23juin 2004
Non à la récupération de l’USAP !
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2004
Super Bourquin avait promis la construction de 6 collèges en 6 ans pour faire face à la croissance démographique et à la surpopulation des établissements. Le président avait réuni une vaste audience, tout ce que le département compte de directeur d’établissements, de responsables syndicaux et, bien sûr, les médias pour «Prendre devant vous l’engagement solennel de réaliser ce plan ambitieux que mes prédécesseurs n’auraient même pas pu imaginer.»
A la rentrée 2001, il faisait rassembler les élèves entrant en sixième au collège du Soler pour leur annoncer que ceux d’entre eux qui habitent Toulouges feraient leur quatrième dans un collège tout neuf à Toulouges.
Des enseignants de Jules Verne et de nombreux parents n’avaient pas trop apprécié qu’un un élu fasse un discours aux enfants. Entre les petits cadeaux, les collations et l’importance que leur donnait ce grand monsieur qui venait s’adresser à eux, les gamins étaient, eux, plutôt ravis.
Mais cette première rencontre avec un politique alors député et président du conseil général (accompagné d’André Fieu, responsable de l’inspection académique des P-O) gardera un goût amer, car le collège ne sera pas ouvert à la prochaine rentrée, comme il était encore promis il y a peu de temps, c’est à dire dans les discours de la campagne des élections cantonales et régionales, en mars.
Le président du conseil général sait depuis longtemps que le collège n’ouvrira pas ses portes en 2004, car les entreprises participant à la construction de l’établissement n’ont pas prévu de terminer les travaux pour la prochaine rentrée.
Mais la vérité ne devait pas transpirer avant que les élections cantonales-régionales puis européennes soient passées.
En 6 ans, depuis que Christian Bourquin est président du conseil général, un collège (lancé sous la présidence de Marquès) a été construit à Saint-Cyprien et Jean Moulin a été entièrement rénové.
Tous les collèges du département sont en sureffectif de 100-200-300 élèves. Cela se traduit par des manques de salles de classe, des préaux trop petits pour abriter tous les enfants quand il pleut et bien d’autres problèmes pour les collégiens et les enseignants.
Rappelons que les collèges font partie des trois compétences obligatoires des conseils généraux avec le social et les routes.
Pas le moins du monde découragé par l’écart entre ses effets d’annonce et la réalité, Bourquin annonçait, en février, la construction de quatre nouveaux collèges d’ici deux ans.
Chez lui, la communication a remplacé l’action.
Pas étonnant qu’il jette son dévolu sur l’USAP !
Le club catalan est devenu sa priorité (surtout quand il gagne). Il y consacre des sommes colossales. Le soutien à l’équipe est une chose, la débauche de communication et d’articles textile à plus de 100 000 exemplaires, les campagnes d’affichage et l’achat d’espace dans les journaux en est une autre.
La grossière récupération des jeux du stade et de la magnifique fête qui l’accompagne relève d’un mépris pour les citoyens. Et beaucoup n’en sont pas dupe qui ne veulent pas arborer les drapeaux aux couleurs du conseil général.
Allez l’USAP !
PS : Christian Bourquin est tombé sur un os, un gros. Lors du match USAP / Béziers à Aymé Giral, Barend Britz est allé interpeller le président du conseil général, premier vice président de la région en lui disant, qu’ici, on parlait une langue et pas un patois et d’ajouter :«Ton copain Frêche, s’il continue, je vais lui mettre la tête dans le c…» Pourtant facilement querelleur, Bourquin n’a pas demandé son reste. Il est allé se trouver une place un peu plus bas dans la tribune.