éléments suivants dans l'analyse du concept général : - compréhension des besoins olympiques - adéquation entre les besoins olympiques et l'infrastructure générale et sportive de la ville/région - héritage post-olympique. Une note minimum et une note maximum ont été attribuées à chaque ville, comme le montre le tableau récapitulatif ci–dessous : Ville requérante Note minimum Note maximum Vancouver 7,0 9,0 Sarajevo 3,0 5,0 Jaca 5,0 6,5 Salzbourg 7,0 8,0 Pyeongchang 6,0 7,5 Harbin 5,0 6,0 Berne 4,5 6,5 Andorre-la-Vieille 3,0 4,0

Conclusion

Compte tenu de l'ensemble des informations fournies par les huit villes requérantes, ainsi que de l'opinion exprimée par les différents experts et par l'ensemble des membres du groupe de travail, l'évaluation technique unanime de ce dernier se présente comme suit :

Les notes globales obtenues par quatre (4) villes requérantes (par ordre de notes) – Harbin, Jaca, Andorre-la-Vieille et Sarajevo – se situent essentiellement ou complètement en deçà de la valeur de référence de six (6).

Les notes globales obtenues par deux (2) villes requérantes (par ordre de notes) – Berne et Pyeongchang – se situent de part et d’autre de la valeur de référence de six (6).

Les notes globales de deux (2) villes requérantes (par ordre de notes) - Salzbourg et Vancouver – se situent au-delà de la valeur de référence de six (6).

03oct

Brèves

Expo

Il ne faut surtout pas manquer l’exposition de climatiseurs que présente actuellement la municipalité de Perpignan sur les rebords de fenêtres de la Maison Xanxo.

Papon

Marche silencieuse pour protester contre la mise en liberté de Papon. Jeudi 3 octobre, à 18h30, de la place Arago au mémorial de la Résistance.

Don Quichotte et la ligne THT

Louis Cazeilles, le Don Quichotte de la ligne THT, avait promis au début de l’été "une manifestation de masse" contre la ligne THT. Il faut dire que c’était au lendemain des révélations sur les ripailles offertes par EDF à des élus, dont lui-même. Electrocuté par les militants de la Frene à l’entrée du restaurant La Route de Tanger, Cazeilles devait encore être sous le choc.

En exclusivité mondiale

perpignan-toutvabien va publier le trombinoscope des élus qui se sont rendus à la T’es acheté partie organisée par EDF. C’est que la Frene avait même prévu un photographe. Ce sera à voir dans le best off de perpignan-toutvabien.info en vente chez votre marchand de journaux en décembre. 150 pages de bonheur. Il est vrai que le malheur des uns…

Paulo dans la semoule

Quelques semaines après les élus soit disant hostiles à la ligne THT, se fut au tour de la brigade financière, de l’Urssaf et de différents services de contrôle de faire une descente à la Route de Tanger. Paulo, le patron, a eu droit à une garde à vue. Mais rassurons les fidèles clients de l’établissement, la qualité des produits et de la cuisine n’a pas été mise en cause. Il est reproché à Paulo d’avoir arrondi les salaires de ses employés avec de petites enveloppes. L’Etat n’aime pas ce genre de générosités pourtant pratiquées pendant des décennies dans les cabinets ministériels.

Arlette fait mauvaise impression

On n’a ni vu, ni entendu la député Arlette Franco sur le gros dossier de l’Européenne d’Impression. 120 emplois menacés, ce n’est pourtant pas une paille. Certaines mauvaises langues disent qu’elle ne s’est pas encore aperçue que l’entreprise était sur sa circonscription.

Qui présidera la première force politique départementale ?

Qui présidera l’UMP ? Qui des deux prétendants, Jacques Bouille, ancien président départemental du RPR, ou de Jean-Paul Alduy, ancien patron de l’UDF ? Le nombre d’adhérents du RPR étant plus important que celui de l’UDF et de Démocratie Libérale, Jacques Bouille devrait normalement l’emporter. Mais les mathématiques et la politique sont deux disciplines distinctes. Le charisme et le savoir-faire politique de JPA pèseront lourd dans la balance.

Les réacs sont de retour

Mach Daniel’s veut débaptiser la rue du 19 mars 1962 à Pollestres. Une rue de l’OAS devrait faire plaisir à ses amis.

La bonne place

Nicole Sabiols, conseillère régionale PS et conseillère municipale de Perpignan, appelle à manifester contre la privatisation d’EDF. Ce qui s’appelait " ouverture du capital " du temps où la gauche plurielle était au pouvoir a repris le nom de " privatisation ". Lorsque la gauche est au pouvoir, elle liquide les entreprises publiques en douceur et quand elle est dans l’opposition, elle manifeste contre la droite qui privatise.

Les ambitions du sénateur

Le sénateur et conseiller général du petit canton de Sournia se verrait bien succéder à Bourquin. Les ambitions de Paul Blanc à la présidence du conseil général ont rafraîchi quelques mémoires. Grâce à qui la gauche est parvenue à avoir une majorité d’une voix et à en prendre la présidence du conseil général en 1997 ? Qui a bien savonné la planche à Mallet, conseiller général sortant sur le canton majoritairement à droite de Vernet-les-Bains ? N’est-ce pas un nommé Paul Blanc ? A près de 70 ans, le sénateur devrait penser à pratiquer des activités de son âge.

Le cahier de textes de Bourquin

Quelques semaines après la rentrée scolaire, à peine 20 % des élèves de sixième utilisent le cahier de texte`s réalisé à grands frais par le conseil général. La plupart des collégiens préfère le cahier qu’ils ont eux même choisi et acheté avant la rentrée. Un achat que les familles n’auraient pas fait si elles avaient été informées de l’initiative du conseil général. Tout faux la rentrée de Bourquin.

Cissou fayotte

Toujours prête à se plier en quatre pour faire plaisir à Bourquin, Cissou Pionce, conseillère générale de droite élue sur le canton du centre ville, propose que le cahier de textes qu’elle trouve très bien fait, soit aussi distribué aux enfants des écoles privées. Dans une version avec crucifix et photo de Pierre Sergent ?

Simple oubli ou mesquinerie

Si tous les maires et les conseillers généraux du département ont leur nom dans le cahier de textes du conseil général, on relève l’absence des parlementaires. Cela afin de ne pas trop insister sur le fait que Bourquin battu par Calvet n’est plus député.

Fourcade fait le ménage

«La CCI vient de restructurer les services de l’action économique. Finie l’ancienne rigidité inadaptée aux réalités économiques d’aujourd’hui.» Ces lignes accusatrices qui ouvrent le dernier bulletin de la chambre de commerce ont paraît-il particulièrement été appréciées de Guy Lormand, prédécesseur de Bernard Fourcade à la présidence de la CCI. Surtout que plus susceptible que Lormand, tu meurs.

Hasard ou trucage ?

Le 400 millième habitant des Pyrénées-Orientales est né à Illes. Christian Bourquin avait déclaré à quelques proches que le bébé serait originaire d’une ville socialiste. C’est le cas d’Ille dont le maire Henri Demay est PS. Précisons qu’un huissier assistait au tirage au sort pour donner l’impression d’une opération transparente.

Pyrénéen oriental, mais pas trop !

Il n’y avait aucune chance pour que le 400 millième Catalan s’appelle Mohamed ou Fatima. pas un seul petit beur parmi les quatorze familles nominées.

Puigmal confirmé

Malgré les cartouches fournies par Bourquin à Jean-Marie Palma, leader de la droite à Saint Estève, le Conseil d’Etat a validé l’élection d’Elie Puigmal à la mairie de Saint-Estève et sur le canton. C’est grâce à des pièces que seul Bourquin avait en sa possession que le recours contre Elie Puigmal avait été rendu possible. Encore un mauvais coup de Bourquin qui foire.

27sep

Alduy l’infatigable, le petit brun aux souliers vernis

Le maire de Perpignan peut afficher un large sourire sur la photo qui illustre la page qui lui est consacrée par L’Indépendant du 26 septembre. Après "Bourquin l’agitateur", voici "Alduy l’infatigable". Nettement plus valorisant n’est ce pas.

