10mai 2002
BOURKING PREMIER Le nouveau roi des gitans
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2002
Christian Bourquin est-il en train de convertir les gitans au socialisme ? Au regard du résultat exceptionnel, 30,86 %, réalisé par Jospin sur le 10e bureau, dont les inscrits sont en grande majorité des habitants de Saint Jacques, cela ne semble faire aucun doute. On mesure encore mieux cette performance si l’on précise, que c’est de loin le meilleur score de Jospin sur toute la ville, et en ajoutant qu’aux présidentielles de 1995, ce bureau n’avait voté pour lui qu’à 20,97 %.
Dans l’autre bureau de vote où la communauté gitane pèse aussi beaucoup, le n°11, lui aussi à l’école Alio près de la place Cassanyes, Jospin fait 21,05 % (il faisait 21,23 % en 1995). C’est, avec le bureau n°10, un des trois bureaux sur soixante-cinq bureaux de votre de Perpignan où le candidat PS ne prend pas un bouillon. Jospin qui faisait 10 000 voix à Perpignan, en 1995, n’en fait plus que 6 500, 7 ans plus tard, passant en pourcentage de 20,96 à 16,10.
A Saint Jacques, quartier qui est sur la circonscription de Christian Bourquin, on dit avoir beaucoup vu le député ces derniers temps. Presque unanimement, on loue sa gentillesse et sa générosité. Christian Bourquin arrose souvent : Quelques jours avant le premier tour des présidentielles, il a réuni des dizaines d’hommes de la communauté gitane dans un café de la place Cassanyes, chez Josepha, pour une double et même une triple tournée générale. A la sortie, les esprits étaient guillerets.
Distribuant des crédits du Conseil général à quelques associations, Christian Bourquin promet aussi beaucoup, des stages, des emplois… Le candidat Bourquin est invité à répondre à des tas de demandes et à régler des problèmes particuliers concernant l’aide sociale, le paiement des factures. Il se fait même parfois accompagner par des fonctionnaires des services qui ont compétences dans ces différents domaines.
Ce que fait Christian Bourquin à Saint Jacques n’est pas très original. Cela fait quelques dizaines d’années que les hommes politiques rallient les suffrages des gitans en pratiquant un clientélisme souvent outrancier qui a fait dire qu’ils achetaient le vote des gitans.
Il est clair que Bourquin, comme ses prédécesseurs de droite, choisit la facilité : l’instrumentalisation, la soumission, plutôt que le travail sur l’intégration et la citoyenneté. Avec ces comportements de république bananière, les politiciens défont et dévalorisent tout ce que les travailleurs sociaux accomplissent de leur côté avec ces populations.
Certes, un grand nombre de gitans ont leur survie, leur existence inscrites dans une logique d’assistanat, mais comme il est commode de le déplorer d’un côté et, de l’autre, de les installer dans une relation malsaine qui conforte cette dépendance .
Vive Bourking Premier ! Vive le roi des gitans !