10sep 2002
Jean-Luc Vaills : Une pierre à la place du cœur
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2002
Le 19 octobre 2001, comme chaque jour, Claudine Ribis roule sur la D117 pour se rendre à son travail à Perpignan. Elle n’y arrivera pas. À Cases-de-Pène, un camion lui coupe la route au niveau de la carrière Vaills et écrase son véhicule. Les pompiers auront le plus grand mal à l’extraire de l’amas de tôles coincées sous le camion qui travaillait pour le carrier. Claudine Ribis est cassée de partout, visage, bras, jambes, bassin, pas moins de 22 fractures. D’opération en opération, la vie de cette dame de 42 ans est devenu un indescriptible calvaire.
Comment est-il possible que près d’un an après un pareil drame, l’entreprise Vaills crée toutes les conditions pour qu’un grave accident se reproduise, avec, qui sait, cette fois, plusieurs personnes dans la voiture. Cela se passe toujours sur la D 117, à un kilomètre sur la gauche avant d’arriver à Estagel en venant de Perpignan.
A la hauteur du petit chemin qui mène à la carrière, on observe tout d’abord qu’au mépris de la loi, l’exploitation n’est pas signalée. Il n’y a pas d’avantage de panneau indiquant la sortie de camions. Il n’y a pourtant aucun autre passage possible pour les véhicules qui vont transporter les centaines de tonnes de matériaux préparés pendant l’été par l’énorme concasseur Nordberg LT 1213 aux couleurs de l’entreprise Vaills.
Lorsque l’on additionne le manque de visibilité, la sortie en angle droit, la vive allure à laquelle sont lancées les voitures circulant sur la D117, on constate simplement qu’un camion ne peut pas sortir du chemin sans mettre en danger les autres usagers de la route. Cette conclusion est partagée par un officier de gendarmerie en retraite qui a longuement observé les lieux. La dangerosité de cette situation ne peut échapper à personne et surtout pas à l’exploitant de la carrière.
Si par malheur il devait arriver quelque chose à cet endroit, ce ne serait pas un accident mais un homicide.
Les pouvoirs publics et les élus sont eux aussi concernés par cette situation. Personne ne veut croire qu’ils attendent qu’un nouvel accident se produise pour placer le carrier devant ses obligations en matière de sécurité.