Perpignan-Toutvabien

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26avr

Quand j’entends le mot culture…

Communiqué : Les Grouspuculés Associés vous invitent à prendre part à un débat public

__Quand j’entends le mot culture, je sors ma subvention !__

Qui a dit qu’il n’y a pas d’argent pour la culture ? Les lumineux échanges provoqués par la mise en cause d’un élu local chargé des affaires culturelles ont au moins rappelé que plus que de dénuement, les finances publiques dans ce secteur souffrent d’une gestion opaque, verticale et bureaucratique, soumise à toutes les formes d’instrumentalisation politique.

Quand la logique d’attribution des subventions obéit à des règles éloignées de l’idée la plus sommaire d’un fonctionnement démocratique et transparent, l’argent de la culture devient une arme parmi d’autres aux mains d’un personnel politique de plus en plus éloigné de l’univers de l’art, des livres, des films et des spectacles vivants. Dans une société où les chiffres et les indices économiques sont les seuls à avoir toujours raison, il semble que l’ignorance ne soit plus une tare mais la qualité requise pour la bonne gestion du modèle libéral. Dans la culture comme ailleurs, il s’agit d’être performant dans l’organisation et la défense de ses propres intérêts. Ici, point de particularisme local : Perpignan et les Pyrénées-Orientales offrent une caricature pittoresque de la situation nationale.

La création culturelle devrait être éloignée de toute préoccupation de basse cuisine électoraliste, mais elle y est largement subordonnée : la fermeture du centre d’art contemporain de la "Halle au poisson" est le dernier exemple en date. L’état de dépendance vis-à-vis du pouvoir politique dans lequel se tiennent les bénéficiaires des deniers publics, ou ceux qui en sont évincés, définit l’actuel paysage culturel et ses possibilités critiques. Contraint par la réalité marchande et souvent incapable d’en contester l’imaginaire, l’agent culturel tend d’abord la main et cherche ensuite l’inspiration. Le contrôle est d’autant plus efficace que peu se souviennent qu’il n’est pas interdit, malgré les risques réels, de mordre la main qui vous nourrit.

Il faut en finir avec un statu quo qui n’a que trop duré. L’argent de la culture est là, à la fois carotte et bâton, mais il est là. Alors qu’en faire ? Nous en appellons à la mise à plat et en question de la culture en terre catalane.

QUE VEUT DIRE UNE POLITIQUE CULTURELLE PUBLIQUE ? QUELLE GESTION DE L’ARGENT PUBLIC POUR QUELLE CULTURE ?

Débat public au cinéma Le Castillet, Jeudi 6 mai, 21H

La forme d’une ville

Pétition à Monsieur Jean-Paul Alduy, Maire de Perpignan Pour la défense de la Halle au poisson comme espace d’art contemporain

Monsieur le Maire,

En discutant avec les femmes et les hommes qui s’occupent de culture, dans Perpignan comme dans la plupart des villes et des villages du Roussillon, on est saisi par la profondeur de leur malaise comme par leur détresse, qui n’est pas seulement économique. Beaucoup d’entre eux font de la culture une exigence prioritaire et un principe de vie, et ils ne retrouvent ni exigence, ni principe, au sein d’une classe politique qui est censée les représenter, comme si, pour cette dernière, les choix culturels et l’interrogation sur la pertinence des médiums utilisés étaient des questions subalternes. Ils ressentent, sans toujours bien le formuler, que pour les politiques claironner le mot culture est déjà un acte culturel.

Ces femmes et ces hommes aimeraient ne plus être réduits à la chasse aux subventions ; ils aimeraient pouvoir parler de leurs projets, et participer, sinon aux votes des budgets (qui dépendent du résultat des divers mandats électifs) du moins aux débats et aux modalités pratiques de la répartition des masses financières engagées. S’ils s’interrogent souvent sur leur relation de subordination maladive aux subventions, s’ils en contestent le caractère exclusif et trop souvent partial, si les plus honnêtes d’entre eux savent bien qu’un surcroît de subventions ne donne pas un surcroît de talent, il leur semble qu’ils ont des comptes à rendre sur le sort de cet argent public, qui est aussi le leur.

