L’Indép. s’intéresse (c’est beaucoup dire) enfin à l’affaire Brasillach. Dans son numéro du samedi 25 janvier, il en fait 30 lignes sur une colonne (difficile de faire moins).

Tout montre que L’Indép veut vraiment faire peu de cas de l’affaire Brasillach.

Alors que les faits se déroulent dans les P-O où L’Indép à 80 journalistes; il fait son petit papier uniquement sur la base de la dépêche de l’AFP, Agence France Presse, dont le nom est cité deux fois. C’est vraiment la meilleure façon de montrer qu’il n’est pas concerné, pas intéressé, en fait qu’il ne se passe rien.

Le ton est d’ailleurs donné dès la première phrase de l’article qui commence par une citation, «"Je ne soupçonne en aucune manière les éditeurs d’avoir voulu réhabiliter Brasillach", a indiqué à l’AFP l’un des responsables de la communauté juive perpignanaise, l’avocat Maurice Halimi.»

Le lecteur doit donc, comme on l’y invite, penser que si celui qui est censé être le plus sensible au sujet ne soulève pas de problème, c’est bien qu’il n’y a pas de problème.

Cette orientation qui vise à réduire l’affaire Brasillach à peu de chose, L’Indép. la développe en écrivant ensuite «Le texte (de l’encyclopédie) parle d’un homme “victime à 35 ans d’un des drames de l’épuration.” Selon les instigateurs de la polémique, ces quelques lignes pourraient faire croire qu’à travers l’œuvre littéraire, une tentative de réhabilitation auraient animé les éditeurs.»

Comme si l’affaire Brasillach se réduisait à ce seul passage de l’article de Bonet.

L’Indépendant se livre à un joli coup tordu. Jamais perpignan-toutvabien, ni personnes d’autre, n’a accusé les éditeurs de vouloir réhabiliter Brasillach.

Nous nous permettons de rappeler notre article du 12 janvier titré Encyclopédie des Pyrénées-Orientales, Chronique d’une catastrophe annoncée dans lequel on pouvait lire, «En préalable, il n’est pas inutile de préciser que personne n’accuse Michel Demelin et Jean Reynal, les deux directeurs de l’encyclopédie, Dominique Porté, le directeur des éditions Privat, François Delacroix, directeur général des services du conseil général, Christian Bourquin, président du conseil général d’avoir voulu réhabiliter Brasillach.»

Ce qui est mis en cause dans le même article de perpignan-toutvabien, c’est la compétence et la vigilance des responsables de l’encyclopédie.

La rhétorique que L’Indép. emprunte aux responsables de l’encyclopédie, permet à ces derniers de se placer dans la posture d’offensés, vous vous rendez compte on nous accuse de vouloir réhabiliter Brasillach. Et ainsi les accusés deviennent accusateurs en noyant le poisson.

Mais les faits demeurent. Et ils sont têtus, eux aussi.

Citons à nouveau L’Indép. «La controverse a pris une autre dimension, jeudi, lorsque le sénateur maire JP Alduy a écrit au média électronique qui avait lancé la soit-disant affaire.»

Tous nos lecteurs auront reconnu «le média électronique» à toucher avec des pincettes. Beurk ! Mais qui sont ces manants qui osent venir traquer l’info sur les chasses gardées des seigneurs du monopole du groupe Midi-Libre-L’Indépendant-La Semaine du Roussillon ?

A propos de «la dimension de la polémique», L’Indép. préfère passer sous silence, les articles de Marianne, de L’Humanité, de Libération et d’autres réactions encore.

Le journaliste anonyme achève sa démonstration avec «la soit disant affaire».

Il n’y a pas d’affaire Brasillach.

Comment, chers lecteurs, pourrait-il y avoir une affaire, une polémique, un débat, qui ne soit pas provoqués ou couverts par L’Indép. ?

Circulez, il n’y a rien à voir.

Il ne se passe rien.

Si L’Indép. le dit !

Illustration : 45, quai Vauban, maison natale de Brasillach et siège du Centre Méditerrénéen de littérature

Pour faciliter le suivi de l'affaire Brasillach, tous les articles s’y rapportant ont été numérotés par ordre de parution.