Oublier la distinction du politique et du religieux, du public et du privé. Depuis quand la République fait-elle participer le représentant d’une religion à une de ces manifestations publiques ?

Cette situation ne semble pas avoir fait lever un seul sourcil parmi les nombreux conseillers généraux socialistes et communistes présents. Les mêmes représentants de cette gauche officielle molle, tiède et transparente vont ensuite s’étonner que leurs ouailles préfèrent se vouer à Besancenot, Laguiller, Mamère ou Chevènement.

Chantal Gombert, maire adjointe de Perpignan, représentant Jean-Paul Alduy fit un discours des plus remarqués. Elle se félicitait d’avoir “ Dés le début soutenu l’excellente initiative de Christian Bourquin “. Et au cas où ce dernier n’aurait pas bien entendu l’enchaînement de félicitations qui suivit, la laudatrice martela “ j’approuve à 100 % l’initiative de Christian Bourquin “. La légèreté n’est pas, il est vrai, la principale qualité de Chantal Gombert. Cela contribue peut-être à la rapprocher de Christ’hi-han.

Les cantonales de 2004 approchant Bourquin, qui a perdu son siège de député sur la ville de Perpignan en bonne partie à cause de la guéguerre qu’il mena au chef lieu de département, fait, à présent, le gentil qui s’entendrait bien avec JPA et qui ferait tout ce qu’il peut pour les Perpignanais. La caution apportée par Chantal Gombert a donc provoqué de l’effervescence dans les rangs UMPistes.

Le clou du spectacle fut assuré par un Bourquin parlant si facilement du président du conseil général à la troisième personne que l’on pensait parfois qu’il parlait d’un autre.

BourKing Premier remonta à l’époque des rois de Majorque et à “ La construction du palais de Perpignan en moins de trente ans… Une période extraordinaire où, grâce au commerce, les Catalans dominaient la Méditerranée…Mais tout cela s’est écroulé et il y a eu un vaste endormissement… Et bien ce paradis perdu, je veux vous le faire retrouver. " Après les lendemains qui chantent, voilà le retour du paradis perdu, interprété par un BourKing Premier qui prétend réincarner les rois de Majorque.

Bourquin déclencha quelques rires sonores et de nombreux apartés dans l’assistance et sur la tribune lorsqu’il donna rendez-vous dans trois mille ans.

Après s’être Investi de ce rôle messianique, Christian Bourquin déclara à la foule massée à ses pieds «Je me permets de vous déclarer citoyens Catalans.»

Les propos généreux du président du conseil général furent chaudement applaudis. Vous étes chez vous, vous êtes des nôtres, dît en substance Christian Bourquin, en s’inspirant du principe de primauté du droit du sol.

On s’étonnera que depuis quelques temps déjà, Bourquin parle de “citoyen catalan“. Les nationalistes catalans se réjouiront de la reconnaissance d’une citoyenneté catalane. Mais ce propos s’inscrit-il dans une pensée politique ou dans l’habituelle confusion du discours Bourquinien ?

Ce qui est bien réel et bien palpable, c’est la mégalomanie croissante de BourKing Premier, roi de Millas. Elle vient là d’atteindre des sommets.

PS : Dans le premier article consacré à cette manifestation, nous avons omis de rappeler qu’elle était financée par le CDT, Comité départemental du Tourisme. Les budgets de communication et de relation publiques du conseil général atteignant déjà des niveaux records, il fallait bien trouver le moyen de financer cette opération pourtant fort éloignée des objectifs du comité départemental du Tourisme.