Pour beaucoup, pour dépasser le corporatisme auquel ils n’échappent pas toujours, il leur paraît essentiel de redéfinir la nature de leur rôle, comme la place de la culture dans la société du XXIe siècle. C’est pourquoi ils interpellent aussi sèchement les politiques, non seulement au nom d’une certaine idée de la probité économique, mais pour leur reprocher de ne plus être concernés par la place de l’art et de la philosophie dans la cité ; pour critiquer leur désintérêt pour l’univers de l’art, des livres, des films et des spectacles vivants. Ces femmes et ces hommes n’acceptent plus l’indifférence des politiques pour la culture, y compris pour leur propre culture personnelle ; comme si les chiffres et les indices économiques étaient les seuls à avoir toujours raison, comme si l’ignorance culturelle n’était pas la victoire d’une barbarie toujours plus proche.

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Dans ce contexte difficile, qui ne peut être réduit à un stérile affrontement politique droite/gauche, sous peine de faire dévier le débat, sous peine de l’enfermer pour mieux le museler, il n’est pas surprenant que ces femmes et ces hommes, dont je me flatte de partager les craintes et les aspirations, en appellent à la convocation d’« États Généraux de la culture », en appellent à la rédaction d’un Livre blanc sur le sujet, en appellent à la mise à plat et en question de la culture en terre catalane, en appellent à sa redéfinition libertaire. Le prochain acte de ce mouvement, dont il ne faut pas mésestimer la profondeur ni la pertinence, aura lieu le 6 Mai à 21 heures au cinéma Le Castillet sous le titre volontairement provocateur de : « Quand j’entends le mot culture, je sors ma subvention ! » Je me permets, Monsieur le Maire, de vous y convier chaleureusement.

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Lors d’une rencontre autour d’une émission radiophonique de Nicolas Caudeville sur les dangers qui pèsent sur la République, vous m’aviez signalé, qu’une vingtaine d’années auparavant, vous aviez lu le livre du situationniste Sanguinetti « Sur les chances de sauver le capitalisme en Italie ». Je vous signale, puisque ce courant de pensée ne vous est pas étranger, ce qu’écrivait Guy Debord sur Ivan Vladimirovitch Chtcheglov (l’homme qui, âgé d’à peine vingt ans, théorisa l’urbanisme unitaire) : « On eût dit qu’en regardant seulement la ville et la vie, il les changeait. Il découvrit en un an des sujets de revendications pour un siècle ; les profondeurs et les mystères de l’espace urbain furent sa conquête. »

Ce jeune homme, au parcours fulgurant, nous a initiés aux mystères de la psychogéographie. Nous suggérant qu’une forme de tectonique des plaques influait les villes, il nous a appris à détecter les lieux de passage, les zones de failles et de fractures entre les différentes unités d’ambiances urbaines. En nous informant qu’il existait, au sein des villes, des zones de passages favorisant l’apparition de telles unités d’ambiance, Chtcheglov nous mettait en demeure de les entretenir et de les préserver, car les logiques du hasard ne sont jamais reproductibles. À Perpignan, dans le quartier qui s’organise autour de la place des Poilus, une de ces unités s’est développée. Cela tient à une conjonction hasardeuse et à la ténacité de certains Perpignanais à vouloir améliorer leur cadre de vie, en améliorant le cadre de vie de tous..

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Monsieur le Maire, on juge une ville à la qualité de la vie quotidienne de ses habitants ; à leur capacité collective à s’investir dans la vie de la cité, même dans des conditions économiques difficiles, même quand l’essentiel manque et que le superflu semble vain. La forme d’une ville est la somme de ses unités d’ambiances, propices à la complicité et à la fraternité, comme à l’enrichissement intellectuel et l’épanouissement personnel. Il y a des villes dortoirs ou mouroirs où plus une seule de ces unités ne subsiste. Ces unités doivent beaucoup aux habitants et un peu aux élus, et pourtant c’est aux élus que revient la lourde tâche de les prévoir et de favoriser leur émergence : il leur faut penser un aménagement de la cité qui tienne toujours compte de la capacité d’appropriation de ses habitants. Ici, le point de vue administratif doit céder la place à l’invention et à l’intelligence du devenir collectif. Ici, ce qui doit toujours gagner est l’art de vivre ensemble : ce qui unit et non ce qui divise. Ici, c’est une conjonction d’éléments hétérogènes qui doit déterminer un projet, et non un calcul électoraliste ou une unilatérale raison marchande. Plus les élus comprennent ces enjeux et ces paradoxes, et plus les habitants d’une ville ont plaisir à y vivre, et ses visiteurs à s’y attarder.

