26mai 2003
USAP : carton rouge pour les politiques
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2003
L’Indép ne dit pas un mot de la bronca que se sont pris Alduy et Bourquin de la part des milliers de supporters venus acclamer les joueurs de l’USAP à leur retour de Dublin dans la nuit de samedi à dimanche.
Pas vraiment étonnant puisque cela se passait sur le podium de L’Indépendant et surtout parce que L’Indép ne semble pas avoir d’autre vocation que de servir la soupe aux politiques qui lui achètent beaucoup d’espace publicitaire. Business is business.
Et L’Indép a fait ses choux gras avec la finale européenne. Gros coup financier avec son “Édition spéciale“ de 28 pages dont 18 de publicité. Gros coup également avec les dizaines d’insertions en quadrichromie que s’est payé le conseil général.
Oublions que L’Indép a pratiquement boudé l’USAP jusqu’en 1998. Notre journal n’avait alors d’yeux que pour le PFC (Perpignan Football Club) dont il était partenaire. Il faut dire qu’à cette époque l’USAP ne drainait pas autant d’argent qu’aujourd’hui. Business is business.
Aimer l’USAP, se réjouir du spectacle et de l’ambiance ne dispensent pas d’avoir un peu de lucidité.
Le conseil général devait-il dépenser des centaines de milliers d’euros pour cette campagne de pub dans la presse et sur un grand nombre de panneaux 4x3 ? Devait-il faire fabriquer ces quantités considérables de drapeaux, d’auto collants, de différentes tailles, de maillots et autres gadgets dont la distribution à parfois tourné en d’indignes bousculades ?
Les politiques entendent-ils les sarcasmes qu’ont suscité leur excès ? Les fanions de la ville de Perpignan et du conseil général rivalisant du haut des réverbères avaient un côté cloche merlesque qui n’a pas échappé à grand monde.
Les subventions données à l’USAP, la location d’un écran géant installé devant le Castillet sont des dépenses lourdes qui peuvent se discuter, mais elles ont une utilité.
Totalement obsédés par la récupération de l’image positive, gagnante de l’USAP, les politiques ont poussé l’aveuglement jusqu’à vouloir prendre la parole avant les joueurs et dirigeants de l’USAP. Les trois mille supporters ont dans un parfait chorus réagit par une joyeuse bronca de tous les diables couvrant chaque mot d’Alduy et de Bourquin qui ne comprenaient manifestement pas ce qui leur arrivait et qui, comme deux pantins, s’agitaient dans le vide. Les supporters étaient venus pour acclamer les joueurs et Marcel Dagrenat, ce qu’ils firent jusqu’à en perdre la voix.
Les politiques ont-ils entendu le message de la vox populi ? On verra bien lors de la prochaine finale que disputera l’USAP, peut-être l’année prochaine.