Perpignan-Toutvabien

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03fév

Francesc Català-Roca

Dali prend la pose

Entre une année (2002) consacrée à Gaudi (le 150e anniversaire de sa naissance) et une année à venir (2004) qui le sera à Dali (pour le centenaire de sa naissance), Perpignan passe le relais avec une exposition de photographies du Catalan Francesc Catala-Roca qui fixe dans les années 50 la promenade hivernale et ensoleillée de Salvador Dali au parc Guëll.

Le jeune Francesc Català-Roca, frais émoulu du studio photographique de son père, a déjà commencé à photographier Barcelone, ce sera son œuvre. Pour ce travail, il sera reconnu, exposé, publié et récompensé. Et on le sent déjà plus attiré par l’architecture en général, les constructions, les perspectives que par Dali lui-même. La plupart de ses clichés présentent un Dali plus minéral que jamais, à Cadaquès, Port-Lligat ou Barcelone, partout c’est la pierre qui domine.

Parmi les photos exposées au couvent des Minimes, il en est une que les Roussillonnais qui s’intéressent à Dali connaissent bien, celle qui a été reprise pour l’affiche, Dali en peignoir de bain blanc tient entre ses bras une croix faite de cubes de bois d’olivier. Elle a fait la couverture du livre de Gifreu, Dali, un manifeste ultralocal, paru en 2000, où l’auteur explique comment Dali a été marqué et influencé par Gaudi.

Francesc Català-Roca n’a pas encore développé un style vraiment personnel, Barcelone est imprégnée d’une esthétique très "années 50", cintrée comme une robe de Jacques Fath, brillante comme une voiture américaine. Les pavés mouillés et luisants, les rues désertes, l’extrême netteté de chaque ligne, de chaque point, la limpidité de la lumière rappellent des clichés célèbres de Paris à la même époque ou même avant-guerre.

Cette impression d’enracinement dans le temps est encore renforcée par l’aspect très documentaire des photos retenues pour l’exposition. Comme on mesure l’état d’avancement des travaux de la Sagrada Familia, Dali, avec sous le bras, un livre consacré à Vermeer, nous rappelle la fascination qu’il éprouvait cette année-là pour la célèbre dentelière du peintre hollandais.

Les thèmes daliniens sont à peine perceptibles. Sa tête, par un effet de perspective, repose sur la pierre qui borde un chemin ou est coiffée d’un pilastre sculpté. Dali faisait-il une différence en posant pour les photographes compatriotes et pour les photographes étrangers ? Dans son atelier, on pourrait le prendre pour un acteur de cinéma et partout il pose avec la retenue bourgeoise, bien élevée, manucurée et soignée, du riche notable de province. Dali, plus bridé que paranoïaque, en quelque sorte. A première vue, on pourrait penser qu’il ne se passe pas grand chose, ce qui est déjà beaucoup dans son cas.

Depuis plusieurs saisons déjà, Perpignan ouvre pour le jour anniversaire de la naissance de Dali, puis pour le jour anniversaire de son décès, une exposition qui présente le regard d’un photographe sur le maître catalan. Les limites de l’entreprise sont comprises dans son énoncé. Mais l’on regrette que ces expositions n’éveillent pas un peu plus d’intérêt auprès du public. Sans doute, nécessiteraient-elles un plus grand travail de mise en forme, de présentation, de mise en perspective. Et l’on se sent un peu triste que la bombe Dali soit désamorcée en une aimable et lisse exposition.

Christine Oustailler-Thomas

Dalí de Francesc Català-Roca
Couvent des Minimes
24, rue François Rabelais
Jusqu’au 15 avril
Ouvert tous les jours, de 11h à 17h30
Entrée Gratuite

03fév

FRANCESC CATALà-ROCA : Dali prend la pose

Entre une année (2002) consacrée à Gaudi (le 150e anniversaire de sa naissance) et une année à venir (2004) qui le sera à Dali (pour le centenaire de sa naissance), Perpignan passe le relais avec une exposition de photographies du Catalan Francesc Catala-Roca qui fixe dans les années 50 la promenade hivernale et ensoleillée de Salvador Dali au parc Guëll.

Le jeune Francesc Català-Roca, frais émoulu du studio photographique de son père, a déjà commencé à photographier Barcelone, ce sera son œuvre. Pour ce travail, il sera reconnu, exposé, publié et récompensé. Et on le sent déjà plus attiré par l’architecture en général, les constructions, les perspectives que par Dali lui-même. La plupart de ses clichés présentent un Dali plus minéral que jamais, à Cadaquès, Port-Lligat ou Barcelone, partout c’est la pierre qui domine.

Parmi les photos exposées au couvent des Minimes, il en est une que les Roussillonnais qui s’intéressent à Dali connaissent bien, celle qui a été reprise pour l’affiche, Dali en peignoir de bain blanc tient entre ses bras une croix faite de cubes de bois d’olivier. Elle a fait la couverture du livre de Gifreu, Dali, un manifeste ultralocal, paru en 2000, où l’auteur explique comment Dali a été marqué et influencé par Gaudi.

Francesc Català-Roca n’a pas encore développé un style vraiment personnel, Barcelone est imprégnée d’une esthétique très "années 50", cintrée comme une robe de Jacques Fath, brillante comme une voiture américaine. Les pavés mouillés et luisants, les rues désertes, l’extrême netteté de chaque ligne, de chaque point, la limpidité de la lumière rappellent des clichés célèbres de Paris à la même époque ou même avant-guerre.

Cette impression d’enracinement dans le temps est encore renforcée par l’aspect très documentaire des photos retenues pour l’exposition. Comme on mesure l’état d’avancement des travaux de la Sagrada Familia, Dali, avec sous le bras, un livre consacré à Vermeer, nous rappelle la fascination qu’il éprouvait cette année-là pour la célèbre dentelière du peintre hollandais.

Les thèmes daliniens sont à peine perceptibles. Sa tête, par un effet de perspective, repose sur la pierre qui borde un chemin ou est coiffée d’un pilastre sculpté. Dali faisait-il une différence en posant pour les photographes compatriotes et pour les photographes étrangers ? Dans son atelier, on pourrait le prendre pour un acteur de cinéma et partout il pose avec la retenue bourgeoise, bien élevée, manucurée et soignée, du riche notable de province. Dali, plus bridé que paranoïaque, en quelque sorte. A première vue, on pourrait penser qu’il ne se passe pas grand chose, ce qui est déjà beaucoup dans son cas.

Depuis plusieurs saisons déjà, Perpignan ouvre pour le jour anniversaire de la naissance de Dali, puis pour le jour anniversaire de son décès, une exposition qui présente le regard d’un photographe sur le maître catalan. Les limites de l’entreprise sont comprises dans son énoncé. Mais l’on regrette que ces expositions n’éveillent pas un peu plus d’intérêt auprès du public. Sans doute, nécessiteraient-elles un plus grand travail de mise en forme, de présentation, de mise en perspective. Et l’on se sent un peu triste que la bombe Dali soit désamorcée en une aimable et lisse exposition.

Dalí de Francesc Català-Roca Couvent des Minimes 24, rue François Rabelais Jusqu’au 15 avril Ouvert tous les jours, de 11h à 17h30 Entrée Gratuite

03fév

Brasillach (26) La presse en parle

Après les téléspectateurs de FR3, les auditeurs de Radio Arrels, les lecteurs de Libération, L’humanité, Le Monde, le Nouvel Observateur, Marianne, Le Travailleur Catalan et divers quotidiens de province dont la Dépêche du Midi ou perpignan-toutvabien, les lecteurs de L'Indép découvrent ce dimanche l’affaire Brasillach.

Dans un article dense et documenté, José Lozano retrace l’itinéraire fasciste et criminel de Robert Brasillach. Un article à découper et à glisser entre les pages de l’article signé André Bonet sur Brasillach. On y trouve ce que l’on devrait lire dans l’encyclopédie.

Pour ce qui est du rappel de l’affaire, on regrettera que l’article de Bruno Doguet oublie les réactions de la Ligue des droits de l’homme, du Snesup, le syndicat des profs de l’université de Perpignan, de Maître Cohen, le président de l’alliance des juifs des Pyrénées-Orientales. Montrent-elles trop que le conseil général et Privat se trouvent face à un fort mouvement de désapprobation ?

Il aurait été utile aussi que le lecteur de L’Indépendant sache que le CML de M. Bonet avait son siège au 45 quai Vauban dans la maison natale de Robert Brasillach.

Le Travailleur Catalan de cette semaine consacre à nouveau une importante place à l’affaire.

Jean Reynal qui, selon les circonstances, se présente comme conservateur du patrimoine, conseiller culturel du président Bourquin, historien ou anthropologue, répond à une interview sous la casquette de co-directeur de L’Encyclopédie des P-O. Mais, dans son discours, il se positionne également comme salarié du conseil général dont il dit «l’institution que je représente.»

On ne s’attendait pas à ce que Jean Reynal, salarié du conseil général dont il est, en matière de culture, un personnage influent, contredise Jean Reynal responsable éditorial rémunéré par les Editions Privat.

Michel Demelin, directeur de collection chez Privat et le second co-directeur de L’Encyclopédie des P-O., est également dans cette position équivoque. Il a été recruté comme modérateur des forums par le conseil général dans le cadre de l’opération Horizon 2012.

Beaucoup d’attaques dans l’interview de Jean Reynal. Ce n’est pas ce genre d’arguments qu’attendaient les lecteurs du Travailleur Catalan.

Un petit extrait pour avoir un aperçu.

