31jan 2003
Brasillach (25) Le sauvetage du soldat Bonet
00:00 - Par perpignan toutvabien - 2003
Il faut lire un quotidien national, Le Monde, pour apprendre qu’André Bonet se défile «Le signataire de l’article, André Bonet n’est pas l’auteur des lignes incriminées. Il n’estimait pas pertinent d’introduire Brasillach dans le panorama des écrivains d’origine catalane. Ce sont les responsables de l’ouvrage, Michel Demelin et Jean Reynal, qui, par souci d’exhaustivité, ont rajouté quelques lignes à l’article d’André Bonet. Michel Demelin, journaliste, confirme et assume.»
André Bonet ne reconnaît plus le texte sur Brasillach.
Oui, et alors ?
L’encyclopédie n’est-elle pas toujours là, avec son texte révisionniste d’inspiration négationniste tiré de Maurice Bardèche ?
André Bonet s’était d’abord défendu, en utilisant la caution de Maurice Halimi, ancien responsable de la communauté juive, qui avait lu son texte avant parution et n’avait rien trouvé à redire.
Mais voyant l’importance que prenait l’affaire, il s’est débattu comme un beau diable pour qu’on l’aide à se sauver.
D’où le déclenchement de l’opération Sauvetage du soldat Bonet. Il est clair que cette affaire pouvait compromettre l’avenir du CML et surtout celle de son président à vie.
Opération réussie.
Certes, il y a quelques dégâts au passage. Car en dénonçant la paternité de ce texte, André Bonet reconnaît qu’elle est difficile à assumer.
A présent, retiré du front, le soldat Bonet fait savoir que l’affaire ne le concerne plus. Il distribue l’article du Monde avec une petite lettre où il écrit «Ni le président du CML ni l’ensemble de notre équipe n’a rien à voir avec les propos tenus sur Internet.»
Quel nouvel aveu ! Le problème d’André Bonet n’est pas d’avoir signé la réhabilitation de Brasillach, c’est que cela ait suscité une forte désapprobation.
D’ailleurs André Bonet ne désapprouve pas du tout le texte signé de son nom, il estime simplement qu’il n’était «pas pertinent d’introduire Brasillach dans le panorama des écrivains d’origine catalane.»
Reste à Bonet à trouver un nouveau siège pour le Centre Méditerranéen de Littérature.
Il est devenu inconcevable qu’une association qui vit largement des fonds publics (richement subventionnée) ait son siège et reçoive à Perpignan des écrivains de renom dans la maison natale de l’antisémite, du fasciste, du nazi, du délateur Brasillach.
Fabrice Thomas
(1) Un livre accusé de réhabiliter Brasillach, article de Jean-Paul Besset, correspondant régional du Monde à Toulouse. Le Monde, 30 janvier 2002.
Pour faciliter le suivi de l'affaire Brasillach, tous les articles s’y rapportant ont été numérotés par ordre de parution.