Certes, le maire de Perpignan n’est pas placé sous la double menace d’une mise en examen et d’un recours au Conseil d’Etat ayant de bonnes chances d’aboutir. Mais ce n’est pas une raison pour éviter de lui poser une seule question embarrassante. Yann Marec nous rappelle incidemment qu’il est depuis quelques années surnommé "le premier adjoint" par bon nombre de ses confrères.

Jean-Paul Alduy est maire d’une grande ville, président de la communauté d’agglomérations, sénateur et il prétend maintenant à la présidence départementale de l’UMP. Une telle boulimie, un tel niveau de cumul des mandats et des responsabilités ne devaient pas être passés sous silence. Certes, cette question aurait probablement contrarié Jean-Paul.

Lundi dernier, il y a eu un gros clash au conseil municipal. Martine Ruiz et Claude Cansouline ont claqué la porte à la fin de l’examen du premier point de l’ordre du jour consacré justement à la démocratie locale et en particulier à l’application de la loi créant les comités de quartier. Pourquoi ne pas avoir soulevé cette question ?

Dames de France, les journalistes de L’Indép trouvent-ils normal que le contribuable paie pour la création d’un centre commercial ?

On ne touche pas au mari de la patronne, on lui sert la soupe avec une grande cuiller et on lui accroche une serviette autour du coup, il ne faudrait pas qu’une goutte tombe à côté.

Ce n’est pas de l’info, c’est du journalisme de révérence.

26sep

Bourquin l'agitateur : K O, mais debout

Toujours en retard, L’Indép titre à la Une "Bourquin fait sa rentrée politique". Cela fait pourtant un mois que le président du conseil général bat les planches de la scène médiatique locale. En pages intérieures, notre quotidien titre "Bourquin l’agitateur", une remarquable interview qui nous montre un Bourquin enlisé dans les erreurs qui vont probablement l’engloutir. Il agite désespérément les bras, mais ses jambes et une partie de son corps sont déjà prisonnières des sables mouvants.

Interrogé sur le risque d’une invalidation de son élection sur le canton de Millas par le Conseil d’Etat, Bourquin adopte l’attitude chez lui fréquente qui consiste à ignorer la réalité. "En posant cette question vous relayez la rumeur. Je suis par le résultat des urnes, président du conseil général…"

Bourquin voudrait que l’on fasse comme s’il n’était pas mis en examen dans une affaire de faux témoignage qui visait à dissimuler le dépassement des comptes de campagne qui fait, par ailleurs, l’objet d’un recours en annulation de son élection au Conseil d’Etat. Est-ce propager une rumeur que de rappeler des faits incontestablement établis ?

Fuite de la réalité encore lorsqu’il refuse de commenter sa deuxième audition par le juge et lorsqu’il répond "Le passé ne m’intéresse pas", à propos de sa série de brouilles avec ses camarades du PS, Codognès, Puigmal, Delmas…

Après l’avoir mis à nu, les deux journalistes de L’Indép, Myriam Galy et Yann Marec, l’interrogent sur ses ambitions pour les régionales de 2004. Bourquin tombe comme un débutant dans le piège. Il ne résiste pas au plaisir de se projeter à la présidence de la région. Tout le monde sait pourtant qu’il n’a jamais eu aucune chance d’y parvenir, encore moins dans sa situation présente. Et si en 2004, il occupe encore la présidence du conseil général, il devra d’abord se soucier de sauver une majorité de gauche fortement menacée.

Le piège se referme lorsque les deux journalistes lui demandent "Votre défaite aux législatives, votre mise en examen : est-ce que cela ne vous fragilise pas pour ce positionnement régional ?" Bourquin perd pied, "Je ne voudrais pas que l’épisode du tribunal soit au centre du débat…"

Son état de faiblesse Bourquin l’affiche encore lorsque, interrogé sur François Calvet il répond "ne me parlez pas des choses,insignifiantes". La chose insignifiante qu’il méprise l’a battu aux dernières élections législatives. Et cela Bourquin ne l’a pas encore digéré.

Surréaliste : Bourquin se fait gentil avec Alduy. Oubliée son opposition systématique, sa guerre de tranchées au maire de Perpignan, sur les pompiers, l’abattoir, la tribune Chevalier au stade Aimé Giral. Il semble avoir pris conscience que ce sont les Perpignanais qui lui ont fait perdre l’élection législative en sanctionnant son hostilité à la ville.

"Avez-vous un projet structurant, ludique et économique pour le département ?" lui demandent perfidement les deux journalistes de L’Indép. Bourquin saute à pied joint sur la question. Sans citer le nom du projet d’’Hydroscope, il explique qu’il "vaut mieux ne rien faire" invoquant les déficits du Futuroscope et du Pont du Gard. Mais quel est son projet pour le département ? Bourquin répète comme depuis cinq ans que le département a "deux éléments forts, son patrimoine naturel et culturel. C’est l’équivalent de deux Louvre à ciel ouvert. Ce sont des outils dont on a hérité, mais que l’on a pas suffisamment mis en valeur." C’est sur cette absence de projet et ce constat négatif que s’achève l’interview du patron du conseil général.

En marge et en une quinzaine de questions, il est demandé à Bourquin, qui il aimerait être s’il était un sportif, un pays, une actrice. Dans ce questionnaire qui porte sa marque post adolescente, Yann Marec n’a pas demandé à Bourquin si avec les frites, il préférait le ketchup ou la mayonnaise. Bourquin n’était visiblement pas dans son assiette.

Demain L’Indép. nous offrira l’interview de Jean-Paul Alduy. Quel sort sera réservé au mari de la patronne ?

24sep

Le Bourking Circus : Combien ça coûte ?

Faire parler de lui est, chez Christian Bourquin, une véritable obsession. Son narcissisme, source de ses plus grands plaisirs et de ses plus grandes frustrations, n’est-il pas le trait le plus marquant de sa personnalité ?

S’il se voit une fois en photo dans L’Indép, il commencera bien la journée ; il sera heureux comme un pape s’il y est deux fois, et au bord de l’extase si, comme cela arrive de temps en temps, il y est trois fois le même jour. Mais rien ne va plus l’attrister que d’être absent plusieurs jours de suite des pages de notre quotidien local. Heureusement, pour lui cela arrive rarement.

Les mauvaises années, la tête de Christian Bourquin n’apparaît qu’une centaine de fois dans L’Indép, les bonnes, sa bobine nous est montrée 150 fois. La Pravda ne devait pas faire beaucoup mieux.

Comme tout être narcissique, Bourquin est entouré de gens qui savent lui procurer les satisfactions dont il a besoin. Il n’est pas rare que cela prenne une tournure ridicule qui semble d’ailleurs autant échapper à ceux qui la pratiquent qu’à son bénéficiaire. Pendant plusieurs années, Jean Reynal ne parlait de Bourquin en public qu’en disant “mon président“. Et il prit très mal qu’un de ses collègues, à qui le côté risible de la situation n’échappait pas, lui suggère de renoncer à cette attitude courtisane d’une autre époque.

Les marques de complaisance atteignent parfois des sommets d’extravagance. Le prospectus de quelques pages que Bourquin distribuait pendant la campagne des dernières élections législatives était illustré par douze photos de lui. Il paraît que le culte de la personnalité est le propre des dictatures.

Sa volonté d’exister présentait pas mal d’avantages lorsque Bourquin était dans l’opposition. Au conseil général, comme au conseil municipal de Perpignan, il se faisait remarquer en poussant de sacrés coups de gueule. C’est de cette façon que, rapidement, il s’est fait connaître et a pris du poids sur la scène politique locale alors qu’il débarquait inconnu de tous venant de Montpellier.

Pendant deux ans, Christian Bourquin et Jacqueline Amiel Donat, les deux uniques élus de la liste socialiste des municipales de 1993, ont rivalisé en invectives, dénonciations vigoureuses, coups de poing sur la table quand ce n’était pas à coup de chaussure comme le fit une fois un Bourquin, comparant son geste à celui de Kroutchev à la tribune de l’ONU.

Si son côté vantard était déjà bien présent, il était occulté par une combativité et un punch appréciés des militants socialistes. Encore aujourd’hui, une majorité d’adhérents le plébiscite. Son agressivité est prise pour de l’adversité alors qu’elle n’est que la conséquence de son peu d’intérêt, voire de son mépris pour les autres.

