Perpignan-Toutvabien

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

23sep

Prix du jeune reporter de la ville de Perpignan : Jean-Paul Alduy se défausse

Perpignan-toutvabien a souhaité avoir la réaction de Jean-Paul Alduy aux questions que soulève la remise du prix du jeune reporter de la ville de Perpignan à Massimo Barruti, photographe qui a accompagné son expo à Visa d’un texte reprenant les thèses conspirationnistes sur les attentats du 11 septembre.

Réaction en trois points du maire de Perpignan

Lors de la conférence de presse du prix du jeune reporter de la ville de Perpignan, Massimo Barruti s’est exprimé sans reprendre les arguments du texte controversé.

La ville de Perpignan s’interdit toute forme de censure. Le prix est décerné par un jury international dont la ville respecte les décisions. Elle n’a pas de droit de véto.

Le maire de Perpignan apprécie particulièrement le travail de Massimo Barruti sur un sujet peu couvert. Il considère que l’on fait un faux procès au photographe.

Faux procès

Le maire de Perpignan invoque les grands principes pour ne pas s’exprimer dans un débat, un débat normal en démocratie. Il est regrettable que Jean-Paul Alduy tente de disqualifier ceux qui ont ouvert ce débat en les accusant de faire un procès au photographe.

Il n’en demeure pas moins que le maire, porte parole du prix qui porte le nom de la ville et que la ville finance, n’a pas dit un mot sur le texte pour le moins contestable du lauréat 2009. On se consolera avec la prise de position, sans ambiguïté, de Jean-François Leroy.

22sep

Bus à 1 euro : l’ère de la propagande

Vous avez pendant tout l’été vu la campagne pour le bus à 1 euro. Campagne du Comité départemental du tourisme incitant à prendre le bus pour aller visiter Collioure, Prats-de- Mollo, Céret et Serrabona. Ce dernier visuel était de loin le plus présent.

Bus_1_euro_Serrabona__Petite_.JPG

Pourquoi pas aller à Serrabona avec le bus. L’affiche indique le nom du site internet du conseil général. Rien sur ce site. Etonnant ! Même chose sur celui du Comité Départemental du Tourisme !

Petit tour du côté de la gare des bus et de ses panneaux d’affichage. Rien sur les bus de l’été, opération présentée à la presse par Bourquin. On est le 31 juillet.

Coup de fil à la gare routière. Comment fait on pour aller à Serrabona ? La personne se renseigne et répond qu’il faut descendre à Bouleternère. Et après ? « Il n’y a pas de bus ». Et la campagne de publicité pour aller à Serrabona ? Elle ne sait pas de quoi il est question. Elle interroge ses collègues. Réponse de l’une d’elles : « Ce n’est pas le truc qu’ils font une fois par semaine ? ». L’employée ne sait pas.

Le lendemain, nouveau coup de téléphone au même endroit, avec l’espoir de tomber sur quelqu’un de mieux informé. Même interlocutrice. Elle n’en sait pas plus. Elle nous demande notre numéro de téléphone. Une heure plus tard, une personne de la direction des transports du conseil général nous explique comment aller à Serrabona avec le bus à 1 euro.

La navette fonctionne le mardi et le jeudi. Mais il faut réserver les places la veille avant midi. Il faut prendre le bus de 8 heures 30 à Perpignan. A Bouleternère, prise en charge par un chauffeur de taxi pour une ou deux personnes. Il nous ramènera après la visite. Si plus de deux personnes sont inscrites, c’est un minibus qui nous conduira de Bouleternère à Serrabona, un trajet d’une dizaine de kilomètres.

Dans le monde des gens normaux, on met en place un service et puis on communique pour le faire connaître. Dans le monde de la communication et de la propagande, on fait une campagne de publicité et on s’arrête là. Rien n’avait été mis en place pour que l’on puisse se rendre en bus à Serrabona. Pas d’organisation, pas d’information.

Mais si un enquiquineur se manifestait avec insistance pour que la campagne de publicité tienne ses promesses, le conseil général était prêt à lui payer le taxi et à mettre un minibus à sa disposition s’il avait une famille nombreuse.

Début août, il était temps, le site du conseil général indiquait les horaires de bus de l’été. Peu de destinations desservies, seulement quelques fois dans la semaine. Mais rien pour se rendre à Serrabona.

ça se passe comme ça dans le département qui a des dépenses de communication trois à cinq fois plus élevées que les autres conseils généraux de la région (Rapport de la chambre régionale des comptes). Chez Bourquin la communication a depuis longtemps remplacé l’action.

Que dire du visuel de la campagne de publicité ? L’abbaye est en grande partie cachée par le bus. A défaut de tenir ses promesses l’affiche aurait pu donner envie d’aller voir les chefs d’œuvres de la sculpture romane. Christian Bourquin s’est lors d’une récente session du conseil général vanté d’être le concepteur des campagnes de publicité du conseil général. Enfin quelque chose de vrai !

20sep

Jean-François Leroy désapprouve le texte de Berruti.

Jean-François Leroy, directeur de Visa pour l’image, a réagi à l’article du Monde : « La théorie du complot s'invite à Visa pour l'image » (Le Monde du 7 septembre). Son courrier a été publié dans l’édition du 13 septembre.

« Visa pour l'image n'invite aucun théoricien du complot du 11 septembre 2001, pas plus qu'il ne les soutient ou les encourage. La 21e édition de Visa pour l'image, dont la semaine professionnelle vient de s'achever, a prouvé une fois encore que nous sommes le point de rencontre des photojournalistes de terrain qui cherchent à raconter la vérité et à la montrer.

Le texte d'introduction de l'exposition du photographe Massimo Berruti comporte un passage qui est en effet particulièrement flou : « Le général Hamid Gul, anciennement à la tête de l'ISI (services secrets pakistanais), a récemment déclaré sur CNN que les attentats du 11 septembre avaient clairement été un travail «fait de l'intérieur », conçu et fomenté aux Etats-Unis, du moins avec le soutien des services secrets et de l'armée de l'air américains. »

Ce texte, écrit par le photographe (comme c'est le cas dans toutes les expositions), n'aurait pas dû être laissé en l'état. Mal rédigé, il peut laisser penser que l'auteur partage ce point de vue. Nous regrettons cette erreur, qui est de notre entière responsabilité.

En revanche, les propos tenus par Massimo Berruti au cours d'une interview au Monde ne peuvent en aucun cas engager la responsabilité de Visa pour l'image. Nous sommes en désaccord total avec la remise en cause des attentats du 11- Septembre, fréquemment véhiculée au Pakistan, en Afghanistan et dans certains pays du Moyen-Orient.

Le jury du Prix du jeune reporter de la Ville de Perpignan, qui était composé de plus d'une trentaine de directeurs de la photo reconnus, a fait son choix sur des photos, pas sur des propos. Et ce jury, dans lequel l'équipe de Visa pour l'image n'est pas représentée, a estimé que le travail de Massimo Berruti méritait d'être primé.

Visa pour l'image ne peut pas être réduit ou assimilé à des propos tenus par un photographe qui exprime une opinion. »

Une erreur a été commise, Jean-François Leroy le reconnait et en assume la responsabilité. C’est tout à son honneur. Nous attendons maintenant la réaction de l’organisateur du prix, la ville de Perpignan.

16sep

Visa : la théorie conspirationniste du 11 septembre récompensée par la ville de Perpignan

Le texte qui accompagnait l’expo de Massimo Berruti à Visa pour l’Image et que nous avions découvert dans le dossier de presse du Festival a fait dresser les cheveux sur la tête à plus d’un lecteur, mais il n’a pas fait d’histoire, jusqu'à la parution d’un article du Monde. Dans l’édition du 6 septembre, Claire Guillot signe un article titré La théorie du complot s’invite à Visa pour l’Image. La journaliste relève que le texte de présentation de l’expo reprend les thèses des conspirationnistes qui ne croient pas à la responsabilité d’Al Quaida dans les attentats du 11 septembre.

S’appuyant sur le 11 septembre, Massimo Berruti applique la thèse du complot américain à la situation du Pakistan : « De nombreuses vidéos récentes sur l’impact de la loi islamique sous le régime des Talibans se sont avérées factices. Cependant, seules les personnes qui connaissent bien la culture pachtoune s’en sont rendu compte. Dans cette guerre, rien n’est sûr, si ce n’est que la vérité est bien absente des déclarations officielles. Le peuple Pakistanais est devenu la cible d’un ennemi invisible. S’ils ne peuvent identifier les instigateurs de cette violence ni leurs motivations, ils ont néanmoins la certitude que l’escalade de la violence fait parti d’un effort concerté pour déstabiliser une nation entière – une puissance nucléaire qui plus est -, ce qui ne serait pas pour déplaire aux seigneurs de la guerre. »

Rencontré par Claire Guillot, Massimo Berruti confirme sa façon de voir les choses : « Je ne fais pas partie des médias de masse, je ne suis pas payé, donc je peux parler librement. Il y a de nombreuses raisons d’avoir des doutes sur ce que les médias disent depuis le début, c'est-à-dire depuis le 11 Septembre ».

Et la journaliste du Monde poursuit : « Selon Massimo Berruti, il existe de nombreuses "preuves" - toutes tirées du film Loose Change - , qui montrent que la version officielle du 11 septembre ne tient pas. »

Dans le texte contesté, Massimo Berruti ne consacre que trois lignes (sur quarante) à la présentation de son travail : « La fin du régime de Musharraf a vu la naissance d’un rassemblement populaire promouvant le respect des droits et libertés du peuple pakistanais, à l’instar du mouvement des magistrats, qui sut faire céder M. Zardari, à l’époque président nouvellement élu, et réhabiliter le juge Chaudhry à la tête de la Cour suprême du pays ». Un peu sec.

La qualité du travail du jeune photographe italien (29 ans) de l’Agence Vu n’est pas discutée et son talent est évident. Ce n’est pas une raison pour fermer les yeux et pour ne pas avoir une approche critique de son discours. Claire Guillot conclut son papier sur ce sujet : « Plus surprenant encore que le texte de l’exposition, la conférence de presse consacrée à Massimo Berruti n’abordera jamais le sujet. Ni l’animatrice du débat, ni le public, ni le maire de Perpignan, Jean-Paul Alduy, pourtant visiblement passionné par le sujet, ne lui poseront de question sur le 11 septembre. A croire que personne n’a lu le texte. Quant à Jean-François Leroy, directeur du Festival, il se retranche derrière la défense de la liberté d’expression : "C’est lui qui écrit ça. Moi je n’interviens pas". Et c’est sans ciller que, vendredi 4 septembre, lors de la soirée de projection, le maire a remis au photographe son prix de 8 000 euros ».

Massimo Berruti est en effet le lauréat 2009 du prix Jeune reporter de la ville de Perpignan.

Lors de la conférence de presse consacrée au lauréat du prix de la ville, Alduy s’est longuement exprimé sur le travail du photographe. Il aurait donc du jeter un coup d’œil sur le texte de l’expo. Le maire de Perpignan a également eu un discours "passionné" lundi dernier, lors de la présentation de La scène catalane transfrontalière. Une addition de superlatifs dans laquelle le journaliste a bien du mal à retenir quelque chose qui fasse sens.

Un collaborateur de Visa nous a dit que ce n’était qu’après sa diffusion que les responsables de Visa avaient découvert le texte plus que contestable de Berruti. J-F Leroy aurait décidé de couvrir l’erreur.

Il n’en reste pas moins que le discours conspirationniste renvoie aux pires affabulations de l’histoire telle Les Protocoles des sages de Sion. Il n’est pas acceptable qu’un photographe militant pour cette théorie fondée sur des élucubrations sans rapport avec les faits ait été récompensé par la ville de Perpignan. Tout cela parce que l’on préfère couvrir une bêtise plutôt que de reconnaître qu’on l’a faite.

Désintox 11 septembre. A lire, l'intéressant travail fait par Rue89 avec des étudiants en journalisme du CFPJ http://www.rue89.com/desintox-11-septembre-2001

14sep

Plus blanc que blanc

« Soirée blanche » indiquait en gros caractères au recto et au verso le bristol reçu par nombre de politiques de droite. « Aline et Fabrice Villard seront heureux de vous accueillir à cette soirée… Fabrice profitera de cette occasion pour fêter avec vous plusieurs évènements… ». L’ex-maire-adjoint (2008-2009) fêtait notamment ses quarante ans (Il est né le 5 mai 1969).

