Pas de surprise à gauche ! On savait que Bourquin voulait diriger la liste des P.-O. aux régionales.

1 - Sa majesté Bourquin.

2 - PCF: Normalement Cocolette Tignères, conseillère régionale et conseillère municipale de Perpignan toujours très en colère contre la politique d’Alduy et de Raffarin. Elle se remet de problèmes de santé. On attend pour le milieu de la semaine le vote des adhérents du PCF qui ont le choix entre une liste PCF ou une alliance de gauche dès le premier tour. C’est cette dernière proposition qui devrait l’emporter, mais une surprise ne semble pas totalement à écarter.

3 - Un Vert : Jean-Baptiste Giordano. Militant écolo de l’Hérault. Les manœuvres d’appareil au plan régional ont eu raison de la légendaire, quoique un peu brouillonne, démocratie du parti Vert et en particulier du choix, fait par les adhérents des P.-O., qui s’était porté sur François Ferrand, militant et élu bien implanté.

Giordano est imposé par Montpellier. Même situation dans le Gard où le Vert vient aussi de L’Hérault. Décision de Georges Frèche et du leader régional des Verts, Pietrasanta. Commentaire d’un élu socialiste régional : « Frèches, comme Blanc, veut des élus qui ne l’emmerderont pas.»

J-B Giordano, qui est de Sète, va venir faire campagne dans le département et une fois élu n’y remettra plus les pieds. On connaît la musique. Alain Jamet, le chef régional du FN, est conseiller régional élu dans les P-O.

Où va-t-on si les Verts se mettent aussi à alimenter le discrédit de la politique qui est majoritaire aujourd’hui dans l’opinion… ?

4 - PS : Jacqueline Albafouille, elle est de Millas, comme le patron dont elle est proche. Elue municipale, maire adjointe, elle est appelée à jouer le contrepoids face à Damienne Bourquin, maire de la commune.

5 - PS : Jacques Cresta, secrétaire, sans trop de relief, de la fédération départementale du PS où C. Bourquin l’a installé. Il est conseiller municipal de Cabestany, commune dans laquelle son épouse Josy, qui est salariée du conseil général, est maire adjointe. Jacques Cresta fait plus que caresser le rêve de prendre la place du communiste Jean Vila aux élections municipales de 2007. Fort d’un mandat régional, il s’y emploiera activement.

6 - PRG : Siège réservé au Parti radical de gauche. Le sortant est Francis Manent, maire de Saint André, dont il se dit que Le Bourquinator ne voudrait pas. Il exige la candidature d’une femme. Un oukase qui n’est du goût des radicaux. Mais quelle femme ? Martine Ruiz ? conseillère municipale de Perpignan, elle ne fait pas l’unanimité. Cette ancienne élue Alduyste active et efficace pourrait pourtant ainsi avoir la possibilité de montrer qu’elle est animée par autre chose que de l’amertume. Mais on parle aussi d’une autre femme du PRG.

7 - PS : Marcel Mateu, conseiller général, maire adjoint d’Elne et incarnation du catalanisme de gauche, dont il veut être le Jaume Roure. « Il court après les mandats en France pour pavaner en Catalogne », dit un de ses (bons) amis. C’est un Bourquinophile galopant.

8 - Vert : Il est question de Katia Mango, conseillère municipale de Perpignan. Personnalité affirmée et combative, généralement estimée à gauche.

9 - PCF : Peut-être Rolland Moneills, conseiller régional sortant. Au PCF, les problèmes s’amoncellent. Le parti communiste qui avait deux conseillers régionaux sortants est d’ores et déjà perdant, il ne lui en restera qu’un.

10 - PS : Nicole Sabiols, conseillère régionale sortante, conseillère municipale de Perpignan. Aucun élu, aucun militant socialiste de Perpignan en position d’être élu. Certains sont tentés d’y voir un lien avec la volonté de Bourquin de revenir sur Perpignan et d’être candidat aux prochaines élections municipales. Il préparerait la piste d’atterrissage au coupe-coupe. C’est assez dans son style. Nicole Sabiols n’a que ses yeux pour pleurer sa dixième place.

Sa majesté Bourquin a des colistiers socialistes choisis pour ne pas lui faire d’ombre.

En ne faisant appel à aucun des élus socialistes connus, Cansouline, Codognès, Conte-Grégoire, Olive, Moly, Puigmal, Sicre… Le boulimique Bourquin portera la victoire sur ses épaules… Mais également la défaite… Assez peu nombreux seront les élus socialistes à mouiller leur chemise pour un Bourquin, dont le comportement les irrite de plus en plus.

A retenir également que deux sur trois candidats PS qui seraient élus si succès de la gauche il y avait, Bourquin et Mateu sont déjà conseillers généraux. Un mandat de maire et un autre de conseiller général ou régional sont facilement compatibles en terme d’emploi du temps. L’addition d’un mandat de conseiller régional et général mène immanquablement à négliger au moins un des deux.

A noter que C.Bourquin a écarté les candidatures des éléphants locaux en invoquant, très sérieusement, le cumul des mandats.

Pas un seul moins de 50 ans dans les éligibles. La liste concurrente d’extrême gauche ne manquera pas de mettre des personnes plus jeunes en avant et de ringardiser la liste de la gauche classique, trop classique.

Si la gauche gagne les élections régionales, les sept premiers iront siéger à Montpellier, sinon ils ne seront que deux, peut-être trois.

C. Bourquin s’offre un super golden parachute. La première place lui garantit un siège, que la gauche gagne, ou pas, le conseil régional.

Nombreux sont déjà ceux qui interprètent son ambition régionale comme le résultat de sa crainte de perdre son siège de président du conseil général des P.-O. Bourquin veut simplement tout. Plus fin, Frèches n’occupera pas la pôle position dans l’Hérault.