Jeudi 26 mars, Midi-Libre et L’Indépendant ont comparu devant le tribunal correctionnel pour répondre du délit de diffamation. Ils étaient, une nouvelle fois, poursuivis par Alain Ferrand. Par prudence et considérant qu’il n’y avait pas d’urgence, nous avions décidé d’attendre que le tribunal rende son jugement, ce qu’il fera le 20 mai, pour écrire un article sur ce procès et sur les relations tumultueuses des époux Ferrand et du quotidien départemental.
Mais dans son édition du 27 mars, L’Indép publie un papier qui laisse penser que la journaliste de L’Indép, Laure Moysset, est poursuivie, simplement et uniquement, pour avoir relaté la garde à vue, puis la mise en examen et la mise en liberté sous contrôle judiciaire d’Alain Ferrand dans le cadre d’une enquête sur un trafic de stupéfiants. Hors, comme maître Vial l’a souligné : « Ce que je dénonce, ce n’est pas que l’on écrive que M. Ferrand est mis en garde à vue ».

Ce qui est cause c’est la présentation des faits. Elle laisse penser que M. Ferrand est impliqué dans un trafic de stupéfiants. Une allégation d’une extrême gravité. Alain Ferrand n’est certes pas un enfant de chœur. Mais ses déconvenues avec la justice sont principalement liées à des affaires financières.
L’avocat d’Alain Ferrand a rappelé que Laure Moysset avait, en 2006, été condamnée en diffamation pour un article concernant les époux Ferrand. « Quand vous avez été condamné vous risquez de vous acharner. Laure Moysset aurait du s’abstenir d’écrire sur Alain Ferrand… Ca a été un carnage… ». Alain Ferrand a manifestement bénéficié d’un traitement de faveur.
« Ce n’est pas le traitement prudent d’une affaire dont on ne connaît pas l’évolution », a dit maître Vial. L’avocat a justifié la demande d’un million d’euros au journal au titre « d’un préjudice incommensurable… lié à ce qui lui est imputé un délit infamant : Alain Ferrand a deux filles dont les amis n’ont pu que penser que leur père était un trafiquant de drogue… »… Ces adolescentes subissent « les sarcasmes de leurs relations mais aussi un inévitable sentiment de répulsion.»
Laure Moysset a reçu le soutien du Syndicat National des Journalistes : « Les attaques dirigées contre vos articles ressemblent terriblement à une volonté de vous intimider et de faire taire L’Indépendant. C’est donc l’indépendance et la crédibilité d’une profession qui sont en cause », écrit Dominique Pradalié, secrétaire générale du SNJ.
L’affaire qui a, durant trois jours, fait la une de L’Indép a finalement accouché d’une souris. Alain Ferrand a été mis en examen pour le délit, rarissime, selon son avocat de « Facilitation d’usage de stupéfiants ». Des personnes se sont livrées à des transactions de cocaïne au cours de soirée makina organisée par Le Marina, établissement de nuit dont il est le directeur administratif.