Quelques mois de travaux plus tard, cet édifice emblématique reprenait du service. Quittant un immeuble propriété de la ville pour un autre, le Quick a été le premier installé. La volonté de Jean-Paul Alduy était de réparer l’erreur faite par son prédécesseur de père. On se souvient qu’en 1984 le conseil municipal avait autorisé l’installation du fast food dans les murs de la Loge de mer. Une situation à laquelle les Perpignanais ne se sont jamais résignés. La ville s’est réservée la partie centrale du Palmarium pour y faire la promotion des vins du Roussillon. Et Camille Otéro, enfin, a ouvert, en août, un self service, La Rambla.

Bien que ses couleurs aient été rafraîchies, le caractère du Palmarium sort affadi de ce cloisonnement en trois parties. Les planches façon " store " et " palais des congrès " posées devant les surfaces vitrées ne ramènent pas l’unité perdue et pire, on ne voit plus qu’elles. Elles volent la vedette à la ligne du bâtiment. Cette décomposition affecte également l’architecture intérieure. Adieu l’harmonieuse géométrie de la suite de plafonds galbés, adieu le bel espace que de grandes baies vitrées ouvraient de trois côtés sur l’animation de la ville. L’absence de préoccupation esthétique est en tout point criante. Face à la perspective de la Basse, n’aurait-on pas mieux vu le buffet La Rambla à la place du Quick. Et que dire de l’épouvantail pris en sandwich entre les deux ? Voilà donc la Maison des vins du Roussillon que la ville de Perpignan a inaugurée, maire en tête ! Une pauvre exposition de bouteilles, de ceps de vigne et de morceaux de drapeaux catalans dans des vitrines aux couleurs criardes .

Sans être un chef d’œuvre de l’architecture, le Palmarium n’en est pas moins un édifice repère, un des lieux marquants inscrits dans l’histoire, la mémoire, la vision que chacun a de la ville de Perpignan. Il méritait une certaine attention. Affiché depuis des décennies sur ces façades le nom de Palmarium s’est envolé… et avec lui un peu de l’âme de Perpignan.