Il serait pourtant simple de dénouer la crise. Pourquoi ne pas nommer immédiatement évêque l’abbé Zizi ? Il resterait parmi nous et le département aurait enfin l’évêque qui lui fait défaut. On mettrait fin à cette situation insoutenable qui dure depuis dix mois et fait pleurer à gros bouillons la grenouille de bénitier du journal local.

On s’étonnera du mutisme des politiques sur ce que le journal nomme à juste titre “l’affaire“. Ils sont pourtant habituellement prompts à s’exprimer sur n’importe quel sujet et à se jeter sur le premier micro tendu. Plus inquiétant encore est le silence des intermittents du spectacle, on ne comprend pas qu’ils n’aient pas manifesté leur solidarité en venant le dimanche matin interrompre la messe à la cathédrale Saint-Jean.

Mais heureusement, les Taquin étaient là avec leur casa du même nom. Les têtes de gondole de la jet set perpignanaise n’ont pas hésité à faire appel à un consultant en lobbying afin de se faire expliquer comment on s’y prenait pour lancer une pétition. Résultat : un cahier invitait les clients de la célèbre maison à signer en faveur du prêtre.

La hiérarchie de l’église catholique locale est pourtant restée sourde aux nombreux appels des jet setters désespérés.

Aux dernières nouvelles, il paraît que l’abbé se serait jeté à l’eau et aurait été repêché par un pédalo qui, par la suite, aurait déposé le malheureux sur un paquebot où on lui aurait immédiatement proposé un job d’aumônier de croisière.

Quelle jolie fin ! Notre journal local a justement une agence de voyages qui organise des croisières. Il y a fort à parier qu’un certains nombre de nos concitoyens continueront de se laisser mener en bateau.

L’abbé Tise

PS : Dans la page entière qu’il consacre le 31 juillet à une autre affaire cléricale, celle de l’abbé Thomas Ziegler, IL’Indép a, dans son rappel des faits, omis de dire que le prêtre partait parce qu’il avait donné sa démission. Prenant ainsi le risque qu’elle soit acceptée. En regard des nombreuses éloges sur “quatre années de bons et loyaux services“, on regrettera également que L’Indép n’ai pas été plus précis sur les incartades du curé de Saint Jacques. Il aurait aussi fallu dire au lecteur que l’abbé Ziegler avait déjà eu des problèmes avec sa hiérarchie en Alsace d’où il est originaire.

Ne doutons pas que ce nouveau martyr de l’église devienne un jour un saint. Il s’en va avec sous le bras les articles de L’Indépendant qui, un jour, nourriront son dossier en béatification.