Une fête privée avec de nombreuses personnalités publiques. Des maires : Louis Carles, Torreilles ; Pierre Roig, Sainte-Marie ; François Rallo, Saleilles ; Gilles Foxonet, Baixas… Des élus de la ville de Perpignan dont trois maires adjoints : Marcel Zidani, Fatima Dahine, Marie-Louise Vigué, Brigitte Puiggali… Des collaborateurs de Jean-Paul Alduy : Jean-Charles Rey, directeur général des services de l’agglo Perpignan Méditerranée, Philippe Maréchaux, directeur de cabinet de JPA à la maire de Perpignan, Dominique Pieri, Jean-Marc Palma, Yvan Gresseque… Des anciens piliers de JPA, comme Manu Garcia… Des anciens élus dont Jean-François Fons, le banquier exerçait son talent à la contrebasse. De nombreux acteurs économiques dont les deux fidèles de Fabrice Villard, Laurent Calippe et Christophe Bueno de l’agence de publicité Emmaluc et Patrick Baudu. Autour de 300 personnes au Malibu village à Canet. Mais pas Jean-Marc Pujol. C’est tout à fait certain. Pas de journaliste non plus. Jean-Paul Alduy nous a dit qu’il y serait allé s’il n’avait pas samedi soir été invité à un mariage… Rien n’empêchait Alduy (comme il en est coutumier) de s’esquiver pour aller faire un petit coucou à son ex plus proche collaborateur.

Les participants sont unanimes « C’était somptueux » et « Très convivial ». On y a bien sur beaucoup discuté politique. Les oreilles des membres de la direction de l’UMP (Daniel Mach et François Calvet) ont du siffler. Très fort.

Ecarté de la liste de Jean-Paul Alduy aux municipales de 2009, l’ancien chef de cabinet à la mairie et directeur de cabinet à l’agglo entretient l’amitié. Celui qui fut un temps le dauphin de Jean-Paul Alduy pense sans doute à revenir en politique.

Fabrice Villard avait quelque peu été noirci d’abord par le bouche à oreilles puis par Le Canard Enchaîné (17 juin) « Lesquels (les limiers de la PJ) n’ont pas eu besoin de lui (Pierre Fontvieille) pour s’apercevoir que Fabrice Villard, l’ancien adjoint UMP à l’urbanisme de Perpignan, vice président de l’office HLM, était "en affaires" avec un promoteur immobilier, lui-même impliqué dans le "pacte de corruption" de Saint-Cyprien. »

Il était là question (ce qui n’était pas précisé) des terrains vendus par Sud Roussillon communauté de communes présidé par Jacques Bouille à Laurent Calippe et Jean-Christophe Deville. Des pots de vins auraient pu être versé. Selon une de nos sources, cela serait une certitude.

Interrogé sur le sujet Fabrice Villard nous a dit ne pas du tout être mêlé à la vente. Jean-Christophe Deville a refusé de répondre à nos questions et Laurent Calippe nous a expliqué qu’il ne faisait pas d’affaires avec son ami de 20 ans. Il avait ajouté que sa relation avec Fabrice Villard lui permettait simplement d’avoir en huit jours des rendez-vous que d’autres mettaient deux mois à obtenir.

Dans cet article du Canard, il était également question du « bouclier fiscal » de Jacques Bouille. Surnom donné à Claude Valdès, inspecteur principal du fisc (Voir le grand sujet que Le Petit Journal lui a consacré dans son numéro du 4 septembre). Tête de liste aux élections de Saint-Cyp, Claude Valdès et ses colistiers apparaissaient tout de blanc vêtu sur l’affiche de campagne.

Copie_de_Valdes_en_blanc.JPG

Ce goût pour les tenues blanches laisse perplexe. Hasard ? Le blanc est la couleur qui symbolise la pureté, l’innocence. Et Claude Valdès comme Fabrice Villard se veulent plus blanc que blanc.

Petit Journal

A lire cette semaine, dans le numéro qui est en kiosque jusqu’à jeudi soir. « Garcia à Elne, Vila à Cabestany. Le bulletin municipal sert à financer le parti communiste ». Une enquête à ne pas manquer.

08sep

Saint-Cyprien : De la nécessité d'avoir une opposition qui contrôle les actes de la majorité

Les habitants de Saint-Cyprien ont presque choisi l’équipe et le maire qu’ils veulent voir gérer les affaires de la commune. Mais dira-t-on à ces électeurs que dimanche prochain, à l’occasion du second tour, il leur faudrait penser, avec autant d’intérêt, à voter pour ceux qui leur semblent pouvoir constituer la meilleure opposition. Ceux qui auront le rôle de contrôler les actes du maire et de la majorité municipale. Faute d’une opposition qui joue ce rôle de contre-pouvoir, il ne faudra pas s’étonner que dans quelques années, on reparle de Saint-Cyprien.

Depuis 2008, les élus d’opposition dénoncent l’endettement de la commune. Mais avant ? L’opposition de la gauche, comme c’est souvent le cas, était principalement politique, idéologique. Il aurait pourtant, depuis longtemps, fallu que quelqu’un tire le signal d’alarme.

Une opposition qui travaille, qui a le nez dans les dossiers, peut déceler un grand nombre de dysfonctionnements. Si à Perpignan on entendait souvent, de bonne source, dire « Jacques Bouille touche sur tout », il est évident que cela serait arrivé à des élus ayant les oreilles et les yeux bien ouverts sur la gestion de Bouille et de ses acolytes.

Entre 1989 et 1998, Jacques Bouille a eu une opposition active conduite par Jean Codognès. Ce dernier, et ceux qui siégeaient alors avec lui au conseil municipal, n’avaient pas hésité à activer la Chambre régionale des comptes et la justice, à mettre sur la place publique des affaires comme celle de la surfacturation d’honoraires d’avocats, de la criée, du quai Rimbaud qui a conduit le maire devant le tribunal correctionnel. La gestion de Jacques Bouille était alors sous haute surveillance. Et Codognès était la bête noire du maire. « Il ourdit toujours des complots, dans lesquels vous êtes considéré comme quelqu’un de pourri, de tordu », déclarait J. Bouille en juin 1998.

Il arrive qu’il y ait des excès, que la mission de contrôle soit détournée de ces objectifs. On l’a vu à Perpignan lors des conseils municipaux qui se sont tenus entre les élections municipales de 2008 et 2009. Jacqueline Amiel-Donat et Clotilde Ripoull jetaient la suspicion sur les décisions de la majorité.

Une opposition qui n’exerce pas d’action de contrôle des actes de la majorité n’a-t-elle pas une part de responsabilité quand sont commis des actes illégaux qu’elle aurait pu repérer ? Il est certain qu’il y aurait moins de dérives si les élus d’opposition jouaient mieux leur rôle. Mais cela suppose de l’investissement, du temps, de la formation, il en faut pour pouvoir comprendre un budget, un compte administratif, un dossier d’urbanisme. En réalité, une minorité d’élus, s’investissent comme il faut dans l’accomplissement de leur mandat d’élus de l’opposition, dans les conseils municipaux, mais également au conseil général.

On entend souvent dire toute sorte de choses sur la démocratie et ses défauts. Mais son premier défaut c’est de ne pas fonctionner suffisamment faute d’implication suffisante de ses acteurs.

L'urbanisme

Sujet sensible, l’urbanisme réclame beaucoup de vigilance. Les propriétaires font souvent du lobbying pour le classement de leur terrain en zone constructible. C’est un sujet que l'on évoque rarement. Peu de communes pourtant y échappent. Les promoteurs sont à l’affût des terrains à lotir …

Des élus peuvent être concernés… C’est le cas de deux personnes sur la liste de Thierry Des Poso. Les propriétaires terriens et les pros de l’immobilier sont des citoyens comme les autres. Il n’y a pas de raison de les suspecter. Mais tel a une activité de marchand de biens et se présente sous une autre profession, tel autre s’est lancé dans un second métier… La promotion immobilière. Ce qui ne figure pas non plus dans le casting de la liste. Si Thierry Del Poso à un doute sur la qualité de nos infos, qu'il n'hésite pas à nous contacter. Mais le problème dépasse la composition de telle ou telle liste. L’équipe qui gère la mairie pourra d’autant mieux résister aux sollicitations qu’elle sentira son action surveillée de près.

Il y a certes le contrôle de légalité de la préfecture, le contrôle du trésorier public sur les finances, le contrôle de la direction de l’équipement sur les constructions. Mais ils sont insuffisants. C’est un sujet sur lequel il y aurait beaucoup à dire. Mais un préfet qui ferait trop de zèle sur le contrôle de légalité compromettrait sa carrière. De plus, la loi a établi un principe de libre administration des collectivités territoriales qui ne permet à l’Etat que d’intervenir dans des situations limitées et précises. Les dérives, comme celles de Bourquin, que nous dénonçons souvent ici, font souvent regretter l’époque où l’Etat chapeautait les élus. Mais un retour en arrière n’est pas une solution.

C’est principalement en faisant fonctionner la démocratie que l’on peut attendre une amélioration du fonctionnement des collectivités territoriales, une meilleure gestion et un retour de la confiance envers ceux d’entre nous à qui nous donnons mandat pour gérer les affaires de tous. Et pour cela des élus de l’opposition disponibles, formés, décidés à jouer leur rôle sont indispensables.

09aoû

Jacqueline Irlès : mannequin à l’Assemblée Nationale

« Le magazine d’information de votre député Jacqueline Irlès » est une vraie mine d’or. Sur quarante pages pages, vingt-deux sont occupées par des emplacements publicitaires.

Ce qui signifie qu’il a été demandé aux entreprises de la quatrième circonscription de financer le journal de la député. Un député qui taxe les entreprises pour financer sa communication… Etonnante pratique !

L’Assemblée Nationale donne à nos parlementaires les moyens d’exercer leur mandat en prenant en charge d’importants frais de fonctionnement. La nation pourvoie largement aux besoins des parlementaires, y compris en leur versant des rémunérations conséquentes afin de leur donner les moyens d’être indépendants.

Il est par conséquent difficile à concevoir qu’un député aille taxer des entreprises. Toute personne adulte et un peu avisée sait que le groupe Véolia n’a pas payé plusieurs milliers d’euros la quatrième de couverture du journal sans espérer que Mme Irlès serait un jour ou l’autre un interlocuteur attentif à ses demandes. Le groupe Véolia Générale des Eaux ne réfléchit pas comme Guigitte, épicière à Céret qui a cassé la tirelire pour acheter une publicité.

irles001.jpg

Autre exemple de rapport ambigu, cette fois avec une entreprise locale. Page quatre, une publicité du Centre Bouffard Vercelli (Rééducation, réadaptation fonctionnelles en milieu marin). A la page dix-sept on apprend que : « Dès son élection, Jacqueline Irlès a toujours soutenu ce centre ; elle a organisé plusieurs réunions de travail successivement avec le ministre de la santé… ».

Très embêtant également, la présence publicitaire de commerçants et d’entreprises qui ne sont pas florissants. Tel dit s’être senti obligé. Tel autre dit ce qui revient au même qu’il est difficile de refuser. D’autant que le commercial ne manquait pas d’arguments, du style « Madame Irlès apprécierait beaucoup que… ». Nombre d’entreprises ont refusé de prendre une publicité. Comme cet entrepreneur qui considère que les politiques sont là pour aider les entreprises à se développer pour créer de l’emploi et des recettes fiscales.

Madame Irlès donne l’impression d’avoir eu des difficultés à remplir les dix-huit pages consacrées à ces deux premières années de mandat parlementaire. Mais il est possible qu’elle ait battue un record. 62 photos de sa personne en 18 pages. C’est une sacrée performance, si ce n’est pas un record. A noter qu’en feuilletant cet album de photos, on se demande si Mme Irlès ne serait pas mannequin à l’Assemblée Nationale. Que de belles tenues ! « Il y a de l’argent sur elle », dirait ma grand-mère.

Ce défilé ostentatoire de la garde-robe de Mme Irlès met mal à l’aise. On est dans la frime, dans l’exhibition. « Regardez les fringues de luxe » que je me paie, disent avec insolence les dizaines de photo de la représentante du peuple qui ne connaît pas la crise.

La député a eu son quart d’heure de gloire. Elle s’en gargarise. Trois minutes dans l’émission de Laurent Ruquier. On aime bien y recevoir des politiques pour la simple raison que ça plait bien au téléspectateur de les voir se faire chahuter par les animateurs. Elle ne craint pas le ridicule. C’est sûr ! Ainsi à la page titrée « Le député arpente le terrain », on lit : « Bain de foule en bord de mer pour la fête des vendanges ».

Il y en a plus dans la lettre de quatre pages que fait (sans pub) Francois Calvet, député de la deuxième circonscription que dans les quarante de Jacqueline Irlès.

Le journal de la député a été réalisé par une boîte parisienne la SIRPE. Entreprise qui s’est soustraite à l’obligation légale de déposer ses comptes, en 2007, puis en 2008. Madame la député ne semble pas avoir été très regardante sur les références de cette société.

En 2004 le chiffre d’affaires de la SIRPE s’élevait à peu de chose, 122 000 euros, guère plus en 2005, 103 000 euros. En 2006 c’est le plongeon 8 200 euros. Cette année là, un nouveau gérant est arrivé, monsieur André Lévy, à qui nous avons envoyé des questions.

Pourquoi Jacqueline Irlès a-t-elle travaillé avec cette entreprise ? Quel chiffre d’affaires publicitaire a-t-il été réalisé ? Où a été affecté le bénéfice de l’opération une fois les frais commerciaux et l’impression payée ? Ces questions ont été posées à Jacqueline Irlès. Nous espérons prochainement pouvoir publier ses réponses.