Formidable ressort, lorsqu’il était dans l’opposition, le narcissisme de Bourquin est devenu un handicap lorsqu’il a accédé à de hautes responsabilités, la présidence du conseil général, en 1997, et la députation, en 1998. Bourquin n’a jamais vraiment pris le pouvoir. Il a conservé le même comportement. Coup de gueule et coup de com’ sont devenus ses leitmotiv. "Avec Bourquin, on est tout le temps en campagne électorale, déplore un de ses nombreux anciens collaborateurs, le temps de l’action est réduit, trop de décisions ne sont jamais prises ou avec un énorme différé. Son goût pour les querelles, les conflits et les règlements de compte isolent le conseil général et bloquent des tas de dossiers importants même si des cadres et des élus de l’institution mettent de l’huile dans les rouages pour limiter les dégâts causés par le président."

Bien que le bureau à 300 000 francs de Bourquin soit resté gravé dans les mémoires, on semble oublier le coup faramineux des plaisirs nombriliques du président du conseil général. Il faudra qu’un jour quelqu’un chiffre le prix sa mégalomanie. Combien, par exemple, coûte la tournée annuelle du Bourking Circus dans les cantons du département ? Que de moyens et de personnes mobilisés ! Trois à quatre chauffeurs, les secrétaire, chef de cabinet, directeur de cabinet, directrice de la communication, accompagnée d’une journaliste du conseil général, un photographe, quelques courtisans au rôle indéfini mais rémunérés par le conseil général, une pléthore d’employés qui viennent avec des camions et des tonnes de matériel, un écran géant pour faire défiler des dizaines de photos du président prises tout au long de la journée pendant la visite du canton. Mais également le pupitre du président, de superbes plantes vertes en grand nombre, des tentures, des décors et le buffet qui sera servi à la fin de la réunion publique à laquelle sont obligés de participer tous les chefs de service du conseil général, soit une vingtaine de personnes. “Ordre du président”, ils jouent les potiches à chaque réunion cantonale. Lorsque le one man show s’achève enfin autour de minuit après trois heures interminables d’un discours nombrilique, ponctuées de quelques questions qui permettent à Bourquin de repartir pour une demie heure de monologue, cinquante salariés du conseil général sont présents dans la salle, payés en heures supplémentaires. Cinquante et pas un de moins. Ce que Christian Bourquin appelle la démocratie fait plus penser à la caravane d’un roitelet sous l’ancien régime qu’au comportement d’un élu républicain. Et que dire de son cortège de limousines grises qui filent à 150 km à l’heure sur les routes départementales ?

Depuis le début du mois de septembre, le délire communicationnel de Bourquin est devenu complètement frénétique. Multiplication des conférences de presse avec effets d’annonce. Gros investissements en communication papier, cahier de textes pour les collégiens entrant en 6 ième, luxueuse brochure sur l’eau tirée à 100 000 exemplaires distribuée dans tous les foyers du département. Dans l’un et l’autre cas, on relève le peu de soin rédactionnel apporté à la réalisation de ces documents.

Côté manifestation publique, on attend la célébration du 400 millième habitant des Pyrénées-Orientales. Une opération qui n’a d’autre objectif que de permettre à Bourquin d’occuper les médias. A l’instar de Georges Frèches à Montpellier, avec “la journée d’accueil des nouveaux Montpelliérains“, Christian Bourquin invite à “ une journée des nouveaux arrivants, porte ouverte aux nouveaux Catalans “, le samedi 5 octobre au palais des rois de Majorque. Comme à Montpellier, c’est le comité du tourisme qui organise la manifestation.

Est ce au comité départemental du tourisme, déjà débordé par ses missions naturelles, de prendre en charge cette lourde opération ? Quel en sera le coût et par qui sera-t-il supporté ? Le buffet dressé à midi pour plusieurs milliers de personnes représente déjà 42 000 euros auquel il faut ajouter le prix de la campagne de communication. Combien coûte la création des affiches, leur impression et la réservation des espaces sur les panneaux 4x3, les flancs de bus, etc… Des affiches du conseil général, dont on peut s’étonner qu’elles portent depuis quelques mois systématiquement la mégalomaniaque signature où le nom de Christian Bourquin.

Le 5 octobre au palais des rois de Majorque, Bourking Premier sera la vedette, il jouera les souverains. C’est très solennellement qu’il fera “citoyens catalans” tous les nouveaux arrivants dans le département. Perpignan-toutvabien reviendra sur le sens déjà très contesté de cette cérémonie.

Le Bourking Circus va fonctionner à plein régime jusqu’au printemps. D’ici là, combien de millions d’euros auront été dépensés pour la promo du président ? Dans la période de douze mois, qui précède les élections cantonales de 2004, le conseil général ne peut plus communiquer sans entrave, il doit s’interdire tout ce qui pourrait être assimilé à la promotion des élus sortants.

Cette démesure, ces gaspillages ne peuvent pas ne pas être mis en regard du manque de moyens criant dans la plupart des collèges surpeuplés du département qui sont, rappelons le, de la responsabilité du conseil général. Combien d’associations de handicapés ou qui ont pour vocation d’assister les plus faibles et les plus pauvres sont dans des situations de pénurie, recevant des aides insuffisantes du conseil général qui presque toujours prennent des mois et des mois avant d’arriver ?

Depuis que Bourquin est au conseil général, les " frais généraux " ont explosé en progressant de plusieurs dizaines de %, même chose pour les budgets de communication. Dans le même temps, les engagements publics de Bourquin, en matière de dépistage du cancer du sein, n’ont pas vu le début de l’instruction d’un dossier alors que 32 départements, dont l’Hérault, se sont impliqués depuis plusieurs années dans le dépistage de ce qui est la première cause de mortalité des femmes de moins de 65 ans. 300 000 femmes vivent avec un cancer du sein.

Que de chemin parcouru par ce Bourquin qui, élu à la présidence du conseil général, dénonçait les 150 francs par mois de l’abonnement à Canal + souscrit par son prédécesseur ! Qu’il est loin le Bourquin qui invitait la presse pour la pose du panneau " à vendre " au Mas la Cabane, la résidence du conseil général, à Saint-Jean Laseilles. Tentative de cession avortée qui a révélé de bien curieuses pratiques immobilières. Les années ont passé, le mas n’est pas vendu et le conseil général en supporte toujours le coûteux entretien.

Bourquin fait comme si la communication pouvait remplacer l’action, comme si la communication pouvait faire oublier qu’en juin, il a été désavoué par le suffrage universel et, qu’en juillet, il a été mis en examen pour faux et usage de faux.

24sep

La maison bleue pour voir la politique en rose

“C’est décoiffant”, dit Alain Juppé. Ça lui plaît beaucoup, cette idée des publicitaires chèrement payés pour plancher sur le futur nom de l’UMP. C’est vrai qu’”Oump”, c’est sans charme et sans élégance. Mais LA MAISON BLEUE ? ! ? !

Ça me rappelle une jolie chanson des Années Soixante, une belle boutique de Collioure, une petite maison romantique qui serait bleue comme l’amour... mais PAS UN PARTI POLITIQUE.

Qui perd le sens du bon sens ici? Les hommes politiques? Les publicitaires? D’ailleurs que font les publicitaires en politique? Est-ce qu’on est encore sur le champ de la politique ou est-ce qu’on a dérapé sur le champ de la consommation dictatoriale? Les partis en mal de recrutement cherchent à se promouvoir comme on promeut une lessive; ils se mettent sur le marché et complotent pour un placement en tête de gondole. Pourquoi se dénaturer et dévaloriser la politique à ce point? Pourquoi voiler qui on est? Est-ce qu’ils ont honte, ces hommes politiques?

En fait, ce ne serait pas surprenant que les marionnettistes politiques se choisissent un nom qui n’a rien à voir avec la politique. Les citoyens n’aiment plus la politique. Un sur deux s’abstient d’aller voter. Au mieux, ils doutent de l’intégrité des hommes politiques. Au pire, ils ont renoncé à leur faire confiance. La politique des politiciens a créé la désespérance chez les citoyens. D’où les publicitaires. Il y a du ravalement à faire sur l’image de marque des partis et de leurs dirigeants.