«Qu’on le veuille ou non, Brasillach est né ici. Le parti pris de l’éditeur, qu’il soutient sans réserve, était de ne rien occulter dans un ouvrage encyclopédique dédié au Pays Catalan. Le devoir de mémoire, c’est cela aussi, n’en déplaise à un petit censeur peu soucieux de respecter les règles qui fondent la déontologie de la profession à laquelle il prétend appartenir. S’il ne devait, un jour, parvenir à appliquer qu’une de ces règles, je lui suggère pour ma part : l’autocensure, cela lui éviterait le ridicule avant de tomber, quelques instants plus tard, dans la diffamation… moins juteuse, sans aucun doute… »

Le devoir de mémoire appliqué aux bourreaux. On nage vraiment dans le révisionnisme.

Le devoir de mémoire n’est ce pas, plutôt, cette transmission de la vérité que nous devons aux victimes, à leur mémoire et aux générations futures pour les aider à se préserver du retour toujours possible de la barbarie.

A son habitude, Jean Reynal se gargarise de mots et de valeurs.

Avec un tel conseiller culturel à ses côtés, il n’est pas étonnant que Christian Bourquin cautionne un texte révisionniste bêtement recopié par phrases entières sans changer un mot sur Maurice Bardèche et brandisse à FR3 un article du même fasciste et fondateur du négationnisme en France.

LeTravailleur Catalan consacre par ailleurs une pleine page à l’affaire, sous la signature d’Eric Biesse. Citons un extrait qui est la meilleure réponse aux propos vindicatifs de Jean Reynal " La liberté de la presse c’est, entre autre, la possibilité d’écrire dans le style de son choix sur tout sujet, même ceux qui fâchent. En rapport à cette liberté, tout journaliste à des devoirs. Le premier est de respecter la vérité. En l’occurrence qu’il s’agisse du Travailleur Catalan, de perpignan-toutvabien, de L’Humanité ou de Marianne, les journalistes ont respecté la vérité, ils ont même contribué à sa démonstration. "

Que dire de plus…

Pour faciliter le suivi de l'affaire Brasillach, tous les articles s’y rapportant ont été numérotés par ordre de parution.

31jan

Brasillach (25) Le sauvetage du soldat Bonet

Il faut lire un quotidien national, Le Monde, pour apprendre qu’André Bonet se défile «Le signataire de l’article, André Bonet n’est pas l’auteur des lignes incriminées. Il n’estimait pas pertinent d’introduire Brasillach dans le panorama des écrivains d’origine catalane. Ce sont les responsables de l’ouvrage, Michel Demelin et Jean Reynal, qui, par souci d’exhaustivité, ont rajouté quelques lignes à l’article d’André Bonet. Michel Demelin, journaliste, confirme et assume.»

André Bonet ne reconnaît plus le texte sur Brasillach.

Oui, et alors ?

L’encyclopédie n’est-elle pas toujours là, avec son texte révisionniste d’inspiration négationniste tiré de Maurice Bardèche ?

André Bonet s’était d’abord défendu, en utilisant la caution de Maurice Halimi, ancien responsable de la communauté juive, qui avait lu son texte avant parution et n’avait rien trouvé à redire.

Mais voyant l’importance que prenait l’affaire, il s’est débattu comme un beau diable pour qu’on l’aide à se sauver.

D’où le déclenchement de l’opération Sauvetage du soldat Bonet. Il est clair que cette affaire pouvait compromettre l’avenir du CML et surtout celle de son président à vie.

Opération réussie.

Certes, il y a quelques dégâts au passage. Car en dénonçant la paternité de ce texte, André Bonet reconnaît qu’elle est difficile à assumer.

A présent, retiré du front, le soldat Bonet fait savoir que l’affaire ne le concerne plus. Il distribue l’article du Monde avec une petite lettre où il écrit «Ni le président du CML ni l’ensemble de notre équipe n’a rien à voir avec les propos tenus sur Internet.»

Quel nouvel aveu ! Le problème d’André Bonet n’est pas d’avoir signé la réhabilitation de Brasillach, c’est que cela ait suscité une forte désapprobation.

D’ailleurs André Bonet ne désapprouve pas du tout le texte signé de son nom, il estime simplement qu’il n’était «pas pertinent d’introduire Brasillach dans le panorama des écrivains d’origine catalane.»

Reste à Bonet à trouver un nouveau siège pour le Centre Méditerranéen de Littérature.

Il est devenu inconcevable qu’une association qui vit largement des fonds publics (richement subventionnée) ait son siège et reçoive à Perpignan des écrivains de renom dans la maison natale de l’antisémite, du fasciste, du nazi, du délateur Brasillach.

Fabrice Thomas

(1) Un livre accusé de réhabiliter Brasillach, article de Jean-Paul Besset, correspondant régional du Monde à Toulouse. Le Monde, 30 janvier 2002.

Pour faciliter le suivi de l'affaire Brasillach, tous les articles s’y rapportant ont été numérotés par ordre de parution.

30jan

Affaire Brasillach (23)

INCROYABLE: LES PREUVES DE BOURQUIN SONT D'ORIGINE NéGATIONNISTE

C’est Christian Bourquin lui-même devant une caméra de FR3(1) qui a apporté la preuve que le texte signé André Bonet sur Brasillach publié par l’encyclopédie des Pyrénées-Orientales était, pour le moins, d’une origine douteuse puisqu’il est copié sur un texte de Maurice Bardèche, théoricien du néo-fascisme.

Christian Bourquin croyait fournir la meilleure des justifications en brandissant Comme le temps passe de Brasillach devant la caméra de FR3. En pointant du doigt la quatrième de couverture, il déclare :

«C’est une grosse manipulation, montée à partir d’un site électronique douteux et montée par des gens véreux. Je tenais à saluer à côté du professionnalisme des Editions Privat qui dans la biographie de Brasillach s’est simplement inspirée de la biographie produite de Brasillach sur les Editions Plon, il y a de cela dix ans et là personne a eu à redire.» (NDLR : Désolés pour la syntaxe nous avons restitué mot pour mot les propos de Christian Bourquin, président du conseil général des Pyrénées-Orientales).

On identifie clairement à l’image qu’il ne s’agit pas, comme le dit Christian Bourquin, d’une biographie mais bien d’un roman Comme le temps passe. C’est la seizième édition de ce roman de Robert Brasillach édité chez Plon en 1983, la première édition toujours chez Plon datant de 1937.

Et la quatrième de couverture que Christian Bourquin met sous les yeux du téléspectateur est l’œuvre de Maurice Bardèche. Celui-ci, exécuteur testamentaire de Robert Brasillach, a consacré une bonne part de sa vie à la promotion et à la publication de l’œuvre de son beau-frère, (il était l’époux de Suzanne, sœur de Brasillach). Il mettait énormément d’application à préfacer, présenter, relire, corriger, tout ce qui portait la signature de Robert Brasillach. Il était d’autant plus intransigeant, qu’il poursuivait l’objectif de réhabiliter Brasillach en gommant au maximum son engagement fasciste, nazi et collaborationniste.

Et cinq phrases du texte de Bonet ont effectivement été recopiées avec une totale fidélité sur cette quatrième de couverture.

On y retrouve d’ailleurs quelques-uns des points qui sont à l’origine de l’affaire Brasillach.

- Robert Brasillach «victime» d’un «drame de l’épuration»

- Brasillach se constitue prisonnier «parce que sa mère est prise en otage»

Maurice Bardèche s’applique à mettre sur un même plan les victimes des armées du troisième Reich et celles des troupes alliées qui libèrent le monde du nazisme, celles de la milice pendant l’occupation et celle de la Résistance. Pour lui, ce ne sont là que les horreurs de la guerre. Sa démarche vise à nier le caractère intrinsèquement criminel et monstrueux du fascisme.

Voilà pourquoi de bourreau et de coupable jugé et condamné, Brasillach passe au statut de «victime», comme les résistants torturés à mort. Et comment sa mère se retrouve «otage» alors qu’elle ne risque pas d’être fusillée comme le furent les otages des Allemands. Beaucoup sont morts bien plus jeunes encore que Brasillach, Guy Mocquet n’avait que 17 ans.

Voilà comment on réécrit l’histoire, pour lui donner un sens différent.

Voilà d’où viennent les écrits de Bonet, voilà le sens et la portée qu’ils ont.

Nous nous abstiendrons de tout commentaire sur la personne de monsieur Bourquin pour ne retenir que les faits.

Qu’un élu de la République, qui siégea à l’Assemblée Nationale, qu’un président du conseil général finance et défende cette réécriture de l’histoire qui vise à réhabiliter une figure du fascisme et les idées fascistes n’est pas acceptable.

Fabrice Thomas

Spécial Moltes Gracies à tous ceux qui ont apporté leur contribution, leur connaissance à cette enquête.

(1) Reportage diffusé lundi 27 janvier à 18 heures 55 dans le journal départemental de FR3 Roussillon et rediffusé en Languedoc-Roussillon pendant l’édition régionale.

NDLR:Maurice Bardèche, fondateur du négationnisme en France, développe ses thèses dans Nuremberg ou la terre promise. Il est le fondateur de la revue Défense de l’occident, publication qui durant les décennies d’après guerre joua un rôle primordial pour permettre la restructuration des idées fascistes et à leur donner une présentation «acceptable». Cela donna le Front National. Ami de nombreux dirigeants d’extrême droite des pays européens, il était un maître à penser du néo-fascisme et il se présentait en disant «Je suis un écrivain fasciste.» Mort en 1998, il vivait à Canet-en-Roussillon, village d’origine de Brasillach et il entretenait des relations amicales avec quelques personnes des milieux culturels locaux.

Nous tenons une nouvelle fois à préciser que nous n’accusons pas les Editions Privat et le conseil général de vouloir réhabiliter Brasillach. Il est par contre évident qu’en voulant couvrir les écrits de Bonet qu’ils ont laissé passer par négligence, les éditeurs et le conseil général aggravent leur cas.

Illustration ©FR3 Bourquin filmé dans son bureau du conseil général, le 27 janvier 2003

Pour voir le reportage de FR3 http://www.sud.france3.fr/semiStatic/387-NIL-NIL-192889.html

Pour faciliter le suivi de l'affaire Brasillach, tous les articles s’y rapportant ont été numérotés par ordre de parution.