La qualité de Perpignan, comme de toute ville, tient à la qualité de ses unités d’ambiance : ce sont elles qui transforment les raisons d’y habiter en plaisir d’y vivre. Or une unité d’ambiance n’existe que dans la capacité des habitants à s’approprier des lieux en leur donnant un supplément d’âme. Une cité dortoir ne sera jamais une ville : la vie lui manquera toujours. Une ville est ce qui résiste au travail et au sommeil : ce qui résiste à la répétition du quotidien. Perpignan est la somme de ces lieux, contradictoires et parfois rivaux, mais toujours complémentaires, où des femmes et des hommes se rencontrent, dialoguent, mangent, boivent, flânent, s’instruisent, échangent, aiment, vivent, et pensent qu’on peut changer la vie, y compris la vie de leur cité.

Les villes ne valent qu’autant qu’on peut les transformer, sans nécessairement les modifier. Ainsi, inscrire l’art contemporain à l’intérieur d’une Halle au poisson relevait bien de l’art et d’une certaine forme de poésie, et transformait un espace sans vraiment en modifier l’architecture générale. Voilà pourquoi, dans le contexte de la crise qui oppose les politiques aux intervenants culturels, l’arrêt brutal et soudain d’une telle expérience est ressenti par nous tous comme une agression personnelle.

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Monsieur le Maire, songez qu’au cœur de Perpignan quelque chose de neuf a surgi, quelque chose ou le Catalan que je suis retrouve ses racines, par la modernité et la liberté d’esprit qui s’y déploie. S’il peut m’arriver d’être fier d’être Catalan, c’est au nom d’une certaine pratique de la démocratie, au nom d’une certaine idée de la liberté d’esprit. Je suis de ceux qui pensent qu’on est catalan par la langue et par la culture et non par le sang. La Catalogne dont je me réclame dénonce un pseudo catalanisme qui, ignorant sa propre langue et sa propre culture, fétichise son terroir en exclut tout rapport avec l’Autre ; un pseudo catalanisme qui se déclare bien pensant alors qu’il est seulement réactionnaire et xénophobe. Il existe dans Perpignan la Catalane, qui a tant besoin de redéfinir sa catalanité, un espace de vie qui s’est affirmé dans sa diversité et sa pluralité. Cet espace de vie est une zone s’ordonnant autour de la place des Poilus. On y trouve la Casa de la Generalitat, on y trouve la Halle au poisson, on y trouve quelques cafés, et la rue Pratilla au charme quasi oriental, et où bonheur des yeux le dispute au plaisir des papilles.

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C’était un pari audacieux de présenter de l’art contemporain en centre ville, dans un lieu qui ne lui était pas destiné. Pour beaucoup d’observateurs, y compris des observateurs bienveillants, l’échec était inévitable : l’emplacement ne pouvait occasionner qu’un rejet. Pourtant l’expérience s’est développée, sans jamais faire de concessions au public, toujours dans un rapport très rigoureux avec son sujet : faire connaître l’art contemporain en faisant admettre qu’un art, différent de l’art traditionnellement admis, pouvait exister.

Mal perçue la Halle au poisson était un espace que les Perpignanais évitaient. Petit à petit, parce qu’il faut du temps en toute chose, ce lieu s’est imposé, pour devenir déterminant dans le paysage culturel perpignanais. Il a fallu pour cela la conjonction que j’ai rappelé, et le déploiement d’une nouvelle mouvance humaine. Ce lieu est devenu, aussi soudainement qu’il avait été rejeté, un lieu de rencontre, un lieu de dialogue, un lieu où des êtres humains parlent et se rencontrent, rêvent ensemble et imaginent des projets et d’autres futurs possibles ; un lieu où ils peuvent boire un verre, en observant de nouvelles images, en les interrogeant et en posant des questions sur leur rôle, et plus généralement sur le rôle de toutes les images, comme celles que, contradictoirement et complémentairement, ils peuvent observer pendant Visa. Ici ce n’est pas pendant l’Été qu’on s’interroge sur la pertinence des médiums artistiques, et parfois sur la cohérence des médiums politiques : c’est toute l’année. Le rejet initial pour ce centre d’art contemporain (voire même le mépris) a cédé la place à l’incompréhension, puis à la curiosité, pour enfin aboutir à une vraie complicité.

