C’est au pied du Castillet, à 14 heures, que la communauté d’agglomération Têt Méditerranée avait donné rendez-vous aux cyclistes pour participer à une opération de sensibilisation au partage de la route. Jean-Paul Alduy et le préfet Michel Fuseau avaient pour l’occasion enfourché leur monture.

On reconnaissait aussi au premier rang, un certain nombre de décideurs locaux, Michel Paillissé, directeur de cabinet du préfet, Pierre Roig, maire de Sainte-Marie-la-Mer, Marcel Zidani, élu de Perpignan, Amin Boutaghane, patron des RG et bien d’autres… visages connus de la crème locale, dont un élu socialiste perpignanais, Isidore Marc Olive.

Distribué aux 200 participants (selon les organisateurs), le joli plan de l’ambitieux schéma directeur des pistes cyclables de la communauté d’agglomération Têt Méditerranée faisait d’autant plus rêver qu’il y manquait le calendrier de réalisation des dizaines de kilomètres de piste annoncées. Demain ? après-demain ? ou à la Trinité ?

Une fois la Têt traversée, le peloton emmené par des mobilo-cyclistes de la police est tombé sur un os. La piste cyclable qui démarre un peu après le passage à gué est, en effet, actuellement occupée par les camions et les stands de la Foire de la Saint-Martin. Rappelons que le marché aux puces squatte chaque dimanche une bonne longueur de cette piste et que les usagers désespèrent de la capacité de la communauté d’agglo à solutionner ce problème qui perdure.

Le deuxième rassemblement pour le vélo de ce samedi après-midi se tenait place Arago à l’appel de l’association P.E.U, Perpignan Environnement Urbanisme. «Un vélo en ville, c’est beau, c’est gratuit, c’est rapide, c’est convivial, c’est propre et silencieux… Réclamez des équipements cyclables !», proclamait l’appel à manifester.

Ils étaient 150 à avoir bravé la circulation perpignanaise, une cinquantaine de plus que le 25 mai lors de la précédente manifestation. Les nombreuses réactions de sympathie et d’adhésion entendues pendant que le cortège cycliste traversait le centre ville tendraient à montrer que ce mouvement défend une cause assez largement partagée.

L’état d’avancement de la partie perpignanaise de la piste Perpignan Thuir montre trop bien que le vélo n’est pas une priorité de la ville. Deux kilomètres ont été faits sur l’avenue Julien Panchot. A quand la jonction avec Toulouges ? La piste devrait passer devant Cantalou en 2003. Quand pourra-t-on venir en toute sécurité de Thuir et de toutes les communes desservies par la piste cyclable jusqu’à Perpignan ? On ne sait pas. Le second tronçon manquant n’est ni programmé, ni budgétisé.

De toute façon le tracé bordant l’avenue Julien Panchot n’est pas du tout satisfaisant en terme de sécurité. Sur cette zone d’intense activité commerciale et économique, la piste est, à plusieurs dizaines d’endroits, traversée par des voitures et des camions qui les empruntent en grand nombre.

La solution idéale existe pourtant. Il y a quelques années Jean-Paul Alduy lui-même l’avait proposée. A la sortie de Toulouges, la piste s’arrête au bord de la Basse. Elle pourrait repartir de là en longeant la Basse jusqu’au centre de Perpignan ou en continuant jusqu’à la Têt, elle ferait ainsi la jonction avec la piste qui mène à Sainte-Marie la Mer.

Se rendre à vélo jusqu’au centre de Perpignan sur un site réservé est un rêve réalisable. Mais tout le monde ne fait pas les mêmes songes. Ainsi lors d’une réunion de concertation dans le cadre de la préparation du PDU, le 8 octobre, Dominique Piéri, directeur de l’équipement urbain de la ville de Perpignan, a expliqué que les politiques qui visaient à mettre le vélo en site propre étaient des politiques ringardes vouées à l’échec.

Selon lui, le cycliste est un usager comme les autres et il peut facilement se mêler à la circulation automobile. Avant de donner ce conseil à ses enfants, M. Piéri pourrait essayer de faire le tour du centre ville par les boulevards Pyrénées, Mercader, etc…

Manifestement, à Perpignan, on n’a pas une très bonne connaissance de ce qui se passe dans de nombreuses villes, en France et en Europe. C’est sans doute pour la faire avancer que l’association P.E.U invite la mairie à envoyer un ingénieur ou un technicien au prochain congrès des villes cyclables afin d’y puiser des idées.