29jan

Affaire Brasillach (23) amnistia.net

Amnistia.net est un journal en ligne, une revue bimestrielle et une lettre d’information gratuite. En deux ans d’existence, Amnistia.net s’est taillé, à coups d’enquêtes rigoureuses, une solide réputation dans le monde des médias et ses révélations sur les négationnistes, ou à propos de la Corse, par exemple, ont été, plusieurs fois, citées ou reprises par Le Monde, Libération, Le Canard enchaîné et Paris Match.

Ceux qui se demandent encore ce qu’Internet a apporté à l’information, aux médias en général, aux journaux en particulier, trouveront sur le site d’Amnistia.net quelques réponses. Tous les articles parus sont conservés en ligne, regroupés en dossiers qui s’étoffent au fur et à mesure de la parution de nouvelles enquêtes et contributions, constituant une base documentaire et de réflexion incontournable sur de nombreux sujets d’actualité.

Mais ce n’est pas par cette présence sur Internet qu’Amnistia se différencie des autres journaux. Au-dessus d’Amnistia, le pavillon de l’indépendance rédactionnelle flotte haut et ce n’est pas un vœu pieux. Visiblement, une vraie place est donnée aux journalistes pour développer leurs sujets, apporter toujours plus d’analyse, aller jusqu’au bout de leurs investigations, de leur réflexion.

Il faut dire que la rédaction d’Amnistia compte quelques empêcheurs de tourner en rond et bonnes plumes notoires. Didier Daeninckx, le journaliste, et romancier bien connu, a signé de nombreux articles qui ont fait date sur les négationnistes et est l’auteur, avec Arnaud Nanta, d’un volumineux dossier, INégationnistes, les Eichmann de papier/I. On peut aussi lire, sur le site d’Amnistia, quelques-unes de ses nouvelles, inspirées de l’actualité. A ses côtés, on retrouve, entre autres, Enrico Porsia et ses investigations très poussées sur la Corse ou la mafia, Allande Socarros et sa lettre du pays basque et encore Raphaël Gardel, Alfredo Ragusi et Robert Realley.

L’esprit "Internet" n’est jamais loin, au-dessus d’une île verte dessinée sur fond bleu de mer, on peut lire cette sentence : «Quelque part, à l'abri des oreilles des radars, loin des yeux des satellites, de tout mouchard et de tout contrôle : elle existe, elle flotte au-dessus de nos consciences. C'est AMNISTIA, une île sans état, une communauté de destin.» On clique sur une bouteille dans la mer pour envoyer ses suggestions, sur la boîte à lettre pour les messages à la rédaction, sur la bicyclette pour faire le tour de l’île, sur la machine à écrire pour connaître les collaborateurs du journal, la chope de bière de "barachoix" oriente l’internaute sur une page de liens vers de nombreux journaux français et étrangers, tandis que NewsPort permet d’accéder aux archives.

Le numéro 29, paru en janvier, que l’on peut (comme tous les anciens numéros) commander directement sur le site URLhttp://www.amnistia.net:URLhttp://www.amnistia.net/URL ou auprès de son libraire, consacre un dossier à la Corse et publie un article sur la réhabilitation de Brasillach dans IL’encyclopédie des Pyrénées-Orientales./I

Cet article replace tout d’abord la publication de cette encyclopédie dans le cadre de la commande que les Editions Privat ont reçu du conseil général des P.O. et reprend, point par point, les termes de la notice consacrée à Brasillach qui font bondir la France entière ou peu s’en faut pour déboucher sur une conclusion irrésistible : «L'article qui est consacré à ce délicat auteur par André Bonet se termine par ces mots: "Son œuvre, avec le recul du temps, prendra sa juste place". Il est bon d'en préciser le lieu: les poubelles de l'Histoire.»

«Amnistiez vos préjugés, laissez respirer vos idées», titre Amnistia en page d’ouverture à l’attention de ses lecteurs. Amnistia est une bouffée d’oxygène dans la grisaille, un éclair d’intelligence dans les marécages de l’uniformité, un îlot de résistance au grand rouleau compresseur. Branchez-vous vite et sans modération.

Amnistia.net sur le net : URLhttp://www.amnistia.net:URLhttp://www.amnistia.net/URL

29jan

Affaire Brasillach (21) :

LA SECTION LOCALE DU SNESUP DE L’UNIVERSITé DE PERPIGNAN COMMUNIQUE

Concernant la publication de l’Encyclopédie des Pyrénées-Orientales lancée à l’initiative du Conseil Général des Pyrénées-Orientales, la section locale du Snesup (syndicat National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche) de l’Université de Perpignan a adopté à l’unanimité la motion suivante :

1) Elle regrette qu’une publication de cette importance n’ait pas bénéficié d’un véritable comité de lecture scientifiquement établi

2) Dénonce et condamne les propos révisionnistes contenus dans les articles consacrés à Brasillach

3) Exige que ces articles soient modifiés et qu’en tout état de cause, que l’Encyclopédie ne soit pas distribuée avec ce contenu dans les établissements scolaires du département.

Pour faciliter le suivi de l'affaire Brasillach, tous les articles s’y rapportant ont été numérotés par ordre de parution.

29jan

Brasillach ( ) Amnistia.net

Amnistia.net est un journal en ligne, une revue bimestrielle et une lettre d’information gratuite. En deux ans d’existence, Amnistia.net s’est taillé, à coups d’enquêtes rigoureuses, une solide réputation dans le monde des médias et ses révélations sur les négationnistes, ou à propos de la Corse, par exemple, ont été, plusieurs fois, citées ou reprises par Le Monde, Libération, Le Canard enchaîné et Paris Match..

Ceux qui se demandent encore ce qu’Internet a apporté à l’information, aux médias en général, aux journaux en particulier, trouveront sur le site d’Amnistia.net quelques réponses. Tous les articles parus sont conservés en ligne, regroupés en dossiers qui s’étoffent au fur et à mesure de la parution de nouvelles enquêtes et contributions, constituant une base documentaire et de réflexion incontournable sur de nombreux sujets d’actualité.

Mais ce n’est pas par cette présence sur Internet qu’Amnistia se différencie des autres journaux. Au-dessus d’Amnistia, le pavillon de l’indépendance rédactionnelle flotte haut et ce n’est pas un vœu pieux. Visiblement, une vraie place est donnée aux journalistes pour développer leurs sujets, apporter toujours plus d’analyse, aller jusqu’au bout de leurs investigations, de leur réflexion.

Il faut dire que la rédaction d’Amnistia compte quelques empêcheurs de tourner en rond et bonnes plumes notoires. Didier Daeninckx, le journaliste, et romancier bien connu, a signé de nombreux articles qui ont fait date sur les négationnistes et est l’auteur, avec Arnaud Nanta, d’un volumineux dossier, Négationnistes, les Eichmann de papier. On peut aussi lire, sur le site d’Amnistia, quelques-unes de ses nouvelles, inspirées de l’actualité. A ses côtés, on retrouve, entre autres, Enrico Porsia et ses investigations très poussées sur la Corse ou la mafia, Allande Socarros et sa lettre du pays basque et encore Raphaël Gardel, Alfredo Ragusi et Robert Realley.

L’esprit "Internet" n’est jamais loin, au-dessus d’une île verte dessinée sur fond bleu de mer, on peut lire cette sentence : «Quelque part, à l'abri des oreilles des radars, loin des yeux des satellites, de tout mouchard et de tout contrôle : elle existe, elle flotte au-dessus de nos consciences. C'est AMNISTIA, une île sans état, une communauté de destin.» On clique sur une bouteille dans la mer pour envoyer ses suggestions, sur la boîte à lettre pour les messages à la rédaction, sur la bicyclette pour faire le tour de l’île, sur la machine à écrire pour connaître les collaborateurs du journal, la chope de bière de "barachoix" oriente l’internaute sur une page de liens vers de nombreux journaux français et étrangers, tandis que NewsPort permet d’accéder aux archives.

Le numéro 29, paru en janvier, que l’on peut (comme tous les anciens numéros) commander directement sur le site http://www.amnistia.net ou auprès de son libraire, consacre un dossier à la Corse et publie un article sur la réhabilitation de Brasillach dans L’encyclopédie des Pyrénées-Orientales.

Cet article replace tout d’abord la publication de cette encyclopédie dans le cadre de la commande que les Editions Privat ont reçu du conseil général des P.O. et reprend, point par point, les termes de la notice consacrée à Brasillach qui font bondir la France entière ou peu s’en faut pour déboucher sur une conclusion irrésistible : «L'article qui est consacré à ce délicat auteur par André Bonet se termine par ces mots: "Son œuvre, avec le recul du temps, prendra sa juste place". Il est bon d'en préciser le lieu: les poubelles de l'Histoire.»

«Amnistiez vos préjugés, laissez respirer vos idées», titre Amnistia en page d’ouverture à l’attention de ses lecteurs. Amnistia est une bouffée d’oxygène dans la grisaille, un éclair d’intelligence dans les marécages de l’uniformité, un îlot de résistance au grand rouleau compresseur. Branchez-vous vite et sans modération.

Amnistia.net sur le net : http://www.amnistia.net

28jan

Affaire Brasillach (20) : un texte de Guy Jacquet

Cher Monsieur Thomas,

Vous m'avez gentiment sollicité pour connaître ma position sur «l'affaire Robert Brasillach», déclenchée depuis la parution de l'encyclopédie roussillonnaise. Votre demande me flatterait, si j'avais l'amorce d'un commencement à me sentir assez représentatif, pour que mon opinion ait quelque importance.

