14nov 2002
2002 année Mère Antigo, Miracle ou supercherie ?
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2002
Exposition, voyage d’études, messes solennelles, journée d’étude, conférences, pose d’une plaque à l’ancien monastère, inauguration d’un jardin à son nom, quantité d’articles dans le journal… Qui, à Perpignan, a déjà été autant honoré que Mère Antigo au cours de l’année 2002 ?
Soulignons combien la ville de Perpignan s’est montrée active en organisant plusieurs des principales manifestations liées à la commémoration du 400e anniversaire de la naissance de mère Antigo, dont l’exposition de la maison de Bernat Xanxo.
Pourquoi tant d’honneurs ?
Sœur Maria Antigo est une clarisse, objet d’une forte dévotion au XIXe siècle en raison de miracles, des guérisons qui lui ont été attribuées. Si le souvenir de la religieuse reste vivace, la ferveur de la communauté catholique s’est fortement amoindrie. Il faut dire que la mère Antigo est une grande discrète, car cela va faire plus d’un siècle qu’elle ne s’est pas manifestée.
Elle ne fait plus de miracle et ceux qu’elle a fait n’ont pas été médicalement reconnus. Du coup, son dossier de béatification et de canonisation est en panne depuis 1910.
Josianne Cabanas, journaliste, qui a pris la tête de la croisade pour la reconnaissance de la sainteté de la Mère Antigo, rapporte dans plusieurs des articles qu’elle a consacrés au sujet dans les colonnes de L’Indép que le corps de la religieuse est toujours dans un parfait état de conservation.
Sur la plaque signée par Jean-Paul Alduy, posée à l’intérieur de l’ancien couvent des clarisses, on lit "Son corps, exceptionnellement conservé jusqu’à nos jours.” Josianne Cabanas a aussi écrit “miraculeusement conservé“ . Le corps de Maria Antigo est parfaitement conservé. C’est vrai ! D’ailleurs tout le monde le dit, l’écrit, et depuis longtemps.
En 1731, cinquante ans après sa mort, le corps de Marie Antigo est retrouvé intact alors qu’il n’avait pas été embaumé. En 1771, il est «dans un état merveilleux». Il est toujours intact en 1805. En 1842, lors de son transfert de La Réal au couvent des clarisses, un parfum suave s’élève du corps, une «odeur de sainteté». En 1842, le docteur Carcassonne examine le corps et écrit, «Partout la peau est desséchée comme tannée. Les organes internes sont dans un état de dessiccation complète. Ils n’ont pas subi la putréfaction…»
Que peut-on voir lors d’une des rares fois ou les clarisses de l’avenue Joffre ouvre le cercueil qui renferme le corps de la Mère Antigo ?
Comme on l’a auparavant lu sous la plume de Josianne Cabanas que «La couleur du visage et des mains ayant souffert, un léger masque de cire a été apposée en 1940…», on ne s’attend pas à découvrir une espèce de momie desséchée.
En regardant derrière la vitre le visage et les mains, les seules parties apparentes, on est immédiatement frappé par la grossièreté et l’impression d’épaisseur du moulage qui les entoure.
Et là, à moins d’avoir la foi chevillée au corps, on ne croit pas un instant de plus au miracle de la conservation du corps de la religieuse…
Quel que soit son état de conservation, c’est plutôt Josianne Cabanas qui devrait être canonisée. Avec tout le remue ménage qu’elle a fait autour de la mère Antigo, elle le vaut bien !
Aymé Créan
PS : Il faudra songer à s’intéresser aux raisons pour lesquelles nos politiques locaux, de droite comme de gauche, (vraie grenouille de bénitier et pourvoyeur d’huile sainte, Bourquin est ami de l’évêque et de Josianne Cabanas) s’impliquent depuis quelques années avec autant d’ardeur dans le fait religieux. Les avis de nos lecteurs seront les bienvenus.
PS 2 : Devant son considérable succès, 23 500 visiteurs, la mairie de Perpignan a décidé de prolonger l’exposition “ Anna Maria Antigo et le couvent des clarisses à Perpignan, du XVII siècle à nos jours. «Une bonne occasion pour découvrir -ou revoir- cette exceptionnelle exposition, unanimement louée pour la richesse et la rareté des images et des objets qui la constituent ainsi que par la qualité de sa mise en scène et sa valeur pédagogique,» dit le dossier de presse.
Casa Xanxo, 8, rue de la Main de fer, tous les jours, de 11 h à 17 h 30. L’entrée est gratuite. Merci Jean-Paul.