18fév 2003
1 000 000 d'euros pour la campagne pré-electorale de Bourquin
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2003
Impossible d’échapper aux centaines de panneaux 4X3 vifs et colorés du conseil général qui nous invitent à composer le 04 68 85 85 85.
Petit coup de fil au numéro indiqué. C’est le standard du conseil général. La personne à qui l’on demande le livre blanc n’est pas au courant. Après lui avoir expliqué ce qu’indique l’affiche, la standardiste, d’ailleurs aussi aimable qu’embarrassée, se renseigne et oriente l’appel vers le service communication.
La nouvelle interlocutrice ne sait pas ce qu’il faut faire. Elle se renseigne et prend notre adresse et téléphone en promettant de nous tenir au courant.
Cela fait exactement une semaine que le département est couvert d’affiches annonçant que «l’ouvrage est disponible à partir du 20 février», mais l’information n’a pas parcouru la distance entre l’agence de publicité Synthèse et le conseil général (quelques centaines de mètres). Un autre appel passé par une personne différente n’aboutira même pas aussi loin, la ligne téléphonique du service communication est durablement occupée.
A perpignantoutvabien, on est certes habitué à avoir ce type de résultat lorsque l’on teste une initiative du conseil général. L’incurie serait-elle un mal chronique de l’institution départementale?
Il y a heureusement quelques domaines dans lequel le conseil général est beaucoup plus performant.
Lundi 24 février, la majorité du conseil général votera une augmentation de la fiscalité départementale autour de 10 %. Du jamais vu dans l’histoire du conseil général. Bravo la gauche !
Qui osera dire que l’augmentation du train de vie du conseil général, les manifestations de relations publiques, les cadeaux en veux-tu en voilà, comme les tee-shirt à dizaines de milliers d’exemplaires et toutes les dépenses de communication représentent plusieurs points de fiscalité supplémentaire ?
Christian Bourquin a décidé de mobiliser des moyens considérables pour faire sa promotion, il doit en assumer les conséquences budgétaires et ne pas laisser croire que l’APA, l’allocation destinée aux personnes âgées dépendantes, serait seule responsable de cette augmentation sans précédent de la fiscalité départementale.
Cette performance n’est pas la seule dont Christian Bourquin ne se vantera pas. La fameuse campagne d’affichage pour faire connaître le livre blanc est la plus grosse campagne d’affichage jamais faite par une collectivité territoriale des Pyrénées-Orientales. 450 panneaux 4x3 réservés à Dauphin.
La sérigraphie de l’affiche et la réservation de la plupart des réseaux Dauphin pendant deux semaines représentent une dépense de 100 à 150 000 euros. A ajouter à tout ce qui a déjà été fait dans le cadre de cette campagne “horizon 2012“, questionnaire dans tous les foyers, grosse facture de la Sofres, achat d’espace dans la presse écrite, bristols imprimés à des dizaines de milliers d’exemplaires, Grand-Messe de Bourquin, frais de personnels mobilisés par dizaines, piges phénoménales (des salaires jamais vus) à des journalistes amis, grosses réceptions avec petits fours, honoraires monstrueux de l’agence de pub Synthèse etc…
La campagne pré-électorale “Horizon 2012 “ de Bourquin payée par le contribuable a engouffré 1 000 000 d’euros en quatre mois.
Christian Bourquin prétend que les habitants des P-O ont participé à cette opération en remplissant 18 000 questionnaires, un niveau de participation qualifié d’«exceptionnel».
Selon les sources de perpignan-toutvabien 2 000 exemplaires du questionnaire ont été renvoyés, dont plusieurs centaines inexploitables, (personnes dénonçant le coût ou l’inutilité de l’opération etc…)
Dans le même temps, nous apprenons que le plan de construction de nouveaux collèges sur lequel Christian Bourquin s’était “ solennellement engagé “ va devoir être étalé sur un plus grand nombre d’années.
La communication ne remplace pas l’action.
Un adage politique que Christian Bourquin semble avoir oublié.