Pourtant, je pense qu’ils font fausse route, les dirigeants de l’Oump. Nous les citoyens savons déjà qu’on ne peut pas faire confiance aux publicitaires. Ils ont depuis longtemps vidé les mots de leur sens. Ils ont mutilé notre langue en la privant de sa substantifique moelle. Un exemple? Auchan, la vie, la vraie. Ça me hérisse le poil. Je vomis sur la vraie vie qu’Auchan nous promet. Un autre exemple? EDF. Donner au monde l’énergie d’être meilleur. L’énergie nucléaire?

D’ailleurs, les rappeurs et autres poètes des rues le savent, eux qui utilisent le verlan pour éviter l’insignifiance de la langue à l’endroit

Alors, quand les politiques achètent les services des publicitaires pour nous séduire, les borgnes conduisent les aveugles vers une maison bleue dont ils ont perdu la clef depuis longtemps.

19sep

Prostitution, l'esclavage sur lequel nous fermons les yeux

Je ne les voyais même plus dans les rues. Et vous?

Mais, tout à coup, les prostituées se rappellent à nous. Plus moyen de fermer les yeux, on passe au questionnement obligatoire. Pas seulement parce que presse et télévision se saisissent du sujet par le biais du procès de Bordeaux et celui de l’invasion de nos trottoirs par des immigrants de l’Est et du Sud mais aussi parce qu’il ne semble y avoir ni remède, ni solution, ni même une analyse claire.

Passée la première réaction bateau - réprobation politiquement correcte - je me suis rendue compte que je n’avais aucune opinion approfondie et sérieuse sur le sujet.

D’abord, je me cogne au fait d’être une femme : je n’ai aucune expérience directe du phénomène. Pas plus de l’offre que de la demande. Ma connaissance est livresque ou cinématographique, donc romanesque et souvent d’un point de vue masculin. Les hommes ont traditionnellement célébré les putains au grand cœur, à la fois sein maternel et ventre béant de désir. Mais quand j’entends une “travailleuse du sexe” dire qu’elle est libre d’utiliser son sexe dans sa camionnette comme d’autres salariés utilisent leurs cerveaux dans leurs bureaux, je me demande si l’archétype ci-dessus n’a pas fait long feu. D’ailleurs a-t-il jamais représenté une réalité authentique?

On pourrait, c’est vrai, parler de la prostitution comme d’une activité économique classique? Les travailleuses du sexe avec papiers et déclarations d’impôt impeccables semblent le souhaiter. Alors, de façon dépassionnée, considérons le produit, l’offre et la demande.

Le PRODUIT n’a pas essentiellement changé depuis le début des temps, mais - les lois et coutumes le concernant ont évolué dans toutes les directions, de l’interdiction à l’acceptation - y compris pour la prostitution homosexuelle; - les lieux de vente ont varié - du bordel aux trottoirs - toujours en fonction des lois, de leur application et des coutumes; - les risques pour la santé inhérents au produit ont eux aussi changé - de la syphilis aux parasites bénins et au SIDA.

Il y a, dans l’OFFRE, une constante: il y a toujours eu les putains de luxe et les autres... des palaces payés par les clients de Madame Claude aux trottoirs des grands boulevards la nuit.

Cette distinction n’est pas aussi superficielle qu’elle pourrait le paraître. Elle touche au libre-arbitre de l’individu: une femme ou un homme ne choisit pas sciemment de passer ses jours et ses nuits dans le froid, d’être confronté au rejet, aux jugements des passants, à la violence de déséquilibrés, ni de risquer sa santé physique et mentale et sa vie.

Quel est le pourcentage d’individus en situation d’esclavage dans ce secteur économique?

Les prostituées adultes qui exercent librement leur métier comme une “profession libérale” à haut revenu sont une minorité décroissante. Il semble que la masse des prostitués - 90% - soit composée de garçons et de filles de plus en plus jeunes, enchaînés au trottoir parce qu’ils n’ont pas de papiers et que des passeurs/trafiquants les tiennent et menacent leur famille, et/ou parce qu’ils se droguent. La drogue est entrée dans la danse depuis des siècles. Elle est souvent la raison pour laquelle on commence à se prostituer. Ironiquement, elle est aussi la béquille qui aide à continuer. Alors les proxénètes en profitent. Ceux-là, d’où qu’ils viennent, du petit commerce local ou de la Mafia, je nous mets au défi de leur trouver des circonstances atténuantes.

Quant à la DEMANDE... Autrefois, dans une société sexuellement opprimée, la putain était l’éducatrice sexuelle à laquelle l’oncle bienveillant amenait un neveu à déniaiser et la thérapeute pour toutes ces pulsions qu’une femme honnête ne pouvait combler. Mais comment justifier d’”aller aux putes” quand on vit en état de libéralisme sexuel? Quand les adolescents commencent à faire l’amour à 15 ans entre eux?

Est-ce qu’il y aurait aujourd’hui encore un besoin thérapeutique? Pour pallier la paresse de l’homme pressé qui n’a plus le goût ni le temps de séduire, par exemple, ou pour satisfaire les amateurs de jeux de pouvoir à bon marché: quand on paie, on est le maître. Ou encore pour exaucer les fantasmes inavouables qu’on n’ose pas partager avec sa/son partenaire... Pourquoi ne pas aller plutôt consulter un thérapeute? Mais évidemment, pour aller consulter, il faut être conscient de soi et de ses dérèglements. Certains évoqueront le manque d’argent mais ce n’est pas un argument car on est approximativement dans la même fourchette de coût.

Parlons d’argent justement. L’argent est à la fois l’instrument des échanges et l’objet unique de la convoitise de l’Offre, prostitués et proxénètes confondus. Quelquefois, il s’agit de survivre. Quelquefois, cet argent sert à payer les dealers ou à acheter des biens de luxe. Mais peut-on vendre son corps, extérieur et intérieur, sans en payer gravement le prix? Y a-t-il une fortune qui vaille qu’on prenne ce risque ?

En France, la Loi définit un système de volition qui interdit le proxénétisme et autorise les prostitués à travailler à condition de ne pas racoler “activement”... Subtil... A la police de faire la différence entre racolage passif et racolage actif... mais l’hypocrisie est entièrement la nôtre, celle de notre société et de nos valeurs. Ne pourrait-on réapprendre à résister à des pulsions et à des besoins non essentiels? A renoncer à la tyrannie de la satisfaction immédiate?

Quand avons-nous commencé à confondre la sensualité avec la sexualité? Pourquoi se contenter du seul plaisir du sexe?

Et l’amour dans tout ça?

13sep

Brèves

« Jean-Paul tu déconnes »

Pendant que Cap’taine Alduy naviguait sur la belle bleue du côté de la mer Egée, des vandales, c’est le nom que l’on donne aux poseurs de panneaux publicitaires, ont planté leurs mâts ornés de pancartes au bénéfice de divers commerçants sur plusieurs dizaines d’emplacements du centre ville. La statue de Maillol de la place de la Loge, notre Vénus au collier, est particulièrement furieuse, on en a mis trois à quelques mètres d’elle. Alors que la tendance est dans beaucoup de villes et particulièrement dans les centres historiques à retirer le maximum de mobilier urbain et particulièrement les supports publicitaires, on a beaucoup de difficulté à comprendre pourquoi la ville de Perpignan a autorisé cette installation.

On ne vend quand même pas l’âme du centre pour quelques milliers d’euros. Espérons que l’on n’en est pas là. Cela participerait-il à la “mise en beauté de perpignan“ dont parle Jean-Paul Alduy ? Il est vrai que devant certaines de ses cravates, on peut s’interroger.

Parmi les commerçants, pourtant les premiers concernés, nombreux sont ceux qui sont « hostiles à ces parasites », déclare l'un d'entre eux. Et un chausseur ajoute : « Jean-Paul, tu déconnes.»

Il se dit pourtant que le maire lui-même trouverait ces poteaux inélégants. Qu’attend-il pour agir ? Qui a signé l’autorisation ? Un détail, pas mal des poteaux, mal installés sont penchés. Certains sont faciles à arracher, avis aux collectionneurs.

perpignan-toutvabien envisage de mener une campagne pour le retrait de ces panneaux, qu’en pensez-vous ?

Message personnel

Coucou Cri Cri. Le gaillard qui arrache les affiches de perpignan-toutvabien se fait beaucoup remarquer. Comme tu sembles beaucoup apprécier notre affiche titrée " Conseil général, le cahier de textes qui fait scandale ", nous avons décidé d’en remettre pour huit jours. Nous n’avions pas prévu d’en faire autant, mais que ne ferions-nous pas pour défendre la liberté d’expression ?