A tort ou à raison, mon orgueil dût-il en souffrir, vous aurez noté que je ne suis pas répertorié parmi les 50 personnes qui, pour l'Express, font «bouger Perpignan». Il est vrai que depuis 25 ans je n'ai commis que 30 mises scène, ne représentant que 540 soirées théâtrales sur notre seule ville (dont prés de 100 aux Estivales). Pas de quoi exciter un hebdo national, dont les choix ont du être guidés par les réseaux locaux habituels.

Je me console égoïstement, en me disant que d'autres artistes ou personnalités ne figurent pas non plus dans ce box-office, alors qu'ils me semblent, au moins, aussi dignes que d'autres d'y apparaître et qu'en l'occurrence, «faire bouger» ne signifie pas forcément «faire avancer».

Allez, nous mettrons cela sur le compte de mon ego dépité, n'est ce pas? Du coup je me demande vraiment au nom de quoi, vous souhaitez connaître mon opinion sur le feu qui brasille encore pour ce Robert, au point qu'on lui consacre une bonne place au chapitre littéraire d'une l'encyclopédie. Après tout, l'auteur de la rubrique est catalogué dans le who's who de l'Express, lui: ce n'est donc pas n'importe qui ! Comment voulez-vous qu'un petit théâtreux comme moi puisse juger des écrits d'une telle personnalité dont la profonde pensée et la compétence, remettent si allègrement à l'heure les pendules de l'Histoire?

Mais peut-être voulez-vous me pousser à en apprécier le décalage horaire?

Alors, soit !

Robert Brasillach reste pour moi une des plus sales figures de notre histoire récente. Mon père disait: «un salaud, d'autant plus dangereux et d'autant moins excusable, qu'il était intelligent, cultivé, brillant d'une syntaxe séduisante et d'un vocabulaire bourrés de talent.»

Ce manipulateur de haine m'avait jusque-là simplement écœuré par ses crachats de mots corrosifs. Ceux qui puisent en l'homme ce qu'il a de plus triste et de plus vil, donc de plus simple à faire émerger.

Et qui peut encore douter de la force meurtrière des mots ? (Voir les archives de Je suis partout, accessibles à ceux qui ne voudront pas s'en laisser compter).

Les mots de haine fomentent des actes de haine et les accompagnent. Relayés de suspicions, de peurs et de délations, ils envoyèrent mon père pour 26 mois de villégiature dans un camp sur le Danube ! Nombre de républicains de tout poil, résistants, juifs, communistes, homosexuels, francs maçons, débiles mentaux, tziganes, religieux, réfugiés, apatrides, artistes et écrivains, furent avilis, souillés, déportés et exterminés après avoir été noircis par l'encre des rotatives qui servaient l'occupant ou conspués sur les radios par des speakers en bottes S.S.

La mémoire de Brasillach n'est donc pas vaguement embrumée par un tulle de sympathies pour la cause allemande. Ce ne fut pas un collabo mercantile, lâche ou passif comme tant d'autres. Brasillach n'était pas le moindre des intellectuels. Brasillach avait choisi d'être un zélateur efficace du régime hitlérien. Et nous devons regarder cela en face: Brasillach était un nazi!

Son nom reste lié au rêve d'un Reich purifié pour 1000 ans, aux convois de la mort, au ciment des camps lacérés par les ongles de ceux dont les cris s'étouffaient sous l'ignoble.

Je ne veux pas savoir si Brasillach était un bon écrivain dont «l'œuvre chaleureuse restera à tout jamais…» Je m'en fous ! Je sais que la prose de Brasillach pèse pour longtemps, comme un béton grillagé de honte sur les consciences refusant l'amnésie.

Mon seul regret est qu'il ait été fusillé, car je milite farouchement contre toute peine de mort. La sienne nous aura privé de lui demander des comptes jusqu'au bout, sans verser dans la seule haine ou la rapide revanche des pelotons d'exécution. Notre mémoire commune s'en serait, peut-être, trouvée plus sereine et cela aurait, peut-être, évité le dérapage qui nous atteint aujourd'hui. Tous!

Car cette «encyclopédie» émane d'une collectivité d'élus qui nous représentent. Nous sommes donc tous légataires de ses périphrases floues, de ses qualificatifs délicatement choisis qui nous proposent un Brasillach aveuglé par une soi-disant «erreur» politique. Comme si un faux-pas de jeunesse l'avait rendu «victime d'un drame de l'épuration» d'après guerre.

En tentant de relativiser (voire remettre en question) les faits historiques, pour ne considérer que la surface ripolinée d'un écrivain quasi romantique, le rédacteur encyclopédique s'égare-t-il lui-même? Si oui, ce n'est plus une erreur: c'est une faute insupportable, même si Brasillach n'est pas Céline... et de loin! D'ailleurs, Louis Ferdinand m'écœure d'autant plus qu'il est immense, lui, et que je suis bêtement incapable de séparer l'homme au fiel antisémite, de l'écrivain aux cicatrices encensées. Même le titre, Voyage au bout de la nuit porte pour moi un contre jour terrible? Et pourtant, quel livre ! (Voir en annexe l'échange entre Céline et Robert Desnos, lequel mourut en 1945 au camp tchécoslovaque de Térezin).

Pour ma part, continuant à faire confiance à l'Histoire pour au final écrémer notre lessive, je persiste à vouloir l'y aider, vaille que vaille, même au prix de mes insuffisances artistiques. Je ne suis qu'un citoyen doublé d'un opiniâtre petit théâtreux de Saint Martin, savez-vous ?

Cordialement.

Guy JACQUET

Petite annexe, avant de s'endormir! Fin des années trente. Robert Desnos anime une émission de radio parisienne. Un jour il reçoit une lettre de Céline. Voici comment il la partagea sur les ondes:

«Chers auditeurs,

En réponse au compte rendu que j'ai fait de son ouvrage Les beaux draps, voici la lettre que nous avons reçue de Monsieur Destouches, dit Louis-Ferdinand Céline. Je cite :

"Monsieur le rédacteur en chef, Votre collaborateur Robert Desnos est venu déposer sa petite ordure rituelle sur mon livre, dans son émission du 3 mars. Pourquoi Monsieur Desnos ne hurle-t-il pas plutôt le cri de son cœur, dont il crève inhibé, "Mort à Céline et vivent les juifs!". Monsieur Desnos mène, il me semble, campagne philoyoutre. Que ne publie-t-il sa photo grandeur nature, face et profil, dans la presse? "

Fin de citation.

Si Monsieur Céline m'entend, qu'il sache que c'aurait été un honneur pour moi, Robert Desnos, dit Robert Desnos, d'être juif en ces temps particuliers.

Nous vous proposons maintenant d'écouter, chers auditeurs, une chanson Interdite en Allemagne, mais pas encore en France. Il s'agit d'un chant pacifiste allemand écrit par le poète Tucholsky, car la générosité comme la bêtise, sont également partagées dans le monde. Voici : Der Graben!

" Mère, à quoi bon avoir élevé ton fils pendant vingt ans. Il se réfugiait dans tes bras, tu lui racontais des histoires.... Il te l'ont pris pour la tranchée, pour la tranchée.... "

Mutter, wozu hast Du Deinen auf aufgezogen? Hast Dich zwanzig Jahr mit ihm gequält? Wozu ist er dir in deinen Arm geflogen, Und du hast ihm leise was erzâhlt? Bie sie ihn weggenommen haben. Für den Graben, Mutter, für des graben………»

Illustration : 45 du quai Vauban, maison natale de Brasillach et siège du Centre méditerranéen de littérature.

Pour faciliter le suivi de l'affaire Brasillach, tous les articles s’y rapportant ont été numérotés par ordre de parution.

27jan

Affaire Brasillach (18) Interview d'Olivier Cohen

OLIVIER COHEN, président de l'alliance juive des Pyrénées-Orientales

Ma première question, c’est bien sur pour vous demander ce que vous pensez de ce qu’André Bonet a écrit sur Robert Brasillach.

Ce que j’en pense, c’est que monsieur Bonet aurait pu présenter Robert Brasillach conformément à l’histoire. Pour la totalité des auteurs reconnus et des écrivains reconnus, Brasillach est un petit écrivain, avec un petit "e" très très minuscule, sans qualité, ce n’est pas moi qui parle, ce sont des écrivains et des auteurs reconnus qui le disent. Je pense qu’il y avait mieux à dire sur Brasillach, mieux à dire, surtout, quand on a l’intention de mettre l’ouvrage entre les mains de collégiens qui sont censés apprendre l’histoire. Donc présenter l’histoire par le petit côté et occulter la réalité de la vie de Brasillach, cela me paraît très dangereux. Il faut donc rétablir et restaurer la vérité.

Compte tenu de ce qu’il a écrit, je demanderai à Monsieur Bonet de démissionner de sa fonction de président. On peut commettre une erreur, encore faut-il la reconnaître. Je rappellerai que le CML est une association qui perçoit des subventions publiques. Puis, sur le plan symbolique, le Centre méditerranéen de littérature, la Méditerranée, celle qui est la mère nourricière de tous les peuples de la Méditerranée, ne peut pas avoir décemment son siège social au 45 du quai Vauban, la maison natale de Brasillach.

Cette réhabilitation de Brasillach a-t-elle provoqué des réactions parmi les membres de l’association culturelle et cultuelle que vous présidez ?

Oui, c’est une réaction forte d’indignation parce que, finalement, on prend en otage les enfants et les collégiens, on va leur présenter un collabo comme si c’était un écrivain, c’est un peu comme si on présentait Adolf Hitler en nous disant qu’il était un peintre en bâtiments hors pair. La vérité c’est qu’Adolf Hitler était un dictateur, que Brasillach est un collabo. Donc la réaction dans la communauté est particulièrement forte. Les gens sont meurtris. En plus, ils découvrent avec stupeur que le CML a son siège dans la maison où est né Brasillach, le symbole est trop fort.

Avez-vous envisagé de donner des suites ?

