14oct 2004
Pas de rousquilles pour Bernard
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2004
Monsieur l’ancien préfet de Corse et des Pyrénées-Orientales nous rejoue le numéro du grand serviteur de l’Etat : «Quand on est préfet, on assume les réussites, les échecs, les excès de ceux que vous dirigez.»
Il assume, mais ne reconnaît pas son implication dans l’opération de barbouzes commise en Corse par des gendarmes d’élite placés sous son autorité.
Dans ses tardifs demis aveux publiés la veille du jour où la Cour de cassation devait se prononcer sur son pourvoi, monsieur Bonnet persiste à faire porter le chapeau à ses subordonnés, en particulier au Colonel Mazères : «Il entend un ordre que je n’ai pas le sentiment de lui avoir donné», déclare B. Bonnet au journal Le Monde.
Un homme souhaitant sincèrement retrouver son honneur aurait prononcé quelques mots d’excuses en direction des gendarmes qui au nom de la haute idée qu’ils se faisaient, eux, de leur devoir ont obéi à l’ordre d’incendier la paillote Chez Francis.
Impossible puisque Bonnet se présente en patron qui couvre les conneries de ses collaborateurs, les minimise s’il en est besoin, comme pour l’incendie de la première paillote, Aria Marina, à propos duquel il déclare au Monde «Ce n’était qu’une construction sur un rocher. Sa destruction était un geste idiot de collégiens, mais je couvre totalement, j’assume.»
L’interview au Monde a des airs de coup tordu ayant pour but d’obtenir une grâce présidentielle et d’y préparer l’opinion publique.
S’il se faisait une aussi haute idée de la République qu’il le prétend, Bernard Bonnet serait dignement allé affronter l’épreuve de l’exécution de la peine de prison à laquelle il est définitivement condamné à l’issu d’un premier procès, d’un procès en appel et d’une décision de la cour de cassation de la justice de la République Française.
Mais qui peut encore prendre la grandiloquence de B.B. pour de la grandeur ?
Il rejoue le célèbre couplet responsable mais pas coupable !
On aimerait tellement que Bernard Bonnet revienne à Perpignan où il manque beaucoup.
Il ne serait pas si mal à Mailloles. Lucifer du Midi-Libre et les grenouilles de préfecture monteraient un comité pour soutenir le moral du prisonnier. Les catalanistes organiseraient une gigantesque grillade et danseraient des sardanes au son de la sonorisation dressée aux abords de la prison.
Et le mot justice n’aurait pas de sens que pour José Bové !