08avr 2003
Le livre noir du conseil général
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2003
La colossale opération de communication du conseil général, “Horizon 2012”, (1 million d’euros) a accouché d’un livre de 210 pages dont on a très peu entendu parler. Resterait-il assez de lucidité à certains pour avoir un peu honte de son contenu ?
Premier enseignement tiré des réponses au questionnaire diffusé dans tous les foyers du département, «Les habitants des Pyrénées-Orientales soutiennent largement l’action du conseil général», écrit une directrice d’études de la Sofres. Il est toujours temps pour ceux qui ont pu croire que cette opération visait à préparer l’avenir du département d’enfin réaliser qu’elle a surtout servi de pré campagne aux élections cantonales de 2004 et que le seul avenir qui intéresse Christian Bourquin, c’est le sien propre.
Chargé de la rédaction de l’ouvrage, Joël Mettay l’a parsemé de son nom. L’hagiographe de Paul Alduy, le complimenteur patenté, a fait beaucoup de remplissage. Pourquoi 18 pages sur l’histoire du département là où l’on espérait plutôt trouver une mise à plat de son économie, de sa réalité sociale, et de son aménagement.
Pour penser l’avenir, il faut d’abord comprendre le présent. Mais à part les éléments fournis par l’Insee, Mettay navigue dans le brouillard. Il n’a pas les outils et ne les a pas cherchés. Les services de l’Etat, les universités, au niveau départemental, régional, national regorgent de spécialistes et de connaissances que l’on ne peut pas négliger pour faire un état des lieux qui permette de bien comprendre là où en est le département
De généralités en généralités, l’auteur finit par faire étalage de la pauvreté d’une réflexion qui elle même révèle la principale faiblesse des occupants du conseil général, l’absence de visions et de stratégie d’aménagement et de développement.
Le chapitre «Que pensons-nous? Que voulons-nous?» est donc sans surprise. C’est un méli-mélo, un fourre-tout, un bric à brac de propositions sans lien, sans cohérence recueillis lors des ateliers et des réunions publiques. Beaucoup de ces idées sont bonnes, voire mêmes excellentes et surtout très séduisantes. Notons que la plupart ne relèvent pas de la compétence du conseil général. Leurs chances de devenir réalité d’ici 2012 sont donc minces.
Le conseil général a trois grands domaines de compétence, les routes départementales, les collèges et la la solidarité.
Si le sujet des routes est assez largement abordé, on relève par contre l’absence du calendrier de construction des collèges. Domaine dans lequel Bourquin essaie de verrouiller l’information. Il est, en effet, dans l’incapacité de tenir le plan sur lequel il s’était solennellement engagé en 2000 et sur lequel il avait fait la campagne des cantonales de 2001.
En matière de solidarité, l’insertion des Rmistes passe à la trappe. On arrive pas à y croire, on reprend, le livre dans un sens puis dans un autre. Compte tenu du nombre considérable de Rmistes que compte notre département, l’insertion économique et sociale ne peut qu’être une priorité. Mais dans ce domaine également, l’action de celui qui poussait des coups de gueule en déclarant qu’il allait mettre les Rmistes au boulot ne brille pas par ces résultats.
Le conseil général donne tout simplement l’impression de dire aux autres collectivités territoriales et à l’Etat ce qu’elles doivent faire. Ce n’est pas avec des miroirs aux alouettes que la majorité de gauche au conseil général masquera l’échec de sa gestion. La communication ne remplace jamais l’action même si l’on vit dans une société où l’on prétend de plus en plus le contraire.
Beaucoup des électeurs, qui avaient espéré que l’alternance politique ferait du bien au département, déchantent. L’ère Bourquin n’a pas tenu ses promesses. Et l’on se demande si 2004 ne verra pas une nouvelle majorité s’installer dans l'hémicycle du conseil général avec Rigual ou Bascou à sa présidence.
Livre de doléances, l’ouvrage du conseil général laisse finalement l’impression d’être un livre de condoléances.
''F.T.
P.S. 1: Le conseil régional a organisé une consultation (de moindre envergure) du même type que celle de Bourquin, avec questionnaire dans toutes les boîtes à lettres et même annonce triomphale et mensongère d’un niveau de participation record.
P. S. 2: Vous pouvez vous procurer le livre du conseil général en téléphonant au 04 68 85 85 85, il vous sera expédié sans frais mais pas gratuitement. Le conseil général a voté une augmentation de 6 % de la fiscalité départementale, elle s’ajoute à l’augmentation des bases fiscales qui suivent plus ou moins l’inflation.
On nous explique que la fiscalité départementale augmente à cause de l’APA. Pourquoi dans ce cas les autres départements de la région Languedoc Roussillon n’ont ils pas procédés à un niveau d’augmentation comparable ? Cette augmentation de la fiscalité cache en fait de grosses erreurs de gestion et le coûteux train de vie de l’institution. Aucun poste de dépense n’a autant progressé que celui des frais généraux, il a même explosé depuis que Christian Bourquin est président du conseil général.''