25sep 2003
Félicitations à André Bonet
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2003
Non, je ne suis pas tombé de l’échelle sur laquelle je cueillais les figues de mon petit-déjeuner lorsque mon épouse est venue m’annoncer la nouvelle qui lui semblait si étonnante : André Bonet est nommé membre du Conseil supérieur de la langue française.
Surpris, mais pas étonné.
Lorsque l’on est doté d’un culot aussi phénoménal que celui d’André Bonet, on arrive forcément à se hisser sur les étagères les plus hautes.
Bernard Tapie ayant été fait ministre, pourquoi André Bonet ne pourrait-il pas faire partie du brillant aréopage chargé de conseiller le premier ministre sur le rayonnement de la langue française ?
Est-il inhabituel que des hommes sans autre qualité que leur soif d’honneur, de pouvoir, d’argent, accèdent à de hautes responsabilités ?
André Bonet ne s’arrêtera pas là !
L’Académie Française ? Il aurait tort de ne pas y penser.
L’avenir appartient aux audacieux.
"Il n’a pas de plume", diront certains.
Peu importe, il a de belles dents. Son nègre écrira les quelques livres qui feront de lui un écrivain reconnu par les journalistes dont il entretiendra l’amitié autour de bonnes tables et par de petits cadeaux choisis avec tellement de goût dans des boutiques de luxe.
N’y a-t-il pas danger à être à la merci d’un nègre ?
Mais pas du tout ! Au contraire. Il ne manquera pas, avec l’amicale complicité de quelques amis désintéressés des médias, de planifier et organiser la révélation du pot aux roses. Un académicien accusé d’avoir un nègre ! Scandale et promotion assurée. Un coup médiatique comme la société du spectacle en raffole.
Il faudra juste qu’André Bonet fasse un effort. Il est indispensable qu’il relise les textes de ce nègre qui penche beaucoup du côté de l’extrême droite. Cette précaution lui évitera de se retrouver dans la situation où le mit la parution de l’Encyclopédie des Pyrénées-Orientales. Craignant que le scandale n’affecte sa position, le président du Centre Méditerranéen du Livre désavoua sa signature au bas d’un texte réhabilitant le pro-nazi Robert Brasillach. Montrant là, mais cela n’était pas utile, qu’il était assez malin. Bien plus, que le président du conseil général qui, lui, s’enferra dans la défense d’un texte indéfendable.
Mais ne gâchons pas la fête en rappelant de mauvais souvenirs.
Félicitations.
Et bonne chance monsieur Bonet.
Fabrice Thomas
PS : Ministère de la culture et de la communication. Décret du 11 septembre 2003 portant nomination au Conseil supérieur de la langue française Journal Officiel du 14 septembre 2003.
Marie-Josée Béguelin. Yves Berger. André Bonet. Bruno Bourg-Broc. Jean-Louis Boursin. Jacques Chessex. Jacques de Decker. Raymond Devos. Claude Duneton. Dominique Gallet. Jacques Gantié. Henri-Christian Giraud. André Goosse. Michel Herbillon. Michel Le Bris. Jacques Legendre. Henri Lopes. Antonine Maillet. Monique Nemer. Hubert Nyssen. Pierre Perret. Bernard Quemada. Marcel Schneider. Agnès Touraine. Henriette Walter.
Présidé par le premier ministre, le Conseil supérieur de la langue française a pour mission "d'étudier, dans le cadre des grandes orientations définies par le Président de la République et le Gouvernement, les questions relatives à l'usage, à l'aménagement, à l'enrichissement, à la promotion et à la diffusion de la langue française en France et hors de France et à la politique à l'égard des langues étrangères. Il fait des propositions, recommande des formes d'action et donne son avis sur les questions dont il est saisi par le Premier ministre ou par les ministres chargés de l'éducation nationale et de la francophonie.