Alors, vous avez jeté un coup d’œil sur le dossier de l’Express consacré à Bourquin ?

La photo de une est particulièrement réussie. Bourquin le cul posé sur son bureau à 300 000 balles et Jaurès placé à la hauteur du séant présidentiel. Il y a des symboles en pagaille dans cette image. Bourquin tient fermement, à deux mains, le fameux bureau. Ce n’est pas le photographe qui lui a dit de s’accrocher au bureau. Cela lui est sûrement venu tout seul. Bourquin sourit. Il affiche son célèbre air « je suis content de moi ». La cravate à pois avec la chemise à rayures trahit un Bourquin attentif à son look branché seventies. Mais cet air endimanché, cravaté et tape à l’œil, n’est pas celui d’un homme d’action. Serré dans sa veste, il n’a pas vraiment l’air du mec qui bosse.

La présence du buste de Jaurès qui n’est pas, habituellement, sur le bureau de Bourquin fait ressortir la mise en scène. La photo aurait eu l’air moins fausse si Jaurès était simplement apparu au second plan dans le décor. Bourquin n’arrive pas à faire illusion. Ce n’est pas la peine de dépenser autant de millions pour la communication s’il n’a pas quelqu’un pour lui donner les deux ou trois conseils qui lui aurait donné une apparence crédible. Mais, heureusement, qu’il y a Jaurès. Il contraste, rien qu’au niveau du regard. Le buste en plâtre a plus de présence que le Bourquin en chair et en os.

Et puis il y a le titre « Le système Bourquin » qui colle tellement avec la photo de ce type qui s’assoit sur la démocratie et sur les valeurs de gauche. Très, très bon ce Christian…Bellavia. C’est le photographe de L’Express. Au goulag Bellavia ! Une bonne photo, c’est une photo juste. Une photo qui capte la vérité d’un personnage. Il faudrait l’accrocher dans toutes les salles de classe des écoles du département, pendant la leçon consacrée à la République.

Le contenu est à déguster à la petite cuillère. Ce satané Molénat a, comme il sait le faire, enrobé le bestiau d’une sauce onctueuse. Il faut ce qu’il faut pour faire passer des vérités dans un supplément région de L’Express qui demain viendra demander de la pub au conseil général. Là, il risque d’être reçu !

Balaise la page sur « la droite Bourquiniste ». Qu'est ce qu'il y a de plus révélateur que la séduction que Bourquin exerce sur Marquès, l’ex président Pataquès, sur Jean Rède, maire de Banyuls à la sulfureuse réputation, sur Sissou Pons, dont Molénat rappelle le passé avec le Front National ?

Eclairant aussi, l’encadré sur le cabinet extérieur avec Jacqueline Amiel Donat, Pascal Provencel, Luc Malepeyre.

Le chapitre « Turbulances dans l’information » nous rappelle que Bourquin est un si fervent partisan de la liberté de la presse qu’il s’est fait taper sur les doigts par Michel Tubiana, président de la ligue des Droits de l’homme.

La rubrique Bourquin « Vu par » est carrément mortelle surtout ce que balance Alduy, « Christian Bourquin ? La copie râtée de Georges Frêche à 50 ans, l’intelligence et la culture en moins. Il n’est aujourd’hui que l’accent catalan de la Septimanie ! Cette agressivité naturelle, dès lors qu’elle n’est pas maitrisée au service d’un projet, se traduit par les pires excès : aucun respect des adversaires, une garde rapprochée servile, qui lui doit tout, une mise en scène exubérante –payée par le contribuable- de son image personnelle. En d’autre termes, le pouvoir pour le pouvoir ; tout dans les mots et l’imagerie, rien dans l’action structurante. Sur le plan des valeurs et de pratiques, je me sent plus à gauche que lui… »

Sans excès, tout en douceur et même en caressant sa proie, Molénat en dessine un portrait d’une criante et cruelle vérité.

La brutalité, la communication, l’intérêt mercantile qui réunit ses courtisans, voilà les ingrédients du système Bourquin.

Alduy dit que c’est Frêche l’intelligence en moins, il serait plus juste de dire que c’est Frêche l’efficacité en moins. Bourquin, c’est seulement le pouvoir pour le pouvoir.

Comme Molénat le montre, tout système autoritaire sécrète ses résistants. On ne les trouve pas que parmi les journalistes. Christian Blanc, le maire des Angles, «échappe à Bourquin malgré les pressions ». Et il est loin d’être le seul.

« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire », disait un grand homme qui fut aussi un homme de presse, Jean Jaurès.

PS : Molénat rappelle que Bourquin a rendu perpignan-toutvabien inaccessible depuis le conseil général. Je le souligne pour répondre à la demande d’un collaborateur du conseil général qui souhaite que cela figure en permanence et de façon visible sur le site.

''Polémique Victor reporter de guerre au Bourquinat Facho.''