Autre question. Pourquoi l’impression du journal a-t-elle été réalisée en Bretagne ? N’y a-t-il pas sur la quatrième circonscription d’imprimeur capable de faire ce type de travail? N’étant pas contrainte par les règles des marchés publics madame Irlès pouvait faire imprimer dans les P.-O..

02aoû

Saint-Estève-Boitaclous : l’enquête du Petit Journal

« Un parfum de scandale plane sur Saint-Estève », titre le Petit Journal en kiosque depuis vendredi matin. Encore du nouveau ! On apprend que près d’un an avant que la mairie lance l’appel d’offres Thierry Meier avait fait cinq dépôts de marques liés à l’installation de Boitaclous à Saint-Estève. Le directeur de Boitaclous a notamment déposé à l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI), la marque « Saint-Estève capitale du spectacle ».

Au passage, on découvre que l’ensemble des noms exploités par Boitaclous, association loi 1901, appartiennent à Thierry Meier.

Pourquoi le maire de Saint-Estève, Elie Puigmal, pourquoi le président de Boitaclous Marc Pédelhez restent ils muets ?

Saint-Est_ve_capitale_du_spectacle.jpg

A la demande générale de ceux qui ne lisent pas Le Petit Journal (Ils ont tort. C’est le seul canard qui publie des enquêtes), voici, à titre exceptionnel, le texte (attention, c’est long) de nos articles sur cette affaire.

Le Petit Journal 3 juillet 2009

Merci monsieur le maire ! Elie Puigmal offre un théâtre à Boitaclous !

Saint-Estève : Thierry Meier gagne le jackpot

« Saint-Estève en crise de rire ». Le nom que Boitaclous a donné au Festival d'humour qu'elle compte organiser en juin 2010 à Saint-Estève est légèrement prémonitoire. Crise, il y a, dans la majorité municipale depuis que la ville a passé un marché de 750 000 euros avec Boitaclous pour l'organisation de spectacles à la salle multiculturelle, équipement dont les travaux sont en cours d'achèvement.

Huit de ses élus, dont deux maires adjoints, étaient volontairement absents du dernier conseil municipal. Et ce n'était pas pour rigoler. Ils refusent pour l'instant de s'exprime publiquement. L'opposition ne rigole pas non plus. Jean-Jacques Vila voit Saint-Estève prochainement ajouter son nom à la liste des villes du département prises dans la tourmente des affaires.

Le double du coût initial

Elu maire de la commune en 2001, Elie Puigmal a rapidement eu l'idée de doter la commune d'une salle de spectacle. Le projet de salle multiculturelle a été lancé en 2003 pour une enveloppe prévisionnelle de travaux de 4,23 millions d'euros. En six ans, son prix a doublé. L'addition s'élève à présent à 8,4 millions d'euros. Auxquels l'opposition tient à ajouter la valeur du terrain, le déplacement de l'espace de jeux qui y était installé, l'abattage de la pinède et 300 000 euros pour les aménagements extérieurs.

Lors de son intervention au conseil municipal du 24 juin, Robert Vila a rappelé que la ville avait bloqué le montant de quatre années d'aides financières de l'agglomération Perpignan- Méditerranée (450 000 euros par an) pour financer la construction de la salle multiculturelle. La mobilisation de l'investissement a retardé la réalisation d'équipements comme ce gymnase attendu par plusieurs centaines de pratiquants de diverses disciplines sportives. Son coût, 750 000 euros est pourtant bien loin de celui de la salle de spectacles.

Valérie Lemercier : 49 euros la place

La dérive aurait pu s'arrêter sur cette absence de maîtrise de l'opération. Elle n'est que la première étape d'un scénario catastrophique pour les finances municipales. La mairie a, au mois d'avril, lancé un appel public à la concurrence pour l'organisation de spectacles. Il a, le 22 avril, été publié dans L'Indépendant et le Midi-Libre. Les offres devaient être faites avant le 4 mai. Le 2 juin, la commission d'appel d'offres a examiné les propositions des deux structures qui ont répondu, Boitaclous et Anim'Passion. La proposition de Boitaclous d'un montant de 750 000 euros, moins élevée que celle de son concurrent, 1 042 000 euros, a été retenue. Le marché qui a été conclu pour une période de 15 mois se décompose en deux tranches. La première, ferme pour 21 représentations ainsi que quatre journées de festival sur trois mois. La seconde tranche qui est conditionnelle pour 71 représentations et sept journées de festival sur 12 mois.

Le 19 janvier 2010, Boitaclous présentera son premier spectacle dans la salle multiculturelle qu'il a rebaptisé Le théâtre. La programmation commence avec un spectacle humoristique de Valérie Lemercier au tarif de 49 euros. Il n'y pas de tarifs sociaux, à la différence de ce que pratiquent souvent les théâtres municipaux. Seuls les possesseurs du Pass'plaisirs auront droit à un meilleur tarif, 42 euros. « Cela viendra se rajouter à ce que les Stéphanois paieront déjà avec leurs impôts », commente Robert Vila qui précise que près de la moitié de la population de la commune n'est pas imposable. Boitaclous a des obligations tarifaires qu'il ne satisfait pas. Le marché signé par Marc Pédelhez, président de Boitaclous, indique pourtant clairement: « Des conditions tarifaires devront être proposées à différents publics ; groupes, comité d'entreprises, jeunes, personnes âgées ».

Les Stéphanois paieront !

Le 12 juin 2009, Elie Puigmal répondait aux questions d'un journaliste de L'Indépendant qui lui demandait : « Quelles étaient les exigence de l'appel d'offre », réponse du maire : « Une programmation éclectique en spectacles vivants sur 15 mois, soit 90 spectacles. Y inclure une ou deux structures culturelles de Saint-Estève et établir une tarification spécifique pour les Stéphanois. La location pour la saison 2009-2010 étant ouverte, des stéphanois ont demandé à Boitaclous si un tarif particulier leur était réservé. Réponse : Les stéphanois pourront bénéficier de réductions à condition d'acheter le Pass'plaisir qui leur sera vendu 18 euros par personne au lieu de 28. Une famille de quatre personnes devra dépenser 78 euros pour avoir une réduction. Et elle devra ensuite aller plusieurs fois dans l'année au spectacle seulement pour rembourser le prix de la carte. L'opposition ne manquera pas de souligner l'écart entre les actes et les belles paroles du maire sur la démocratisation de la culture qui irait de pair avec le théâtre.

Boitaclous déménage à Saint-Estève

La mairie et Boitaclous ont signé une première tranche ferme prévoyant la programmation de 21 représentations et quatre journées de festival d'humour. Boitaclous a, en fait, programmé 33 représentations et les quatre journées de Festival de janvier à juin.

Beaucoup pensaient que la programmation de Boitaclous à Saint-Estève allait s'ajouter à celle du Palais des congrès de Perpignan. Boitaclous avait, au début de l'année, réservé quantité de dates pour la saison 2009-2010 à la régie municipale de la ville de Perpignan qui gère le Palais des congrès et le parc des expositions. Mais en feuilletant la brochure de l'avant-programme de Boitaclous, on s'aperçoit qu'après l'ouverture du Théâtre de Saint-Estève en janvier, plus aucun spectacle n'est programmé à Perpignan. Le théâtre de Saint-Estève devient donc la salle Boitaclous.

Les spectateurs vont suivre Boitaclous à Saint-Estève. Et malgré l'élargissement de la programmation qui passera de 26 spectacles programmés entre janvier et juin 2009 à 33 sur la même période en 2010, il y a fort à parier que les Stéphanois seront un petit nombre à voir les spectacles les plus demandés. Il leur faudra commencer par traverser Perpignan pour se rendre à la billetterie de Boitaclous au méga Castillet. Les possesseurs d'un Pass'plaisir, 3 000 l'an passé, ont en effet la priorité à la réservation. Il est fréquent que la réservation soit complète plusieurs mois avant la date du spectacle. Ainsi, en 2006, Thierry Meier annonçait que la saison avait commencé avec sept spectacles qui affichaient complets.

Un million d'euros par an en fonctionnement !

Mais qu'ils aillent au théâtre ou qu'il n'y mettent pas les pieds, ce sont les Stéphanois qui vont supporter son coût. Ils subissent déjà les conséquences de ce choix qui a conduit à reporter des travaux et la construction de nouveaux équipements. En plus du remboursement des emprunts souscrits pour payer la construction du théâtre, la mairie va supporter un coût annuel de fonctionnement qui tourne autour du million d'euros. Un poids très lourd pour les finances de la commune, on approche les 10 % du budget de fonctionnement de la ville. Au montant du marché avec Boitaclous, même ramené à 15 mois, il faut ajouter tous les frais à la charge de la commune : la maintenance et l'entretien du site y compris le ménage avant et après les représentations, le coût de tous les consommables tels que l'électricité, l'eau, le chauffage, l'air conditionné, les frais d'assurance du site, les réparations courantes et exceptionnelles du matériel technique.

Après avoir épluché le dossier du marché public, l'opposition est arrivée au dernier conseil municipal avec une série de questions. Aurore Bouniol de Gineste ne comprend pas comment on peut donner 750 000 euros à Boitaclous pour faire une programmation quasiment équivalente à celle de Perpignan, laquelle ville donnait 75 000 euros de subvention au programmateur de spectacles. Boitaclous payait annuellement 71 000 euros de location de salle à la régie du Palais des congrès -Parc des expositions. Soit en moyenne 2 700 euros par spectacle. A Saint-Estève la situation sera encore plus avantageuse, le coût de location s'établit à 50 000 euros sur 15 mois. A noter qu'à Saint-estève comme à Perpignan, Boitaclous encaisse la totalité des recettes. L'enveloppe de 750 000 euros aurait pu permettre de faire baisser le prix des places. On ne note pas de différence entre les tarifs de 2009 à Perpignan et ceux de 2010 à Saint-Estève.

Les réponses du maire de Saint-Estève étaient donc très attendues, par l'opposition, mais aussi par les huit élus absents. Après les interventions précises de Jeanne Payri Chinanou, d'Aurore Bouniol de Gineste, de Robert Vila, de Jean-Jacques Vila ce fut au tour d'Elie Puigmal de prendre la parole : « Nous y reviendrons. On clôt le débat ». Les élus de l'opposition réagirent et exigeant des réponses, ultime réaction du maire de Saint-Estève : « Nous reviendrons devant le conseil municipal pour apporter les réponses. On passe au point trois de l'ordre du jour ».

Fabrice THOMAS

Encadré

Boitaclous : Association reconnue d’utilité… mercantile

Boitaclous pourrait aussi bien s’appeler Thierry Meier Production. Boitaclous c’est lui. Lui qui l’a créé il y a 25 ans. Lui qui en est le patron avec le titre de directeur de production. Le numéro deux de la structure, l’administratrice, Ysabelle Bonhomme, est sa compagne. Le fils de celle-ci, Pierre Bonhomme, est le chargé de la communication. Sur les quatre personnes qui constituent le noyau dur de l’équipe, trois sont de la même famille. Les entreprises familiales sont choses fréquentes. Sauf que Boitaclous n’est pas une entreprise, c’est une association loi 1901. La famille ne s’arrête pas là, la mère d’Isabelle Bonhomme travaille à la billetterie.

Société civile immobilière propriétaire du siège

L’association loi 1901 qui porte le nom de Boitaclous a son siège au 44 rue Foch, à Perpignan. Il est installé dans des locaux appartenant à une société civile immobilière nommée BOME créée en 2001. Son capital de 60 992 euros est réparti entre Isabelle Bonhomme pour 27 440 euros et Thierry Meier pour 33552 euros. Cette SCI est également propriétaire de l’appartement perpignanais où habite le couple. La SCI BOME perçoit-elle un loyer de Boitaclous ? Cela nous a été suggéré. Nous avons voulu poser la question au président de l’association Marc Pédelhez et au trésorier Bruno Deville. Aucun des deux n’a donné suite aux messages que nous avons laissés. Nous voulons également leur demander quel est le salaire du directeur de Boitaclous. Il serait, selon certaines sources fiables (cela va sans dire), d’un montant astronomique. Le directeur de Boitaclous roule en Vel Satis. Nous espérons pouvoir donner une information vérifiée dans le prochain numéro du Petit Journal.



Une trésorerie pléthorique

Dans les documents remis par Boitaclous à la mairie de Saint-Estève dans le cadre de la réponse à l’avis d’appel public à la concurrence, on apprend que « Depuis plusieurs saisons le Pass’plaisir rassemble 3 000 adhérents à jour de cotisation ». Contact a été pris avec un titulaire du Pass’plaisir. Il nous a expliqué qu’il ne se considérait pas comme un adhérent d’une association. Il n’a d’ailleurs jamais été invité à participer à l’assemblée générale de l’association. Le Pass’plaisir n’est selon lui qu’une carte de fidélité comme la carte FNAC. Sa possession contre 28 euros donne à son titulaire la possibilité de réserver en priorité et de bénéficier de réductions sur les spectacles. Un système qui permet à Boitaclous de vendre une importante partie de sa billetterie longtemps à l’avance et d’avoir une trésorerie surabondante.