En tant que président de l’Alliance juive des Pyrénées-Orientales, je vais adresser un courrier au consistoire central pour l’aviser de l’existence de cette affaire qui est déjà reprise grandement dans les journaux nationaux, moins pour l’instant dans la presse locale, espérons que ça ne va pas tarder.

Je vais adresser un courrier au président du conseil général puisque le conseil général finance et fait l’acquisition de l’ouvrage. Ce à quoi je ne vois que des avantages à condition, bien entendu, que l’on trouve la vérité historique dans cette encyclopédie. J’adresserai donc un courrier au président Bourquin et je suis sûr que je serai entendu.

Maurice Halimi, qui a eu des responsabilités importantes au niveau local et national, des responsabilités communautaires, est aussi vice-président du Centre Méditerranéen de Littérature, ne voit pas de problèmes dans les écrits de Monsieur Bonet. Que pensez-vous de sa réaction ?

Je ne la comprends pas bien. Cela dit c’est la réaction de Maurice Halimi et en cela je la respecte. Maurice Halimi a cité Mauriac, c’est vrai que tout auteur a droit à sa gloire, encore faut-il être écrivain. Je rappelle que Brasillach est davantage connu comme collabo que comme écrivain. On ne peut pas honorer un héros de la collaboration, c’est une injure aux héros de la Résistance et à ceux qui ont été déportés.

Vous exercez depuis quelque temps des responsabilités importantes au sein de la communauté juive des Pyrénées-Orientales.

Je préside une toute jeune association Loi 1901et 1905, une association culturelle et cultuelle, je siège par ailleurs au conseil du consistoire central en tant que suppléant pour la région Pyrénées, puisque pour le consistoire, nous dépendons de la région Pyrénées. L’Alliance juive des Pyrénées-Orientales rassemble aujourd’hui la majorité des membres de la communauté juive de Perpignan et comprend une synagogue, une vie culturelle, une vie cultuelle.

Propos recueillis par F. Thomas

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27jan

Brasillach (19) L'Indép, la Semaine, ce silence qui fait du bruit...

On se dit que si le rédacteur en chef de La Semaine du Roussillon consacre son édito (numéro du 23 janvier) à l’affaire Brasillach, c’est qu’elle est d’importance. Et bien non ! Pas du tout ! Antoine Gasquez (tiens, comme L’Indép ) nous explique que c’est une polémique qui concerne «le microcosme local.»

Certes, il cite Libération, Marianne et L’Humanité, mais pour dire que ces journaux y ont consacré «quelques lignes».

Et toujours aussi méprisant, Gasquez ajoute «Une polémique pourtant circonscrite, comme on l’a dit à un petit microcosme. La Semaine ne s’en est pas fait l’écho jusqu’à présent.»

Le Midi-Libre L’Indépendant-La Semaine-du-Roussillon étouffent une affaire importante et c’est grave, c’est très grave.

Au regard des nombreuses réactions que nous recevons, nous pouvons dire de cette attitude qu’elle suscite de l’indignation.

Le rédacteur en chef de La Semaine conclue sentencieusement «Laissez les morts enterrer les morts.»

Et laissons les vivants déterrer Brasillach et l'installer dans le «Panthéon des lettres roussillonnaises» ?

Monsieur Gasquez, lui, nous a, depuis un mois, montré qu’il savait enterrer bien profondément une information importante.

Mais on n’enterre pas longtemps la vérité, elle finit toujours par ressurgir.

La pression monte.

Et Le groupe Midi-Libre L’Indépendant LaSemaine du Roussillon ne pourra pas bien longtemps continuer à se désintéresser de «la soit disant affaire*» déclenchée par un «média électronique».*

  • L’Indép. du 25 janvier 2003.

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26jan

Brasillach (17) L'Indép réagit

L’Indép. réagit : Circulez, y a rien à voir

L’Indép. s’intéresse (c’est beaucoup dire) enfin à l’affaire Brasillach. Dans son numéro du samedi 25 janvier, il en fait 30 lignes sur une colonne (difficile de faire moins).

Tout montre que L’Indép veut vraiment faire peu de cas de l’affaire Brasillach.

Alors que les faits se déroulent dans les P-O où L’Indép à 80 journalistes; il fait son petit papier uniquement sur la base de la dépêche de l’AFP, Agence France Presse, dont le nom est cité deux fois. C’est vraiment la meilleure façon de montrer qu’il n’est pas concerné, pas intéressé, en fait qu’il ne se passe rien.

Le ton est d’ailleurs donné dès la première phrase de l’article qui commence par une citation, «"Je ne soupçonne en aucune manière les éditeurs d’avoir voulu réhabiliter Brasillach", a indiqué à l’AFP l’un des responsables de la communauté juive perpignanaise, l’avocat Maurice Halimi.»

Le lecteur doit donc, comme on l’y invite, penser que si celui qui est censé être le plus sensible au sujet ne soulève pas de problème, c’est bien qu’il n’y a pas de problème.

Cette orientation qui vise à réduire l’affaire Brasillach à peu de chose, L’Indép. la développe en écrivant ensuite «Le texte (de l’encyclopédie) parle d’un homme “victime à 35 ans d’un des drames de l’épuration.” Selon les instigateurs de la polémique, ces quelques lignes pourraient faire croire qu’à travers l’œuvre littéraire, une tentative de réhabilitation auraient animé les éditeurs.»

Comme si l’affaire Brasillach se réduisait à ce seul passage de l’article de Bonet.

L’Indépendant se livre à un joli coup tordu. Jamais perpignan-toutvabien, ni personnes d’autre, n’a accusé les éditeurs de vouloir réhabiliter Brasillach.

Nous nous permettons de rappeler notre article du 12 janvier titré Encyclopédie des Pyrénées-Orientales, Chronique d’une catastrophe annoncée dans lequel on pouvait lire, «En préalable, il n’est pas inutile de préciser que personne n’accuse Michel Demelin et Jean Reynal, les deux directeurs de l’encyclopédie, Dominique Porté, le directeur des éditions Privat, François Delacroix, directeur général des services du conseil général, Christian Bourquin, président du conseil général d’avoir voulu réhabiliter Brasillach.»

Ce qui est mis en cause dans le même article de perpignan-toutvabien, c’est la compétence et la vigilance des responsables de l’encyclopédie.

La rhétorique que L’Indép. emprunte aux responsables de l’encyclopédie, permet à ces derniers de se placer dans la posture d’offensés, vous vous rendez compte on nous accuse de vouloir réhabiliter Brasillach. Et ainsi les accusés deviennent accusateurs en noyant le poisson.

Mais les faits demeurent. Et ils sont têtus, eux aussi.

Citons à nouveau L’Indép. «La controverse a pris une autre dimension, jeudi, lorsque le sénateur maire JP Alduy a écrit au média électronique qui avait lancé la soit-disant affaire.»

Tous nos lecteurs auront reconnu «le média électronique» à toucher avec des pincettes. Beurk ! Mais qui sont ces manants qui osent venir traquer l’info sur les chasses gardées des seigneurs du monopole du groupe Midi-Libre-L’Indépendant-La Semaine du Roussillon ?

A propos de «la dimension de la polémique», L’Indép. préfère passer sous silence, les articles de Marianne, de L’Humanité, de Libération et d’autres réactions encore.

Le journaliste anonyme achève sa démonstration avec «la soit disant affaire».

Il n’y a pas d’affaire Brasillach.

Comment, chers lecteurs, pourrait-il y avoir une affaire, une polémique, un débat, qui ne soit pas provoqués ou couverts par L’Indép. ?

Circulez, il n’y a rien à voir.

Il ne se passe rien.

Si L’Indép. le dit !

Illustration : 45, quai Vauban, maison natale de Brasillach et siège du Centre Méditerrénéen de littérature

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25jan

Brasillach (15) La ligue des Droits de l'homme, section Perpignan réagit

Nous vous remercions de bien vouloir insérer le texte ci-dessous :

La Ligue des Droits de l’Homme de Perpignan tient à exprimer son indignation sur la manière négationniste dont a été présentée la biographie politique de Robert Brasillach dans l’Encyclopédie des Pyrénées-Orientales. Nous citons : " Robert Brasillach restera l’écrivain le plus controversé des écrivains roussillonnais, si ce n’est de l’hexagone ". Où est la controverse, si controverse il y a ? Nous ne parlerons pas de son œuvre littéraire, ce n’est pas de notre ressort. Mais Robert Brasillach reste et restera surtout le collaborateur fidèle de l’hebdomadaire " Je suis partout ", non pas le temps d’un passage en 1939, comme le dit l’article, mais de 1931 à 1940 ; et de février 1941, quand cet hebdomadaire reparaît, jusqu’en 1943, il en sera le directeur.

Qu’est ce que " Je suis partout " ? Très vite après sa fondation, il sera violemment anti-communiste, anti-parlementaire, antisémite. A sa reparution, il sera le pourchasseur et le dénonciateur des anti-collaborationnistes, et surtout des juifs : de " lourdes erreurs " ? Non, pour nous, des crimes.

Cette " victime … d’un des drames de l’épuration " a été jugée lors d’un procès public (et non d’ "un drame "), où il a pu choisir son avocat, et c’est pour collaboration avec l’ennemi et trahison qu’il sera condamné.

Cette mise au point nous paraît nécessaire ; elle signale des erreurs, des oublis graves, et des expressions tendancieuses : le condamné après un procès en bonne forme devient une " victime " ; une arrestation (de sa mère) pour interrogatoire devient " une prise d’otage ".

Ainsi il nous semble indispensable qu’une révision de ces pages soit faite afin de corriger la révision de l’Histoire qu’elles représentent, surtout lorsque l’on sait que les établissements scolaires de notre département vont recevoir cet ouvrage, très certainement digne d’intérêt par ailleurs.