Ceux qui au début se moquaient de ce qu’ils ne connaissaient pas, ont fini par admettre puis apprécier ce qu’ils découvraient : ils ont compris que les vidéos qui passent à la Halle au poisson, les concerts très novateurs qu’on y donne, dans la plus parfaite gratuité, ne sont pas de même nature que les images et les sons qu’on voit ou qu’on entend ailleurs. C’est là une grande victoire.

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Monsieur le Maire, les images que dispensent les moniteurs de la Halle au poisson ne sont pas des images habituelles, elles ne sont pas neutres, elles ont souvent un point de vue qui conteste notre système de représentation habituelle. Elles s’opposent même parfois à certaines images du photo-journalisme, telles celles de Reza qui, à Paris, ont orné les grilles du jardin du Luxembourg. Souvenez-vous de cette photographie d’enfant énucléé avec un pansement blanc et sali, qui suscitait chez certains spectateurs un commentaire admiratif devant une « si belle image ».

Pour beaucoup d’artistes contemporains une image de photo-journalisme ne doit procéder d’aucun artifice formel ou esthétique sinon elle témoigne d’une escroquerie. C’est ce genre de position, si minoritaire et peu entendue, qui rend certains artistes contemporains profondément modernes. On comprendra mieux ainsi que le travail de fiction de l’art vidéo, en falsifiant et manipulant le réel tend souvent à lui faire dire sa vérité cachée. Excusez cette longue digression, mais c’est ma façon détournée, du point de vue de l’art, de témoigner ici du travail de Vincent Emmanuel Guitter, de dire combien sont essentiels pour Perpignan son apport et sa présence, son action quotidienne, comme celle des femmes et des hommes dont il s’est entouré. À quel point, à eux tous, ils participent du nouveau rayonnement culturel de Perpignan.

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Monsieur le Maire, une ville de culture ne se limite pas aux mois d’été, c’est un travail de tous les jours. Aujourd’hui, autour de la place des Poilus il existe une unité d’ambiance rare. Et cette unité est condamnée par l’arrêt soudain de la nouvelle vocation plastique et expérimentale de la Halle au poisson, qui va retrouver dans les prochains mois sa fonction première de poissonnerie. On peut toujours justifier la pertinence de la raison économique. Ainsi la pertinence des chiffres justifie-t-elle le retour du poisson à la Halle au poisson. Parce que rien ne justifie effectivement la présence d’art contemporain dans une Halle au poisson : voici un paradoxe logique qui n’aurait pas manqué d’amuser Dali…. Par contre le fait qu’il y ait déjà deux poissonniers dans le périmètre de la place des Poilus ne gêne apparemment personne. S’il a fallu, pour faire sauter le parking (et fatalement le marché couvert de la place de la République), une sorte de référendum populaire ; s’il a fallu user de diplomatie pour faire sauter ce parking immonde, chancre absurde sur le visage de la ville, il ne faudra qu’une décision administrative aux effets quasi immédiats (2 à 3 mois) pour évincer l’art contemporain de la Halle au poisson.

Il y a de temps en temps des erreurs qui sont plus que des erreurs, qui sont des fautes. Ce sont des attaques contre l’art et fatalement des atteintes à la pensée et à la culture. Un bref instant le centre de Perpignan s’est remis à vivre et à espérer. Ici semblaient se reproduire, avec passion, le style de vie et la modernité de la Catalogne du Sud. Veut-on se venger de ce type d’exemple et de liberté ?

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Monsieur le Maire, la rénovation du centre ville est une bonne chose, si elle sous-entend le respect de ses habitants et la prise en compte de leurs désirs. C’est l’avenir culturel de Perpignan qui se joue dans des décisions aussi maladroites. Revenez sur votre décision, laissez-nous l’art, la vie et l’intelligence en centre ville. Méditons un instant sur cette proposition : « l’art c’est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ». Croyez en l’assurance de mon profond attachement à la ville de Perpignan.

