08oct 2001
JPA : a-t-il bénéficié d'un empli de complaisance ?
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2001
La loi ne laisse pas le choix à Jean-Paul Alduy, l’exercice des fonctions publiques est incompatible avec un mandat de sénateur. Séparation des pouvoirs oblige, l’ingénieur général des Ponts et Chaussées va être placé en détachement de plein droit. Une situation qui va affecter le niveau de ses revenus.
JPA percevait chaque mois un salaire de 50 000 francs net, auquel s’ajoutaient ses indemnités de maire et de président de l’agglomération, ce qui portait l’ensemble de ses revenus à plus de 90 000 francs par mois. Il recevra dorénavant 50 000 francs, montant auquel est plafonné l’indemnité des élus cumulant plusieurs mandats. Nommé à la présidence de la MIQCP (Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques), en décembre 1996 par un décret de Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la culture, JPA a, depuis cinq ans, surtout brillé par son absence, en ne consacrant que quelques heures par semaine à son travail.
Un gâteau pour certains…
Le fonctionnement de la MIQCP où travaillent 12 personnes a souffert de l’absence chronique de son président. Des fonctionnaires du ministère de l’Equipement mais aussi des architectes, jugent durement la MIQCP, qualifiée de "déliquescente", "d’inutile", de gâteau pour certains". Cette dernière remarque, très courante, est étayé par un récent ouvrage, Faut-il pendre les architectes ? Son auteur, Philippe Trétiack, architecte et journaliste, tient des propos sévères : «On se rappellera que la MIQCP a très vite été surnommée “MIQCP-mac” et que l’expression «les aMIQCP des mes aMIQCP sont mes aMIQCP» a fait flore, tant son fonctionnement a donné lieu à des échanges de bons procédés, entre les architectes appelés à occuper alternativement, au fil des concours, la position de juge (membre du jury) puis de concurrent.»
Opacité sur ses revenus
Le maire de Perpignan a toujours entretenu une certaine opacité sur sa situation professionnelle et sur ses revenus . A L’Indép. qui avait interrogé les têtes de liste lors des dernières élections municipales, JPA avait répondu qu’il déclarait 500 000 francs de revenus annuels cumulant son indemnité de maire de Perpignan et son salaire de haut fonctionnaire de l’Equipement. Cette présentation apportait un mauvais éclairage sur ses revenus car cette somme de 500 000 francs ne comporte pas les indemnités d’élus sur lesquelles le prélèvement fiscal est opéré à la source. Venant d’un homme qui se réfère souvent à l’éthique du service public, ce comportement étonne.