Ligue des Droits de l'Homme Section Perpignan 52 rue du Maréchal Foch – 66000 PERPIGNAN Tél. : 04.68.53.27.04

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25jan

Brasillach (16) Les défenseurs de Bonet commencent à donner raison à perpignan-toutvabien

Dépêche de L’AFP Quelques commentaires sur la longue dépêche de l’Agence France Presse qui est tombée vendredi matin dans toutes les rédactions de France.

Seul le point de vue de Jean-Paul Alduy, maire sénateur de Perpignan représente ceux qui sont choqués par l’apologie de Robert Brasillach.

Cinq personnes s’expriment en faveur des écrits de Bonet et de l’encyclopédie : Christian Bourquin, président du conseil général, le financier de l’édition ; Dominique Portet, directeur des éditions Privat ; Michel Demelin, directeur de l’Encyclopédie des P-O ; Robert Triquère, réviseur de l’ouvrage ; Maurice Halimi «figure de la communauté juive perpignanaise.»

On ne peut que regretter ce flagrant déséquilibre, mais il est, après tout, normal que ceux qui sont mis en cause ou qui veulent défendre André Bonet puissent s’exprimer.

Il aurait pu être précisé que Maurice Halimi et Robert Triquère sont membres de la direction du Centre Méditerranéen de Littérature, dont André Bonet est le président.

Il n’y a pas de commentaires à faire sur les réactions épidermiques du type : «Couillonnade absurde», de Dominique Portet, «C’est un procès de Moscou», de Michel Demelin. «Une grosse manipulation»… «œuvres de minables mus par l’animosité personnelle», Pour Christian Bourquin.

Messieurs Demelin, Triquère et Halimi donnent des arguments.

Michel Demelin «En tenant pour acquis que Brasillach était une ordure et un nazi, nous avons voulu considérer son œuvre littéraire. C’est de la folie de dire que nous avons de la sympathie pour lui.»

On ne peut que se satisfaire de ce propos et de son honnêteté. Une grande partie du problème est là, dans ce «considéré pour acquis», comme l’a expliqué Jean-Paul Alduy à l’AFP, «Que l’on fasse une analyse biographique en omettant d’expliquer la violence antisémite de Brasillach, son rôle d’intellectuel engagé dans une période qui a été la honte de l’histoire de l’humanité, ceci n’est pas admissible.»

Quant à considérer l’œuvre de Brasillach, on a envie de dire à Michel Demelin, en espérant qu’il ne le prenne pas cela pour une marque de mépris, lisez les essais et les romans de Brasillach. Et dites si vous les trouvez encore dignes d’entrer dans «Le Panthéon des Lettres Roussillonnaises.»

Robert Triquère a déclaré à l’AFP, «Alduy a raison quand il attaque le fascisme de Brasillach. Mais le rôle de l’encyclopédie n’était pas de parler de politique, mais des romans qui mettent en relief la catalanité de l’auteur. Dans le peu d’espace dont nous disposions, nous avons rappelé le passé nazi de Brasillach. Nous séparons l’écrivain de l’homme qui s’est perdu dans Je suis partout.»

Voilà un second protagoniste de l’ouvrage qui reconnaît clairement que l’impasse a été faite sur le lourd et criminel engagement de Brasillach. En Ajoutant qu’il donne raison à Alduy d’attaquer le fascisme de Brasillach, Robert Triquère signe un double aveu.

Quant à ne pas vouloir «parler de politique». L’argument est un peu léger. Une fois n’est pas coutume, citons du Bourquin, «L’histoire, c’est de la politique déjà faite», (Editorial de l’encyclopédie des P-O, uniquement sur les 2 000 exemplaires acquis par le conseil général).

Robert Triquère ajoute «Dans ce cas, on ne peut plus parler de Céline, ni d’Aragon. Nous sommes salis diffamés.»

N’inversons pas trop les rôles. Ce sont les victimes de Brasillach et les enfants de ses victimes qui sont salis par l’apologie d’un criminel. Et si Robert Triquère s’estime diffamé, soit il porte plainte, soit il abuse des mots.

N’est-il pas déplacé de mettre Aragon et Céline sur le même plan ?

Si Robert Triquère le souhaite, nous pouvons déverser trois brouettes de fumier célinien devant la porte du CML au 45 quai Vauban. Ah, c’est bien écrit, mais qu’est ce que cela sent mauvais.

Nous le mettons au défit de trouver une seule parole de haine raciste ou antisémite dans la monumentale œuvre d’Aragon, écrivain qui s’est illustré dans la Résistance littéraire. Et dieu sait qu’elle était importante dans cette période de nuit profonde du régime de Vichy et de l’occupation.

Maurice Halimi lui biaise «Je ne soupçonne en aucune manière les éditeurs d’avoir voulu réhabiliter Brasillach» et il cite François Mauriac, «Nul ne peut s’arroger le droit d’ôter la gloire d’un écrivain, quels qu’aient pu être ses crimes.»

Qui soupçonne les éditeurs d’avoir voulu réhabiliter Brasillach ? Personne. Cela a été clairement écrit. Maître Halimi a choisi une étonnante posture, il fait comme s’il ne voyait pas le texte de Bonet.

Il faut bien rappeler dans quelles circonstances, François Mauriac prononça cette phrase. En 1950, le théâtre des Arts à Paris, monte La reine Césarée, une pièce de Brasillach. En fait, c’est la Bérénice de Brasillach rebaptisée par son beau-frère Maurice Bardèche qui l’a expurgée des passages antisémites.

Il s’ensuivit une importante polémique à laquelle Mauriac prit part : «Je suis avec Brasillach-je me range à ses côtés comme je m’y trouvais déjà au cours de cette dernière bataille que nous avons perdue et dont sa vie était l’enjeu “ et il écrivait plus loin, “ Il n’appartient à personne de frustrer un écrivain de sa gloire quel qu’ait été son crime.»

Sachant que dans la Bérénice de Brasillach on lisait, «Il y a les juives grasses et les juives maigres, deux espèces de vermine», Maurice Halimi aurait-il approuvé Mauriac ou ceux qui protestaient contre cette malsaine mascarade.

Revenons à la dépêche de l’AFP pour remarquer que les défenseurs de Bonet pratiquent à merveille l’art de l’esquive en voulant seulement parler de ce qui manque dans le texte de Bonet, ce qui est déjà un pas important.

Tout ce qu’écrit Bonet doit être réfuté. Le pamphlétaire de Je Suis Partout, l’essayiste, le romancier ne font qu’un. Tous ses écrits baignent dans un jus de couleur brune et personne sauf à l’extrême droite n’avait jamais osé lui attribuer autant de talent que ne le fait Bonet.

Brasillach est un héros du fascisme, de la collaboration et de l’actuelle extrême droite et c’est à ce titre que la postérité doit conserver son nom.

André Bonet de son côté n’a toujours pas réagi publiquement aux mises en cause de son article.

A suivre…

F. Thomas

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24jan

Brasillach (14) Christian Bouirquin s'exprime à sa manière

Dernière minute Longue dépêche de l'AFP (Agence France Presse) ce matin à 8h52, déjà reprise par plusieurs radios dans la matinée…

Ce n’est pas avec des injures et des coups de poing que le président du conseil général arrêtera le mouvement, chaque jour plus important, de ceux qui refusent l’entrée de l’ignoble Brasillach dans «le Panthéon des lettres roussillonnaises.»

Qui apprendra à cet élu que la démocratie est le régime qui vit de sa propre critique et qu’en respectant la loi, toute parole peut être contredite? «La liberté de tout dire n’a d’ennemis que ceux qui veulent se réserver la liberté de tout faire», écrivait Marat.

C’est dans la dignité, sans se laisser impressionner et avec peut-être plus encore de détermination que perpignan-toutvabien poursuivra son chemin.

Salir ses contradicteurs est un procédé d’une autre époque qui aboutit à transformer le débat politique en foire d’empoigne, en match de catch. Ainsi on vide le débat de son contenu, on vide la politique de sa substance et il ne reste plus qu’à voter pour celui qui gueule le plus fort.

Jeudi soir, lors d’une réunion bien nommée, «Le temps du dialogue» à Canohès, la question calmement posée par un monsieur ne comprenant pas que l’on réhabilite Brasillach dans L’Encyclopédie des Pyrénées-Orientales a fait perdre son sang froid à Christian Bourquin.

Après avoir défendu les écrits de Bonet sur Brasillach, Christian Bourquin s’en est pris «aux petits minables, aux êtres ignobles qui écrivent qui nous accusent de négationnisme… Un des deux, son grand-père était collabo.»

Dans la salle, Christine Thomas est intervenue «Excusez-moi, vous ne pouvez pas dire cela. Vous ne pouvez pas salir les gens qui écrivent sur Perpignan-touvabien. Je participe à ce site et connais ceux qui y écrivent, aucun n’a de grand père collabo.»

Après avoir demandé son nom à celle qui l’avait interpellé, Christian Bourquin s’est lancé dans une violente diatribe comportant des menaces physiques tel que «votre mari tout ce qu’il mérite c’est un coup de poing sur la gueule, d’ailleurs il l’aura…On lui cassera la gueule.» Menaces plusieurs fois répétées.

C’est la troisième fois, en moins d’un an, que le président du conseil général profère des menaces physiques contre des personnes.

Si Christian Bourquin est jeudi soir arrivé à de pareilles extrémités, c’est bien parce que quelque chose le gène, le dérange beaucoup.

Il aurait été préférable que le monsieur (que nous ne connaissons pas) qui interrogeait le président du conseil général, reparte avec une réponse sérieuse à sa question sur le contenu de l’encyclopédie.

Nous ne voulons pas savoir ce que faisait le grand-père ou l’arrière grand-père de Christian Bourquin pendant la guerre. Nous nous intéressons seulement aux écrits d’André Bonet dans l’encyclopédie que finance (avec l’argent du citoyen), vante et distribue aveuglément le président du conseil général. '' Fabrice Thomas''

P.S.: Si perpignan-toutvabien rapportait des choses inexactes sur Bourquin, il y a bien longtemps que celui qui porte plainte plus vite que son ombre aurait relevé la diffamation. Seulement, il n’en a jamais eu le moindre motif. C’est quelque part une reconnaissance de la rigueur dont font preuve ceux qui font perpignan-toutvabien. Plus d’un an d’activité, pas une seule plainte, même pas une seule demande de droit de réponse. Celui ci est toujours ouvert à toute personne mise en cause.

