15juil 2004
Crème Mont-Blanc
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2004
Je me demande toujours comment il peut y avoir autant d’élus de gauche qui utilisent un stylo Mont-Blanc, un truc à 3 000, 4 000, 5 000 balles et plus.
La Rolls des stylos, ça vous donne de la noblesse à l’écriture. Imaginez-vous son excellence l’ambassadeur, celui qui réussit ses réceptions grâce à Ferrero-Rocher, signer son courrier avec une pointe bic ? Non !
Et bien certains élus de gauche non plus.
C’est bien le problème !
C’est bien mon problème !
Mais je vous pose une question. L’élu de gauche qui astique son Mont Blanc dès qu’une trace apparaÎt sur son fuselage noir étincelant, vous croyez qu’il se préoccupe de ma voisine, toute jeune, toute sympa, toute joyeuse qui depuis un mois est obligée de porter le voile et qui n’est déjà plus la même ?
Celui qui sort un stylo qui représente le mois de salaire d’un smicard pour signer la dernière pétition d’Attac, vous le trouvez crédible ?
Les Mont-Blancophiles du coin, Bourquin et compagnie, socialistes et communistes, ont une réponse toute prête. Ils vont me traiter d’ouvriériste.
J’assume.
J’assume d’autant mieux que je connais des personnes qui gagnent bien plus de blé et qui ont une position sociale bien plus enviée que celle de nos petits marquis roses et qui ne signent pas avec un Mont-Blanc. Surtout pas.
Un truc pour avoir l’air mais avec lequel on n’a pas l’air du tout.
Le Mont blanc est un objet de représentation destiné à faire rêver le petit bourgeois, lui permettre de se prendre pour quelqu’un, parce qu’il utilise un stylo très cher.
C’est cela être de gauche ?
Il y a aussi ceux qui vont dire, Non mais ce n’est pas parce qu’on est de gauche que l’on n’aime pas les bonnes choses.
Je revendique pour tous l’accès aux bonnes et aux belles choses.
Mais je n’y classe pas les hochets nacrés et or. Les objets de frime, plus que de plaisir.
Mettez 30 000 balles dans l’achat d’une peinture de Cosme Estève ou de Patrick Lhoste et vous aurez tout mon respect.
Fabrice Thomas
PS : Encore une histoire de Mont-Blanc. Au début de l’année Bourquin a organisé un grosse sauterie au palais des rois de Majorque pour célébrer le départ de son vieux complice (ils s’entendent comme larrons en foire), René Marquès, ancien président de droite du conseil général. Le président Pataquès est reparti avec une très coûteuse parure Mont Blanc. Je ne fais pas une fixation sur les plus talentueux de nos artistes locaux, qui, pour la plupart, s’en sortent beaucoup plus mal que nos politiques, mais avec 20 000 balles, Morel aurait sorti un joli marbre.
Georges Fabre et Elisabeth Guitter sont partis au printemps pour un périple de un an projeter leur film tout autour du monde. Eux n’ont rien eu, même pas un stylo publicitaire avec le logo du conseil général.
On croit rêver !
Si le conseil général n’est pas assez riche pour donner un petit coup de main à des gens qui s’embarquent dans une belle aventure, comment peut-il l’être assez pour faire un cadeau royal à un monsieur cumulant ses retraites de médecin, de parlementaire et de conseiller général. Le gueuleton était peut-être suffisant ?
Tous ceux qui se voient refuser, un soutien, une subvention, reçoivent une explication sur la difficile situation du département du au poids des dépenses de l’action sociale et à la politique libérale de Raffarin qui étrangle les collectivités locales.
Sarda, président de la commission culture du conseil général a traité de “poujadistes” ceux qui avaient osé contester sa politique de répartition des politiques culturelles. Circulez il n’y a rien à voir. Vous n’êtes citoyen que le jour du vote. Non, la gestion des affaires et de l’argent public nous regarde, toute l’année.
Doriane Vidal, notre médaille d’argent olympique, aucun sportif n’avait ramené dans les P-O de récompense olympique depuis Jonquère d’Oriola, dans les années soixante, s’est faite éconduire deux fois par le conseil général de Bourquin qui ne lui a jamais rien donné.
Incroyable ! ! !
Injuste ! ! !
Moins de gueuletons, moins de communication, plus de subventions !