Rébellion au palais de justice

Christian Bourquin qui est un habitué du Palais de Justice, n’a pas manqué l’audience solennelle de rentrée du tribunal de grande instance de Perpignan, lundi 2 septembre. Il a profité de l’absence d’un député pour se placer au premier rang réservé aux parlementaires. Il a sans doute oublié qu’il avait été battu en juin. Lorsque le tribunal est entré tout le monde s’est levé, sauf Bourquin qui est ostensiblement resté assis. Une attitude qui n’est pas passée inaperçue. Après les déclarations dans lesquelles il mettait en cause l’indépendance de la justice, Bourquin donne l’impression de vouloir soigner ses relations avec les juges. Une mise en examen ne semble pas lui suffire. En cherche-t-il une autre pour outrage à magistrat ? Spécialiste de la provocation, Christian Bourquin, cherche l’incident pour pouvoir se présenter en victime de l’acharnement d’une justice instrumentalisée par ceux qui veulent l’abattre. Pauvre Bourquin.

Conseil d’Etat

Le Conseil d’Etat devrait prochainement statuer sur le recours en annulation de l’élection de Christian Bourquin sur le canton de Millas. La date n’est pas encore fixée, mais le jugement est attendu dans le courant du mois de septembre, du mois d’octobre ou à la trinité. Prions le Conseil d’Etat pour qu’il nous délivre. L’attente devient insoutenable. Après la mise en examen pour faux et complicité de faux, l’avenir de Bourking se présente mal. Ce serait un véritable miracle s’il échappait à une invalidation et à une période d’inéligibilité.

L’après Bourquin se prépare

Si Olive est toujours le successeur désigné d’un Bourquin qui serait privé de son siège de conseiller général et par conséquent de la présidence du conseil général, Claude Cansouline, lui aussi mis en examen, et Michel Moly, le maire de Collioure, sont également sur les rangs.

ça sent L’Indép.

" ça sent le Bové “, c’est avec ce titre que l’Indép a annoncé la venue de José Bové à Visa pour l’Image. On se demande si certains ne passent pas trop de temps à feuilleter les numéros de L’Indép des années de la collaboration avec le troisième Reich.

Bové superstar

Le lendemain de sa visite à Perpignan, Bové a bénéficié d’un traitement de star, dix lignes et une petite photo. Loana du loft et combien d’autres crétins de passage à Perpignan, genre Jean-Marie Bigard, ont eu droit à des interviews et des articles cire pompe. Il est vrai que ceux-là dérangent quand même moins que celui qui, dans le monde entier, incarne la lutte contre la globalisation.

Sortez vos mouchoirs

Nous n’allons pas vous raconter tous les malheurs de Bourking parce qu’il en a vraiment beaucoup, beaucoup. Cela vous ferait pleurer. Mais il faut quand même savoir qu’à la demande de la juge, qui instruit l’affaire Bourquin, une réquisition a été opérée sur les comptes bancaires de Christian Bourquin et d’Armand Renard, son chauffeur à l’agence du Crédit Agricole de Millas. Le chef d’agence, Salvador Rodriguez, membre du secrétariat de la fédération départementale du PS, bien embarrassé, a dû s’exécuter.

Dufy à Céret

Le musée de Céret va, en 2003, année du cinquantième anniversaire de la mort de Raoul Dufy consacrer une très ambitieuse exposition au peintre qui séjourna et travailla plusieurs années à Perpignan vers la fin de sa vie.

Garde fou

A l’époque où Bruno Delmas était directeur de cabinet de Christian Bourquin, certains voyaient en lui le responsable des bêtises de son chef. Le problème c’est que depuis que Delmas a quitté Bourquin, ce dernier en fait dix fois plus. Explication d’un employé du conseil général qui, lui aussi, a fui «l’ambiance exécrable» du conseil général, «Delmas était un garde fou, même si ce n’est pas facile de faire changer d’avis Bourquin, il est très borné. Delacroix, lui, a une méthode différente, il ne contredit pas Bourquin.» Moralité, quand on veut garder sa place on laisse le patron faire des bêtises.

Adieu veau, vache, cochon, gazette !

La Dépêche du Midi alliée à La Gazette de Montpellier devait dans le courant de l’été prendre une décision concernant à la création de La Gazette de Perpignan. Ils ont, en fait, décidé de ne rien décider. À notre avis, ce n’est pas demain la veille qu’ils viendront, mais on peut toujours se tromper. Gasquez, le rédac’ chef de la Malsaine du Roussillon, va pouvoir retrouver un sommeil paisible.

Dali 1904-2004

La ville de Perpignan commencerait à étudier un grand projet d’exposition autour de Dali en 2004, année du centième anniversaire de la naissance du grand maître du surréalisme.

Vie privée

Un lecteur insiste beaucoup pour qu’on lui raconte quelques anecdotes savoureuses sur la vie privée de nos grands fauves. Allez, rien que pour lui, on fait une exception à la règle. «En ce moment on voit presque tous les jours machin avec machine. Et même que toute la ville en parle.»

10sep

Jean-Luc Vaills : Une pierre à la place du cœur

Le 19 octobre 2001, comme chaque jour, Claudine Ribis roule sur la D117 pour se rendre à son travail à Perpignan. Elle n’y arrivera pas. À Cases-de-Pène, un camion lui coupe la route au niveau de la carrière Vaills et écrase son véhicule. Les pompiers auront le plus grand mal à l’extraire de l’amas de tôles coincées sous le camion qui travaillait pour le carrier. Claudine Ribis est cassée de partout, visage, bras, jambes, bassin, pas moins de 22 fractures. D’opération en opération, la vie de cette dame de 42 ans est devenu un indescriptible calvaire.

Comment est-il possible que près d’un an après un pareil drame, l’entreprise Vaills crée toutes les conditions pour qu’un grave accident se reproduise, avec, qui sait, cette fois, plusieurs personnes dans la voiture. Cela se passe toujours sur la D 117, à un kilomètre sur la gauche avant d’arriver à Estagel en venant de Perpignan.

A la hauteur du petit chemin qui mène à la carrière, on observe tout d’abord qu’au mépris de la loi, l’exploitation n’est pas signalée. Il n’y a pas d’avantage de panneau indiquant la sortie de camions. Il n’y a pourtant aucun autre passage possible pour les véhicules qui vont transporter les centaines de tonnes de matériaux préparés pendant l’été par l’énorme concasseur Nordberg LT 1213 aux couleurs de l’entreprise Vaills.

Lorsque l’on additionne le manque de visibilité, la sortie en angle droit, la vive allure à laquelle sont lancées les voitures circulant sur la D117, on constate simplement qu’un camion ne peut pas sortir du chemin sans mettre en danger les autres usagers de la route. Cette conclusion est partagée par un officier de gendarmerie en retraite qui a longuement observé les lieux. La dangerosité de cette situation ne peut échapper à personne et surtout pas à l’exploitant de la carrière.

Si par malheur il devait arriver quelque chose à cet endroit, ce ne serait pas un accident mais un homicide.

Les pouvoirs publics et les élus sont eux aussi concernés par cette situation. Personne ne veut croire qu’ils attendent qu’un nouvel accident se produise pour placer le carrier devant ses obligations en matière de sécurité.

07sep

JEAN CAPDEVILLE : hommage à ma mère

Le fort de Bellegarde a su garder la magie et le mystère des lieux où l’on sent encore palpiter l’histoire, même s’il n’est plus une place forte, bourrée jusqu’à la gueule d’hommes en armes et en uniforme… Même si, désormais, c’est la mairie du Perthus qui veille sur Bellegarde comme autrefois Bellegarde veillait sur elle, sur ce petit village encaissé dans cette entaille des Albères et comme poussé des graines dispersées par les bottes ou sous le pas des chevaux de tout ce que ce passage des Pyrénées a connu de voyageurs, d’aventuriers, d’envahisseurs, de troupes en armes ou de foules en déroute…

On imagine que Jean Capdeville a été ému en se retrouvant entre ses murs puissants, en foulant l’herbe de la place d’arme… d’où son père soldat partit en 1914 pour un front dont il ne devait pas revenir… C’est ce lieu, symbolique au regard de son histoire familiale, qu’il a choisi pour cet " hommage à ma mère ", une série de tableaux consacrés à celle qui lui a donné le jour, il y a 85 ans, tout près de là, à Saint-Jean-l’Albère.

