19fév 2002
Exclusif perpignan-toutvabien, Christian Bourquin, Des vacances à l’île de la Réunion offertes par le contribuable
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2002
Une enquête de perpignan-toutvabien en collaboration avec L.T. journaliste, à la Réunion.
Christian Bourquin, député PS, président du conseil général des Pyrénées-Orientales et son épouse Damienne Bourquin, maire de Millas, accompagnés de leurs deux enfants sont partis en vacances à l’Ile de la Réunion, du 13 au 20 février.
Par ces temps de tramontane glacée, on ne peut critiquer la destination choisie. Là-bas, au bord de l’océan Indien, il fait 30°c. La famille Bourquin a profité du soleil pour se parer d’un joli bronzage. Le plan de veille anticyclonique instaurée sur l’île n’a heureusement pas beaucoup inquiété les vacanciers.
A Saint-Denis de la Réunion, ils ont été nourris, blanchis, logés à la préfecture où ils ont, pendant tout leur séjour, occupé un appartement habituellement réservé aux hôtes officiels, ministres, président de la République.
Il faudra penser à demander à Christian Bourquin ce qu’il a ressenti en s’allongeant sur le lit dans lequel Chirac avait dormi. En tout cas, les Bourquin ont été traités en invités de marque.
L’actuel préfet de la Réunion, Gonthier Friederici, a fait la connaissance de Christian Bourquin lors de son précédent poste dans les Pyrénées-Orientales, où il est resté une année. Quelques soient les relations amicales qu’il ait pu, à ce moment-là, établir avec le président du conseil général, cela l’autorise-t-il à transformer les palais lambrissés de la République en lieux de villégiature ?
Et Christian Bourquin trouve-t-il normal que la République paie ses vacances en famille ? Nous attendons impatiemment ses explications. Avec plus de 50 000 francs de revenu par mois, sans compter ceux de son épouse, Christian Bourquin n’a-t-il pas les moyens d’aller, comme tout le monde, à l’hôtel ?
De bonne source, il semble que ce soit le service voyage de l’Assemblée nationale qui ait fourni les billets d’avion. A quelques mois d’une élection qui sera difficile, le député Bourquin a-t-il tenu à épuiser tout son crédit en transports ? Ses enfants ont-ils bénéficié de billets gratuits ? Pour quelles raisons ?
Il faudra aussi demander à Christian Bourquin s’il a eu une pensée pour un illustre républicain catalan, compagnon d’Arago, Sarda-Garriga. C’est ce natif de Pézilla, dont la famille était de Millas, qui mena, en 1848, la difficile et dangereuse mission d’abolir l’esclavage à la Réunion. «Si, un jour, je deviens un notable, mettez-moi un coup de pied au derrière», disait un certain Christian Bourquin dans le discours qu’il prononça le jour de son élection à la présidence du conseil général. Voilà qui est fait.