Il y avait ceux qui pensaient que l’article paru le jour même dans Libération sous la signature d’Edouard Waintrop allait amener le président du conseil général à prendre en considération la multiplication des réactions à la réhabilitation de Brasillach par André Bonet dans les pages de l’encyclopédie.

Cette parution avait été précédée, la veille, d’un article dans LHumanitéqui comme dans Libération soulignait la responsabilité de Christian Bourquin. Il n’aura échappé à personne que ce sont deux titres de gauche.

Christian Bourquin allait-il continuer à distribuer l’encyclopédie comme si de rien n’était ? Ceux qui pronostiquaient cette attitude, liée à son tempérament obstiné, s’interrogeaient déjà sur ses conséquences.

L’attente a duré jusqu’à la fin du discours du président du conseil général. Mais lorsque qu’il s’est mis à parler de la tradition qu’il avait instaurée, en faisant chaque année un cadeau aux maires, on a senti l’encyclopédie arriver. Une semaine après Jean-Paul Alduy, Michel Fuseau, préfet des Pyrénées-Orientales était gratifié d’un exemplaire dédicacé par le président de l’exécutif départemental.

Mais moins dupe que le maire de Perpignan, le préfet s’est inspiré du discours de Bourquin présentant à plusieurs reprises les P.-O. comme un paradis. Dans une réponse brève et ironique, il a remercié le président du conseil général de lui offrir cette «synthèse du paradis», ce qui ne manqua pas de faire rire la salle.

Dans la foulée, le président Bourquin a loué l’encyclopédie, «dont le conseil général a fortement contribué à ce qu’elle soit réalisée», ajoutant même «Jamais un ouvrage d’une telle importance n’avait été consacré au département.» (NDLR On voit là le bibliophile averti).

Le cadeau 2003 aux maires du département ne ferait-il pas l’unanimité ? Parmi les conseillers généraux de gauche et de droite, ayant pris place sur la scène derrière Bourquin, plusieurs n’ont pas pris part au concert d’applaudissements. L’attitude de Jean-Louis Alvarez, conseiller général PCFdu canton d’Olette, et d’Elie Puigmal, conseiller général PS du canton de Saint-Estève, a semblé ostensible. D’autres conseillers généraux applaudirent du bout des doigts.

L’obstination de Christian Bourquin dans ce que beaucoup considère comme une lourde erreur laisse dubitatif. Car en plus des articles cités plus haut et ceux qui ont précédé, à Radio Arrels, Le Travailleur Catalan, Marianne, sans parler de perpignan-toutvabien, plusieurs personnes ont alerté le président sur le caractère profondément choquant de la réhabilitation de Brasillach dans cette encyclopédie financée par le conseil général.

F.Thomas

Libération 17 janvier, article d’Edouard Waintrop L’Humanité 16 janvier, article d’Alain Nicolas

Pour faciliter le suivi de l'affaire Brasillach, tous les articles s’y rapportant ont été numérotés par ordre de parution.