«Jean Capdeville nous a fait un magnifique cadeau avec cette exposition, explique Mme Armenta, la maire adjointe qui s’occupe du fort, lui, qui déteste tellement, “ce genre de choses”, les vernissages, les expositions.» Lui, le grand peintre, dont on a si rarement l’occasion de voir l’œuvre et dont on ne peut que soupçonner, de loin en loin l’importance, pourrait-on rajouter.

Il faut commencer la visite de l’exposition par la salle principale, la chapelle. C’est une impression saisissante que de se retrouver au milieu de cette pièce, sagement restaurée et aux éclairages parfaits, avec autour de soi cette succession de grands rectangles d’égale dimension, groupés par deux ou par trois.

Entre les tableaux dominés par le visage ou le regard de la vieille femme reproduits en noir et blanc, sur fond noir et mat comme le tissus des robes des vieilles catalanes, s’intercalent d’autres tableaux, sur fond blanc hachuré de large traits verts. Immédiatement, la marque de Capdevile saute aux yeux : des griffures, des traits, un noir insensé et unique et cette signature légère comme un fil égaré sur le tablier d’une femme qui court au centre des tableaux.

On se demande comment du déséquilibre, du désordre apparent des ratures, des griffures, des biffures, comment des traits saccadés et des masses irrégulières, comment il peut émaner autant de force, autant de sérénité, autant d’évidence.

Sur la droite, en sortant de la chapelle, l’exposition se prolonge dans une petite salle claire, l’ancien hôpital de la caserne. Dans une vitrine, on reconnaît Verticalement, de Simone Weil, illustré par plusieurs peintures de Jean Capdevile qui nous rappelle cette part importante de son œuvre consacré à l’illustration de beaux livres.

Sur la gauche, un petit tableau rompt par le format, par le style, par le sujet avec le reste de l’exposition. Il s’agit du pont de Céret peint par Capdeville en 1948, il représente le pont de Céret, le pont du diable. Une vue étonnante comparée à tout ce que l’on vient de voir, très figurative… elle dit à la fois le cheminement de l’homme et du peintre en cinquante de travail et de vie et marque le point d’ancrage, le point de départ. Un pont qui matérialise le passage d’une rive à l’autre, d’un temps à l’autre, entre le passé, ce que l’on a été et le présent ce que l’on est devenu, on imagine que ce n’est pas fortuit…

Faites vite, l’expo s’arrête le 30 septembre.

Jean Capdeville "hommage à ma mère" Fort de Bellegarde, Le-Perthus Ouvert tous les jours de 10h30 à 18h30 Jusqu’au 30 septembre 2002. Entrée : 2 euros pour les enfants, 3 euros pour les adultes

06sep

Visa pour le Foie Gras Une inauguration gavante

Samedi midi, au couvent des Minimes pour l’inauguration de la 14e édition du Festival International du photojournalisme, on a vraiment eu l’impression d’être revenu au bon temps de l’Union Soviétique et de la nomenklatura.

Une tente avait été dressée afin que les officiels soient à l’abri des rayons d’un soleil cuisant. Parmi les planqués, on peut citer Alduy père et maire, les trois députés de la majorité, Claude Cansouline, Jean-François Leroy, le nouveau préfet, quelques adjoints d’Alduy…

C’est donc debout, sous un soleil de plomb, que nous avons écouté les discours officiels. Car comme chacun le sait, si, en France, tout se termine par des chansons, tout commence toujours par des discours.

Guy Péron a demandé une minute de silence à la mémoire des victimes du 11 septembre, ce qui, un an après les attentats de New-York, fut jugé un peu réchauffé par certains, calamiteux par d’autres, mais, comme d’habitude, la majorité du troupeau n’avait pas d’opinion sur la question.

Guy Péron, ancien maire adjoint de Jean-Paul Alduy de 1993 à 2002, et nouveau président de l’association Visa pour l’Image a fait un discours digne de Brejnev à la fin de sa vie. Il bouffait la moitié des mots et terminait difficilement ses phrases. La DHEA est pourtant en vente libre. Léonid Perron a tout de même réussi à lire la longue liste des sponsors. Il a aussi annoncé que Visa accueillait 180 000 visiteurs. On vous le dit, comme en URSS à la belle époque. Il n’y avait pas de pain dans les boulangeries, mais on annonçait chaque année que la production de blé avait encore dépassé celle des Etats-Unis. Dans la brochure de présentation de Visa, Guy Péron conclut son édito par cette phrase «Espérons que le festival contribuera cette année à resserrer les liens entre les nations.» Léonid Brejnev s’est réincarné, maintenant c’est sûr.

Avec Jean-François, le discours a pris de la hauteur, du sens, et de l’émotion lorsqu’il a rappelé que l’on était sans nouvelle de Zuhdi Mustapha, un photographe de Ramallah qui devait exposer à Visa pour l’image.

Au bout du doigt de François Calvet, et au-dessus de nos têtes, on voyait tourner le petit avion de tourisme du président du conseil régional empêché d’atterrir par un contrôleur aérien qui a, paraît-il, fait du zèle. La prochaine fois qu’il viendra à Perpignan, Jacques Blanc pensera peut-être à faire déposer son plan de vol.

Un certain Fourcade, président de la Chambre de Commerce, a prononcé des paroles fortes : «Au fil des ans Visa est devenu une manifestation importante… Ce festival sera comme le précédent un évènement international.» Des mots aussi inoubliables que le prénom de celui qui les a prononcés. Trois journalistes appartenant pourtant à la presse locale essayaient de se rappeler son prénom, Claude ? François ? Henri ? Un de nos lecteurs a-t-il la réponse ?

Comme pour se démarquer de la médiocrité de certains orateurs, Jean-Paul Alduy a commencé par expliquer qu’il n’allait pas remercier tout le monde, sinon on allait passer plus de temps en discours qu’à visiter les expositions. Cap’taine Alduy a défini Visa comme le rendez-vous militant d’une profession. Pour ceux qui ne l’auraient pas bien compris, il a utilisé deux fois le mot militant, entre autre pour qualifier «d’un moment militant» la décision de ne pas renouveler le partenariat avec Corbis, l’agence photo de Bill Gates. On vous le dit, cet Alduy est un dangereux gauchiste. N’ayons quand même pas trop peur, les gauchistes sont devenus les plus solides piliers de l’ordre établi.

Cansouline a été parfait, court, sobre, avec une tonalité humaniste de gauche. Normal. Personne n’a remarqué l’absence de Bourquin. La vie est injuste. Il y a même quelqu’un qui a dit un peu fort «Il parle bien le président du conseil général.» Claude Cansouline qui n’est que vice-président partage avec Christian Bourquin l’honneur et le privilège d’être mis en examen pour “complicité de faux”.

Léonid Brejnev a repris le micro. Il était vachement embêté, Jacques Blanc qui devait prendre la parole n’étant pas arrivé, il ne pouvait pas passer le micro au préfet car celui-ci, protocole oblige, ne pouvait parler que le dernier. Le soleil cognait de plus en plus fort. François Calvet, député et bientôt ex-vice-président du conseil régional pour cause de limitation du cumul des mandats a fini par se laisser convaincre qu’il fallait tenir le crachoir en attendant que le père Blanc descende du ciel. François Calvet a tenu à remercier la momie de Paul Alduy qui figurait en bonne place sous la tente. Il fallait bien que quelqu’un le fasse. C’est l’un des pères fondateurs de Visa pour l’Image.

Blanc ayant manifestement refusé de sauter en parachute sur le couvent des Minimes, le nouveau préfet a pu se présenter devant le micro. Prestation doublement attendue. Que vaut le successeur de Debacq ? Le mec, il a tout de suite voulu montrer qu’il n’était pas con. Il a, l’air de rien, répondu à un imbécile qui un peu avant lui avait dit que les images se suffisaient à elle-même, en expliquant qu’elles avaient besoin de mots. Il a aussi envoyé un message en insistant sur le fait que «l’enracinement et l’ouverture ne sont pas contradictoires, ils sont complémentaires». Lui, c’est pas comme le président de la Chambre de Commerce, il est pas là depuis deux jours mais on sait déjà qu’il s’appelle Michel Fuzeau.