Une association verrouillée

Si les adhérents ne sont pas traités comme des adhérents d’une association loi 1901, comment l’association fonctionne t’elle ? La réponse est dans les statuts : « Les membres actifs ou bénévoles paient une cotisation annuelle de cinq euros. Ils sont agréés par le bureau. » Mais on découvre plus loin que ces adhérents n’ont aucun droit : « Ils n’ont pas le droit de vote aux diverses assemblées et ne sont pas éligibles au bureau, au conseil d’administration, aux fonctions de président ». Les adhérents qui ont le droit de vote aux assemblées et sont éligibles aux diverses fonctions sont un petit nombre et triés sur le volet. Ce sont les membres d’honneur (le montant de leur cotisation est décidé par le bureau) et les membres bienfaiteurs. Ces derniers « participent à une hauteur minimale de 400 euros ». L’association est bien verrouillée.

Amiel-Donat

Dans le conseil d’administration composé de cinq membres, on trouve Jacqueline Amiel-Donat, la grande et la meilleure amie de Thierry Meier. Le bureau compte cinq membres. Le premier vice-président, Michel Arcens, directeur retraité du groupe Midi-Libre était, tout comme Thierry Meier, colistiers d’Amiel-Donat sur la liste PS-PC qu’elle a conduit lors des élections municipales de Perpignan. Un autre membre du conseil d’administration, ancien président de Boitaclous, Raymond Mitjavila était sur la liste d’Amiel-Donat en 2008 (il en sorti après les révélations du Petit Journal qui avait révélé que le chef d’entreprise avait été condamné pour avoir défenestré un délégué syndical dans une de ses usines des Pyrénées-Atlantiques. Le patron cogneur avait Amiel-Donat comme avocate). Quatre colistiers de la liste PS-PC sur dix dirigeants (Conseil d’administration et bureau). Ceci éclaire le conflit largement médiatisé par l’Indépendant en 2004, 2005 entre Boitaclous et la mairie de Perpignan. Dans un communiqué de mars 2005, Le président de Boitaclous de l’époque Raymond Mitjavila écrivait : « La ville et le maire, Jean-Paul Alduy, continuent leur travail de sape vis-à-vis de Boitaclous. ». Des affirmations répétées sans cesse dans le cadre d’une campagne violente qui avec le recul est démentie par la progression du chiffre d’affaires de Boitaclous : 2004 : 1,1 millions d’euros 2005 : 1,3 2006 : 1,6 2007 : 1,8 2008 : 1,9

Rien a voir avec une association !

Un membre du conseil d’administration nous a déclaré ne pas avoir, depuis des années, été convoqué à une réunion. Un ancien membre du conseil d’administration nous a, lui, dit, que les réunions étaient rares et que Boitaclous n’avait en réalité rien à voir avec une association. Pour lui, Boitaclous devrait être une entreprise. Un avis largement partagé par d’anciens dirigeants et par des personnes qui se sont penchées sur son fonctionnement, des fonctionnaires, des élus…

Rectification apportée le 3 août. Pierre Bonhomme est le frère d'Isabelle Bonhomme et non le fils.

Le Petit Journal 10 juillet 2009

Suite de notre enquête dans les coulisses du marché passé entre la mairie de Saint-Estève et Boitaclous.

Des millions d’euros pour Thierry Meier !

Pourquoi le maire de Saint-Estève offre t'il un théâtre à Boitaclous ?

« Ça me gène de vous dire ce que je pense de l'appel d'offre lancé par la ville de Saint-Estève. Ça me gène énormément parce que cet appel d'offres a l'air d'être fait pour correspondre à l'offre de Boitaclous. Mais je ne connais pas le projet culturel de cette ville. Si l'appel d'offre a été rédigé de cette façon, c'est bien parce que la mairie avait un objectif précis et il est vrai un objectif qui correspond à ce que propose Boitaclous. C'est assez évident », commente gêné un professionnel de la culture. « C'est du sur-mesure pour Boitaclous », ajoute un de ses collègues. « C'est l'appel d'offres idéal pour Boitaclous », déclare à son tour Olivier Parra, président d'Anim'Passion, seule structure avec Boitaclous à avoir déposé une offre pour la programmation de la salle multiculturelle.

750 000 euros pour Boitaclous

Décryptage : L'appel à la concurrence de la mairie de Saint-Estève fixe un cadre très précis et très contraignant. Sur les 93 manifestations prévues sur 15 mois, la mairie de Saint-Estève a exigé que 49 soient de la catégorie 1. Cela correspond à des chanteurs ou musiciens se situant dans les cinquante premiers du classement des meilleures ventes de CD de l'année précédente. Dans la catégorie 2, on trouve les artistes se situant de la 51e place à la 100e et dans la catégorie 3, ceux qui se classent de la 101e place à la 200e. Les spectacles d'humour, les pièces de théâtre et autres sont aussi classées en trois catégories basées sur le classement annuel des meilleures ventes de spectacles. Les 49 manifestations dans la catégorie 1 correspondent à des artistes reconnus dont les spectacles sont chers. D'où la vertigineuse hauteur des propositions, 750 000 euros pour Boitaclous et 1 042 000 pour Anim'Passion.

Un théâtre nommé Boitaclous

Les professionnels du monde de la culture et du spectacle que nous avons interrogé considèrent de façon quasi unanime que le niveau et l'intensité de cette programmation dépassent de beaucoup les possibilités financières d'une ville de 12 000 habitants. Nos interlocuteurs considèrent également que le nombre de manifestations programmées, 93 sur 15 mois (dont deux festivals qui comportent plusieurs spectacles), dépasse également largement les besoins des habitants de cette petite ville. N'est-ce pas pour caser toute la programmation de Boitaclous ? De la question à l'affirmation, il n'y a qu'un pas que beaucoup franchissent.

La vision de la situation serait peut-être plus nuancée si Boitaclous et la mairie de Saint-Estève acceptaient de répondre aux questions que soulève la coûteuse programmation de la salle multiculturelle.

De l'humour et encore de l'humour !

« Avez-vous remarqué que la programmation demandée par la ville de Saint-Estève fait une grande place à l'humour ? », interroge un directeur de structure culturelle. Cela saute aux yeux ! Les spectacles d'humour arrivent largement en tête avec 45 manifestations sur les 93. Et cela sans compter les pièces de théâtre et les concerts de variété à caractère humoristique. La programmation du spectacle d'humour est, comme chacun le sait, l'axe central de la programmation de Boitaclous.

Du côté des élus de l'opposition, on se dit assez peu surpris que Boitaclous ait obtenu le marché. Le maire aurait, à plusieurs reprises, évoqué le nom de cette structure lors de prises de parole publiques. Ainsi lors de la réunion du conseil municipal du 16 mars 2006, trois ans avant le marché sur l'organisation des spectacles, Elie Puigmal déclarait : « Situé dans un cadre de vie formidable, au sein d'un espace naturel, et proche d'un pôle médical, les travaux de la salle multiculturelle commenceront courant 2006 ». Et le maire donnait la liste des partenariats : « Partenariat culturel avec le conseil général, le conseil régional, l'agglomération. Partenariat avec le Conservatoire National de Région Musique + pôle musique Saint-Estève. Partenariat avec Boitaclous. Partenariat avec l'Institut Jean Vigo. Partenariat avec le Festival international du Court Médie du Court Métrage. Partenariat avec le cinéma. Partenariat avec les associations Stéphanoises ». De tous ces partenariats annoncés il y a trois ans, un seul a été conclu, celui avec Boitaclous.

Saint-Estève, capitale de Boitaclous

La lecture du mémoire justificatif présenté montre que Boitaclous n'a pas dissimulé son projet. La programmation « permettra à la ville de Saint-Estève de devenir la capitale du spectacle sur les P.-O. avec des retombées régionales. Avec une telle programmation, la ville de Saint-Estève va s'ériger en rendez-vous obligatoire de l'évènementiel et devenir la plaque tournante des arts vivants. Il ne fait aucun doute que le public du département va changer ses habitudes et prendra la route de Saint-Estève. » Dans le même document Boitaclous indique : « Janvier 2010, pose officielle des panneaux Saint-Estève capitale du spectacle sur chaque entrée de la ville ».

Boitaclous se positionne sur le département et pas par rapport à la ville et à la population de Saint-Estève. Ce sont eux, pourtant, qui paient les dix millions de la construction du théâtre et débourseront chaque année près de 1 million d'euros pour la programmation, l'entretien et la maintenance de l'équipement. Le gros poste des consommables, eau, électricité, gaz (chauffage) est également à la charge de la commune.

A moins d'être sourds, aveugles et bêtes, les élus de Saint-Estève ne pouvaient pas ne pas voir que le marché tel qu'il était défini et auquel a répondu Boitaclous aboutissait tout simplement à faire de la salle multiculturelle, le théâtre de Boitaclous.

Recours au tribunal administratif

Le cahier des charges de l'appel d'offres comporte l'organisation d'un festival, sans plus de précision. Boitaclous a proposé un festival. d'humour : « Saint-Estève en crise. de rire ». Il se déroulera du 17 au 21 juin. Cette initiative fait des vagues du côté de Anim'Passion. Cette association est, en effet, « l'organisateur notoire du Festival du Rire Catalan », dont la troisième édition parrainée par Popeck se tiendra à l'automne 2009 dans plusieurs salles du département, Peyrestortes, Tautavel, Saint Martin de Fenouillet et Perpignan.

Anim'Passion conteste l'impartialité de la ville de Saint-Estève. C'est ce qui l'a conduit à faire un recours devant le tribunal administratif. Son président, Olivier Parra, estime que sa proposition était plus avantageuse. Sur le lot 2, celui de la billetterie, Boitaclous est à 1 728 000 euros, contre 1 256 032 pour Anim'Passion. L'association indique quelle proposait un programme de qualité égale, mais à un prix moyen de billet beaucoup plus avantageux pour le spectateur. La démonstration d'Anim'Passion s'appuie sur le fait, qu'au total, sa proposition était plus avantageuse de 471 968 euros. Avec ce recours, la contestation de la coûteuse collaboration avec Boitaclous prend une nouvelle ampleur.

Prix des billets plus chers qu'ailleurs

Anim'Passion soulève la question du prix des places en démontrant qu'il était possible de proposer un prix de billet plus abordable. Pour y voir plus clair sur la tarification de Boitaclous, il suffit de comparer ses tarifs avec ceux pratiqués dans d'autres villes. Boitaclous ne fait, la plupart du temps, qu'acheter une date dans la tournée d'un artiste. Le 19 janvier, le théâtre de Saint-Estève ouvrira ses portes avec Valérie Lemercier au tarif unique de 49 euros (sauf acheteur de la carte Pass'Plaisirs). Les habitants de Béziers paieront le billet 34 euros. Dans la majorité des villes de la tournée le billet tourne autour de 44-45 euros. Le plus élevé est de 49,50 euros. L'écart entre le prix le plus bas et le plus élevé est parfois plus important. Sur la dizaine de spectacles pris au hasard pour comparer les tarifs, on observe que les prix proposés à Saint-Estève ne sont pas parmi les plus accessibles, ils ne sont pas non plus dans la moyenne. Ils sont parmi les plus élevés.

Un non sens

Tout cela ramène au premier plan la question qu'Aurore Bouniol de Gineste posait au dernier conseil municipal. L'élue d'opposition demandait des explications parce qu'elle ne comprenait pas que l'on donne 750 000 euros à Boitaclous pour faire la même chose qu'à Perpignan avec une subvention de 75 000 euros.

Pour les professionnels du spectacle et de la culture que nous avons consultés, cette situation est « un non sens », « C'est le monde à l’envers ». Un programmateur parisien nous a expliqué qu'il faisait le même métier que Thierry Meier, sans un euro de subvention, et en louant les salles a des prix plus élevés. « Boitaclous a trouvé la poule aux oeufs d'or. Ça m'étonnerait qu'il la lâche, mais si j'avais eu l'information sur cet appel d'offres, je me serais mis sur les rangs. »

Boitassous !

Boitaclous prévoit de programmer des manifestations avec les acteurs culturels de la commune, comme un tremplin des compagnies amateurs ou semi professionnelles. Toujours pas programmé. Il prévoit également de faire, une fois par mois, le dimanche, un spectacle découverte à 10 euros l'entrée. Mais pour bénéficier de ce prix attractif, il faudra d'abord acquérir la carte Pass'Plaisirs. Boitaclous présente ainsi cette manifestation : « Vous la vivez chaque semaine, la léthargie du dimanche. l'ennui d'une journée sans fin, monotone, souvent sans but. ». Boitassous se fait une haute idée de son public.

Il est profondément regrettable que les différents protagonistes n'aient pas voulu répondre aux questions du Petit Journal. On peu penser que leurs explications auraient données une autre vision de la relation Mairie de Saint-Estève Boitaclous. Mais on peu aussi concevoir qu'ils ont fuit des questions qu'ils jugeaient embarrassantes. Car les faits sont là ! Et de toute évidence le théâtre profitera plus à Boitaclous qu'aux Stéphanois. On n'a pas fini de se demander pourquoi Elie Puigmal a t'il agi ainsi.

