Vous avez compris quelle haute estime j’ai pour la Légion d’Honneur et partant de là pour ceux qui la reçoivent, ou plutôt qui la demandent, soyons précis. Je ne trouve donc pas que Paul Alduy démérite de la porter depuis quelques jours aux revers de son veston. Je dirai même qu’elle en a maintenant encore plus de prestige à mes yeux.

Je n’ai pas assisté à l’émouvante cérémonie en l’honneur du fondateur de la dynastie Alduy, mais j’ai lu dans L’Indép, l’article, La légion d’honneur décernée à Monsieur Paul. Je ne sais pas à qui on doit ce titre, mais je l’ai beaucoup apprécié. Ce n’est pas moi qui ai ajouté une majuscule à monsieur.

De la part de L’Indép et de Corinne Sabouraud, ce petit florilège en l’honneur de Monsieur Paul. «Cet homme tout à fait exceptionnel»… «Un très grand monsieur dont Perpignan gardera à jamais la résonance…», «Des salves d’applaudissements crépitent. Honneurs à l’émérite personne, d’évidence envahie d’émotions. Un homme dont toute la noblesse d’esprit et de cœur s’exprime toujours pleinement.» Dans sa réponse à Pierre Mesmer, ancien premier ministre, Paul Alduy a parlé de la France, qui «descend le chemin de la décadence à un rythme qui me rappelle une fin de règne, comme celle de l’empire romain.»

Vous avez bien raison, monsieur Paul, la France elle allait bien mieux à l’époque où vous étiez chargé de veiller sur elle. Et je ne vous parlerai pas de la ville de Perpignan, dont vous fûtes, pour notre plus grand bonheur, pendant trente-quatre ans le premier magistrat. Tout fout le camp mon bon monsieur Paul.

Monsieur Paul a son avenue, Monsieur Paul a sa médaille, Monsieur Paul peut dire merci à Monsieur Jean-Paul et à tous ceux qui n’ont pas eu l’inélégance de rappeler qu’il quitta la vie politique avec une condamnation le privant durant cinq ans de ses droits civiques pour avoir pendant des années fait payer à la collectivité un joli salaire fictif à son épouse Chantal.

Ne rappelons pas non plus qu’à son arrivée à la mairie, en 1993, son fils fit un grand nettoyage qui évita de nouveaux ennuis à Monsieur Paul.

Monsieur Paul aurait pu couler une douce et tranquille retraite, assuré de ne jamais manquer de rien. Cela ne lui suffit pas. Monsieur Paul exige les honneurs qui lui sont dus.

Je suggère à Monsieur Paul de demander une statue.

Le ridicule ne tue pas !

Certes !

Mais il ridiculise, et ce n’est déjà pas mal!

Je profite de cet article pour adresser une prière en faveur d’une personne qui n’arbore pas la Légion d’Honneur, mais qui la mérite tellement. Je souhaiterais attirer sur elle l’attention des personnalités qui nous lisent. Monsieur Triquère, éditeur (Balzac Edition), grand serviteur affecté aux basses besognes du CML et j’en passe. Robert Triquère, lors de la consultation sur le thème de la culture et des identités, organisée par le Conseil Régional, a pris la parole pour dire qu’il ne signerait pas la pétition contre la fermeture du Centre Régional des Lettres par M. Frêche et il ajouta, propos rapporté par notre cher Indép : «Il y a une crispation entre le CRL et la région, son employeur. Les éditeurs de la région n’ont rien à y voir. Pour ma part j’attends de voir qu’elle politique du livre la région va mettre en place.»

Venant de lire cela dans le journal, un ami m’appelle : «Ce qu’il a dit est dégueulasse, comment lui qui a tellement été aidé par le Centre Régional des Lettres et qui a fait tellement de minauderies à Anne Potié (sa directrice) peut-il parler de crispations alors que Frêche liquide purement et simplement le CRL.» Je concentre, parce qu’il était très énervé.

Je ne vois pas du tout les choses de cette façon très moralisatrice.

Voilà pourquoi je souhaite que Monsieur (c’est moi qui met la majuscule) Triquère soit hautement distingué. J’admire le courage dont il a fait preuve, en allant, devant cent témoins, renier le CRL et faire allégeance devant Patrick Malavielle, nouveau président de la commission culture du conseil régional. Une telle bravoure ne peut qu’être récompensée. Elle le sera, je suis confiant.