08mai 2002
PORTRAIT EXPRESS : MYRIAM GRANAT
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2002
Parachutage sur la quatrième circonscription
Personne n’avait vu venir sa candidature. C’est pourtant elle qui est investie par l’UMP, l’Union pour la Majorité présidentielle, sur la quatrième circonscription. Pour une surprise, c’est une surprise !
C’est qui celle-là ?
Granat ? Myriam Granat ? Qui ets aqueixa ? Une parachutée de Paris serait-on tenté de répondre spontanément. En fait Myriam Granat est tombée dans la marmite catalane quand elle était toute petite, mais vraiment toute petite puisqu’elle est née ici, à Perpignan, au Moyen Vernet. Et c’est dans la maison familiale, au 7 rue du Printemps, qu’elle a poussé son premier cri. Myriam Batalla, Batalla comme l’entreprise de transport –normal c’est l’entreprise de son père– passe sa jeunesse à Perpignan. Et c’est toujours à Perpignan qu’elle rencontre Alain, un jeune Catalan, avec qui elle devient Myriam Granat.
Les droits de l’homme
Le parcours professionnel de son mari, nommé attaché scientifique au Brésil, va l’éloigner de France pendant six ans. Mais cette femme énergique ne s’est pas contentée de suivre en s’occupant de l’éducation de leurs deux enfants. Pendant ce séjour en Amérique du Sud, elle s’investira beaucoup dans l’humanitaire, au Brésil, mais aussi au Pérou et en Bolivie. Aujourd’hui encore, elle milite activement dans ce domaine. Elle est membre fondateur et administratrice de l’ADH, Action droit de l’homme, une association créée il y a trois ans. Actuellement mobilisée par l’opération “Des livres pour Kaboul” , l’ADH s’est aussi, plus près de nous, intéressée à la situation des réfugiés de Sangatte. Sur le plan professionnel, elle n’est pas, non plus restée inactive. Orthophoniste neuropsychologue jusqu’en 1997, elle exercera en cabinet libéral et parallèlement à Garches, un hôpital nationalement connu, spécialisé dans la rééducation des grands blessés.
Fidèle à Madelin
C’est en jeune giscardienne qu’elle fait ses premiers pas en politique, pendant la campagne présidentielle de 1974, à l’issue de laquelle Giscard d’Estaing est élu. Après la parenthèse brésilienne, retour chez Giscard aux Clubs Perspectives et Réalités, c’est là qu’elle fait la connaissance d’Alain Madelin qu’elle a suivi depuis. Impliquée dans ldées Action, club Madeliniste, elle sera bien sûr présente et active lors de la création de DL, Démocratie libérale, en 1997. Son mari poursuit une brillante carrière d’ingénieur dans l’aéronautique militaire, les deux enfants ont dépassé vingt ans, elle peut s’investir davantage puis complètement dans l’action politique. Elle sera conseiller parlementaire, puis conseillère de Françoise Hostalier, une Jupette qui sera Secrétaire d’Etat à l’enseignement scolaire.
Elue et militante
Sur le plan militant, elle est surtout impliquée dans Démocratie Libérale Femmes, elle est devenue déléguée nationale de ce mouvement lorsque Françoise Hostalier a accédé à la vice-présidence de DL. Les travaux de réflexion de ce réseau féminin n’ont pas un caractère strictement féminin et surtout pas féministe. DL a été le seul parti à ne pas accepter les mesures sur la parité : «Dans la logique, les femmes devaient y parvenir elles mêmes.» Mais la politique, c’est aussi la gestion, l’action au quotidien auprès des gens, domaines dans lesquels Myriam Granat a fait ses armes comme maire adjointe, en charge de la culture et de la communication et comme première adjointe responsable des finances et de l’administration générale à Port Marly, petite commune de 2 500 habitants où elle réside. Si elle n’a pas renouvellé sa candidature au printemps 2001, c’est parce qu’elle préparait son retour au pays catalan.
Retour en terre catalane
Depuis août dernier, elle est, en effet, plus souvent dans sa résidence secondaire de Sainte-Marie qu’en région parisienne. Si le choix de sa nouvelle adresse, forcément dans la quatrième circonscription, n’est pas fait, d’autres choses sont en revanche plus avancées, comme la composition de l’équipe qui va l’aider à faire campagne. «Elle est dans les starting blocks», précise t’elle. Myriam Granat semble ne pas avoir beaucoup douté d’obtenir l’investiture. Alain Madelin a manifestement mis tout son poids dans la balance afin de permettre à un de ses lieutenants de réussir son retour en terre catalane. Cette femme de 53 ans sera, n’en doutons pas, un redoutable adversaire pour Henri Sicre, le député sortant élu en 1988, réélu en 1993 et en 1997.