François Lamy vient d’ouvrir une large brèche dans le mur de mensonges laborieusement construit par Christian Bourquin. Ce dernier a toujours prétendu qu’il n’avait pas du tout utilisé les services d’Armand Renard son chauffeur pendant la campagne électorale et que, par conséquent, il n’y avait pas lieu pour lui d’imputer cette dépense dans ses comptes de campagne.

Dès lors qu’il est admis que Christian Bourquin a utilisé son chauffeur pendant sa campagne électorale, c’est tout le système qu’il a mis en place pour dissimuler cette situation qui continue de s’effondrer.

Ce système repose sur des témoignages de militants et d’élus qui attestent avoir vu Armand Renard dans leur commune ou leur canton dans le cadre d’une mission “de responsable de la logistique“ de la fédération du PS. S’il l’ont vu faire ce travail c’est qu’il ne faisait pas le chauffeur de Bourquin !

A la lumière des conditions dans lesquelles certains témoignages ont été extorqués, ce qui, rappelons-le, fait l’objet de plusieurs mises en examen par la justice pénale, on est en droit de s’interroger sur la sincérité de ces attestations.

Que va faire le Conseil d’Etat ?

Va-t-il suivre son rapporteur, qui lui ne participera pas aux délibérations, en intégrant une partie des 55 000 francs aux comptes de campagne, à savoir, 21 507 francs, ce qui reste un poil en deça du plafond.

Ou va-t-il poursuivre un peu plus loin le raisonnement de son rapporteur. Puisqu’il est admis que le chèque de 55 000 francs n’est pas, comme le soutient mordicus Christian Bourquin, une avance de cotisations, mais le remboursement de la rémunération de son chauffeur, pourquoi ne pas imputer la totalité de cette somme sur son compte de campagne ?

Dans ce cas, Christian Bourquin dépasse le plafond, il est invalidé, décision presque automatiquement accompagnée d’une période d’inéligibilité, ce qui compromet fortement sa carrière politique.

Faire sauter un président de conseil général est une lourde proposition devant laquelle le commissaire du gouvernement a peut-être hésité.

Mais les Conseillers d’Etat vont certainement avoir en tête les conséquences que pourraient avoir une décision qui repousserait définitivement le recours de François Calvet.

Quelle crédibilité aura-t-elle si, dans un an, le tribunal correctionnel condamne Christian Bourquin et d’autres pour complicité de faux ?

Il convient de ne pas oublier que le Conseil d’Etat ne suit pas toujours l’avis de son rapporteur. Henri Carbonell s’en souvient. Le Conseil d’Etat avait en décembre 1999, à la surprise générale, rendu un avis contraire aux conclusions du commissaire et gouvernement et le conseiller général Henri Carbonell se retrouva invalidé et inéligible.

Verdict, fin décembre.