Fabrice THOMAS

Rectification : A l'ouverture de la salle multiculturelle, en janvier 2010, un point de vente de billetterie sera ouvert du mardi au samedi de 16 h à 19 h.

Encadré.

Maire, élus de la majorité en désaccord, Boitaclous : mutisme général !

Silence total à la mairie de Saint-Estève. Les deux pages que Le Petit Journal a, dans son précédent numéro, consacrées au faramineux marché passé entre la mairie et Boitaclous ont pourtant été au centre des discussions d'un grand nombre de Stéphanois. Silence également à Boitaclous. Marc Pédelhez, le président qui, à ce titre, a signé le marché n'a pas répondu à nos appels téléphoniques et mails. Le trésorier de l'association 1901, Bruno Deville est également injoignable. Mais les questions sont toujours là. Thierry Meier et sa compagne sont, via une SCI (Société Civile Immobilière) propriétaires du siège de Boitaclous. Louent-ils, comme cela nous a été dit, les locaux à l'association où les mettent-ils gracieusement à sa disposition ? Thierry Meier, directeur de l'association constituée autour de sa personne et de sa famille, perçoit-il un salaire astronomique ? Comment l'association fonctionne-t-elle ? Pourquoi est elle verrouillée ?

Voici les questions que Le Petit Journal a envoyées au maire de Saint-Estève :

- N'avez-vous pas l'impression que dans l'appel d'offres que vous avez lancé, le nombre de manifestations (93 en 15 mois) dépasse les besoins des Stéphanois et, en coût, les possibilités financières de votre commune ? - Saviez vous que Boitaclous allait déplacer l'ensemble de sa programmation annuelle de Perpignan à Saint-Estève ? - Vous semble-t-il normal que la ville construise à grands frais un théâtre, dépense chaque année une somme considérable pour la programmation et l'entretien et qu'au final les habitants de votre commune ne soient pas les premiers usagers de cet équipement ? - Comment expliquez-vous que Boitaclous vienne faire à Saint-Estève une programmation comparable en qualité, nombre de places, coût des billets, conditions de location des salles pour 750 000 euros sur 15 mois ce qu'elle faisait à Perpignan pour une subvention de 75 000 euros sur 12 mois ? - Le marché signé entre la ville et Boitaclous indique : « Des conditions tarifaires devront être proposées à différents publics, groupes, comité d'entreprises, jeunes, personnes âgées ». Hors la réservation de Boitaclous pour la saison 2009-2010 est ouverte depuis quelques semaines et rien de cela n'est proposé. Avez-vous réagi en demandant à Boitaclous de se conformer au marché ? - Vous aviez déclaré qu'il y aurait une tarification spéciale pour les Stéphanois. Hors, celle-ci se limite à une réduction de 10 euros sur une carte dont il faut acheter autant d'exemplaires qu'il y a de membres dans une famille. Cela vous satisfait-il ?

Interrogé à plusieurs reprises, François Borgia, deuxième maire adjoint chargé des finances, a refusé de s'exprimer. Il explique que c'est au maire de répondre aux questions du Petit Journal. François Borgia, ainsi que deux autres adjoints, Mathieu Khédimi et Philippe Pidemunt font partie du groupe des huit élus qui ont délibérément été absents des deux derniers conseils municipaux. Michel Brunet, maire-adjoint, a, lors du dernier conseil municipal, reconnu « qu'il existe une divergence avec certains élus de la majorité. Un problème qui concerne la gestion ». Un problème qui concerne la gestion de la salle multiculturelle ?

Robert Vila, élu de l'opposition au conseil municipal, ne jette pas d'huile sur le feu. Mais, lui aussi pose des questions : « Que fera-t-on après avoir honoré le ruineux marché passé avec Boitaclous ? Continuera-t-on avec cette structure ? Ira-t-on vers une programmation répondant aux besoins des habitants et financièrement plus adaptée aux finances de la commune ? Mais, en attendant, il y a une certitude, les Stéphanois paieront ».

28juil

Bourquin n’a pas de chance avec les magistrats !

Qui n’a pas eu son cadeau ? Qui ? Qui n’a pas eu son tee-shirt aux couleurs du conseil général ? Quel supporter du Treize ou du Quinze n’a pas eu son chapeau de paille ? Quel collégien n’a pas eu son petit sac à dos ? Quel ancien fréquentant un club du troisième âge n’a pas joué avec les cartes aux couleurs du conseil général ? Quel bébé inscrit dans une crèche n’a pas eu son petit ourson habillé d’un débardeur aux couleurs du conseil général ? Et moi-même quand j’amène une bouteille de vin chez des amis, avec quoi j’amuserais la galerie si je n’avais pas un étui isotherme jaune aux couleurs du conseil général ? Passons sur les stylos, les porte-clefs… Personne n’a été oublié. Bourquin est un président généreux.

Mais voilà qu’aujourd’hui, on le lui reproche ! On entend tout le monde répéter que le conseil général dépense trop en communication. Les ingrats ! Même le Dépendant. Notre président est à juste titre très fâché contre lui. Notre canard local a pourtant produit un compte-rendu très édulcoré du rapport de la chambre régionale des comptes. Et bien pas assez ! La page de L’Indép en disait encore trop. En particulier sur les dépenses de communication.

Il faut comprendre l’énervement de notre président. Car si le budget com est si élevé c’est aussi de manière non négligeable à cause des importants achats d’espace publicitaire au groupe des journaux du Midi (des centaines et des centaines de milliers d’euros chaque année).

Disons les choses sans hypocrisie, telles quelles se passent. Bourquin récompense la presse qui le ménage et punit celle qui le critique. La Semaine du Roussillon (qui a retrouvé son indépendance depuis fin 2008), Le Petit Journal ont eu à choisir. Avoir la publicité du conseil général et de ses satellites et ne plus pouvoir dénoncer les frasques de Bourquin, ou, rester libre et ne pas voir la couleur d’un euro.

On constate d’ailleurs que ce sont les titres qui sont privés de la publicité du conseil général qui ont fait les compte rendus les plus complets du rapport de la Chambre régionale des comptes. Il y a dans notre département, après des décennies de domination d’un groupe de presse, un début de retour au pluralisme. Le retour de la concurrence est en train de modifier les règles du jeu médiatique et d’améliorer la qualité de l’information. Il y a dix ans de cela, Le Dépendant aurait livré sa version du rapport et on n’en parlait plus.

L’examen de dix années de gestion Bourquin est accablant. Et encore, faut il préciser, que le magistrat qui est venu au conseil général n’a pas procédé à un contrôle exhaustif. Il a regardé les fondamentaux que sont les finances et le social, première compétence du conseil général. Puis il a procédé par sondage et ciblage. Le passage au crible des dépenses de communication, notoirement considérables, sur lesquelles se greffe l’affaire judiciaire de favoritisme sur les marchés de publicité à Synthèse, était inévitable. Le magistrat a d’ailleurs découvert de nouvelles irrégularités dans la passation des marchés publics de communication : sur l’impression de L’Accent Catalan, sur les marchés de publicité, sur un marché d’achat d’objets publicitaires. Rien que ça !

Une grande partie du contenu de ce rapport s’évaporera. Mais il y a des constats qui resteront. Comme celui-ci : «Les dépenses de communication dans les Pyrénées-Orientales sont deux fois à cinq fois plus élevées que dans les autres départements de la région. »

Comment va réagir Bourquin ? Et bien en communiquant. Un confrère compare souvent Bourquin à un taureau dans une arène. Le jour où se tient la session du conseil général il fait une réunion publique au Palais des rois de Majorque. Et dans le quotidien du jour, il achète de l’espace publicitaire pour l’annoncer, à la une et un grand placard en page trois.

tract_27_recto.jpg

tract_27_verso.jpg

Allons y pour « La défense de votre pouvoir d’achat… ». Sujet sur lequel Bourquin veut faire croire que son action a de l’influence… Et sur quelles actions concrètes s’appuie-il ? Le bus à un euro. Au prix d’une manipulation énorme, car avant le bus à 1 euro, il existait des abonnements mensuels et annuels forts avantageux pour les personnes empruntant chaque jour les services de bus du conseil général. Le plan de relance voté par le conseil général le 23 février ? Ce n’est en fait que l’habituel budget d’investissement annuel, pompeusement rebaptisé Plan de relance. De le com, toujours de la com.

Bourquin c’est rien que du vide et du bla-bla !

Il y a avant et après le rapport de la Chambre régionale des comptes. Bourquin ne peut plus s’en sortir en jetant le discrédit sur ceux qui le montrent tel qu’il est. Le roi est nu ! Certes tous ne le voient pas encore. Mais les faits sont là. Discutables, mais pas modifiables ! Bourquin ne peut plus faire illusion. La vérité finit toujours par se frayer un chemin.

Bourquin n’a pas de chance avec les magistrats. Ceux d’Aix-en-Provence l’ont, deux fois, condamné à la prison avec sursis. Ceux de Perpignan l’ont mis en examen dans l’affaire Synthèse. Et voilà que ceux de la Chambre régionale des comptes crucifient sa gestion. Il doit y avoir un complot judiciaire contre lui ! Nous ne voyons pas d’autre explication.

21juil

La chambre régionale des comptes fait le bilan du fossoyeur des Pyrénées-Orientales

Quel bonheur de travailler sur le rapport de la Chambre régionale des comptes consacré à la gestion du conseil général depuis 1999 ! On y lit un certain nombre de choses que l’on ne trouvait que sur perpignan-toutvabien, et là seulement. Comme ce chapitre intitulé : « Un agent contractuel du département gérant d’une sarl spécialisée dans l’importation-exportation ». Il s’agit du gérant d’ADOC société appartenant à Jacqueline Amiel-Donat. Par quel miracle la province de Dong Ying, client d’ADOC depuis les années 1980 est-elle devenue un partenaire, puis a été jumelée avec le conseil général ? Et cela sans qu’il n’y ait jamais eu l’amorce d’une information, d’un débat au sein de l’assemblée départementale. Pourquoi les relations avec la Chine sont-elles le domaine réservé de Christian Bourquin ?

On boit du petit lait avec la partie du rapport consacrée aux dépenses de communication, cinq pages sur trente deux. Accablant ! « Les dépenses de communication dans les Pyrénées-Orientales sont de deux à cinq fois plus élevées que dans les autres départements de la région. Vous ne rêvez pas, deux à cinq fois. Part de la communication dans les dépenses de fonctionnement Pyrénées-Orientales 1,02 % Aude 0,21% Gard 0,44% Hérault 0,33%

Perpignan-toutvabien a souvent évoqué les sommes folles consacrées à l’achat de gadgets aux couleurs du conseil général. Le rapport soulève une anomalie sur un marché de 729 000 euros. Là encore vous lisez bien 729 000 euros pour des « autocollants, stylos, porte-clés et jeux de cartes ». 4 800 000 francs ! Près de 5 millions. Et des marchés pour des gadgets, il y en a eu d’autres en dix années.

Mais si en communication Bourquin bat des records, il n’en va pas de même pour mettre en place l’insertion des bénéficiaires du RMI. Le rapport de la Chambre Régionale des Comptes est dans ce domaine accablant.

Nous préparons une synthèse pour Le Petit Journal et nous reviendrons ici, sur ce rapport qui n’a pas fini de faire parler de lui.

Dans la série des folles dépenses, à noter celle consacrée à l’achat d’espace publicitaire en 2008 : 811 000 euros. Plus de cinq millions de francs (Source : compte administratif). Pas un euro pour Le Petit Journal, pas un euro pour La Semaine du Roussillon, pas un euro pour perpignan-toutvabien…

19juil

Chaud-chaud le rapport !

Le très attendu rapport de la Chambre régionale des comptes du Languedoc-Roussillon sur la gestion du conseil général est arrivé dans la boîte aux lettres des conseillers généraux. Il ne sera rendu public qu’après sa présentation à la session du conseil général du 27 juillet. Il sera, dès le 28, consultable sur le site internet de la chambre régionale des comptes. Comme perpignan-toutvabien l’a écritdernièrement, le conseil général a joué avec le calendrier pour retarder au maximum la sortie de ce rapport. On craignait sans doute ses possibles effets dévastateurs pour la liste Amiel-Donat. Bourquin escompte que l’assoupissement estival amoindrira l’impact du rapport.

Les conseillers généraux que nous avons contacté avaient tous le nez dans le rapport de la Chambre régionale des comptes. « Je pensais que ce rapport allait pointer des dysfonctionnements et des insuffisances dans la gestion et la mise en œuvre des missions du conseil général. C’est beaucoup plus grave que cela ». Cet élu n’en dira pas plus.

Perpignan-toutvabien espère bien mettre la main sur ce rapport très chaud dans les prochains jours. Un confrère plus débrouillard nous a dit «perpignan-toutvabien va avoir de la matière pour plusieurs mois ». Fichtre !

