13dec 2001
THéRèSE ROUSSEL : La balle au mur
00:00 - Par Christine Oustailler-Thomas - 2001
Thérèse Roussel nous livre ses souvenirs d’enfance, extraordinairement intacts et préservés, délicatement ciselés de son écriture douce, mais jamais sucrée. Elle fait naître, avec une grande tendresse, le reflet d’une famille aimante, la petite enfance et l’enfance heureuses et préservées d’une petite fille sage et rêveuse, bercée par les vacances à Port-Vendres, les messes dominicales et les repas de famille.
Avec la guerre, ce monde se brise. Les rêves dorés d’anges gardiens de la fillette se transforment en tapis de fumée grise et menaçante. C’est le temps des privations, des dangers, des menaces et des incertitudes. Le temps de la Mort qui balaye d’un revers de main négligeant la vie de garçons de vingt ans. Comme son frère Louis. Thérèse a quatorze ans mais son récit continue de porter les stigmates de sa voix de toute petite fille comme pour dire l’impossibilité de l’adieu et du deuil. Parce que Louis est ce grand frère adoré, parce Louis, engagé de la dernière heure, était devenu milicien et que l’on ne peut porter sa mort au grand jour. Restent les bonds et les rebonds d’une balle lancée contre un mur, dans un monde comme vidé de sa substance, puisque son frère est mort, puisque sa sœur va le suivre bientôt, puisque papa ne chante plus le matin, puisque la maison de Port-Vendres a été détruite par les Allemands. Restent un monde en ruine et une petite fille presque adulte qui lance contre un mur son cœur brisé. Reste ce récit d’une grande poésie, entre sourire et larme, entre nostalgie et drame, entre confidence et émotion, et la très belle écriture de Thérèse Roussel.
La balle au mur, Thérèse Roussel. Ed. mare nostrum, novembre 2001. 13,5 euros.
La balle au mur, Thérèse Roussel. Ed. mare nostrum, novembre 2001. 13,5 euros.