Nous n’insistons pas sur la découverte des expos, nous y reviendrons dans les prochains jours.

Le buffet cocktail dressé dans le patio du couvent des Minimes fut assez animé. Dès qu’un plat de petits-fours était posé sur une table, il était aussitôt enlevé par des goinfres attablés qui devaient trouver que c’était plus commode que de picorer debout devant les tables. Il y en avait même un qui bouffait le plateau tout seul. C’est vrai, puisque je l’ai vu. Il nous est donc impossible de vous dire si les petits-fours étaient bons.

C’est comme pour le foie gras, quelle bousculade au stand Labeyrie. Certains sortaient de la mêlée avec des piles de tartines plein les mains, d’autres voyaient leur petit morceau de pain leur échapper dans la bousculade et le perdaient de vue, il n’avait pourtant pas disparu, il était simplement aller se coller contre la veste d’un monsieur… avant d’être piétiné et de faire glisser une dame qui s’étalait sous la table. C’est vrai puisque je l’ai vu. A quelques pas de là, stoïque, Nicole Gaspon, élue communiste et vice présidente du conseil général croquait des radis et des morceaux de concombre qu’elle trempait quand même dans la sauce.

Un élu de droite avait une histoire à me raconter. Bourquin a une nouvelle voiture équipée des accessoires dernier cri, mais il s’aperçoit qu’il n’y a pas d’autoradio, il retourne donc au garage. Là on lui explique qu’il y a bien une radio mais qu’elle fonctionne avec une commande vocale. Sur la route Bourquin teste son poste : «Mireille Mathieu», ça marche, «Joe Dassin», ça marche, «Nicoletta», ça marche. Bourquin est content, il s’amuse comme un fou avec son nouveau jouet. A un moment, une voiture lui fait une queue de poisson, il se penche à la fenêtre et il crie «CRETIN !», à ce moment-là, on entend la voix d’un journaliste qui annonce, «Et maintenant une interview de Christian Bourquin.»

Coup de pot, j’en avais, moi aussi, une bonne sur Bourquin. C’est une devinette. «Quelle différence y a-t-il entre une afghane et un catalan ?» «Langue au chat» «Les afghanes, la bourqa, elles l’ont sur la tête. Les Catalans, le Bourquin, ils l’ont sur le dos.»

Puisqu’il fallait jouer des coudes pour obtenir les nourritures terrestres, je me dirigeais vers la librairie qui devait être un peu plus calme. En effet. Il n’y avait là que Jean-Paul Alduy, parlant de ses lectures de vacances à Roger Coste, il ne tarissant pas d’éloge sur un roman d’Antonio Tabucchi, Il se fait tard, de plus en plus tard…

Je n’avais pas perdu mon temps.

05sep

Un cahier de texte(s) qui fait scandale

La laïcité selon Bourquin

Mardi 3 septembre, jour de la rentrée au collège du Soler, Christian Bourquin a longuement pris la parole devant les élèves et les enseignants. Un prof qui enseigne depuis trente ans s’est dit abasourdi, il n’avait jamais vu un élu faire un discours politique à des enfants. Le président du conseil général a, en effet, présenté sa politique de rénovation et de construction des collèges. Résumé du discours par plusieurs enfants : «c’est grâce à M. Bourquin que l’on a un collège.»

Bonnet d’âne pour Codognès

Dernière dépense de communication de Christian Bourquin : la fabrication d’un cahier de textes aux couleurs du conseil général qui a été offert à tous les élèves du département rentrant en 6e. A la page où sont présentés les bobines des 31 conseillers généraux, on observe une étrange anomalie : Jean Codognès, élu socialiste, a sa photo au milieu des élus de droite. Christian Mesquin a encore frappé. Bourquin oublie que parmi les trois députés de gauche battus lors des dernières législatives, dont lui-même, Jean Codognès est celui qui a fait le meilleur résultat en arrivant en tête devant Arlette Franco dans tous les cantons de la circonscription, sauf sur celui de Canet.

Leçon de ponctualité

L’opération de communication a quelque peu perturbé la rentrée des 200 élèves de sixième du collège du Soler spécialement rassemblés pour M. Bourquin qui est arrivé avec trois quart d’heure de retard sur l’horaire prévu.

Bourquin la gabegie

La réalisation et l’impression des 7 000 cahiers de textes distribués aux élèves de sixième du département a coûté 40 000 euros. Il faut ajouter le coût du buffet offert aux enseignants et personnels du collège et la dizaine de collaborateurs du conseil général mobilisés par l’opération, sans compter le gros bouquet de fleurs amené par Christian Bourquin, l’opération à un coup réel qui doit approcher les 50 000 euros.

Plan informatique en retard

Le retard du plan d’informatisation des collèges des Pyrénées-Orientales par rapport à de nombreux autres départements n’autorise pas ce genre d’opération gabegie. Avec la somme dépensée pour faire parler de lui, Bourquin pouvait acheter 50 ordinateurs. Ce n’est pas rien.

Imbuvable

Le jus d’orange chimique offert à l’ensemble des élèves a été peu apprécié : “mauvais”, “innommable”, “imbuvable” ont déclaré les enfants. Une mère d’élève s’est étonnée que le conseil général ne fasse pas la promotion des jus de fruit produits en Roussillon.

Le poids de la propagande

Alors que l’Education Nationale et les éditeurs sont mobilisés pour alléger le poids trop élevé des cartables des collégiens, Bourquin a fait un cahier de textes qui pèse 400 grammes. Il a décidément tout faux.

Et la neutralité

Le cahier de textes de Bourquin est surtout très largement critiqué pour son contenu. Il ne respecte pas la neutralité dont doivent impérativement faire preuve les élus politiques dans les enceintes des établissements scolaires. Extraits : «Regarde le site des Bouillouses par exemple, il est beaucoup plus propre et protégé depuis que le conseil général a limité la circulation à certaines heures pendant l’été.» «Chaque collégien s’est vu offrir une boîte électronique personnelle. Il est important de “susciter dès le plus jeune âge une pratique systématique des nouvelles technologies”… précise Christian Bourquin président du conseil général.»

Bientôt une médaille

Il faut rappeler que les contenus sont l’affaire de l’Education nationale et de ses enseignants. Il ne faut pas, sous le prétexte fallacieux de faire de l’éducation civique, transformer l’école en tribune pour les hommes politiques. D’autant que Bourquin entend poursuivre cette action, on peut ainsi lire dans le cahier de textes : «Si je suis élu délégué, le président du conseil général me remettra, comme à tous les autres délégués de classe de tous les collèges du département, un pin’s délégué et un petit livre (…)» Il n’y a que dans les sociétés totalitaires que l’on embrigade les enfants.

Des erreurs à la pelle

Sur plusieurs pages du cahier de textes où sont évoqués le sida, la drogue, on trouve en gros caractères une invitation à appeler le 119. Erreur, ce numéro est celui du centre national d’appel pour signaler les cas d’enfants maltraités. Certes c’est une habitude de trouver de nombreuses bourdes dans les actions de communication du conseil général. Mais on pouvait espérer qu’un document destiné aux enfants fasse l’objet de plus d’attention.

Fhote d'ortografes

La première est en évidence sur la couverture où "cahier de textes" est écrit sans "s". Précisons que tous les cahiers de textes disponibles dans le commerce utilisent le pluriel, ce qui semble tout de même aller de soi. Dans les pages intérieures, on relève quelques fautes d'accord particulièrement désastreuses. Nous passerons sur les nombreuses erreurs, comme sur le prix erroné de la carte UDSIST. Il faudrait aussi préciser au rédacteur que l'on ne met systématiquement un P majuscule à président que quand il s'agit du camembert.

Indignation

Le Bourking Circus devant les sixièmes du collège du Soler a suscité de nombreuses réactions d’étonnement et de désapprobation parmi les parents et les enseignants. Des lettres vont être adressés au ministre de l’Education nationale.

03sep

ERIC DARDILL : Je serai là demain

Le titre du premier roman d’Eric Dardill claque comme un drapeau que l’on hisse haut. Celui des certitudes et de l’affirmation de soi, celui d’un jeune homme sur le point de se lancer dans la vie, la vraie.

