Alors que les rencontres programmées dans d’autres rues étaient annulées, au contraire, les habitants de la place du Figuier et de la rue de la Révolution Française trouvaient dans les évènements de ces derniers jours des raisons de maintenir cette manifestation qui rapproche les gens.

Ce matin, Jacques Deloncle, croisé près de la place du Puig et que j’interrogeais sur les évènements, m’avait simplement parlé de sa tristesse et surtout de la contribution même modeste que chacun pouvait apporter pour ramener les uns et les autres à vivre ensemble.

Ce soir, on n’était pas dans la société du spectacle. Sans faire de discours. Il n’y avait d’ailleurs pas d’hommes politiques. Pas davantage de journalistes. Accompagné de Jacques Molénat (L’Express), nous avons attendu l’heure de la fin du repas pour aller prendre un verre et manger une délicieuse part de gâteau.

Une pensée pour Hans, notre SDF préféré qui sent plus mauvais que jamais. Profondément endormi, sous le porche de la BNP près du Palmarium, il s’est fait piquer son sac, dans la nuit de lundi à mardi à quelques dizaines de mètres de la compagnie de CRS qui campe devant le Palais de Justice. Probablement un autre SDF qui est passé par là. Les relations sont dures, parmi les gens très pauvres, aussi dures qu’entre les gens très riches.

Ce matin à Saint-Martin je me suis pris un contrôle d’identité par un CRS pas content que je photographie la patrouille, de dos. «Interdit de photographier des policiers en activité», m’a dit le grand contrôleur. Je n’ai pas été étonné de les retrouver dix minutes plus tard en train de chauffer un groupe de jeunes auxquels ils contrôlaient les papiers de voitures, en stationnement. Je croyais naïvement qu’ils étaient là pour pacifier. Franchement, ce n’est pas le moment. J’ai demandé au CRS qui me contrôlait de me donner son identité, comme tout fonctionnaire doit le faire. Il a refusé, « CRS 56 », répétait-il.

Sur France 2 (mardi midi) Bourquin demandait à Alduy d’arrêter sa politique clientéliste avec les gitans. Il a un certain aplomb, l’organisateur de la grande fête qui, l’an dernier, réunissait les gitans de Saint-Jacques (territoire de la circonscription dont il fut député et qu’il espère reprendre à Calvet) au Palais des Rois de Majorque devant de grands buffets fastueux et des orchestres. Des employés du conseil général, ils en voient pourtant de toutes sortes, étaient écoeurés. Alduy comme Bourquin doivent revoir leur rapport avec les Gitans. Traités comme des citoyens, ces derniers ne seraient pas à ce niveau d’insociabilité et d’incivisme.

Bourquin n’a pas réussi à tenir sa langue. Il disait pourtant qu’il ne s’exprimerait que lorsque le calme serait revenu. Quand la maison brûle on s’y met tous pour éteindre le feu, on n’assiste pas au spectacle en discutant sur l’identité du pyromane. Bourquin s’associe à un mouvement aussi dangereux que malsain qui consiste à chercher un bouc émissaire. Ressort classique de toutes les situations de crise.

Perpignan a besoin de nous. Nous pouvons tous faire un petit geste qui contribue à apaiser les tensions.

Fabrice Thomas, Casque Bleu à Perpignan.