Chacun se rappelle encore des difficultés rencontrées par certains candidats à l'élection présidentielle pour rassembler les 500 signatures d’élus.

Guy Casadevall, maire de Baho, a, pour sa part, été plus généreux que la moyenne, puisqu'il a signé 4 déclarations sur l'honneur de parrainage à des candidats à l'élection présidentielle (en faveur de Bruno Mégret, Jean-Marie Le Pen, Jacques Chirac et Daniel Gluckstein) alors que, chacun le sait, les élus ne pouvaient en signer qu'une. «Je sais que ce n'est pas valable, mais je m'en fous», rigole-t-il. Pourtant, ce sont des promesses "sur l'honneur" ? «Eh, oh, j'ai tué personne tout de même», répond le maire, qui assure avoir été appelé personnellement et à 4 reprises par Jean-Marie Le Pen lui-même. «Bruno Mégret m'a même envoyé une femme de Paris qui m'a proposé de m'inviter à dîner. Mais ma véritable signature était pour Chirac, et je l'avais envoyée à Madame Franco. Je pensais que ce serait cette signature-là qui serait retenue.» Seulement, voilà, les 4 candidats pour qui il a signé ont tous déposé leur déclaration au Conseil Constitutionnel, et ce dernier, intrigué ou excédé, a fini par contacter le maire de Baho. C'est ainsi que Guy Casadevall, en plus de se faire remettre en place, apprend que, comme les Chiraquiens ont tardé à déposer son paraphe, c'est finalement les trotskistes qui ont déposé la première (et donc officiellement retenue) signature du maire de Baho, au Conseil Constitutionnel, en faveur de Daniel Gluckstein ! Tel est pris qui croyait prendre : voilà qu'un maire de droite parraine un trotskiste ! «Dans Baho, ça fait rigoler, s'amuse encore Guy Casadevall, peu échaudé par cette histoire, mais, tant qu'on est attaqué, c'est qu'on est encore en vie !»