10avr 2002
La générale Franco, à la conquête du siège de Codognès
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2002
Pour Arlette, c’est Chirac. Le maire de Canet n’est pas du genre à mettre son drapeau dans sa poche. Roulez tambours, sonnez trompettes, c’est d’ailleurs avec Nicolas Sarkozy, un des poids lourds du RPR et potentiel premier ministre qu’elle est entrée en campagne lors d’un meeting à Canet devant 700 personnes. Au cours du mois de mars, les trois plus grosses têtes d’affiche du RPR sont venues sur la circonscription que convoite Arlette Franco.
C’est au moins 600 personnes qui étaient à Saint-Cyprien pour écouter Roselyne Bachelot, la porte parole officielle du candidat Jacques Chirac. Le 22 mars, c’était la présidente du RPR, Michèle Alliot-Marie qui passait une journée dans le département et terminait son périple par Saint-Cyprien et Canet-en-Roussillon. L’état-major parisien du RPR n’envoie pas n’importe où ses barons et ses baronnes. Les Pyrénées-Orientales pourraient donner deux députés au RPR et, qui plus est, deux députés en jupons, une espèce précieuse car elle sera rare. Arlette Franco tire d’autant plus la campagne de Jacques Chirac dans le département que Danielle Pagès, présidente départementale du RPR et première adjointe de Jean-Paul Alduy n’est pas encore officiellement candidate sur la première circonscription.
Réélue au premier tour
Arlette a vraiment le style RPR. Cette façon très "chiraquienne" de caresser le cul des vaches. Si Arlette n’est pas des plus à l’aise avec les concepts, elle est en revanche imbattable côté punch, traduisez «culot» dans la langue de ses adversaires. N’empêche que le style Arlette passe bien. Aux dernières municipales, c’est au premier tour qu’elle a été réélue maire de Canet-en-Roussillon. Décorée, il y a quelques mois, de l’ordre national du mérite sur proposition du président de la République, Arlette Franco défend bec et ongles "son" Chirac. Ce ne sont pas les problèmes judiciaires de l’ancien maire de Paris qui vont l’ébranler. Pas d’états d’âme, sa réponse fuse : «On veut le salir avec des problèmes qui touchent tous les partis.» Et elle met tout de suite le cap sur ce qu’elle considère comme le plus important, «le choix de la société dans laquelle veulent vivre les Français.» Sécurité, questions sociales, sur tous les sujets Arlette Franco a des choses à dire, notamment pour fustiger avec férocité la politique menée par la gauche.
L’insécurité : son cheval de bataille
Ceux qui doutaient d’elle et pensaient qu’elle aurait plus de mal à s’imposer que Jacques Bouille, maire de Saint-Cyprien, ou André Bascou, maire de Rivesaltes et ancien député RPR de la circonscription, ont de quoi changer d’avis. Mais machisme oblige, les compétences des femmes politiques sont plus souvent remises en question que celles des hommes. Lors d’émission de FR3, C’est politique Arlette Franco a fait un sans faute, mordante comme toujours… c’est dans sa nature. Arlette Franco appartient à cette droite, légèrement populiste, qui n’est jamais autant elle même que sur l’insécurité. Sur le sujet, Arlette Franco est imbattable. Son côté femme à poigne doit rassurer plus d’un électeur qui a envie d’entendre des paroles de fermeté.
Pédagogie de la réparation
Elle rappelle son expérience d’enseignante auprès de mômes en situation d’échec scolaire dans des classes de remise à niveau et d’adaptation à Saint-Jean de 1968 jusqu’en 1992. Elue, cette année-là, conseillère régionale, elle se met en disponibilité pour se consacrer à plein temps à ses mandats électifs. Avec vigueur, elle dénonce l’incapacité du gouvernement de Jospin à faire face à la multiplication des actes d’incivilité et à l’explosion de la petite délinquance. Elle préconise, en particulier, la mise en place d’une pédagogie de la réparation, domaine dans lequel elle a son titre de gloire. Des jeunes, surpris par la police municipale en train de faire des tags, ont été convoqués à la mairie avec leurs parents. Là, Arlette Franco, leur a donné le choix, payer les frais de décapage ou nettoyer eux-mêmes. Il paraît qu’ils ont eu beaucoup de mal à effacer leurs cochonneries.
Catana et le lycée
Dans le système de valeur d’Arlette Franco «le bon exemple et le mauvais exemple» occupent une place de choix. Le mauvais, il est donné par la télé. Le bon exemple, c’est celui, pas assez valorisé, de l’apprenti boulanger qui se lève à 5 heures. Le maire de Canet-en-Roussillon et vice-présidente du conseil régional aborde cette campagne avec, à son actif, deux incontestables et importantes réussites. L’entreprise de construction de catamarans de croisière, Catana, arrivée avec 50 personnes en 1997, elle en emploie à présent 400 et tire un pôle de construction nautique reconnu par la Datar. Le lycée, qui doit être construit sur la côte, sera implanté sur sa commune. Il comprendra des filières professionnelles liées à la construction nautique pour former les stratifieurs, les ébénistes...
Face à Codognès
Face au député sortant, le socialiste Jean Codognès, Arlette Franco n’aura pas la partie facile. Elle promet de ne pas tomber dans les polémiques que provoquera son adversaire. Et elle jure de ne lui répondre que par des propositions positives. Mais trente secondes après, «Si Codognès fait trop l’avocat je lui dirais que s’il aime tellement son métier il n’a qu’à retourner le faire.» Arlette Franco ne devra pas oublier que son caractère bien trempé lui a valu d’être condamnée à 200 francs d’amende pour avoir traité Bourquin de «pauvre type.» Mais chassez le naturel… Il revient au galop.
Principales dates : 1 mars 1939 : naissance à Perpignan. 1971 : conseillère municipale de Canet 1977 : maire adjointe 1989 : maire de Canet 1992 : conseillère régionale 1995 : réélection à la mairie de Canet 1998 : réélection au conseil régional 2001 : réélection à la mairie de Canet