«Le tuyau, comme on l’appelle, est un sujet très important, très structurant. Nous voulons l’envisager, même s’il reste beaucoup de calages à faire, avec ses conséquences en termes d’aménagement et d’environnement», rapporte Caroline Gaillard dans l’édition lozérienne du Midi-Libre. __ Histoire d’eau...__

Paradoxalement, Christian Bourquin se trouve, tous partis confondus, être le seul élu du département à approuver ce projet depuis longtemps activement soutenu par le président de la Région, Jacques Blanc. Cette évolution ne serait pas étrangère au fait que la compagnie BRL, qui porte le projet depuis son origine, soit à présent contrôlé par les élus socialistes, au travers les collectivités territoriales qui sont majoritairement détentrices de son capital. Ses ambitions régionales ne permettraient plus à Christian Bourquin de rester réfractaire à une opération approuvée par les autres présidents de conseils généraux de la Région. __ ...Et de gros sous__

L’eau du Rhône serait acheminée jusqu’à Barcelone au moyen d’une canalisation enterrée de trois mètres de diamètres pouvant apporter chaque jour 1,8 million de mètres cubes d’eau. Dans le capital du consortium qui s’active à la réalisation de l’aqueduc, on trouve bien sur la compagnie BRL mais aussi, Vivendi, Pont à Mousson, Providex (EDF), Spie Batignolles, Europipe (Usinor). Ce chantier colossal est chiffré pour un coût entre 6 à 8 milliards de francs.

L’arroseur

Les oppositions ne viennent pas que du monde agricole. Maryse Arditi, porte-parole des Verts, rappelait récemment que ce projet n’avait rien à voir avec la solidarité Nord-Sud à laquelle son parti était favorable. Et elle mettait elle aussi l’accent sur les gaspillages d’eau. En Espagne 80% de l’eau est utilisée par l’agriculture pour des cultures destinées à l’exportation. Il faut s’attendre à ce que la nouvelle position de Christian Bourquin suscite des réactions et à ce que son auteur reçoive des éclaboussures. L’arroseur risque de se faire arroser !