Christian Bourquin est en Chine depuis le 15 octobre pour une dizaine de jours. Comme il n’est accompagné que de Jacqueline Amiel Donat et de Luc Malepeyre, la question se posait de savoir si ce voyage avait un caractère privé ou public.

Malgré la discrétion qui entoure le sujet, au conseil général, on confirme clairement que Christian Bourquin est en délégation en Chine.

Il va de soi qu’un voyage privé n’aurait pas été commenté par perpignan-toutvabien.

L’intérêt de Jacqueline Amiel Donat pour la Chine n’est pas lié qu’à ses origines asiatiques. L’essentiel de l’activité d’Amiel Donat Consultants, dont le sigle ADOC figure sur une plaque au 7 de la rue Camille-Desmoulins, immeuble où se trouve aussi le cabinet de l’avocate, est principalement orienté vers la Chine.

Signalons que le gérant de cette société qui fait des “Etudes de marché et sondages“ est Jean-François Bourgeot. Cet ex-compagnon de Jacqueline Amiel Donat est journaliste au Midi-Libre à Montpellier.

Propriétaire du restaurant perpignanais le double YY (le Yin et le Yang, resto préféré de Bourquin) Gérard Amiel, frère de Jacqueline Amiel Donat est très actif dans le business franco-chinois, notamment dans le cadre de la société ADOC.

Une des activités d’ADOC consiste à mettre en relation des régions chinoises (plusieurs dizaines de millions d’habitants) avec des régions et départements français en agissant dans certains cas pour le compte des autorités chinoises.

Christian Bourquin va-t-il, à son retour, nous faire un grand numéro sur le thème du vaste marché d’un milliard d’habitants à la conquête duquel il est parti vendre nos vins doux naturels ?

Ne riez pas. Il en est tout à fait capable. Pourtant ce coup-là, on nous l’a fait combien de fois ? Vous devez vous souvenir des séjours de Marquès dans la province de Wakayama au Japon. On ne peut pas dire que ces voyages n’aient servi à rien. Les élus qui en furent gardent un souvenir inoubliable de leurs pitreries en kimono et des tournées de saké avalées en l’honneur de l’amitié franco-nippone (il y a même des photos à mourir de rire).

Mais la Chine ça fait plutôt rire jaune. Que des entreprises françaises et chinoises fassent du commerce est une chose, qu’un élu français, par ce qu’il représente, cautionne le plus grand goulag du monde et l’une des plus féroces dictatures de la planète en est une autre, qui mérite débat.

Pour ce qui est de Luc Malepeyre, responsable de l’édition départementale du Midi-Libre, ami de J.A.D, journaliste dont la plume cisèle si souvent les louanges de Christian Bourquin, on ne se demande pas pourquoi il était du voyage.

De notre envoyé spécial à Perpignang Fabrice Thomas

Une pensée pour Huang Qui, webmaster chinois qui vient d’être condamné à cinq ans de prison. Reporters sans frontières demande à la communauté internationale de se mobiliser pour obtenir la libération de Huang Qi et des 37 autres cyberdissidents et internautes détenus en Chine. Huang Qi a été arrêté le 3 juin 2000, la veille du onzième anniversaire du massacre de la place Tiananmen (4 juin 1989), et inculpé en vertu des articles 103 et 105 du code pénal. Les autorités reprochent au webmaster la publication sur son site Internet d'articles sur le massacre de la place Tiananmen en juin 1989, écrits par des dissidents basés à l'étranger. À l’origine, Huang Qi avait créé le site pour diffuser des avis de recherche de personnes disparues en Chine.

PS : Jacqueline Amiel Donat, c’est tout à son honneur, s’est depuis 1993 (elle était auparavant avec Paul Alduy qui fit d’elle la conseillère générale du Moulin à Vent) montrée très active dans la dénonciation des manquements à la morale publique.

Siégeant dans l’opposition au conseil municipal de Perpignan avec Christian Bourquin, de 1993 à 1995, J.A.D a fait preuve d’une grande intransigeance, voir d’agressivité à l’égard des “sbires” de Jean-Paul Alduy. Elle a mis, par exemple, nommément en cause des élus qu’elle accusait d’acheter le vote gitan.

Entre les deux tours des élections municipales de 2001, J.A.D a publié, une “Lettre ouverte d’une citoyenne en colère“. Elle y dénonçait avec férocité la mainmise des Alduy (mari et femme) sur la presse locale ainsi que la machine et le système clientéliste alduyste. Beaucoup ont applaudi cette salutaire initiative.

Jacqueline Amiel Donat n’aurait sans doute pas manqué de dénoncer le fait qu’une entreprise fournisse des prestations à une collectivité territoriale et dans le privé à l’élu qui la dirige.

C’est exactement la situation actuelle de Jacqueline Amiel Donat. Principale avocate du conseil général dont elle reçoit des honoraires impressionnants, elle est également l’avocate de Christian Bourquin et de membres de sa famille.

JAD pourrait-elle figurer sur la liste socialiste ou de la gauche unie aux élections régionales ? Cela se murmure. Qualifiée d’influente conseillère par certains, d’éminence grise par d’autres, l’avocate fait partie de la garde très rapprochée de Bourquin.