«Comment qualifier, comment résumer en quelques lignes la vie d’un écrivain collabo? Une encyclopédie qui vient de sortir, L’encyclopédie des Pyrénées-Orientales revient de façon un peu trop sympa sur la vie et l’œuvre de Robert Brasillach, l’auteur préféré des fachos en tous genres. Mais bonne nouvelle, il y a encore des gens qui savent lire et qui ont de la mémoire. Ils n’ont pas du tout apprécié cette bio plutôt complaisante de Brasillach et l’ont fait savoir.» C’est ainsi que les présentateurs du JBN ont annoncé le sujet de Sonia Chabour et Yves Weyders sur l’affaire Brasillach, lundi 3 février à 19 h 30.

Après Libé, L’humanité, Le Nouvel Observateur, Le Monde Canal + c’est intéressé à l’affaire Brasillach. Les journalistes du journal des bonnes nouvelles, le JBN, une émission de Karl zéro sont venus à Perpignan enquêter sur l’affaire. Comme cela est peu visible dans ce reportage qui donne rapidement la parole aux intervenants, il est utile de souligner qu’il y a, derrière ce sujet de trois minutes, plusieurs jours d’un travail journalistique exigeant.

Sonia Chabour a recueilli quatre témoignages. Fabrice Thomas a dénoncé le caractère révisionniste de la réhabilitation de Brasillach. Dominique Portet, le directeur des Editions Privat, y voit, lui, un soufflet médiatique et une histoire de «Cornecul». Pour Christian Bourquin «tout est manipulation» et il ajoute «Je sais pourquoi on me montre du doigt, Madame, c’est que les élections régionales arrivent à grands traits.» Jean-Paul Alduy a, une fois de plus, défendu sa position, à savoir que le texte de l’encyclopédie devait être modifié. Selon le maire de Perpignan, il n’y a que cette solution pour que «le sujet ne s’enlise pas dans le débat politicien.»

La journaliste de canal + a efficacement conclu son reportage «La ligue des droits de l’homme, le syndicat national de l’enseignement supérieur et l’alliance juive locales condamnent et demandent la correction de ces lignes. Cette dernière demande même le déménagement du Centre méditerranéen de littérature qui est situé, devinez où ? Dans la maison natale de Brasillach.»

A perpignan-toutvabien on dit bravo pour cet excellent reportage bien documenté. Les quelques secondes du film de 1943 montrant Brasillach sur le front de l’Est (Russie) rendant visite à la LVF (légion des volontaires français, français ayant endossés l’uniforme allemand) vaut bien des explications.

La diffusion de ce reportage sur une grande chaîne nationale à une heure de grande écoute et dans une émission réputée pour le sérieux de ses enquêtes prouve bien, s’il le fallait encore, que l’affaire Brasillach est d’importance et qu’elle n’a rien à voir avec une querelle politicienne locale.

Pour faciliter le suivi de l'affaire Brasillach, tous les articles s’y rapportant ont été numérotés par ordre de parution.