Thomas Hirsch, le monsieur sujets glauques de L’Indépendant, a enquêté sur cette nouvelle forme de prostitution, «un phénomène en pleine expansion» qui préoccupe la police, elle «s’apprête d’ailleurs à restructurer la brigade des mœurs» afin de lui donner davantage de moyens de surveillance… Dans son collimateur, le travail non déclaré, l’emploi éventuel de mineures ou de clandestins et la prostitution d’origine étrangère.»

Au passage, on peut regretter que le journaliste se soit limité à faire un sujet racoleur s’intéressant aux prestations et aux tarifs plutôt qu’aux êtres humains dont on oublie trop souvent qu’ils n’ont pas de vocation pour la prostitution. La majorité des hommes et des femmes qui s’y livrent à Perpignan, comme ailleurs, ont derrière eux des vies brisées par toutes sortes de drames familiaux, par la drogue, par la violence des souteneurs et les difficultés inhérentes à la pratique de leur gagne-pain.

Le journaliste de L'Indép. précise que «la pub pour ces institutions d’un genre très particulier se fait par bouche à oreille, voie d’annonces mais aussi par Internet.»

Pour ce qui concerne Internet, dans lequel il y a, comme dans L’Indépendant, le pire et le meilleur, notre rédaction n’y a trouvé qu’un seul site offrant la possibilité d’entrer en contact avec un de ces salons perpignanais dans lesquels on pratique, «les massages au-dessous de la ceinture.», il s’appelle Indépendant.com.

Le site de notre quotidien préféré offre un vaste choix d’annonces en répertoriant toutes celles qu’il a passées dans la dernière quinzaine, soit exactement 47. Si vous désirez élargir votre recherche à la région, là ce sont 208 annonces qui s’afficheront sous vos yeux.

Pour les lecteurs de L’Indépendant, il est aussi simple d’aller en page 33. Hirsch n’est pas allé plus loin chercher les numéros de téléphone des salons qu’il a appelés. Mais, bien sur, il n’en souffle mot.

Pourquoi le journaliste n’a-t-il pas renvoyé à la rubrique “Les annonces” de son journal ? Il n’y a pas mieux pour édifier le lecteur. «L’Institut Mirella, c’est le charme d’un délicieux moment body body.» ou encore, «Massages érotiques, prestations diverses.» Il y en a comme cela une trentaine, 365 jours par an.

L'Indép. est le principal moyen de recrutement de la clientèle utilisée par les péripatéticiennes en salon. Elles apprécient sa puissance… C’est assez flatteur. Pourquoi le cacher ?

En plus, c’est un bon business. Ces dames et aussi ces messieurs (attention aux faux nez) apprécient particulièrement le forfait 6 jours, 30 euros. Il est, en plus, facile à utiliser, un petit un coup de fil, un numéro de carte bleue et l’annonce passe toute l’année. 1560 euros multipliés par une trentaine d’annonces. On ne crache pas sur 50 000 euros.

La rubrique s’appelle, “Détente” ! On veut bien ramasser de l’argent qui vient de la prostitution, mais discrètement quand même. L’Indépendant est, vous le savez, un journal respectable.

Le mot prostitution, est réservé à la Une du journal, c’est bon pour racoler le client.