« Les enquêteurs cherchent le cerveau de l’opération »

En attendant l’accès à ce rapport, nous vous invitons à lire, dans le Petit Journal de cette semaine, en kiosque depuis vendredi, une double page entièrement consacrée à l’affaire du faux tract Alduyste accusant le Procureur de la République de « protéger » Jean-Paul Alduy. L’article établit des liens entre les deux auteurs présumé de la distribution du tract et Jacqueline Amiel-Donat. Il montre également que la mise en cause de la justice est une pratique commune à Jacqueline Amiel-Donat, Christian Bourquin et Georges Botet, dirigeant de l’UNSA, syndicat dont Michel Méniker est responsable et syndicat qui a défendu Mohammed Belhadri. Nous n’allons pas tout vous dire. 1,20 euro chez votre marchand de journaux.

17juil

Guillaume Clavaud ouvre le débat sur le financement de la presse

A L’Indép, il y a une règle non écrite selon laquelle on ne cite pas le nom d’un concurrent. Une règle que des générations et des générations de journalistes se sont transmises. Son application n’est pas toujours facile. Exemple : Après avoir d’abord gardé le silence sur l’enregistrement publié par perpignan-toutvabien dans lequel Frêche explique en long et en large que ceux qui votent pour lui sont des cons, l’Indép a fini, après tout le monde, par faire deux papiers sur le sujet. Alors que perpignan-toutvabien faisait des dizaines de milliers de connections et voyait son nom cité dans un grand nombre de médias, notre quotidien préféra lui, donner une information incomplète plutôt que de déroger à la sacro sainte règle. Ce qui fit, évidemment, sourire beaucoup de monde.

Voilà que le 17 juillet, sur son blog, Guillaume Clavaud écrit, en toutes lettres, le nom de notre site et cela, en plus, avec les meilleures intentions du monde. Il a voulu relayer, certes à sa manière, l’appel à la générosité que nous avions lancé à nos lecteurs. Sa confraternelle démarche s’appuie sur un mail qu’Eric Touron, collaborateur du groupe UMP au conseil général, aurait envoyé à ses élus. Nous ne sommes pas arrivés à joindre ce dernier pour lui demander s’il avait bien envoyé ce mail. Espérons que le rubricard politique de L’Indép ne s’est pas fait refilé un faux.

Les lecteurs de perpignan-toutvabien se souviennent qu’en mai, nous avions lancé un appel un peu pressant afin de regarnir les caisses complètement vides pour pouvoir payer quelques factures et faire face aux frais provoqués par une forte augmentation de notre activité rédactionnelle. L’accès du site est gratuit, sa rédaction bénévole, mais il faut bien payer les frais.

La presse étant un des instruments de la démocratie, il est plutôt sain que la question de son financement, qui est cruciale, ne soit pas un sujet tabou ! Alors, parlons en, mais seulement après avoir exprimé toute notre gratitude à Guillaume Clavaud pour avoir amené ce sujet important sur la place publique.

Il y a pas mal de personnes qui comme Eric Touron apprécient perpignan-toutvabien et la contribution que notre site apporte à l’information politique locale. Il a voulu, avec des arguments qui lui sont propres, sensibiliser les élus du groupe UMP. Très honnêtement sans beaucoup de succès. Mais si au contraire ils avaient répondu à l’appel, nous n’en serions pas, le moins du monde, gêné.

Perpignan-toutvabien est fait de choix rédactionnels affirmés. Et en particulier, d’un profond attachement à la démocratie et d’un rejet de toutes formes de totalitarismes et de ce qui localement s’en rapproche beaucoup, le système clanique et despotique de Bourquin. Pour nous, il y a les démocrates, de toutes opinions, et les adversaires de la démocratie. Mais perpignan-toutvabien, c’est, avant toute autre chose, de nombreuses informations que l’on ne trouve pas ailleurs. C’est sans doute cela la clef de son succès. Cela dit, nous préfèrerions trouver ces informations dans L’Indép et ne pas avoir à faire ce site.

Que dit Eric Touron ? Que le groupe UMP est abonné à L’Indép, à La Semaine… L’information a un prix. Il a mille fois raisons. Précisons d’ailleurs que le lecteur de L’Indép paie son journal deux fois. Une première fois en payant son abonnement ou en le prenant au marchand de journaux et une seconde fois comme contribuable. L’Indép encaisse chaque année des centaines de milliers d’euros de publicité des collectivités territoriales, au premier rang desquelles on trouve le conseil général et le conseil régional. Rappelons que L’Indép et le conseil général sont partenaires dans un projet de télévision locale sur lequel ils ont, en 2008, obtenu une fréquence.

Perpignan toutvabien n’a pas de recette de ventes, ni de recettes publicitaires. Pourquoi perpignan-toutvabien n’a pas la pub du conseil général ? Est-ce normal que l’argent public serve à remercier les bons journaux ? et à punir les mauvais, La semaine du Roussillon, Le Petit Journal, perpignan-toutvabien… ?

Mais en boycottant ceux qui osent le critiquer et en arrosant les autres, Bourquin étouffe la liberté de la presse. C’est un sujet un peu plus grave et d’une autre portée…Quand Clavaud le traitera-t-il ?

Le jour où Clavaud publie sa prose bienveillante, L’Indép a deux placards publicitaires du conseil général. ¼ de page en quadrichromie sur un spectacle au Palais des Rois de Majorque et une demi-page en quadrichromie sur la réception de l’USAP au Palais des rois de Majorque le 20 juillet. Tarif : autour de 2 000 euros et 5 500 euros. Au prix de l’espace publicitaire, un bon gestionnaire de l’argent public réserverait des espaces plus petits qui auraient la même efficacité. Pourquoi ne le fait-il pas ? Quel est le volume annuel de d’achat d’espace du conseil général ? Comment se répartit-il ?.

Privé de la publicité du conseil général et du conseil régional sur ordre de Bourquin, comme La Semaine, Le Petit Journal… Nous avons renoncé à demander de la publicité à d’autres collectivités territoriales. Cela aboutissait à trop marquer perpignan-toutvabien. L’idée dominante n’aurait pas été que perpignan-toutvabien était boycotté par les collectivités locales sous l’influence de Bourquin. On aurait plus généralement dit que la droite finançait notre site. C’est pervers !

Le statut des journaux sur internet annoncé l’an dernier aux états généraux de la presse tarde à venir. Nous l’attendons avec impatience pour tenter de structurer et développer perpignan-toutvabien.

Quand Clavaud publie le mail de Touron, il fait son travail. Mais son commentaire pose problème : « - mais le site existe toujours. Ouf. L’UMP du conseil général a donc sauvé ce site-». Clavaud a l’art de faire dire aux informations ce qu’elles ne disent pas. Tendancieux, comme à son habitude.

Sur 31 conseillers généraux, un seul a fait un don à perpignan-toutvabien.com. Sur les 55 élus du conseil municipal de Perpignan, deux ont fait un don. Nous n’entretenons pas des relations idylliques avec la droite. La ligne rédactionnelle de perpignan-toutvabien est ce quelle est, mais il est certain qu’elle n’est pas sous influence. Et si il y, à droite, beaucoup de monde qui apprécient perpignan-toutvabien, il y a aussi de ce côté-là, nombre de personnes et pas des moindres qui n’aiment pas notre site et qui seraient prêtes à faire un chèque… Pour qu’il ferme.

Il y a quelques mois Jacqueline Amiel-Donat annonçait sur son blog que Fabrice Thomas avait été recruté au cabinet du président de l’agglo. Une info oralement complaisamment relayée par le même Clavaud. Quelques années plus tôt, Bourquin racontait à des confrères, que Thomas était salarié du conseil régional. Pourquoi veulent-ils absolument que perpignan toutvabien soit acheté ? C’est leur vision du fonctionnement normal de la presse locale ?

Nous avons fait, depuis quelques années déjà, des choix purement rédactionnels, que nous payons au prix fort. C’est pourquoi nous ne laisserons personne jeter le discrédit sur notre travail.

Nous profitons de cette mise au point pour relancer notre invitation à soutenir perpignan-toutvabien. Si des conseillers généraux UMP veulent faire un geste, il sera comme tous les dons, le bienvenu et restera confidentiel.

Clavaud a ouvert le débat sur le financement de la presse. Il a bien fait. Nous allons faire de ce sujet un des axes rédactionnels prioritaires des prochains mois.

Soutenez perpignan-toutvabien

Sans information, il n’y a pas de citoyen éclairé, et donc pas de démocratie. Vous ne trouvez pas ailleurs la plupart des informations et commentaires que vous lisez sur perpignan-toutvabien. Gratuit et sans recette publicitaire perpignan-toutvabien a besoin de ses lecteurs pour couvrir ses frais.

Perpignan-toutvabien est édité par une association loi 1901. Reçu sur demande. Envoyez votre chèque à l’ordre de OPLPO à

OPLPO. BP 30312 66003 Perpignan cedex

Don par virement bancaire

Observatoire pour la liberté de la presse

Banque LCL

Banque : 30002 Indicatif : 03100 Numéro de compte : 0000706089V Clé : 79

14juil

Cabinet d’Alduy

Si l’on entend un peu n’importe quoi sur la composition du cabinet d’Alduy, c’est d’abord parce qu’il y en a qui ont écrit un peu n’importe quoi.

Perpignan-toutvabien c’est donc décidé à utiliser un téléphone (appareil qui transmet la parole, une belle invention) pour demander au directeur de cabinet de Jean-Paul Alduy de lui donner la composition du cabinet.

Philippe Maréchaux, directeur de cabinet. Michel Sitja, chef de cabinet. Il ne prend pas la responsabilité de la communication. Elle reste aux mains de la flamboyante Sandra Cognet, directrice de la communication. Gwendal Gauthier, collaborateur de cabinet. Ce dernier a un contrat de trois mois, éventuellement renouvelable.

Le départ d’Eric Duchan du poste de chef de cabinet n’est en rien une sanction. Il est à présent chargé de mission au développement commercial. Poste auquel il a été précédé par Fabrice Villard et Philippe Maréchaux. Il y a de bonnes chances pour qu’Eric Duchan, un gros bosseur qui a la culture du résultat, réussisse dans son nouveau job. Ce travail moins lourd que celui de chef de cabinet conviendra sans doute mieux à celui qui a, ces dernières années, fait face avec beaucoup de courage à de lourds problèmes de santé. Et nul doute que l’avenir offrira de nouveaux challenges à ce jeune homme qui a un vrai sens du service public et de l’intérêt général.

Fabrice Villard, directeur de cabinet du président de l’agglomération Perpignan-Méditerrannée, ne retrouvera pas son poste. Un directeur de cabinet qui voulait devenir homme politique et qui est écarté, cela ne vous rappelle rien ? Mais si bien sur ! Bruno Delmas, directeur de cabinet Bourquin et artisan de la victoire de 1998 qui permit à celui-ci d’accéder à la présidence du conseil général.

Villard_Alduy_vvv.JPG

Celui qui devient chef de cabinet ou directeur de cabinet choisit l’ombre. Il se doit d’être entièrement au service de l’homme politique au service duquel il est entré. Mais à ce poste, si près des leviers du pouvoir et des moyens d’influence, il arrive souvent que le cadre de cabinet se mette à rêver de lumière. Il utilise alors son poste pour promouvoir sa propre carrière. Une situation qui va inévitablement modifier sa relation avec le politique et avec l’entourage de ce dernier. Il devient un rival, un adversaire ! Qu’elle se déroule dans le cadre politique ou de l’entreprise, ou tout autre (Voir l’USAP), la bataille pour le pouvoir est sans merci. Tout point vulnérable sera exploité. Tout point vulnérable sera implacablement exploité.

12juil

Brèves de post campagne !

La petite vengeance d’Amiel-Donat !

Jacqueline Amiel-Donat assistait lundi 6 juillet à la session du conseil général. On n’avait pas vu Calamity JAD dans cette salle depuis 1995. A l’époque où elle siégeait au conseil général, dans la majorité de droite.

Christian Bourquin a sorti une lettre de démission de Jean Codognès de la vice présidence du conseil général et il a en même temps annoncé que le conseiller général du Haut Vernet quittait le groupe socialiste. Cela c’est passé en l’absence de Jean Codognès qui était parti avant la fin de la réunion. Il n’y donc pas eu de réaction.

Apprenant ce qui c’était passé, Jean Codognès est tombé de l’armoire. Il n’avait pas été prévenu. La lettre de démission n’était pas destinée à l’usage que Bourquin en a fait. Un certain nombre de vice présidences tournent entre les élus socialistes et c’est dans ce cadre que chacun d’eux signe une lettre de démission en blanc. La confiance règne ! Mais cette lettre écrite par Jean Codognès en mars 2008 ne devait pas être utilisée avant longtemps.

Jacqueline Amiel-Donat a durant toute la campagne attaqué Jean Codognès sur ses indemnités de vice-président du conseil général, le chèque de fin de mois qu’il touchait et ne rendait pas. Propos notamment proférés lors des quatre débats entre les candidats, sur FR3 et France Bleu Roussillon. La vénalité est un défaut que Jacqueline Amiel-Donat décèle souvent chez ses adversaires.

Au fait, à quel titre Jacqueline Amiel-Donat était elle venue assister à cette session du conseil général ? En tant qu’avocate du conseil général ?

Les indemnités de Jean Codognès vont être raccourcies de quelques centaines d’euros par mois.

Amiel-Donat le voulait. Bourquin l’a fait.

Rue 89 et les aisselles !