''Jordi Vidal Citoyen théoricien en sa bonne ville de Perpignan Ce 24 Avril 2004''

21avr

La ferme du bonheur

En lisant dans L’Indép de samedi (17 avril), l’interview de Christian Bourquin, j’ai eu l’impression de me retrouver dans la pub du chocolat Milka. Vous savez celle avec la vache violette qui fait le bon chocolat dans les alpages. Arrivé au bout de l’article, j’ai regardé la photo : C. Bourquin portait une chemise violette ! Et, s’en vouloir en rajouter, le journaliste intervieweur faisait bien le petit écureuil qui apporte les noisettes.

Je vous donne un extrait et dîtes-moi si l’on n’est pas en pleine pub, c’est à dire en pleine irréalité ?

Le petit écureuil : «La nouvelle équipe a une autre vision de l’Euro-région ?»

La vache Milka : «En effet, c’est une conception plus large. La région a non seulement passé des accords avec Midi-Pyrénées et PACA, mais encore avec Rhône-Alpes et, de l’autre côté de la frontière, avec l’Aragon et la Catalogne Sud. Cela préfigure l’ouverture sur la Méditerranée et au-delà sur tour l’Orient… Il faudra quelques décennies pour créer cette entité territoriale, mais nous sommes et resterons au centre du dispositif. Rappelons que le palais des rois de Majorque était la tête d’un territoire qui allait de Barcelone à Montpellier. Territoire qui fut conquis non pas par la guerre mais par l’intensification des échanges. C’est, en quelque sorte, cette période qui recommence.»

Tout cela n’a ni queue ni tête, mais le président du conseil général, premier vice-président de la région, donne l’impression d’avoir des visions d’avenir.

Autre grand moment quand Georges Gianadda demande, «Comment allez-vous vous partager entre l’hôtel de région et le conseil général des P-O ?»

C. Bourquin : «Je suis un bosseur, c’est une qualité que même mes adversaires reconnaissent…»

A-t-on déjà entendu un adversaire de Bourquin louer sa force de travail ?

Les embouteillages de Perpignan sont le nouveau cheval de bataille de C. Bourquin, «La situation est devenue infernale, insupportable, pour circuler à Perpignan. Cela n’est pas raisonnable de laisser autant de bouchons aux entrées de la ville, il faut agir.» Il ne cesse de répéter qu’il est à la disposition de la ville pour faire un plan de circulation. Précisons toutefois que Christian Bourquin est un adversaire acharné du projet de rocade ouest. Le contournement de perpignan est pourtant une priorité et la seule solution aux problèmes de circulation de la dernière grande ville de France traversée par une route nationale.

Répondant à une question sur le malaise parmi les acteurs culturels du département, C Bourquin, dit qu’il «sent bien qu’il s’agit d’un coup bas venu d’un groupuscule. »

Le discrédit est une des armes habituelles de Bourquin. Sale procédé. Négation de la démocratie.

Ci dessous pour information la dernière déclaration du “groupuscule “

Suite aux réactions suscitées par leur communiqué publié dans L’Indépendant du 8 avril 2004, l’ensemble des signataires, acteurs culturels et artistes indépendants, réaffirme sa position. Il se félicite que la DRAC ait entendu son appel et qu’elle demande au Préfet une inspection sur la gestion et le fonctionnement de l’ADDMCT 66. Il réitère au Président Christian Bourquin sa demande solennelle de ne pas renouveler la délégation culture au Conseiller Général Antoine Sarda. Il récuse les accusations de manipulations politiques ou autres, démenties par la diversité, les noms et la provenance même des signataires, ainsi que par la date post-électorale de la publication du premier communiqué.

Liste des signataires : Philippe Hottier Cie Trac- Christophe Hennebicq Association Canigroove- Jean Dianteill L’art ou Cochon- Maurice Lidou Directeur structure culturelle- Michel Vallet Casa Musicale- Magali Helias Cie Trac- Vincent Messager Les Enfants Terribles- Gaby Rakotondrabe Théâtre de l’Echappée- Karim Arrim Cie Théâtre Volubilis- Thierry Ayité Association Melting Prod- Jacques Vinas CTRA- Mag Stoyva artiste- Catherine Metregiste artiste- Michèle Marty biographe- Michèle Valette enseignante- Guilaine Philispart Cie Les Trigonelles- Muriel Solatges Cie Les Trigonelles- Danielle Catala structure associative- Marie-Françoise Barbera Directrice structure culturelle- Michel Picod Loco Compagnie- Olivier Sans enseignant/musicien- Stephane Leclere Directeur technique- Maryse Pawloff artiste- Paul Macé CIMP- Enrique Salvador orchestre Ana y Succombo- Chantal Daney La Fabrica- Reynald Dedies Sine Nomine- Françoise Abenatar danseuse/chorégraphe- Christian Hernandez Directeur artistique Théâtre du Gecko- Alain Laurier musicien- Nardi musicien- Jean-Michel Castelarnau Loco Compagnie- Marie-José Goix Présidente Théâtre de l’Echappée- Emma Caron musicienne- Chris the Cat musicien- Jordi Vidal Théoricien- Jackie Surjus Directrice association Campler- Alain Pradels régisseur- Claudine Sabbah artiste-Cathy Metregistre artiste- Le Théâtre de la Complicité-

