Le sujet prête à plaisanterie et à polémique, mais c'est un vrai tournant (glissant), qu’a pris Jean-Paul Alduy en s’attaquant à ce problème.

Provoquant !

Le maire de Perpignan a donc pris quelques risques en sortant une campagne de sensibilisation limite scato. «Le message est relativement simple, primaire, dirons-nous ! On n'était pas tous d'accord avec cette affiche. Mais elle est faite pour susciter des réactions. Nous avons souhaité un moment fort, y compris provocant dans un premier temps. Il n'y a pas d'autres solutions que de mettre en responsabilité les citoyens. On ne va pas mettre un fonctionnaire dans chaque rue.»

15 000 chiens !

En fait, le maire de Perpignan ne croit pas aux PV distribués par Delanoë dans les rues de Paris. Il ne souhaite pas non plus que les propriétaires de clébards, 15 000 animaux pour 100 000 Perpignanais, –ce qui est beaucoup– se sentent agressés par cette campagne. JPA se fait même philosophe et sentimental quand il parle d'eux : «Ce n'est pas une campagne anti-chiens. Le chien fait sans doute partie, avec le cheval, des meilleurs amis de l'homme.»

Pinces à crottes

Ces affiches qui seront déclinées en tous formats, même en 4/3, coûteront donc 30 000 euros. Une vingtaine de nouveaux distributeurs de pinces à crottes et 10 nouveaux canisites seront installés, ce qui représente, en tout, un investissement de 150 000 euros. «Il faut mettre les moyens pour avoir une ville propre. Il faut travailler sur les mécanismes des comportements qui génèrent cette irresponsabilité. Elle vient du fait que les gens ne se rendent pas compte qu'ils polluent, et qu'il peut y avoir des accidents. Ces tombereaux de merde sont des nids à virus ! Et puis ils se disent que faire ça sur le trottoir, c'est sale, et que dans le caniveau c'est propre.» JPA a aussi indiqué que les chiens auxquels les propriétaires ouvrent la porte le matin et le soir afin qu'ils aillent seuls faire leurs besoins, devraient rencontrer plus régulièrement la fourrière.

Mobilisation générale

Enfin, et comme le disait un journaliste sur la place Gambetta, «le général est venu passer ses troupes en revue». La mairie avait en effet immobilisé une vingtaine de véhicules de nettoyage et deux fois plus d'agents sur cette place, pendant toute la matinée, afin de se faire photographier pendant 30 secondes. Mais, bon, les Perpignanais attendaient un acte fort contre les déjections canines, alors ne soyons pas trop chiens.