28fév 2002
Réaction à l'esclandre de Christian Bourquin : annulation d'une visite ministérielle à Perpignan
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2002
Les propos acerbes tenus par Christian Bourquin à l’encontre de Marie-Noëlle Lienemann, secrétaire d’état au logement dans le Midi-Libre de hier matin, ont, comme on pouvait s'y attendre, provoqué des réactions. La plus importante est arrivé à la mi-journée sous la forme d’un communiqué du Secrétariat d’Etat au logement.
Pour mémoire le président du conseil général accusait la secrétaire d’état de venir à Perpignan «pour apporter du vent» et ajoutait «j’ai horreur des déplacements genre tournez manège ! Dans ces conditions, j’ai donc officiellement demandé à Mme le ministre d’annuler sa venue à Perpignan. Ce qu’elle a fait. Elle a dit qu’elle avait des problèmes de famille… Je crois qu’elle m’a inclus dans sa famille ! » Les déclarations de Christian Bourquin sont pour l’instant un véritable mystère. N’était-il pas le bénéficiaire de cette visite ministérielle qui faisait faire des cauchemars à Jean-Paul Alduy ?
Le maire de Perpignan n’avait d’ailleurs pas manqué de dénoncer un coup politique. Marie-Noëlle Lienemann suivie de toute la presse devait visiter les quartiers Saint Jacques et Saint Mathieu. On aurait plus que jamais parlé des milliers de logements insalubres de ces quartiers du centre ville.
Contrairement à ce que déclare Christian Bourquin, la Secrétaire d’Etat ne venait pas les mains vides. Dans quelles directions faut-il chercher les vraies raisons de l’esclandre de Christian Bourquin ? Cette façon de s’en prendre à un membre du gouvernement de Lionel Jospin en pleine campagne électorale est d’autant plus incompréhensible que le gouvernement a été très actif sur le terrain de la lutte contre le logement indigne.
L’annulation de cette visite programmée, hasard du calendrier, le jour de la venue de François Bayrou à Perpignan, a, au moins, fait un heureux. Jean-Paul peut dire merci à Christian...
Communiqué de presse du Secrétariat d’Etat au logement
Marie-Noëlle Lienemann, secrétaire d’Etat au logement, avait prévu de se rendre à Perpignan mardi 26 février, afin de finaliser la convention pour l’éradication de l’habitat indigne préparée par le préfet. Elle comptait aussi annoncer le déblocage des crédits nécessaires, puisqu’il s’agissait avant tout et comme partout ailleurs en France, de mettre en œuvre le plan national, présenté le 17 octobre dernier, pour un engagement de l’Etat de 4 milliards de francs sur 5 ans. La ville de Perpignan recevra dans le cadre de cette convention, les dotations permettant de traiter plus de 2 000 logements indignes. Elle a demandé au préfet de finaliser cette convention au plus vite, avant la fin du mois de mars, avec la commune.
Elle s’étonne, par ailleurs, que certains élus affirment connaître l’existence de marchands de sommeil et qu’ils ne mettent pas en œuvre les nouvelles dispositions de la loi SRU. En effet, elles permettent désormais aux locataires d’appartements déclarés insalubres, de ne plus verser de loyer et de déclencher l’arrêt des versements des allocations logement directement aux propriétaires. Cette mesure, là où elle est mise en œuvre en particulier avec l’aide des collectivités locales, s’avère d’une grande efficacité, incitant les propriétaires de mauvais comportements à réaliser les travaux prescrits.
Marie-Noëlle Lienermann espère donc que désormais chacun s’attachera à faire vivre à Perpignan comme ailleurs les dispositifs de cette loi, ainsi que le nouveau décret récemment publié concernant le logement décent. Là-aussi, une bonne information de tous sur les nouveaux dispositifs ainsi que l’envoi par les collectivités par les services d’hygiène ou d’agents assermentés pour faire reconnaître l’indécence des lieux, est le préalable à toute cette action opérationnelle de remise en état et de réhabilitation.
Marie-Noëlle Lienermann espère donc que les habitants des Pyrénées-Orientales et de Perpignan bénéficieront rapidement de ces dispositions qui doivent améliorer leur condition de vie et que la convention signée permettra un rapide passage à l’acte.
Pour la secrétaire d’Etat au logement, seuls comptent les actes, qui valent tous les commentaires.