Fermez les yeux et souvenez-vous, on parlait autrefois de roman d’initiation, de formation, d’apprentissage. Entre la première phrase et la dernière, le personnage principal avait mûri, vieilli sous nos yeux, la plupart du temps, il avait trouvé sa place et qui il était vraiment. Avec Je serai là demain, Eric Dardill renouvelle le genre en empruntant au thriller quelques recettes dûment éprouvées. Et s’il veille à ce que la boucle soit bouclée, à ce que la première phrase soit exactement la même que la dernière «Je me demandais si un autre que moi avait déjà commis le genre de meurtre que je préparais» c’est que ce roman a beau être son premier roman, le bonhomme n’en est pas à sa première histoire.

Et que les histoires, il sait les raconter. Avec une rigueur toute cinématographique (son premier métier), il a su trancher dans le vif, découper les séquences, ne garder que l’essentiel, construire une trame à partir du labyrinthe intérieur de Paul Esteller, son alter ego et personnage principal. De ce récit à la première personne émane une puissance peu commune.

Paul Esteller met à plat, sa vie, ses échecs, son enfance, traîne d’un psy à l’autre et arrive à la conclusion que tout ira mieux lorsqu’il aura trucidé son ancienne institutrice, Mme Legris. Descente aux enfers ou rédemption ? Ce qui compte c’est le cheminement intérieur qui acquiert au fil des pages, plus de force, plus de puissance, plus d’intensité. Dardill nous embarque dans son récit dès la première ligne. En route, on croise quelques doux dingues et scènes jubilatoires. Cela sonne juste à chaque instant et on marche.

Eric Dardill est originaire du Roussillon, où il a passé les premières années de son enfance. Monteur au cinéma, il a fait le montage de C’est arrivé près de chez vous/B et a travaillé (entre autres) avec Cartier Bresson, Lelouch et Besson. Il y a cinq ans, il arrêtait " tout " pour écrire IJe serai là demain. Depuis il se consacre à l’écriture, a commencé un deuxième roman et terminé le scénario Je serai là demain, une adaptation de son roman pour le cinéma. Il vit aujourd’hui à Thuir.

Je serai là demain, paru en 99, est soutenu et mis en avant depuis des mois par un libraire perpignanais, Roger Coste, de la librairie Torcatis. Un joli pied de nez à tous ceux qui, en ce moment, nous rebattent les oreilles des 400 romans français sortis à l’occasion de la rentrée littéraire, et qui n’auraient que quelques semaines pour faire leurs preuves, atteindre une certaine notoriété médiatique, ou passer au pilon.

Je serai là demain, Eric Dardill CÉRA-nrs Editions 348 pages 18,30 euros

08aoû

Brèves

Mise en bière

Saint-Jean Pla de Corts, Canet, Céret… et bien d’autres communes du Roussillon organisent, cet été, une fête de la bière. Millas se singularise en organisant la fête du pastis : au cours de sa feria, l’apéritif à l’anis est servi gratuitement à plusieurs moments de la journée. Il ne faut pas s’étonner que le vin doux se vende aussi mal et que les caves soient pleines… Si les Catalans préfèrent promouvoir d’autres boissons auprès des touristes.

Pyrénées Roupillon

L’Accent Catalan «a pour ambition de maintenir un lien, un dialogue permanent avec vous», écrit Christian Bourquin dans le 6e numéro du magazine trimestriel du conseil général qui vient de paraître. Six numéros en quatre ans, même à l’époque où René Marquès présidait le département, on faisait mieux.

A l’ombre

Après avoir épuisé tous les recours, Alain Ferrand, ancien maire du Barcarès, accomplit la peine de prison à laquelle il a été condamné pour s’être, pendant plusieurs années, soustrait au paiement de la TVA. Bénéficiant d’un aménagement de peine, Alain Ferrand quitte chaque matin le centre pénitentiaire de Perpignan pour aller travailler au Barcarès. Après avoir passé juillet à l’ombre, il devrait être libéré à la mi-septembre. Mais il pourrait profiter d’une remise de peine pour bonne conduite.

Madame Alain Ferrand

Les Ferrand auront certainement apprécié le black-out de la presse locale. L’Indépendant et le Midi-Libre entretiennent, il est vrai, de bonnes relations… publicitaires avec la commune du Barcarès que dirige Mme Alain Ferrand.

Un super roman

La stratégie du cochon, le petit dernier de Gil Graff, romancière de talent qui habite et travaille à Saint Cyprien, est disponible à la librairie Privat. N’hésitez pas une seconde. Découvrez la avant tout le monde.

Une grande expo

Parmi les expositions de peinture que l’on peut voir cet été, il en est une magnifique qui remporte un grand succès, c’est celle de Marc Desgrandschamps à la fondation d’art contemporain de Jau, à Cases de Pène. Philippe Dagin, le grand chroniqueur d’art du Monde lui a récemment consacré une demie page.

Nom d’un chien

Le président du conseil général a quelque chose de canin. Il lui faut absolument mettre sa signature partout. Sur les prospectus, sur les affiches collées sur les flancs des bus, sur les panneaux 4x3, partout il y a la signature manuscrite de Christian Bourquin.

A l’eau à l’eau

Sur la campagne de publicité du conseil général pour les lacs des Bouillouses écrin des Pyrénées, on lit en gos caractères “infos 04 68 04 24 61”. Hélas personne ne répond. Au conseil général il n’y a que le tout à l’égo qui fonctionne bien.

31juil

Brèves

Le directeur de cabinet de Bourquin au tribunal

Franck Franceries, le directeur du cabinet de Christian Bourquin, devait souffrir d’être oublié par la justice. Le mal est réparé : il comparaîtra prochainement devant le tribunal pour un excès de vitesse commis avec sa voiture de fonction. Roulant à plus de 170 km/h, il s’est vu retirer son permis sur le champ. Le conseil général a quand même mis un chauffeur à la disposition du chauffard qui prend les routes départementales pour un circuit de Formule 1.

Fraulein Boivert mise en examen

Le 25 juillet, Danielle Boivert, chef de cabinet du président du conseil général, et surnommée dans la maison " fraulein Boivert " à cause de son style rigide est ressortie de chez la juge qui instruit l’affaire des faux témoignages liée aux comptes de campagne de Christian Bourquin avec une mise en examen. La chef du cabinet de Bourquin est aussi membre de la direction fédérale du PS.

Fran…cerises s’est pris une prune !

Les malheurs du directeur de cabinet font rire (sous cape) bon nombre d’employés du conseil général. Certains ont voulu en faire profiter les visiteurs du site internet du conseil général. A la rubrique " cabinet du président “ le directeur de cabinet de Christian Bourquin, Franck Franceries a été rebaptisé Franck Francerise. Qu’est ce qu’on se marre au conseil général… Attention aux noyaux.

La cerise n’est plus sur le gâteau

Le site du conseil général a été fermé à peine une heure après la parution de cette info et il n’a été réouvert que le lendemain, le temps de retirer la cerise sur le gâteau. Franck Francerise n’a pas encore remercié perpignan-toutvabien pour sa vigilance.

L’avocate du clan

Jacqueline Amer Donat ne peut plus défendre Christian Bourquin dans l’affaire des faux témoignages, mais précisons qu’elle continue d’être l’avocate du conseil général, du comité départemental du tourisme, de la fédération du parti socialiste, de Synthèse, l’agence de pub de Pascal Provencel, de la mère de Christian Bourquin et d’un de ses frères… Cette liste n’est pas limitative.

La défaite de Valmy

“ Tout le prestige d’un domaine vinicole d’exception “, vante la publicité du Château de Valmy qui s’affiche à la Une de l’Indép depuis quelques jours. Mais juste en dessous, le domaine brade son rosé “ pour 2 cartons achetés 1 carton offert !!! ” . Quand on veut péter plus haut que son cru, on ne pratique pas les méthodes de vente d’Intermarché.

Cap’taine Alduy

Mais que fait Alduy ? Pourquoi ne l’entend-t-on pas alors qu’il y a le feu et que la panique générale règne au conseil ? Jean-Paul Alduy navigue tranquillement dans les eaux de la Méditerranée à bord d’un voilier en tête à tête avec Dominique Alduy. Aux dernières nouvelles le bateau ne prenait pas l’eau.

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