26sep 2002
Bourquin l'agitateur : K O, mais debout
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2002
Toujours en retard, L’Indép titre à la Une "Bourquin fait sa rentrée politique". Cela fait pourtant un mois que le président du conseil général bat les planches de la scène médiatique locale. En pages intérieures, notre quotidien titre "Bourquin l’agitateur", une remarquable interview qui nous montre un Bourquin enlisé dans les erreurs qui vont probablement l’engloutir. Il agite désespérément les bras, mais ses jambes et une partie de son corps sont déjà prisonnières des sables mouvants.
Interrogé sur le risque d’une invalidation de son élection sur le canton de Millas par le Conseil d’Etat, Bourquin adopte l’attitude chez lui fréquente qui consiste à ignorer la réalité. "En posant cette question vous relayez la rumeur. Je suis par le résultat des urnes, président du conseil général…"
Bourquin voudrait que l’on fasse comme s’il n’était pas mis en examen dans une affaire de faux témoignage qui visait à dissimuler le dépassement des comptes de campagne qui fait, par ailleurs, l’objet d’un recours en annulation de son élection au Conseil d’Etat. Est-ce propager une rumeur que de rappeler des faits incontestablement établis ?
Fuite de la réalité encore lorsqu’il refuse de commenter sa deuxième audition par le juge et lorsqu’il répond "Le passé ne m’intéresse pas", à propos de sa série de brouilles avec ses camarades du PS, Codognès, Puigmal, Delmas…
Après l’avoir mis à nu, les deux journalistes de L’Indép, Myriam Galy et Yann Marec, l’interrogent sur ses ambitions pour les régionales de 2004. Bourquin tombe comme un débutant dans le piège. Il ne résiste pas au plaisir de se projeter à la présidence de la région. Tout le monde sait pourtant qu’il n’a jamais eu aucune chance d’y parvenir, encore moins dans sa situation présente. Et si en 2004, il occupe encore la présidence du conseil général, il devra d’abord se soucier de sauver une majorité de gauche fortement menacée.
Le piège se referme lorsque les deux journalistes lui demandent "Votre défaite aux législatives, votre mise en examen : est-ce que cela ne vous fragilise pas pour ce positionnement régional ?" Bourquin perd pied, "Je ne voudrais pas que l’épisode du tribunal soit au centre du débat…"
Son état de faiblesse Bourquin l’affiche encore lorsque, interrogé sur François Calvet il répond "ne me parlez pas des choses,insignifiantes". La chose insignifiante qu’il méprise l’a battu aux dernières élections législatives. Et cela Bourquin ne l’a pas encore digéré.
Surréaliste : Bourquin se fait gentil avec Alduy. Oubliée son opposition systématique, sa guerre de tranchées au maire de Perpignan, sur les pompiers, l’abattoir, la tribune Chevalier au stade Aimé Giral. Il semble avoir pris conscience que ce sont les Perpignanais qui lui ont fait perdre l’élection législative en sanctionnant son hostilité à la ville.
"Avez-vous un projet structurant, ludique et économique pour le département ?" lui demandent perfidement les deux journalistes de L’Indép. Bourquin saute à pied joint sur la question. Sans citer le nom du projet d’’Hydroscope, il explique qu’il "vaut mieux ne rien faire" invoquant les déficits du Futuroscope et du Pont du Gard. Mais quel est son projet pour le département ? Bourquin répète comme depuis cinq ans que le département a "deux éléments forts, son patrimoine naturel et culturel. C’est l’équivalent de deux Louvre à ciel ouvert. Ce sont des outils dont on a hérité, mais que l’on a pas suffisamment mis en valeur." C’est sur cette absence de projet et ce constat négatif que s’achève l’interview du patron du conseil général.
En marge et en une quinzaine de questions, il est demandé à Bourquin, qui il aimerait être s’il était un sportif, un pays, une actrice. Dans ce questionnaire qui porte sa marque post adolescente, Yann Marec n’a pas demandé à Bourquin si avec les frites, il préférait le ketchup ou la mayonnaise. Bourquin n’était visiblement pas dans son assiette.
Demain L’Indép. nous offrira l’interview de Jean-Paul Alduy. Quel sort sera réservé au mari de la patronne ?