Ce communiqué date du 16 avril. Depuis, Antoine Sarda a été réélu président de la commission culture à l’unanimité des élus du conseil général.

Le préfet va-t-il diligenter une inspection de l’ADDMCT 66 ? La réponse à cette question est attendue dans les prochains jours.

Le mouvement citoyen des acteurs culturels qui s’est constitué à partir de disfonctionnements à l’ADDMCT et de la commission culture se poursuit, il pourrait même se structurer et s’amplifier.

Il y a de l’ambiance à la ferme !

La mairie de Perpignan a décidé de fermer l’espace d’art contemporain de la Halle aux Poissons. Tout cela pour y installer la poissonnerie du Marché de la République qui quitte les lieux avant les travaux de démolition du parking. Combien de fois Alduy a-t-il fait l’éloge de cet espace de culture ouvert qui participe activement à l’animation du quartier de la place des Poilus ? La nouvelle, connue depuis quelques jours, suscite des réactions d’incompréhension. Le maire de Perpignan va-t-il tomber sur des arêtes ?

25mar

L’UMP, c’est bien fréquenté !

Le 26 février 2004, la Cour d’appel de Montpellier a confirmé le jugement du tribunal correctionnel de Perpignan et condamné les époux Ferrand pour fraude fiscale.

Alain Ferrand : 18 mois d’emprisonnement dont un an et trois mois avec sursis. Amende de 15 000 euros. Privation des droits civiques pendant cinq ans.

Joëlle Iglesias épouse Ferrand : 6 mois d’emprisonnement avec sursis.

Les juges n’ont pas retiré ses droits civiques à Joëlle Ferrand, maire du Barcarès, membre de l’UMP. Des gens comme les Ferrand, c’est vachement bon pour l’image de marque de l’UMP. Comme Juppé au niveau national. " On veut des emplois fictifs ", criaient, il y a deux mois, des crétins de l’UMP venus accueillir le maire de Bordeaux à son retour dans sa bonne ville. " On veut des élus malhonnêtes ", pourraient crier ceux qui veulent envoyer Joëlle Ferrand à l’assemblée départementale.

Le soutien très appuyé de JP Alduy, président départemental de l’UMP, à la candidature de Joëlle Ferrand, montre que le maire de Perpignan attache moins d’importance à la morale publique qu’il ne le dit.

C’est grave pour sa réputation.

Et c’est typiquement le genre de situation qui sème le trouble dans l’opinion et permet au FN de prospérer. La perte de confiance d’une majorité de français, dans ceux qui exercent les responsabilités publiques, creuse la tombe de l’idée démocratique.

Pas un mot de cette condamnation dans L’Indép et dans le Midi Libre de Malepire, thuriféraire patenté des époux Ferrand. Avec sa fête de l’huître, sa patinoire, ses animations et spectacles l’été, la ville du Barcarès est un client qui pèse lourd. Ceci explique cela. Il ne faut pas faire de peine à l’annonceur. Il pourrait vous le faire payer.

L’argent prime sur l’information.

Les Ferrand et Bourquin partagent le même scribe et le même penchant pour la liberté de la presse. Durant la campagne des cantonales, deux journalistes (FR3 et Radio France Roussillon) ont subi des pressions des Ferrand.

La liste des journalistes qui ont eu des problèmes avec les Ferrand ou un de leur gros bras doit être aussi longue que le casier judiciaire d’Alain Ferrand.

F.T.

PS : JPA retire à Joëlle Ferrand l’investiture de l’UMP au second tour, un autre candidat de droite, Fernand Siré étant mieux placé pour garder le canton à droite. Un acte de pur pragmatisme politique.

