30jan 2003
Affaire Brasillach (23)
00:00 - Par perpignan toutvabien - 2003
INCROYABLE: LES PREUVES DE BOURQUIN SONT D'ORIGINE NéGATIONNISTE
C’est Christian Bourquin lui-même devant une caméra de FR3(1) qui a apporté la preuve que le texte signé André Bonet sur Brasillach publié par l’encyclopédie des Pyrénées-Orientales était, pour le moins, d’une origine douteuse puisqu’il est copié sur un texte de Maurice Bardèche, théoricien du néo-fascisme.
Christian Bourquin croyait fournir la meilleure des justifications en brandissant Comme le temps passe de Brasillach devant la caméra de FR3. En pointant du doigt la quatrième de couverture, il déclare :
«C’est une grosse manipulation, montée à partir d’un site électronique douteux et montée par des gens véreux. Je tenais à saluer à côté du professionnalisme des Editions Privat qui dans la biographie de Brasillach s’est simplement inspirée de la biographie produite de Brasillach sur les Editions Plon, il y a de cela dix ans et là personne a eu à redire.» (NDLR : Désolés pour la syntaxe nous avons restitué mot pour mot les propos de Christian Bourquin, président du conseil général des Pyrénées-Orientales).
On identifie clairement à l’image qu’il ne s’agit pas, comme le dit Christian Bourquin, d’une biographie mais bien d’un roman Comme le temps passe. C’est la seizième édition de ce roman de Robert Brasillach édité chez Plon en 1983, la première édition toujours chez Plon datant de 1937.
Et la quatrième de couverture que Christian Bourquin met sous les yeux du téléspectateur est l’œuvre de Maurice Bardèche. Celui-ci, exécuteur testamentaire de Robert Brasillach, a consacré une bonne part de sa vie à la promotion et à la publication de l’œuvre de son beau-frère, (il était l’époux de Suzanne, sœur de Brasillach). Il mettait énormément d’application à préfacer, présenter, relire, corriger, tout ce qui portait la signature de Robert Brasillach. Il était d’autant plus intransigeant, qu’il poursuivait l’objectif de réhabiliter Brasillach en gommant au maximum son engagement fasciste, nazi et collaborationniste.
Et cinq phrases du texte de Bonet ont effectivement été recopiées avec une totale fidélité sur cette quatrième de couverture.
On y retrouve d’ailleurs quelques-uns des points qui sont à l’origine de l’affaire Brasillach.
- Robert Brasillach «victime» d’un «drame de l’épuration»
- Brasillach se constitue prisonnier «parce que sa mère est prise en otage»
Maurice Bardèche s’applique à mettre sur un même plan les victimes des armées du troisième Reich et celles des troupes alliées qui libèrent le monde du nazisme, celles de la milice pendant l’occupation et celle de la Résistance. Pour lui, ce ne sont là que les horreurs de la guerre. Sa démarche vise à nier le caractère intrinsèquement criminel et monstrueux du fascisme.
Voilà pourquoi de bourreau et de coupable jugé et condamné, Brasillach passe au statut de «victime», comme les résistants torturés à mort. Et comment sa mère se retrouve «otage» alors qu’elle ne risque pas d’être fusillée comme le furent les otages des Allemands. Beaucoup sont morts bien plus jeunes encore que Brasillach, Guy Mocquet n’avait que 17 ans.
Voilà comment on réécrit l’histoire, pour lui donner un sens différent.
Voilà d’où viennent les écrits de Bonet, voilà le sens et la portée qu’ils ont.
Nous nous abstiendrons de tout commentaire sur la personne de monsieur Bourquin pour ne retenir que les faits.
Qu’un élu de la République, qui siégea à l’Assemblée Nationale, qu’un président du conseil général finance et défende cette réécriture de l’histoire qui vise à réhabiliter une figure du fascisme et les idées fascistes n’est pas acceptable.
Fabrice Thomas
Spécial Moltes Gracies à tous ceux qui ont apporté leur contribution, leur connaissance à cette enquête.
(1) Reportage diffusé lundi 27 janvier à 18 heures 55 dans le journal départemental de FR3 Roussillon et rediffusé en Languedoc-Roussillon pendant l’édition régionale.
NDLR:Maurice Bardèche, fondateur du négationnisme en France, développe ses thèses dans Nuremberg ou la terre promise. Il est le fondateur de la revue Défense de l’occident, publication qui durant les décennies d’après guerre joua un rôle primordial pour permettre la restructuration des idées fascistes et à leur donner une présentation «acceptable». Cela donna le Front National. Ami de nombreux dirigeants d’extrême droite des pays européens, il était un maître à penser du néo-fascisme et il se présentait en disant «Je suis un écrivain fasciste.» Mort en 1998, il vivait à Canet-en-Roussillon, village d’origine de Brasillach et il entretenait des relations amicales avec quelques personnes des milieux culturels locaux.
Nous tenons une nouvelle fois à préciser que nous n’accusons pas les Editions Privat et le conseil général de vouloir réhabiliter Brasillach. Il est par contre évident qu’en voulant couvrir les écrits de Bonet qu’ils ont laissé passer par négligence, les éditeurs et le conseil général aggravent leur cas.
Illustration ©FR3 Bourquin filmé dans son bureau du conseil général, le 27 janvier 2003
Pour voir le reportage de FR3 http://www.sud.france3.fr/semiStatic/387-NIL-NIL-192889.html
Pour faciliter le suivi de l'affaire Brasillach, tous les articles s’y rapportant ont été numérotés par ordre de parution.