L’histoire commence en 1993, et oui, bientôt dix ans. Lors du Festival International du disque, Jean-Paul Alduy signe avec Jean-Pierre Farkas, directeur de Radio France, une convention faisant de Perpignan l’héritière d’une collection de 100 000 disques vinyle en 45 et 33 tours, venant des stations locales de Radio France. En contrepartie, la ville s’engageait à créer un espace pour conserver cette collection que les responsables de la grande discothèque de Radio France n’ont pas voulu récupérer jugeant qu’elle faisait doublon avec leur fond.

Jean-Paul Alduy prit alors l’engagement de créer un musée du disque. La collection dormait déjà depuis quelques années dans des sous-sols de la municipalité quand certains s’inquiétèrent de l’oubli dans lequel elle était tombée. Il fallut alors pas mal de temps à notre maire pour sortir de son silence et annoncer la création de ce qui n’était plus un musée, mais un espace du disque, et qui verrait le jour dans le cadre de la deuxième tranche du Médiator.

Surprise, lors de l’inauguration des derniers bâtiments du Médiator, il y a quelques jours, l’Espace Disques promis, maintes fois, à cet endroit, n’y était pas.

Il sera, dit-on, fait ailleurs. On croit comprendre que le responsable de l’établissement n’a pas voulu récupérer la gestion d’une collection loin de sa programmation orientée vers les musiques actuelles. Maurice Lidou, le directeur du Médiator, précise, quant à lui, que dans l’étude qu’il a faite, en vue de la réalisation du Médiator, il a préconisé que la conservation et la gestion de la collection de 100 000 disques qui supposait des moyens de conservation considérables et des compétences musicologiques que le Médiator ne pourrait rassembler se fassent à part dans un autre projet.

Aux dernières nouvelles c’étaient les catalanistes qui récupéraient le bébé. Information confirmée par une délibération adoptée lors du dernier conseil municipal comme par hasard cinq jours avant l’inauguration de la dernière tranche du Médiator.

La Ville s’est associée à la Génaralitat de Catalogne pour créer un pôle de ressources de la culture catalane à Perpignan. Et c’est le CEDACC, Centre de documentation et d’animation de la culture catalane qui gérera le fonds, si l’Europe accepte de financer à 50 % ce projet estimé à 3,5 millions d’euros.

Il faut quand même un grand chausse-pied pour faire rentrer la volumineuse collection de disques dans ce projet culturel transfrontalier orienté vers la culture catalane entrant dans le cadre d’Interreg III. Les instructeurs du dossier fermeront-ils les yeux sur cette énorme incongruité ?

Les 100 000 disques des stations locales de Radio France sont décidément embarrassants. Quel intérêt y a t-il à dépenser de d’argent pour construire des locaux et payer du personnel chargé de conserver une collection au caractère muséographique secondaire ?

Il serait certainement plus sage de l’offrir à un musée ou à une institution qui, en France, ou dans un autre pays à vocation à conserver les disques. Cela existe.

Doit-on gaspiller de l’argent public pour éviter de reconnaître qu’en 1993 le tout nouveau maire tout feu tout flamme à pris une décision un peu précipitée ?

Qui ne pardonnerait pas une erreur de jeunesse ?

En attendant, le maire a lancé le disque un peu plus loin… à quelques années de là…