14aoû 2003
Mario Stasi défend F.. H...
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2003
«Nous essayons d’accélérer les choses car Maître H... ne devrait pas être là où il est», explique maître Mario Stasi ce mercredi 13 août entre deux rendez-vous. L’avocat de renom et ancien bâtonnier de l’ordre des avocats de Paris a commencé sa journée perpignanaise en se rendant à la prison de Perpignan où il s’est entretenu pendant une heure seul à seul avec Frank H..., détenu depuis maintenant trois semaines.
Le défenseur, venu spécialement de Paris, a ensuite fait une visite de courtoisie à l’étude du mandataire judiciaire et au conseil de l’ordre des avocats des P.-O. avant de rencontrer M. Pierson, procureur de la République adjoint et un juge suppléant, madame Raux Guarné étant actuellement en congés. Le retour de celle-ci est d’ailleurs assez attendu, Frank H... n’ayant toujours pas été entendu par la magistrate qui instruit le dossier.
« Le bazooka pourrait se retourner contre ceux qui l’ont utilisé », lâche Mario Stasi accompagné de Maître Iaouadan, le défenseur perpignanais de Frank H.... Il n’est pas difficile de comprendre que ce propos vise les abondants aveux de Fernandez père et fils qui ont conduit Frank H... en prison.
Florial et Pascal Fernandez ont été entendus par les policiers dans le cadre d’une plainte déposée fin juin par les époux H... à la suite d’une menace de mort de Fernandez fils visant Karine H.... Il est possible que les Fernandez aient très mal pris que Frank H... refuse d’intervenir à leur avantage dans la vente d’un important bien immobilier qu’ils convoitaient. Pire encore, le liquidateur serait intervenu en leur défaveur.
Mais l’affaire ne se résume pas à une histoire de chantage qui aurait mal tourné. Car Frank H... et Florial Fernandez se fréquentent depuis plusieurs années.
Arrivé en 1998 à Perpignan, où il ne connaît personne, Frank H... rencontre un personnage affable, venant comme lui de Bobigny. Florial Fernandez se présente comme un ancien juge consulaire. A-t-il vraiment exercé cette fonction ? Ce qui est sûr, c’est qu’il vend des biens mobiliers et immobiliers acquis dans le cadre de liquidations. Bénéficie-t-il de ses relations amicales avec Frank H... ?
Franck H... a-t-il perçu des commissions en contrepartie d’un appui ?
Oui, selon les abondantes confessions des Fernandez. D’aussi graves accusations doivent être prouvées. Malgré les nombreuses auditions auxquelles a procédé la police judiciaire, il ne semble pas que ce soit le cas. L’enquête n’est toutefois pas terminée.
Après avoir été enjôlé par Fernandez père, Frank H... l’a été par le fils. Pascal Fernandez fait le commerce de voitures de luxe et Frank H... a justement une faiblesse pour les très belles voitures.
Plusieurs personnes ayant été en contact avec les Fernandez font état d’attitudes et de pratiques commerciales n’inspirant pas du tout confiance. Frank H... pouvait-il l’ignorer ? Peut-il s’être fait berner ? Il n’y a pas, pour l’instant, de réponses à ces questions qui se posent avec force.
Un règlement de compte peut-il être à l’origine des ennuis de Frank H... ? Se méfier de la théorie du complot systématique ne doit pas faire oublier les solides inimitiés que s’était faites le mandataire judiciaire.
La présomption d’innocence, qui ne peut être réduite à une incantation, impose la plus grande prudence. Le nombre et la virulence des griefs adressés à la profession de mandataire judiciaire ne font pas automatiquement de Frank H... un coupable avant que cela ne soit démontré dans le cadre de l’instruction faite à charge et à décharge et par un jugement.
Il court dans les rues de Perpignan une rumeur qui veut que cette affaire soit très importante et implique du beau monde. De nombreuses professions ayant un certain prestige sont citées. Radio trottoir ne mêle pour une fois pas un seul politique à cette histoire. Le “tous pourris” et d’autres extravagances ont, quand même, la vie dure.
P.S. : La suite dans quelques jours…