12fév

Les potiches de Bourquin

Dans le Midi-Libre du 12 février, Luc Malepeyre interviewe sa copine de vacances en Chine, Jacqueline Amiel Donat.

«Dès lors qu’une femme prétend avoir des idées, on dit qu’elle est hystérique», explique l’Amer Donat.

Appeler un conseiller général chez lui à 23 h pour le menacer, est-ce un comportement normal ?

Consacrant une grande partie de son propos au féminisme, JAD décerne les bons points à la gauche et à son copain Bourquin et les mauvais points à la droite et à son ennemi Alduy.

Madame Amiel Donat étant fournisseur du conseil général, qui est un de ses plus gros clients, et en conflit avec la ville de Perpignan, qui refuse de régulariser une construction illégale qu’elle a faite sur le toit de son immeuble, il est permis de s’interroger sur l’indépendance de ses jugements.

Les faits la contredisent. Le PS est la seule formation politique du département à ne présenter aucune femme aux élections cantonales. Il n’y a pas non plus de femme socialiste à l’assemblée départementale. Sur les trois femmes qui siègent au conseil général, deux sont de droite, Marie-Cécile Pons et Madeleine Carbonell et la troisième est communiste, Nicole Gaspon.

Sur la liste départementale des élections régionales qu’il conduit, Christian Bourquin pratique la parité d’une façon singulière. Les places éligibles réservées aux hommes sont occupées par des socialistes et la majorité des places réservées aux femmes sont revenues au PCF, radicaux et Verts.

Pire ! Bourquin triche pour masquer l’absence de femmes. A la conférence de presse de présentation des candidats aux cantonales, il a fait venir deux femmes potiches et a fait en sorte qu’elles figurent sur la photo (voir Indép du 12 février).

Plus hostile aux femmes que Bourquin, dans les attitudes comme dans les actes, cela n’existe heureusement pas.

Si Bourquin ne veut pas des femmes qu’il le dise aux électrices. Un certain nombre sauront certainement en tirer les conclusions qui s’imposent.

24jan

Place aux vieux

En regardant la photo parue vendredi 16 janvier dans L’Indép à l’occasion de la présentation des candidats du PS aux cantonales, on comprend que Bourquin ait, pendant un temps, poussé un autre candidat sur le canton dont Jean Codognès est le sortant. Un peu jeunot le Codo. Malgré ses cinquante balais, il ne fait pas très sérieux au milieu des fronts dégarnis et des chevelures blanches. Il devrait songer à se faire des mèches blanches. Il serait plus crédible.

Alors que la cravate est en voie de disparition, elle ne manque à aucun des candidats. Ils ont une bonne excuse. Sans elle comment ferait-on la différence entre un homme important et un simple quidam. On comprend que les politiques s’y accrochent.

Jacques Blanc a enfin présenté sa liste pour les régionales, il y a des jeunes hommes et des jeunes femmes, mais uniquement pour faire bien sur la photo. Ils sont tous placés en position inéligible.

La liste de gauche aux régionales ne s’est pas embarrassée de jeunes figurants.

A gauche, comme à droite, si tu as moins de cinquante ans, tu n’as aucune chance. La politique c’est décidément un truc de vieux.

D’ailleurs l’autre jour j’ai rencontré un jeune homme politique. Je vous jure, il causait comme un vieux.

Regardez les deux dinosaures qui s’affrontent depuis la préhistoire, Frêche et Blanc.

Au conseil général, deux conseillers généraux sur trois refusent d’utiliser l’ordinateur portable que Bourquin leur a offert. “ Je suis trop vieux pour m’y mettre, expliquait l’un d’entre eux.”

Quelqu’un qui refuse d’allumer un ordi et d’apprendre comment ça marche, qui se replie sur son ignorance est-il apte à gérer les affaires publiques ?

On voit pourtant pas mal de gens âgés se mettre à l’ordi et à l’internet. Ce n’est quand même pas difficile de faire quelques heures de formation. Encore moins si c’est payé par le contribuable.

Signalons à ceux qu’impressionne le développement de la Catalunya, que son dynamisme n’est pas lié qu’au faible niveau des charges sociales et fiscales. La moyenne d’âge des élus est beaucoup plus basse que chez nous.

A méditer…

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