04juin 2002
Plainte contre Bourquin, le député pète les plombs
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2002
Dimanche 2 juin, une plainte a été déposée contre M. Bourquin pour menaces et voies de faits.
Dominique Benkraled, secrétaire à la mairie de Perpignan, qui s’occupe du secrétariat de plusieurs maires adjoints et conseillers municipaux est, ce dimanche matin, derrière l’étal de fruits et légumes de son mari place Cassanyes, elle est venue lui donner un petit coup de main. Elle aperçoit, en face d’elle Christian Bourquin avec qui elle n’a jamais échangé un seul mot, qui lui dit, en pointant un doigt accusateur : «Je veux vous parler.» Et le député, président du conseil général, passe derrière l’étal. Il la saisit par l’épaule et lui dit «Je connais l’action que vous menez contre moi.»
Dominique réagit «Retirez votre main, je vous interdis de me toucher.» Là, le député se colle contre elle, la dévisage avec un regard fixe et plein de haine tout en lui tapant sur l’épaule «Je vous préviens, en 2007, je serai maire de Perpignan et votre place...» Bourquin est interrompu par le mari de Dominique qui lui enlève la main de l’épaule de sa femme et lui dit "Je vous interdit de toucher à mon épouse." Dubuc, l’homme de Bourquin à Saint-Jacques intervient «On s’en va, on s’en va» et il tire Bourquin. Le député éructant de colère «ça vaut pas le coup, ça vaut pas le coup», et menaçant «on se reverra.»
Pour Christian Bourquin, il ne s’est rien passé dimanche matin. Mais peu importent ses déclarations puisqu’il y a plusieurs témoins, dont la bonne foi ne peut être mise en doute. Parmi eux, une dame qui achetait des légumes, avoue être d’autant plus choquée par le comportement de Christian Bourquin, qu’elle est de gauche. Elle se dit prête à témoigner devant la police et la justice. Pour lui éviter de subir des pressions, il est préférable de ne pas citer son nom.
Dominique Benkraled est connue du milieu journalistique pour avoir été, plusieurs années, l’assistante de Valérie Loctin lorsque cette dernière occupait la direction de la communication de la ville de Perpignan. Dominique, que beaucoup connaissent sous le diminutif de Mino, n’est pas une femme vindicative, elle est connue et appréciée pour sa gentillesse.
Personne ne comprend que Bourquin lui ait fait subir cette agression qui l’a fortement ébranlée. Certes, dans le quartier Saint-Jacques, où elle habite on connaît ses sympathies alduystes et son prosélytisme au moment des élections. Mais elle insiste : «Jamais de ma vie je n’ai parlé avec M. Bourquin et je n’ai jamais eu de problèmes avec des gens du P.S.» Elle avoue avoir eu très peur, «Je ne sais pas ce qui ce serait passé si mon mari n’avait pas été là. Il y avait tellement de haine dans son regard. Depuis dimanche, j’y repense sans cesse.»
A Saint-Jacques, c’est la colère. Et beaucoup prédisent un score catastrophique à Bourquin. Il ne fera pas les 30 % qu’avait fait Jospin dans le bureau numéro 11, son meilleur résultat de la ville sur 60 bureaux. En agressant tout à fait gratuitement une femme, surtout une femme, le président du conseil général a provoqué un véritable rejet parmi les diverses populations du quartier. Et, comme d’habitude, Bourquin se mure dans ses bêtises. Une personne de son entourage pressentant les dégâts électoraux suggérait ce matin qu’il présente ses excuses, mais elle ajoutait aussitôt «Ce n’est même pas la peine d’y penser.»
Ce dernier week-end, Christian Bourquin s’est, à plusieurs reprises, montrer agressif. Perpignan-toutvabien a rapporté dans la rubrique brèves, son comportement à l’égard d’un de nos collaborateurs et les propos menaçants qu’il a tenu à Simon Sales, candidat du Pôle républicain.
Les agressions verbales, les menaces sont une spécialité de M. Bourquin qui n’était, jusqu’à présent, pas très connue du public. Au mois de février, une équipe de FR3 Roussillon avait été couverte de mots grossiers et menaçants par un Bourquin ne se contrôlant pas... Et les anecdotes ne manquent pas.
A chaque fois qu’il est mis en difficulté, Christian Bourquin réagit avec violence. Jamais dans ces moments-là, il ne cherchera la solution réfléchie, non, sa réponse à lui, ce sont les injures, les menaces, les actes coercitifs qui mènent à l’escalade et à la rupture.
Bourquin sent la réélection à l’Assemblée nationale lui échapper et plutôt que de mettre dans la balance électorale des éléments qui pourraient grandement jouer en sa faveur, il agit de façon incohérente en faisant une campagne électorale qui ouvre la voie à François Calvet.