Cela se passait lundi 16 juin, d’abord au siège du parti indépendantiste Unitat Catalana, puis au domaine Sainte Barbe chez Robert Tricoire, à Mailloles où étaient réunis un bon nombre de ceux qui furent élus avec JPA, en juin 1993, sur la liste Perpignan Oxygène.

Dame Alduy, silencieuse depuis dix ans, est sortie de son mutisme au moment même où elle est mise en vedette dans le livre à succès d’Alain Rollat Ma part du Monde. JPA a-t-il voulu mettre un peu de baume sur les plaies de son épouse ? C’est, en tous cas, ce que les observateurs de la vie politique locale sont tentés de penser.

Dominique Alduy en a profité pour expliquer à ceux qui ne voyait en elle que l’austère épouse de JPA qu’il ne fallait pas la réduire à ce rôle.

Lui c’est lui, elle c’est elle, a-t-elle dit. Elle ne s’est pas gênée pour critiquer ceux qui ont changé d’équipe à la mi temps, visant sans nommer personne les co-listiers de Claude Barate de 1993 qui, en 1995 et en 2001, sont passés chez Alduy. Madame Alduy est également troublée par l’itinéraire des membres de Perpignan Oxygène, «l’équipe de 55 professionnels de terrain», partis sous les couleurs de la société civile, qui rejetaient les partis politiques. Dix ans plus tard, ses survivants sont presque tous encartés à l’UMP, dont JPA est le patron départemental. La politique politicienne ne correspond manifestement pas aux vues de Dominique Alduy.

Certes, Dominique Alduy est Dominique Alduy, avec son envergure, son brillant parcours professionnel, son caractère, ses idées, elle est de gauche, il est de droite. Mais que pèsent ces paroles face aux révélations d’Alain Rollat que personne, à la direction du Monde, à la direction du Midi-Libre ou à celle de L’Indép s’est bien gardé de démentir. Quel poids ont-elles par rapport à la soumission de L’Indép et du monopole local de la presse à son mari?

Dernier exemple en date: L’Indépendant n’a pas fait une ligne sur les dix ans d’Alduy à la mairie. Pourquoi ? Nous nous limiterons à rapporter les propos d’un confrère «Jean-Paul Alduy ne veut pas qu’on en parle.» Même avec une presse tenue en laisse, JPA a préféré éviter que soit fait le bilan de ses dix années à la mairie de Perpignan.

Madame Alduy a sa part de responsabilité dans la déliquescence de ce département. Mais elle ne supporte pas que cela apparaisse ouvertement, ce n’est pas conforme à l’image qu’elle a d’elle-même et à celle qu’elle veut donner aux autres, notamment à ses amis parisiens de gauche.

Signalons que ces retrouvailles étaient organisées par Chantal Gombert et Valérie Loctin, sur une idée de cette dernière. La patronne de l’agence Cannibals est redevenue une groupie de JPA. Rappelons qu’en 1998, elle s’était fait éjectée de la mairie de Perpignan où elle cumulait les responsabilités de chef de cabinet et de directrice de la communication. Chantal Gombert, ces dernières années souvent très remontée contre JPA, a, elle aussi, retrouvé les effluves «du parfum d’amitié» auquel JPA ne cessait de faire référence en 1993.

Malgré l’insistance des gentilles organisatrices, plusieurs des principales figures de Perpignan Oxygène et anciens maires adjoints avaient décliné l’invitation, Etienne Nicolau, Maryse Lapergue, Lydie Labarthe, Dominique Shemla et d’autres qui furent conseillers municipaux.

Parlant de cette soirée, un des co-listiers de 1993 déclare «Le vin a coulé à flot, l’ambiance était bonne, cela m’a fait penser au repas d’une bande de vieux copains qui se retrouvent après l’enterrement de l’un des siens et qui se remémorent toutes les conneries et les bons moments qu’ils ont vécu ensemble. C’était une drôle d’idée de réunir ceux de 93.»