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23jan

Brasillach (13) La réaction d'Elie Puigmal

A part la première lettre de leur patronyme, rien en principe, n’aurait du rapprocher, le responsable culturel André BONET et Brasillach, un partisan du fascisme dont la sympathie pour le nazisme n’est plus à démontrer.

Oui, en tant que Démocrate et Républicain, élu, Maire, Conseiller Général et futur vice-président de l’agglomération, mais avant tout citoyen du monde, je suis choqué et profondément navré qu’André BONET utilise la culture pour travestir la vérité sur le passé pourtant criminel de Brasillach. Au nom de la Culture, mais au fait laquelle…

Lorsque l’on connaît l’histoire et que l’on est imprégné d’un passé récent douloureux, Rivesaltes et Argelès sont près de nous. On ne peut pas laisser ranimer les emblèmes de cette tragédie, les gens comme Brasillach.

Au nom de la Culture, André Bonet redonne une " respectabilité " à Brasillach, le xénophobe, l’antisémite absolu, qui nie l’égalité des hommes.

Bonet banalise l’idéologie de la peste brune dans laquelle Brasillach baigne et se ressource, voir ses écrits et propos et ses voyages dans l’Espagne de Franco, l’Allemagne nazie.

Je m’insurge sur ce grave état de fait, grave de conséquences du fait qu’au Conseil Général j’ai voté pour cette encyclopédie des Pyrénées-Orientales, sans en connaître le contenu. Je veux en être responsable mais pas coupable de la trahison du devoir de mémoire et de vigilance qui est le mien lors de chaque commémoration, face aux noms gravés sur le monument aux morts de ma commune, face aux anciens combattants et à leurs associations, face aux jeunes qui construisent l’avenir.

Bonet " panthéonise " Brasillach dans les lettres Roussillonnaises au côté de Ludovic MASSE, lui l’écrivain de l’indignation, le témoin majeur et universel, lui qui anima la résistance antifasciste à Céret et qui a dit sur l’Espagne écrasée " L’Espagne est là contre moi, nuit et jour, hurlante et dévorée. "

Brasillach n’est plus là, mais ses idées sont toujours vivantes. Et nous nous interdisons toute complaisance à leur égard, surtout lorsqu’au bout il y a nos enfants à qui, le Conseil Général destine 2 000 exemplaires de l’Encyclopédie des Pyrénées-Orientales.

Alors c’est solennellement que je m’adresse avant tout à André BONET pour faire cesser cela sur le champ, surtout lorsque l’on a reçu chez nous un Homme comme Boutros BOUTROS GHALY, ancien Secrétaire Général de l’ONU et ancien ministre de l’Egypte et d’autre part à Christian Bourquin, Président du Conseil Général pour corriger l’ignominie afin que nous puissions distribuer l’encyclopédie aux collégiens en l’état.

Que ce soit dans mes engagements syndicaux, associatifs, politique, ou dans ma vie privée avec mes filles, je me suis toujours élevé contre la peste brune et son cortège de négations, contraires aux valeurs humanistes qui sont les nôtres et ont pour nom Liberté, Egalité, Fraternité.

La France n’est-elle pas le berceau des Droits de l’Homme et du citoyen ?, terre d’accueil et de tolérance.

''Elie Puigmal

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22jan

Brasillach (12) Jean-Paul Alduy réagit

Tous ceux que la réhabilitation de Brasillach a choqués, révoltés, blessés apprécieront cette position courageuse et sans concession.

A Fabrice Thomas,

Strictement personnelle

Lorsque L’Encyclopédie des P.-O. m’a été donnée, je l’ai feuilletée un peu étonné de voir que la juxtaposition de ces articles et photos avait peu de sens ; on aurait pu pourtant tirer de notre histoire catalane du sens : la paix (Trêve de Toulouges), la démocratie (Charte des libertés communales) etc.

Je n’avais pas lu la page consacrée à Brasillach. Je partage totalement votre point de vue : on est là dans la plus pure tradition du révisionnisme ! Rien sur l’antisémitisme viscéral de Brasillach !

Brasillach ne s’est pas égaré : il a construit et défendu avec violence une doctrine fondée sur la haine de l’autre et le racisme. Les intellectuels sont plus responsables que tout autre fraction de notre société parce qu’ils ont en héritage l’histoire de la pensée des hommes, et qu’ils ont mission, par leur liberté de parole, d’éclairer le chemin. Leur rôle politique ne peut s’effacer derrière le brio de l’écrit et du roman (cf. aujourd’hui le rôle de Houellebecq). Je partage totalement votre texte du 20/I (1)que je viens de lire et qui motive ce mot écrit sur le vif. Très cordialement Jean-Paul Alduy

Note de la Rédaction :

Pourquoi publions-nous cette correspondance portant la mention “strictement personnelle“ ? La position de Jean-Paul Alduy est suffisamment claire et engagée pour ne pas être susceptible de varier autrement que sur la forme. Nous avons de plus quelques raisons de penser que le maire de Perpignan et sénateur des Pyrénées-Orientales se serait à un moment ou à un autre publiquement exprimé sur cet important sujet. Dès lors nous avons décidé de mettre ce texte en ligne sans même solliciter l’autorisation de Jean-Paul Alduy.

Tous ceux que la réhabilitation de Brasillach a choqués, révoltés, blessés apprécieront cette position courageuse et sans concession.

(1) Un monstre nommé Brasillach

Pour faciliter le suivi de l'affaire Brasillach, tous les articles s’y rapportant ont été numérotés par ordre de parution.

19jan

Brasillach (11) Bourquin s'enlise

Suspens ! Christian Bourquin allait-il comme prévu offrir l’Encyclopédie des Pyrénées-Orientales aux 226 maires du département lors de la cérémonie de vœux du conseil général qui se déroulait vendredi 17 janvier au palais des Rois de Majorque ?

Il y avait ceux qui pensaient que l’article paru le jour même dans Libération sous la signature d’Edouard Waintrop allait amener le président du conseil général à prendre en considération la multiplication des réactions à la réhabilitation de Brasillach par André Bonet dans les pages de l’encyclopédie.

Cette parution avait été précédée, la veille, d’un article dans LHumanitéqui comme dans Libération soulignait la responsabilité de Christian Bourquin. Il n’aura échappé à personne que ce sont deux titres de gauche.

Christian Bourquin allait-il continuer à distribuer l’encyclopédie comme si de rien n’était ? Ceux qui pronostiquaient cette attitude, liée à son tempérament obstiné, s’interrogeaient déjà sur ses conséquences.

L’attente a duré jusqu’à la fin du discours du président du conseil général. Mais lorsque qu’il s’est mis à parler de la tradition qu’il avait instaurée, en faisant chaque année un cadeau aux maires, on a senti l’encyclopédie arriver. Une semaine après Jean-Paul Alduy, Michel Fuseau, préfet des Pyrénées-Orientales était gratifié d’un exemplaire dédicacé par le président de l’exécutif départemental.

Mais moins dupe que le maire de Perpignan, le préfet s’est inspiré du discours de Bourquin présentant à plusieurs reprises les P.-O. comme un paradis. Dans une réponse brève et ironique, il a remercié le président du conseil général de lui offrir cette «synthèse du paradis», ce qui ne manqua pas de faire rire la salle.

Dans la foulée, le président Bourquin a loué l’encyclopédie, «dont le conseil général a fortement contribué à ce qu’elle soit réalisée», ajoutant même «Jamais un ouvrage d’une telle importance n’avait été consacré au département.» (NDLR On voit là le bibliophile averti).

Le cadeau 2003 aux maires du département ne ferait-il pas l’unanimité ? Parmi les conseillers généraux de gauche et de droite, ayant pris place sur la scène derrière Bourquin, plusieurs n’ont pas pris part au concert d’applaudissements. L’attitude de Jean-Louis Alvarez, conseiller général PCFdu canton d’Olette, et d’Elie Puigmal, conseiller général PS du canton de Saint-Estève, a semblé ostensible. D’autres conseillers généraux applaudirent du bout des doigts.

L’obstination de Christian Bourquin dans ce que beaucoup considère comme une lourde erreur laisse dubitatif. Car en plus des articles cités plus haut et ceux qui ont précédé, à Radio Arrels, Le Travailleur Catalan, Marianne, sans parler de perpignan-toutvabien, plusieurs personnes ont alerté le président sur le caractère profondément choquant de la réhabilitation de Brasillach dans cette encyclopédie financée par le conseil général.

F.Thomas

Libération 17 janvier, article d’Edouard Waintrop L’Humanité 16 janvier, article d’Alain Nicolas

Pour faciliter le suivi de l'affaire Brasillach, tous les articles s’y rapportant ont été numérotés par ordre de parution.

18jan

Brasillach (10) Croix de feu, croix de fer, le retour de la cagoule ?

A Perpignan-toutvabien.info

Monsieur,

L´indifférence et la non-action face à la tentative de manipulation révisionniste serraient pour moi un signe de lâcheté ce qui m´oblige à vous adresser cette petite réflexion.

Jean MORENO-LOPEZ

Croix de feu croix de fer! Le retour de la cagoule?

Il est agréable de fouiller dans les poubelles de l´histoire, nous révisons et nous réhabilitons. L´histoire est l´éternelle prostituée disposée à rendre ses faveurs au plus fort même si celui-ci est la pire des espèces humaines. Vouloir réhabiliter un écrivain (ou autre) c´est certainement un droit et un juste devoir.