Le site d’information est revenu sur l’histoire des aisselles de Marie-Claire Mas : « Rue 89 se fait épingler par un blog perpignanais, perpignan-toutvabien, qui nous accuse de « bidonnage ». La raison ? Avoir cédé à la tentation d’un titre drôlatique « Perpignan après la chaussette les bulletins sous les aisselles » au lieu de nous en tenir à un plus rigoureux : « Perpignan : après la chaussette, des bulletins sous le bras ».

Un canard gagne toujours en crédibilité en reconnaissant ses erreurs. Rappelons toutefois que le titre de l’article de Rue 89 avait été repris par des dizaines de médias pour ce qu’il était apparu être à tout le monde, une information.

Michel Sitja revient à la mairie de Perpignan

Après celui d’Arlette Franco, celui de Jacqueline Irlès voici Michel Sitja au cabinet de Jean-Paul Alduy. Retour à la mairie de Perpignan qu’il avait quitté en 1995 dans des circonstances mouvementées. Son départ de chez Arlette Franco ne le fut pas moins. Perpignan-toutvabien évoqua à plusieurs reprises ses relations avec l’agence de publicité Excalibur de Stephan Antonio. Le mandataire judiciaire qui gérait le dossier de liquidation de l’entreprise avait porté plainte. Classée par le parquet, l’affaire se poursuit au civil. Au regard du sms qu’il a envoyé à ses amis Michel Sitja semble content de quitter Jacqueline Irlès : « J’ai le plaisir de vous informer que je quitte le cabinet de J. Irles aujourd’hui. Je serais mercredi prochain le chef de cabinet de Jean-Paul Alduy… ». Nous y reviendrons !

Théâtre de Saint-Estève…suite

Après avoir fait un carton la semaine dernière. La quasi-totalité du tirage augmenté a été vendu, Le Petit Journal poursuit cette semaine la publication de son enquête sur les relations entre la mairie de Saint-Estève et Boitaclous.

perpignan-toutvabien en forte hausse

Plus de 20 000 connectés uniques au mois de juin. Un nouveau record de fréquentation pour perpignan-toutvabien. Une progression qui est continue depuis le début de l'année 2009.

04juil

Faux tracts d’Alduy : les distributeurs faisaient campagne pour Amiel-Donat

Mohammed Belhadri et Michel Méniker ont été, vendredi soir, mis en examen dans l’affaire du faux tract distribué à l’avant-veille du deuxième tour. Le premier conduisait la voiture identifiée suite à la saisie des enregistrements de vidéo-surveillance et le second jetait les tracts par la fenêtre.

Méniker nie sa participation aux faits et Belhadri a la mémoire défaillante, il dit qu’il distribuait (sur les pare-brise) des tracts pour l’opposition, mais hésite entre le Modem et Amiel-Donat. Du côté du Modem, Clotilde Ripoull répond de manière claire et nette qu’elle ne sait pas qui est Belhadri et le Modem n’a pas distribué de tracts entre les deux tours. Comme il n’y avait plus que trois listes au second tour, c’est donc les tracts de la liste d’Amiel-Donat que distribuait M. Belhadri.

Michel Méniker a fait campagne pour la liste d’Amiel-Donat. Cela est établi ! (par perpignan-toutvabien) Il a, lors de sa garde à vue, son ami également, nié une appartenance à un parti. La question reste à approfondir car les témoignages que nous avons recueillis divergent. Il est pour le moins proche du PS. Après les insultes de Frêche aux harkis, il avait été la voix discordante qui avait apporté son soutien au président de la région.

Ajoutons qu’Amiel-Donat est l’avocate de ce monsieur qui comme l’a dit Bertrand Baboulène, procureur de la République de Narbonne a eu plusieurs fois à faire à l’institution judiciaire. Tout comme M. Belhadri.

Selon le procureur de Narbonne (l’affaire a été dépaysé car le tract désigne le procureur de la République de Perpignan), on aurait à faire à des « agitateurs isolés ».

La suite de l’enquête le dira.

On ne peut parler d’un acte isolé, ni d’un acte organisé, tant que l’on ne sait pas qui a écrit et reproduit le faux tract de la liste Alduy. L’expertise du matériel informatique saisi chez Michel Méniker permettra de savoir si c’est lui qui en est l’auteur. Si ce n’est pas le cas. Les enquêteurs devront chercher ailleurs. Des personnes qui connaissent Michel Méniker pensent que son rôle n’a pu que se limiter à la distribution.

Sale affaire !

03juil

Enquête sur Boitaclous

Auto-promotion ! Vous avez sans doute appris que la ville de Saint-Estève confiait le théâtre de 800 places qu’elle vient de construire à Boitaclous.

Thierry Meier va-t-il faire avec un budget 750 000 euros, ce qu’il faisait à Perpignan avec une subvention de 75 000 euros ?

De quoi exciter la curiosité d’un journaliste...

Nous avons donc enquêté sur le sujet et ça donne une double page dans Le Petit Journal, hebdo qui parait le vendredi.

Vous ne regretterez pas vos 1,20 euros !

29juin

Chapeau l’artiste !

La défaite est orpheline, mais la victoire a plusieurs pères. Nombreux sont ceux qui s’attribueront quelque mérite dans la réélection de Jean-Paul Alduy. Certes, ses lieutenants, ses colistiers et de nombreux militants ont mouillé la chemise. Mais, cette victoire, Alduy se l’est gagnée. Qui aurait imaginé que cet homme de 67 ans que l’on a vu afficher son âge, de la fatigue, et un réel abattement après l’annulation de l’élection par le Conseil d’Etat, retrouverait l’énergie du combattant, l’énergie du général qui redonne à ses troupes le goût de la victoire, le goût de l’engagement ? Des troupes qui, après une année passée sous le feu d’une opposition vindicative, avaient le moral bien bas.

On a ouvert de grands yeux en le voyant pour la première fois sur son scooter jaune. Jeunisme ? Alduy en est assez coutumier. Ce scooter faisait un peu gadget. Et puis on l’a vu chevaucher son engin à toute heure de la journée et dans tous les quartiers de la ville. En fin de campagne, le compteur affichait neuf cent cinquante kilomètres en six semaines. Il faisait vivre son principal thème de campagne. La proximité n’était pas qu’un slogan. On a vu un Alduy disponible, ouvert, près des gens, discutant avec tout le monde. Pendant qu’Amiel-Donat voyageait dans la voiture avec chauffeur du conseil général pour aller à la demi-finale à Lyon, lui prenait le train avec les supporters. Même chose pour la finale.

Après la catastrophique campagne de 2008 sur le « Perpignan de 2020 ». Alduy est revenu à des messages simples et lisibles en illustrant l’ensemble de sa campagne de photos des réalisations qui ont transformé la ville. Il a clairement placé sa campagne sous le patronage politique de l’UMP. Un an plus tôt, le logo du parti Sarkozyste apparaissait en tout petit, quand il n’était pas oublié.

En politique, la chance joue souvent autant que le mérite. Alduy n’en a pas manqué. D’abord en ayant Amiel-Donat comme adversaire. Imposée fin 2007 sur Perpignan par Bourquin, elle se montre incapable de rassembler la gauche. Le rejet que provoque son agressivité a fortement contribué à mobiliser le camp d’en face. On mobilise autant son camp sur une adhésion que sur le rejet de l’autre. Avec une personnalité comme Codognès, en 2008, Alduy aurait été battu. Mais Bourquin a fait des siennes. Après avoir écarté Codognès de la candidature aux législatives, il a, en 2007, réussi à l’empêcher d’être candidat à la mairie de Perpignan. La gauche n’a qu’à s’en prendre à son chef.

Chance encore avec la candidature Rivière qui tombe à l’eau, mais en piquant au FN des voix qui empêche Louis Alio d’être présent au second tour.

L’usure d’Alduy, principalement due aux cinquante années d’Alduysme, est une réalité. Les Perpignanais sont prêts pour une alternance. Mais pas n’importe laquelle. Faute d’un candidat crédible, Alduy reste en place. On sait ce qu’on a et comme on ne nous propose pas mieux on continue avec celui-là.

Ce scrutin est pour de nombreux perpignanais une victoire de la démocratie sur la campagne délétère menée depuis un an par Amiel-Donat. "La haine n'est pas un chemin politique" cette phrase prononcée plusieurs fois par Jean Codognès, a dimanche soir été reprise par Jean-Paul Alduy. Durant cette campagne la ligne de fracture n'a pas été entre gauche et droite, mais entre démocrates d'un côté et de l'autre un système sans foi ni loi. Nous reviendrons sur les violents propos tenus dimanche soir par la tête de liste PS-PC.

Alduy 53 %, 43 élus. Amiel-Donat 33 %, 9 élus. Codognès 13 %, 3 élus.

Soutenez perpignan-toutvabien

Sans information, il n’y a pas de citoyen éclairé, et donc pas démocratie. Vous ne trouvez pas ailleurs la plupart des informations et commentaires que vous lisez sur perpignan-toutvabien. Gratuit et sans recette publicitaire perpignan-toutvabien a besoin de ses lecteurs pour couvrir ses frais.

Perpignan-toutvabien est édité par une association loi 1901. Reçu sur demande. Envoyez votre chèque à l’ordre de OPLPO à

OPLPO.

BP 30312

66003 Perpignan cedex

Don par virement bancaire

Observatoire pour la liberté de la presse

Banque LCL

Banque : 30002

Indicatif : 03100

Numéro de compte : 0000706089V

Clé : 79

27juin

Fin de match pourri !

Info de dernière minute : agissant dans le cadre de l'enquête sur le tract anonyme diffusé dans la nuit de vendredi à samedi la police à saisi les cassettes de vidéo surveillance de la police municipale.

trois_candidats.jpg

L’entre deux tours a été marqué par le recours contre la liste Codognès, les pseudos bulletins sous les aisselles et il se termine par un tract hostile à Alduy nauséabond largement diffusé dans la nuit de vendredi à samedi.

Nous en apprenons chaque jour un peu plus sur la démission surprise de deux membres de la liste de Jean Codognès. Le recours de Robert Figueroa était présenté par Lucy Dillenschneider. Cette avocate de Montpellier est originaire des Pyrénées-Orientales. Elle avait fait parler d’elle en déposant en 2008 un recours au tribunal administratif contre le théâtre de l’Archipel. Et à la demande de qui avait elle déposé ce recours ? Une habitante de Saint-Feliu d’Avall qui se trouve, par le plus grand des hasards, être sa mère. C’est dingue comme le monde est petit.

Nous n’avons pas réussi à entrer en relation avec Robert Figueroa, mais plusieurs informations bien sourcées nous permettent d’affirmer qu’avant ce recours Robert Figueroa ne connaissait pas maître Dillenschneider. D’autres informations, nombreuses, permettent de penser que l’équipe d’Amiel-Donat a été à la manœuvre.

On retrouve les mêmes derrière le retrait de Danièle Cabrimol, également membre du Modem. Son compagnon et, mari depuis aujourd’hui, samedi 27 juin, travaille au département RMI du conseil général. Et son contrat arrive à échéance en août. Nous n’en dirons pas plus et nos lecteurs le comprendront.

Ces deux démissions de la dernière heure découvertes par Jean Codognès, mardi à la préfecture où il venait de déposer la liste, sont d’autant plus étonnantes que, la veille, lors du vote, ces deux colistiers avaient voté en faveur du maintien au second tour. Ajoutons que comme tous les membres de la liste, ils avaient signé un document de candidature pour le premier et le second tour. L’envoi des deux démissions à la préfecture avec des courriers présentant des similitudes, sans prévenir Codognès ou la représentante du Modem, est pour le moins chose surprenante.

Il faut que la liste qui dénonce le clientélisme et le clanisme dérange vraiment beaucoup pour qu’ils soient allés aussi loin.

Nous avons largement traité l’histoire des bulletins sous les aisselles dans nos précédents articles. Nous ajouterons, sans avoir pu le vérifier, mais sur la base d’éléments sérieux, que c’est un proche de Jacqueline Amiel-Donat qui a, jeudi matin, alerté Rue89, le site d’information qui a fait passer les bulletins de vote de « sous le bras » à « sous les aisselles ».

L’Inscription « vendu » a, dans la nuit de jeudi à vendredi, été peinte sur de nombreux panneaux électoraux ainsi que la vitrine de la permanence de la liste Codognès.

Un faux tract de Jean-Paul Alduy (reprenant les éléments graphiques de sa liste) a été largement distribué dans la nuit de vendredi à samedi. Une plainte a immédiatement été déposée. A noter que ce tract cible Alduy et Jean-Pierre Dreno, procureur de la République, dont le nom est cité 3 fois et la fonction davantage encore. « On a touché le fond », commente un proche d’Alduy, l’avocat Pierre Parrat. Les policiers qui seront chargés de l’enquête préliminaire commenceront sans doute leurs investigations par le visionnage des enregistrements de la vidéo surveillance. Ils sont conservés 15 jours.

Juste un passage du tract pour que nos lecteurs s'en fassent une idée : « Pardonnez moi d’avoir dû embaucher des trafiquants de drogue et repris de justice, encore merci à Jean-Pierre Dréno d’avoir fermé les yeux sur leurs casiers judiciaires »… Le reste est à l’avenant.

