14mai 2005
RMI : une affaire montée de toutes pièces ?
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2005
« Xénophobie, racisme, folie, bêtise, populisme, idéologie fascisante, primaire »… C’est avec ces mots que sont accueillies les déclarations de Bourquin sur la menace que les Lithuaniens et autres habitants des pays de l’est feraient peser sur le RMI en venant s’installer en France dans le but de toucher les minima sociaux.
Dignes de l’extrême droite, les propos de Bourquin ne sont d’ailleurs appréciés et applaudis que par la secrétaire départementale du FN.
Tout cela pour 14 « ressortissants » (quel joli mot !) des pays de l’Est qui ont déposé une demande de RMI.
14 selon Bourquin mais… combien en vérité ? D’après nos informations bien moins encore, 2? 3? 4? Pas plus !
Nous ne voulons pas imaginer que Bourquin est monté de toutes pièces cette affaire aux forts relents xénophobes.
La fiabilité de nos informations le laisse pourtant penser.
Des accusations aussi graves ne peuvent rester en suspens. Il faut qu’une personnalité, une administration indépendante ou une commission d’enquête puisse avoir accès aux dossiers de demande de RMI déposés au conseil général et établisse la vérité sur le nombre de demandes.
Mais de toute façon,, 14 demandes ne peuvent justifier les propos tenus par Bourquin, lundi 9 mai, journée de l’Europe, « Le problème est grave. Depuis un mois, nos services sont en alerte. Les dossiers de demandent de RMI affluent au conseil général. Nous sommes en veille la plus prudente pour en mesurer les conséquences » et il ajoutait, « Alerte ! le RMI est menacé par l’Europe de l’Est ».
On imagine mal, l'ampleur des conséquences, si il apparaissait que cette affaire a été fabriquée.
C'est la troisième fois depuis son accession en 1998 à la présidence du conseil général des P-O que Bourquin est en vedette dans le presse nationale. Sa proposition d'un travail obligatoire en contrepartie des RMI et l'affaire Brasillach furent en effet très médiatisées.
Fabrice Thomas
PS : Rappelons que le 12 janvier 2000, Bourquin décora François Gaciot de la médaille de l’Assemblée Nationale au nom de Laurent Fabius. Cette médaille vendue au kiosque de l’Assemblée n’est pas une décoration. Et Gaciot est, avec Pierre Sergent (ancien dirigeant de l’OAS), co-fondateur du FN dans les P-O. Bourquin l’ignorait d’autant moins que Gaciot avait été candidat du FN aux législatives, la même année que lui et sur la même circonscription. De quoi Bourquin était-il reconnaissant à Gaciot ?
Dans la liste des complaisances de Bourquin à l’égard de l’extrême droite on pourrait également ajouter, l’apologie signée par André Bonet de Robert Brasillach dans l’encyclopédie des Pyrénées-Orientales, la protection accordée au négationniste Fernand Gérard Belledent… et ses déclarations de 1998 qui concernaient déjà le RMI.