Dans un article dense et documenté, José Lozano retrace l’itinéraire fasciste et criminel de Robert Brasillach. Un article à découper et à glisser entre les pages de l’article signé André Bonet sur Brasillach. On y trouve ce que l’on devrait lire dans l’encyclopédie.

Pour ce qui est du rappel de l’affaire, on regrettera que l’article de Bruno Doguet oublie les réactions de la Ligue des droits de l’homme, du Snesup, le syndicat des profs de l’université de Perpignan, de Maître Cohen, le président de l’alliance des juifs des Pyrénées-Orientales. Montrent-elles trop que le conseil général et Privat se trouvent face à un fort mouvement de désapprobation ?

Il aurait été utile aussi que le lecteur de L’Indépendant sache que le CML de M. Bonet avait son siège au 45 quai Vauban dans la maison natale de Robert Brasillach.

Le Travailleur Catalan de cette semaine consacre à nouveau une importante place à l’affaire.

Jean Reynal qui, selon les circonstances, se présente comme conservateur du patrimoine, conseiller culturel du président Bourquin, historien ou anthropologue, répond à une interview sous la casquette de co-directeur de L’Encyclopédie des P-O. Mais, dans son discours, il se positionne également comme salarié du conseil général dont il dit «l’institution que je représente.»

On ne s’attendait pas à ce que Jean Reynal, salarié du conseil général dont il est, en matière de culture, un personnage influent, contredise Jean Reynal responsable éditorial rémunéré par les Editions Privat.

Michel Demelin, directeur de collection chez Privat et le second co-directeur de L’Encyclopédie des P-O., est également dans cette position équivoque. Il a été recruté comme modérateur des forums par le conseil général dans le cadre de l’opération Horizon 2012.

Beaucoup d’attaques dans l’interview de Jean Reynal. Ce n’est pas ce genre d’arguments qu’attendaient les lecteurs du Travailleur Catalan.

Un petit extrait pour avoir un aperçu.

«Qu’on le veuille ou non, Brasillach est né ici. Le parti pris de l’éditeur, qu’il soutient sans réserve, était de ne rien occulter dans un ouvrage encyclopédique dédié au Pays Catalan. Le devoir de mémoire, c’est cela aussi, n’en déplaise à un petit censeur peu soucieux de respecter les règles qui fondent la déontologie de la profession à laquelle il prétend appartenir. S’il ne devait, un jour, parvenir à appliquer qu’une de ces règles, je lui suggère pour ma part : l’autocensure, cela lui éviterait le ridicule avant de tomber, quelques instants plus tard, dans la diffamation… moins juteuse, sans aucun doute… »

Le devoir de mémoire appliqué aux bourreaux. On nage vraiment dans le révisionnisme.

Le devoir de mémoire n’est ce pas, plutôt, cette transmission de la vérité que nous devons aux victimes, à leur mémoire et aux générations futures pour les aider à se préserver du retour toujours possible de la barbarie.

A son habitude, Jean Reynal se gargarise de mots et de valeurs.

Avec un tel conseiller culturel à ses côtés, il n’est pas étonnant que Christian Bourquin cautionne un texte révisionniste bêtement recopié par phrases entières sans changer un mot sur Maurice Bardèche et brandisse à FR3 un article du même fasciste et fondateur du négationnisme en France.

LeTravailleur Catalan consacre par ailleurs une pleine page à l’affaire, sous la signature d’Eric Biesse. Citons un extrait qui est la meilleure réponse aux propos vindicatifs de Jean Reynal " La liberté de la presse c’est, entre autre, la possibilité d’écrire dans le style de son choix sur tout sujet, même ceux qui fâchent. En rapport à cette liberté, tout journaliste à des devoirs. Le premier est de respecter la vérité. En l’occurrence qu’il s’agisse du Travailleur Catalan, de perpignan-toutvabien, de L’Humanité ou de Marianne, les journalistes ont respecté la vérité, ils ont même contribué à sa démonstration. "

Que dire de plus…

Pour faciliter le suivi de l'affaire Brasillach, tous les articles s’y rapportant ont été numérotés par ordre de parution.