De même il est un droit et surtout un devoir il me semble, dire qui était cet individu Brasillach : un infâme collaborateur actif, un lâche qui utilisa sa plume pour la mettre au service de la propagande de l´incitation à la dénonciation et à la haine raciale…Ayant entraîne bien des innocents à de cruelles morts.

Voilà les actes de cet homme. Et ce sont ces actes la qui furent jugés.

Les valeurs de Brasillach (qui n´a jamais regretté ses actes) étaient à l´opposé de toutes valeurs républicaines, et ses valeurs sont les nôtres. Notre devoir, notre obligation sont de défendre nos valeurs et nos acquis qui ont coûté si cher à nos ancêtres. Restons vigilants, laissons le chant des sirènes à Ulysse et n´ayons pas peur de remettre ces révisionnistes (Bonet…) à leur place.

NDLR, Note de la rédaction : la disposition du texte et les titres sont l’auteur de la lettre.

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17jan

Un monstre nommé Brasillach (7)

Petite explication de texte sur le fonctionne"ment" de la mécanique négationniste qu’utilise André Bonet dans L’encyclopédie des Pyrénées-Orientales.
Pour André Bonet, il y a deux Brasillach. D’un côté l’écrivain et de l’autre le fasciste.

«on ne retient le plus souvent, que son passage en 1939 à la tête de l’hebdomadaire parisien Je Suis Partout. Brasillach a disparu derrière son image.»

Le bon Brasillach aurait donc disparu derrière l’image du mauvais Brasillach. L’emploi du mot image n’est pas neutre. L’image est dissociée de la réalité.

«Partisan convaincu du fascisme, sa sympathie pour le régime nazi et son engagement dans la collaboration furent vécus par nombre de ses admirateurs comme une erreur et une tragédie.»

Encore un procédé qui permet de séparer le fasciste de l’écrivain à partir de l’attitude attribuée aux admirateurs du bon Brasillach.

«A trente-six ans Brasillach laissa une œuvre importante d’essayiste et de romancier. Elle révèle un autre Brasillach : à la place de l’homme qui s’est lourdement trompé sur le plan politique, apparaît un écrivain de grand talent et de haute érudition. Son œuvre avec le recul du temps prendra sa juste place.»

On voit toute l’insistance que met Bonet à séparer le bon Brasillach, l’écrivain, de l’autre le mauvais Brasillach, le politique.

Ensuite, André Bonet continue de dissimuler les crimes de Brasillach en minimisant fortement son rôle et son niveau d’engagement jusqu’à le transformer en victime.

Selon Bonet, «on ne retient, le plus souvent, que son passage en 1939, à la tête de l’hebdomadaire Je Suis Partout.»

Cette formule laisse croire que Brasillach ne serait resté qu’un temps limité là la tête de Je Suis Partout. Alors qu’il en a été le rédacteur en chef de juin 1937 à août 1943. La tromperie est à la mesure de l’importance de cette information. Car c’est à la tête de Je Suis Partout, le plus abominable des journaux paraissant à cette période, que Brasillach donna toute la mesure de son ignominie.

Bonet n’a pas un mot pour dire, pour faire sentir à son lecteur, l’horreur, la haine dans laquelle sombra Brasillach. Bonet transforme les crimes de Brasillach en «erreurs» d’un «homme qui s’est trompé». Bonet ne laisse évidement pas soupçonner l’ampleur de l’engagement fasciste de Brasillach aux collégiens de 11 à 14 ans à qui le conseil général destine 2 000 exemplaires de l’ouvrage.

Le discours de Bonet ne cache pas ses références à l’extrême droite à qui il emprunte cette façon singulière de dévoyer les mots. Exemple : «A la libération, il se constitua prisonnier parce que sa mère avait été prise en otage». Dans le contexte de la seconde guerre mondiale, on sait quel sort les Allemands réservaient aux otages. Ils étaient déportés, fusillés, un sort qui, à la Libération, ne menaçait pas la mère de Brasillach. Elle fut d’ailleurs libérée au bout de quelques semaines.

André Bonet présente Brasillach comme une «victime à trente-cinq ans d’un des drames de l’épuration». Voilà comment avec une inversion de sens, qui est une signature (de l’extrême droite), un procès avec un avocat, maître Isorni, est par monsieur Bonet traité comme une exécution sommaire et le bourreau devenu une victime.

Après avoir apitoyé son lecteur sur le sort de Brasillach le mauvais en faisant une totale abstraction de ses actes et de ses victimes, Bonet peut couvrir de louanges, Brasillach, le bon, l’écrivain et le faire entrer dans «Le panthéon des lettres Roussillonnaises», le mettre au même niveau que l’immense Ludovic Massé et Claude Simon, prix Nobel de Littérature. Le présenter comme “l’auteur d’une œuvre chaleureuse dont resteront à tout jamais des romans tels…” Signalons au passage que si il y à un mot qui est inapproprié pour qualifier l’œuvre romanesque de Brasillach, c’est bien celui de chaleureux. Mièvre, pleurnicharde, triste, cruelle, conviendraient mieux.

Pour faire de Brasillach un écrivain reconnu, Bonet le place au milieu de quelques noms importants, «Après la première guerre mondiale, Robert Brasillach fit partie d’un cercle d’écrivains aussi célèbres que Giraudoux, Montherlant, Cocteau, Giono, Paul Morand…» La réalité est tout autre, peu connu avant 1935, Brasillach acquiert la notoriété grâce à ses écrits politiques. Comme romancier, il ne connaîtra que de modestes succès et une faible reconnaissance dans le monde des arts et lettres. Deux membres du jury du Goncourt lui donneront leur voix… en 1940, pour Les sept couleurs, un roman dont l’idéologie était alors dans l’air du temps.

Bonet tresse encore quelques lauriers, «une œuvre importante d’essayiste et de romancier» et plus loin, «un écrivain de grand talent et de haute érudition.»

Chaque phrase de Bonet révèle une distorsion de la réalité. Exemple, «Le général de Gaulle refusa sa grâce, malgré une pétition signée par les plus grands écrivains français.» Il y avait certes quelques grands écrivains parmi ceux qui ont demandé la grâce de Brasillach. Mais il manquait nombre des plus illustres parmi lesquels, Louis Aragon, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Marcel Achard, Paul Eluard, Vercors, André Gide…

Toujours selon André Bonet, «Robert Brasillach restera le plus controversé des écrivains roussillonnais, si ce n’est de l’hexagone.» Il n’y a pas de controverse. Pour les spécialistes de littérature, l’œuvre de Brasillach est considérée comme mineure.

D’ailleurs qu’elle est cette œuvre que Bonet encense ? Les essais ? ils sont profondément engagés. L’histoire de la guerre d’Espagne est pro fasciste, et " L’histoire du cinéma est truffée de propos réactionnaires et antisémites, la vie de Virgile est fortement teintée par ses conceptions fascistes et racistes. Ne parlons pas du livre sur le dirigeant fasciste Belge Rex. Le livre sur Corneille est un recueil de conférences dans lesquelles, il fait du tragédien «Le précurseur génial, hardi, antibourgeois, anticapitaliste et antiparlementaire du fascisme moderne.» Le procès de Jeanne d’Arc ? Elle est rappelons-le, la figure que l’extrême droite oppose à Marianne la républicaine. Lettre à un soldat de la classe soixante, est le testament politique de Brasillach. Portraits, un recueil de critiques littéraires nous montre que les goûts littéraires de Brasillach sont très orientés et qu’il est un redoutable flingueur. Que reste-t-il des essais de Brasillach ? Son Anthologie de la poésie grecque. Ce livre à un avantage. Brasillach n’en à écrit que quelques pages.

Dans les années cinquante, un grand théâtre parisien a monté une pièce de Brasillach, La Reine Césarée. Bérénice de Brasillach rebaptisée par son beau-frère Maurice Bardèche qui l’avait aussi expurgée des passages antisémites du genre «Il y a les juives grasses et les juives maigres, deux espèces de vermine.» Brasillach a écrit deux pièces de théâtre.

Qu’en est-il des romans de Brasillach qui, selon André Bonet, «resteront à tout jamais». Peter Tame un chercheur anglais est l’auteur de La mystique du fascisme dans l’œuvre de Brasillach. Un travail préfacé par Maurice Bardèche, ce qui pourrait paraître douteux si l’on oubliait que l’étiquette fasciste ne gène pas le beau-frère de Brasillach. Pour P. Tame, la mystique fasciste de Brasillach est présente dans toute son œuvre romanesque, il écrit notamment, «Le fascisme de Robert Brasillach n’était pas pour lui un concept étriqué. Il devint pour lui une philosophie qui pénétrait la plus grande partie de son œuvre.» Plusieurs exégètes de l’œuvre de Brasillach portent le même regard.

Bonet se garde bien de s’intéresser aux idées que véhicule toute l’œuvre de Brasillach.

Il n’y a qu’un seul Brasillach. Le pamphlétaire de Je Suis Partout, l’essayiste, le romancier ne font qu’un, tous ses écrits baignent un jus de couleur brune.

«Son œuvre avec le recul du temps prendra sa juste place,» écrit Bonet, il dépend de nous tous que le nom de Brasillach reste inséparable de son idéologie meurtrière. Voici ce qu’écrit à ce propos P. Tame «Cette mystique n’est tout de même pas morte avec lui puisqu’elle s’éternise dans son œuvre.»

Brasillach était un monstre, d’autant plus redoutable qu’il était cultivé et intelligent. N’oublions jamais ce qu’il écrivait en septembre 1942 dans Je Suis Partout, cette phrase restée attachée à son nom «Il faut se séparer des juifs en bloc et ne pas garder les petits.»

Tout ce qu'écrit Bonet doit être réfuté. Mais tout ce qu'il ne dit pas, ce qui le rend encore plus blamable, doit être rétabli.

Soyons attentifs dans le choix de ceux que nous voulons honorer et faire connaître à nos enfants.

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