Dans le tract anti-Alduy anonyme largement diffusé, également de nuit, à la veille du premier tour, le procureur de la République était déjà nommément visé. Au regard de l’étiquette politique des élus poursuivis (Saint-Cyprien, Le Barcarès, Banyuls…) et pour bien d’autres raisons encore, le procureur de la République est vraiment au dessus de tout soupçon.

Quelques personnalités politiques de premier plan ont, depuis quelques années, pris l’habitude de dénoncer une instrumentalisation de la justice par l’UMP pour expliquer leurs problèmes judiciaires répétés.

Espérons que les Perpignanais redonneront des couleurs à la démocratie, déjà en participant nombreux à ce second tour duquel sortira une majorité et un maire, mais aussi important, une opposition déterminée, mais digne qui aura pour rôle de contrôler les actes de la majorité.

26juin

« La collection » de bulletins de vote de Marie-Claire Mas

Madame MAS, cette femme solide et de caractère, est profondément contrariée par cette histoire de bulletins cachés sous ses aisselles. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive : « Je ne pensais vraiment pas faire quelque chose d’interdit ». Abattue mais décidée à défendre son honneur : « S’il vous plait, dites bien que j’ai des valeurs morales, citoyennes et républicaines. Dites bien que mon honnêteté n’a jamais été mise en cause et que tout le monde me respecte. J’ai passé 45 ans à la ville de Perpignan, j’étais le numéro deux, directeur général adjoint des services. J’ai la légion d’honneur. Dites bien que je vais aller voir un avocat et que nous poursuivrons tous ceux qui m’ont salie avec cette histoire de bulletins sous les aisselles. Même si je sais bien que ce n’est pas moi qui suis visée… »

collection_bulletin_de_vote.jpg

Dimanche 21 juin, Marie-Claire Mas, colistière en quarantième position sur la liste conduite par Jean-Paul Alduy, était déléguée de Perpignan au cœur sur les bureaux 25 et 26 de l’école Hyacinthe Rigaud au Moulin à Vent. Alors que la clôture des bureaux de vote approche, Marie-Claire Mas se dit qu’il faut qu’elle pense à ramener des bulletins de la liste Alduy. Faisant l’aller retour entre les deux bureaux de vote à un moment, en fin d’après-midi, plutôt autour de 17 heures, après avoir discuté avec le secrétaire du bureau 26, elle prend quelques bulletins de vote, cinq ou six peut-être, sur la table où tous les bulletins sont disposés. Elle revient vers le bureau 25 où se trouve sa sacoche et elle y range les bulletins. Elle voit ensuite la déléguée de la liste Amiel-Donat qui va chuchoter quelque chose à la présidente du bureau de vote. Puis cette dernière vient lui demander d’où viennent les bulletins de vote qu'elle a mis dans sa sacoche. Madame MAS lui raconte et la présidente se montre satisfaite par l’explication.

Le dépouillement se passe et se termine par la signature du procès-verbal, sur lequel Marie-Claire Mas découvre que la présidente du bureau a écrit : « La présidente a interpellé Madame Marie-Claire Mas car elle avait une liasse de bulletins de Jean-Paul Alduy sous le bras et était en train de la mettre dans son sac. Madame Mas précise que les bulletins n’ont pas été pris dans le bureau 25 mais 26, pour une utilisation purement personnelle pour son dossier personnel à son domicile. Il s’agit de quelques bulletins vers 16h30 ».

Madame Mas souhaite ajouter un commentaire sur le procès-verbal, ce qu’elle a tout à fait le droit de faire comme déléguée de liste. Cela lui a, dit-elle, été refusé par la présidente du bureau. Ce refus est le seul fait non conforme au code électoral qui puisse être relevé lors du déroulement des opérations de vote au bureau numéro 25.

Marie-Claire Mas a, sur France Bleu Roussillon, expliqué qu'elle conservait le matériel électoral : « Si vous voulez venir chez moi, je vous donnerai tous les bulletins et les tracts depuis 20 ans en arrière, 30 ans en arrière, parce que je me suis toujours passionnée pour ça, que j’ai fait toutes les élections et que je les ai gardés ».

Nous sommes donc allés voir l’insolite collection de madame MAS. Elle nous a reçu chez elle au Moulin à Vent et elle a commencé à sortir les dossiers, les boîtes archives contenant les tracts, profession de foi et bulletins de vote des élections des années 1980, 1990 et 2000. Ce n’est pas une collection moins intéressante que celles des étiquettes de boites de fromage ou de capsules de bouteilles de bières, également très respectable. Mais Marie-Claire Mas n’a jamais parlé de collection. Ce sont des archives, des souvenirs de campagnes électorales auxquelles elle a activement participé. Des documents qui trouvent de temps en temps leur utilité. Comme quand ce candidat aux cantonales complètement néophyte est venu lui demander de l’aider à faire sa profession de fois. Elle a, ce jour-là, ouvert l’énorme dossier sur les cantonales dans lequel il y avait cinquante modèles de profession de foi.

Etant sur la liste d’Alduy, Marie-Claire Mas dit avoir également voulu conserver des bulletins pour les envoyer à ses enfants, à son fils en Australie et à sa fille à Lourdes. La mairie, la ville, c’est toute la vie de cette femme de près de soixante dix ans, « une passion » dit-elle, « une obsession » corrige une de ses amies.

Il faut s’appeler Amiel-Donat pour exploiter cette affaire comme le montre ses réactions dans la presse nationale, par exemple dans Libération qui reprend l’histoire des aisselles (bonjour la vérification de l’info) : « En revanche la socialiste Jacqueline Amiel-Donat, contactée par libération.fr, ne croit pas à la version de la collectionneuse invétérée : «Elle avait pris une poignée de bulletins, une pile de 1 cm. A ce niveau-là, ce n'est plus une collection, c'est une tapisserie. Elle allait redécorer son intérieur». Au delà de la plaisanterie, l'opposante regrette que l'expérience de la fraude aux chaussettes n'ait pas «servi de leçon. Cette femme n'est pas une novice, c'est l'ancienne secrétaire-générale de la mairie. Elle allait d'un bureau de vote à l'autre, et disait aux gens d'un certain âge pour qui voter...»

Jacqueline Amiel-Donat profère des accusations très graves dont elle aura, semble t’il, à répondre devant la justice. Si madame Mas s’était ainsi comportée dans les bureaux de vote, nul doute que les délégués des autres listes auraient réagi et pour le moins porté ces faits au procès verbal.

Titrant : « Nouvelle fraude électorale à Perpignan ? », Libération n’y va pas à la légère : « Le premier tour de l'élection municipale de Perpignan accouche d'un nouvel épisode cocasse : une co-listière UMP de Jean-Paul Alduy s'est faite prendre avec une pile de bulletins du maire sortant sous les aisselles ». A signaler que Libération.fr avait une grande partie de la journée titrée son article : « Perpignan sur les traces de l’Iran ? ». Ce qui est excessif est insignifiant. Mais quand même !

25juin

Brèves de campagne !

Verbatim : Aliot et le vote Codo

Voici mot pour mot la déclaration faite sur France Bleu Roussillon par Louis Aliot, candidat du FN au premier tour des municipales : « Moi à titre personnel j’irai voter parce que je crois aux vertus démocratiques. Mais j’irai voter blanc et puis j’irais à la plage et j’incite mes électeurs à en faire de même. Il reste évidemment la possibilité d’un troisième choix qui ne nous effraie pas outre mesure. C’est une possibilité d’un vote hors système un peu atypique, mais hors système quand même. Je n’ai aucune sympathie pour les idées de monsieur Codognès, de madame Ripoull et de madame Katia Mingo, mais pour autant leur positionnement courageux de deuxième tour peut être une possibilité. Moi en tous cas, je ne gronderai pas mes militants s'ils me disaient après coup qu’ils auraient voté pour la liste Codognès. De toute façon ce sera pas pire que maintenant ». On est loin de ce que certains qualifient d’appel à voter Codognès.

FN : Gombert désapprouve, Codognès riposte

Chantal Gombert, présidente du Modem 66, nous a dit : « Cela me gène beaucoup que Monsieur Codognès accepte les voix du Front National ». Réaction de Codognès croisé un peu plus tard et très irrité : Je n’ai pas de leçon à recevoir de Mme Gombert. Demandez lui si le conseil général prend bien soin de sa fille (allusion au fait que la fille de C. Gombert travaille au conseil général). Dans son élan l'avocat a également répondu à Amiel-Donat qui raconte partout qu’il est soutenu par Aliot : « C’est moi ou c’est Amiel-Donat qui avait sur sa liste un numéro deux qui était chez les falangistes de Madrid ? C’est moi ou c’est Bourquin qui a remis la médaille de l’Assemblée Nationale à un des fondateurs du FN dans les P.-O.. ? »

Le Modem part dans tous les sens

La présidente du Modem 66 tacle la liste sur laquelle il y a Clotilde Ripoulll, la rivale responsable du Modem de Perpignan qui s'est alliée avec Codognès et les Verts. Et voilà qu’arrive Jean-Philippe Shemla, responsable départemental des jeunes du Modem66, qui appelle à voter pour la liste Perpignan au cœur. Ce Shemla, ce ne serait quand même pas le fils de Dominique Shemla qui porte de dossard numéro 17 sur la liste d’Alduy ? Mais si , c’est père et fils. Votez papa ! Rassurons nos lecteurs, cette situation n’est pas une spécificité perpignanaise. L’an passé lors des municipales, dans de nombreuses villes de France, on a assisté à des foires d'empoigne entre membres du Modem. Bayrou pourrait pas mettre quelques claques ?

Cinq membres du FN sur la liste Alduy

Selon Calamity JAD (débat sur FR3), il y aurait cinq membres du FN sur la liste Alduy. Mais non ce n’est pas cinq, c’est cinquante cinq. Tous les colistiers d’Alduy ont leur carte du FN dans la poche. Quand elle délire, elle délire, Calamity JAD. Même Isabelle De Noell, l’épouse de qui vous savez n’a jamais été membre du FN.

Un socialiste à la tête de la délégation spéciale de Saint-Cyprien

A Perpignan, les commentaires vont bon train sur la nomination par le préfet de Georges Riera à la présidence de la délégation spéciale de Saint-Cyprien. Beaucoup font remarquer que c’est un socialiste convaincu. Si, à gauche, on se réjouit de cette nomination, à droite on aurait espéré une personnalité aux idées moins affirmées.

Caudeville dérape… presque

Nicolas Caudeville commente dans son style les résultats du premier tour sur son blog, http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr : « Nous voilà donc avec une triangulaire. Cela fera plaisir aux 32 loges de la ville (nul n'est pas parfait, c'est une question de degrés). La bataille est rude pour Jacqueline Amiel-Donat : un duel droite-gauche, alourdi d'un cheval de Troie. Pour ceux qui veulent voir le règne alduïque prendre fin, on prie pour un sursaut des abstentionnistes. » Les francs-maçons, les juifs, il y a parfois comme ça des vieilles associations qui remontent des profondeurs. Interrogé (poliment) sur ce qu’il avait voulu dire avec le « règne alduïque » le camarade Caudeville s’est quelque peu embourbé dans son explication. Mais loin de lui toutes pensées antisémites. On vous le jure !

Abstention

Jean-Paul Alduy a, sur FR3, déclaré que l’abstention avait dimanche été plus forte qu’au premier tour de 2008. Faux ! Il a manifestement repris l’info qui faisait un des gros titres de la une de L’Indép de lundi : « Avec 53,82 % la participation a été très légèrement supérieure à celle du 1er tour de 2008 ». La participation a bien été de 53,82 % mais en 2008 elle était 55,12 %. Plusieurs lecteurs nous ont adressé des mails en pensant que perpignan-toutvabien s’était trompé. Certes cela nous arrive… Et à L’Indép aussi. Et ce dernier aurait pu corriger dans son édition du lendemain.

La priorité de Bourquin et d’Amiel-Donat

La politique, c’est souvent l’art de la duplicité. Quand on voit Bourquin et Amiel-Donat fustiger Codognès parce qu’il refuse l’union, on ne peut pas s’empêcher de repenser aux déclarations d’Amiel-Donat pour qui, il y a quelques jours encore, une union avec le Modem n’était pas possible. Comment Amiel-Donat peut-elle en décembre s’auto-proclamer tête de liste sans avoir pris le soin de réunir ses ex partenaires et décréter de façon autoritaire que si elle est élue maire, elle prendra aussi la présidence de l’agglo et six mois après, s’étonner de l’attitude des Verts, du Modem, de Codognès ? Elle a vraiment tout fait pour en arriver là. Une situation qui interroge. Si au contraire Amiel-Donat avait agi dans un esprit unitaire exemplaire, aujourd’hui toute la gauche unie avec le Modem aurait de bonnes chances de provoquer une alternance. Il est assez évident que dans la stratégie du couple, empêcher Codognès d’accéder à d’importantes responsabilités, passe avant la conquête de la ville.

- page 2 de 6 -