18sep 2003
Rentrée : Bourquin et Alduy ratent la marche
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2003
Nos deux grands fauves n’auraient-ils pas passé de bonnes vacances ? Ils ont, en tout cas, bien raté leur rentrée.
A peine revenu à Perpignan, Jean-Paul Alduy annonce la venue de deux ministres, celui de la ville, Jean-Louis Borloo et celui de la culture, Jean-Jacques Aillagon pendant Visa pour l’Image. Ni l’un ni l’autre ne sont venus. Quel camouflet ! Il eut pourtant suffi que le maire de Perpignan attende que les visites ministérielles soient confirmées. JPA est souvent victime de son impatience et de son enthousiasme.
L’inauguration du marché des artistes gourmand qui se tiendra chaque samedi matin sur la Place de Catalogne a fourni à Christian Bourquin une bonne occasion pour montrer que son agressivité légendaire n’était pas émoussée. Il s’en prit à Jean-Pierre Joffre, le traitant de “petit soldat soviétique marchant pour Jean-Paul Alduy” et lui reprochant d’avoir “insulté l’institution du conseil général.”
Quel crime de lèse majesté Jean-Pierre Joffre a-t-il pu commettre pour que la foudre Bourquinesque s’abatte sur lui ? Lors de sa prise de parole en tant que président du collectif des associations organisatrices, il a tout simplement omis de remercier sa majesté Bourking.
Omission mais pas oubli. La pétulante patronne du restaurant Double YY, pilier de ce marché des artistes gourmands, ayant soufflé à l’oreille de J.-P. Joffre qu’il ne devait pas remercier Bourquin, car elle tenait à le faire elle même.
Le patron de Créapolis aurait pourtant eu d’excellentes raisons de zapper sur Bourquin. En effet, ce dernier, qui s’était personnellement engagé à prêter le réseau d’affichage du conseil général ne tint pas sa parole. Mais diplomate J-P Joffre était prêt à remercier Bourquin, ne serait ce que pour l’encourager à rejoindre ceux qui aident cette manifestation.
Précisons que Bourquin a fait un discours alors que son cabinet avait annoncé qu’il ne viendrait pas. Une absence qui semblait devoir aller de soi puisque le conseil général ne soutenait pas la manifestation.
La longue liste des personnes à qui Bourquin a mal parlé vient de s’enrichir d’un nom inattendu. Jean-Pierre Joffre est sans doute une des personnalités les plus appréciés du département. Combien de projets, de particuliers, d’associations, dans les domaines les plus divers a-t-il soutenu au cour de la dernière décennie ? Des centaines, de toutes natures, de toutes couleurs.
Le Roussillon ne souffrirait pas d’avoir des dizaines de personnes ayant l’état d’esprit de Joffre. Alors qu’un, un seul, président du conseil général qui se comporte de la sorte, c’est déjà beaucoup.
Et comme à chaque rentrée, Bourquin et Alduy ont donné une interview à L’Indépendant.
Le maire de Perpignan a répondu aux questions de Jean-Michel Collet. Signalons aimablement à notre confrère, l’éminent rédacteur culturel de L’Indépendant qu’il ne maîtrise pas encore très bien la technique du lustrage. Il faut qu’il apprenne à mettre moins de cirage et à mieux l’étaler, sinon ça laisse des traces très voyantes.
Petit extrait de la prose Collante… "S’il est un secteur de la politique de la ville qui a marqué l’action des deux premiers mandats de Jean-Paul Alduy, c’est bien celui de la culture, avec en pierre d’achoppement l’implantation d’une salle “rock” en centre ville. Très peu de villes de 100 000 habitants connaissent une vie culturelle aussi dense, avec autant de propositions, tant du point de vue de la pratique que de la consommation. Une action municipale qui a suscité la dynamisation du tissu associatif, l’émergence de structures complémentaires, de manifestations en tout genres et a favorisé le secteur de la création. Initiateur de cette dynamique, porteur du projet urbain, Jean-Paul Alduy…" Caraï !!!
Effacées les importantes carences de Perpignan en matière de culture. Elles ne sont d’ailleurs que le simple reflet de choix budgétaires. Perpignan se situe parmi les villes de France de plus 100 000 habitants qui consacrent le moins d’argent à la culture.
Au moment où il va poser la première question, Jean-Michel Collant renverse la boîte de cirage sur les pompes d’Alduy, mais celui-ci ne le prend pas mal, faisant comme si rien ne c’était passé, très spontanément, il met la main à la pâte et étale la matière grasse sur ses chaussettes.
Extrait :
"Jean-Michel Collet : Quelle réflexion vous a amené à donner une telle place à la culture dans votre action pour la ville de Perpignan ?
Jean-Paul Alduy : Je suis de formation ingénieur urbaniste architecte, et après un peu plus de trente années de carrière, pas seulement en France, mais aussi en Bolivie, à Téhéran, en Côte d’Ivoire, à Tunis, à Beyrouth, des villes ou j’ai travaillé au schéma directeur, je me suis aperçu que finalement, c’est l’action culturelle qui est le moteur du projet urbain…Donc, très vite, j’ai su que c’était l’investissement dans la culture, et sous toutes ses formes, et à condition qu’elle soit populaire, qui permet de faire que le projet urbain n’est pas quelque chose de désincarné, de simplement physique, mais devient quelque chose qui transforme en profondeur la société."
A-t-il, comme il le prétend, mis en place une politique culturelle fabriquant de l’intégration ? Pas du tout. On ne voit que des initiatives le plus souvent limitées dans le temps et dans l’espace. A Perpignan, ceux qui consomment et pratiquent de la culture sont très majoritairement issus des couches moyennes et supérieures. Quant aux catégories modestes de la population, qui constituent une bonne moitié de la population perpignanaise, elles en sont écartées.
Phénoménal Alduy ! Son discours est parfait. Il l’est tellement que l’on comprend qu’il puisse vouloir le substituer à la réalité.
La lecture de cette interview a provoqué la stupéfaction de nombreuses personnes.
Huit jours plus tard, Thomas Hirsch fait un papier dans lequel il donne quelques coups de griffes au Médiator. L'Indép. retombe sur ses patres.
L’interview de rentrée de Bourquin a également porté sur un seul sujet. Le président du conseil général dénonce les 500 à 600 redoublements en troisième, selon lui provoqués par le manque de place dans les lycées. On se serait attendu à ce que le président du conseil général parle des collèges, c’est son domaine de compétence. Mais il a préféré aller sur le terrain de Jacques Blanc : les lycées. C’est conforme à la stratégie personnelle d’un Bourquin qui se rêve en vice-président de la région et en bras droit de Georges Frèches.
Mais la dénonciation de Bourquin avait un gros point faible. Elle ne reposait sur aucun chiffre, sur aucune preuve. Malgré le renfort d’ailleurs parfois embarrassé de plusieurs organisations syndicales ou de parents d’élèves traditionnellement proche de la gauche, la polémique est apparue dénuée de fondement. Et pour cause, il y a eu cette année moins de redoublement en troisième que les années précédentes.
La surpopulation de la plupart des collèges et lycées du département et les conditions d’études et de travail qui en résultent n’en demeurent pas moins un vrai problème.
On a finalement retrouvé JPA et CB comme ils étaient avant les vacances. L’un s’adonne toujours à l’ivresse des mots et l’autre à la violence des mots.
Malgré quelques semaines d’interruption, la répétition de ce numéro finit par lasser.