24jan 2002
Pauvre Marianne à la cour du roi BourKing
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2002
Devant sa cour, ses vassaux et bon nombre de sujets réunis dans son palais des rois de Mallorca, Bourking 1er s’est, à nouveau, montré sous son visage le plus républicain.
Il a généreusement offert un buste de Marianne à chacun des maires des 226 communes du département. C’est maintenant une tradition, les maires repartent de la cérémonie des vœux avec, sous le bras, un cadeau de valeur.
Notre Bourking a un goût tellement sûr, que l’idée d’abord retenue d’organiser un concours parmi les artistes du département, a finalement été écartée. Seuls les liens de l’amitié et de l’admiration permettent à un artiste de pouvoir exprimer les pensées profondes de son souverain.
Le roi René Pataquès n’avait-il pas déjà en son temps eut la clairvoyance de s’adresser à Dame Francesca Caruana. On doit notamment à son talent Les trois Méditerranées. «Cette œuvre majeure de l’art contemporain fait jaillir l’inégalable puissance créatrice de l’artiste», déclarait Achille Bobart, le très célèbre critique et fondateur de la revue Farces et Attrapes.
Selon les uns, ce cadeau aurait coûté 600 000 francs, selon les autres 400 000. Rien n’étant plus beau qu’un cadeau de Bourking, on ne va pas s’arrêter sur cette question triviale et l’on souhaite plutôt qu’il ait bien coûté 900 000 francs, moulages plus droits de l’artiste compris.
On s’attachera davantage à une lecture politique de la décision de Bourking 1er. L’édition de Marianne, selon un modèle propre au Pays Catalan, est, dans le cadre de la décentralisation, un signe fort, un défi sans précédent adressé à l’état central. Il aura entendu Bourking lui dire : «Les traits de Marianne ne doivent plus être imposés par Paris. Nous sommes assez grands pour décider de la tête qu’elle doit avoir.» Pour bien affirmer la conquête de ce pouvoir symbolique mais précieux, notre Marianne se devait d’avoir les traits de Dame Iène. Mais pour que le défi aux Jacobins soit total, il fallait plutôt qu’elle ressemble à une schtroumphette
Vive Bourking 1er !