Commençons par une lettre adressée par Georges Frêche à Christian Blanc, maire des Angles, conseiller général.

''Le 26 août 2005

Monsieur le Maire et Conseiller Général,

J’ai bien reçu copie de votre lettre à mon ami Christian Bourquin.

Faîtes attention, à la rigueur, le ridicule tue, car bien que Conseiller Général, vous me paraissez ignare.

La Septimanie est le nom du pays catalan entre le V ème et le X ème siècle. Alors restons calmes. J’ai mieux à faire que de vous servir de sparring partner pour une promotion de mauvais aloi.

Veuillez agréer, Monsieur le Maire et Conseiller Général, l’assurance de mes sentiments distingués.

Le Président, Georges Frêche''

Risquons une explication. Frêche n’a peut-être pas apprécié la campagne de vaccination contre la septimaniole.

Il va falloir mobiliser tous les anticorps pour guérir G. Frêche. Si il y a 25000 ou 30000 personnes dans la rue le 8 octobre, l’épidémie sera sans aucun doute stoppée.

Tous les médiévistes de l’université de Perpignan, de Montpellier ou de Paris disent tous que jamais une parcelle du territoire de la région ne s’est appelée officiellement Septimanie.

Frêche a trop écouté les belles histoires de son ami Jacques Michaud, Fondateur de la Fraternité Jacquaire de Septimanie. C’est lui le gourou de la Septimanie. Il l’avait d’ailleurs vendue à Jacques Blanc, qui y avait mis des sous. Rectifions : nos sous.

Tout se passe à Tolède. C’est la que la fraternité jacquaire et d’autres confréries espagnoles, dont nombre de membres appartiennent à l’Opus Dei, se retrouvent. Il est inutile de préciser que tout cela est très catho et très à droite.

Tous les journalistes de la région font l’impasse sur Jacques Michaud, le vrai père de la Septimanie, prof de droit à la fac de Montpellier et supérieur hiérarchique de Frêche. Pourquoi ?

Le président de la région est monté personnellement au créneau avec une nouvelle interview dans l’Indépendant, la seconde en huit jours. « Septimanie : Georges Frêche n’écarte pas l’idée de retirer son projet » titre en gros caractères à la une, notre journal local.

La Septimanie est sur tous les fronts taillés en pièce. Mais le despote, seul dans son bunker croit encore à la Septimanie triomphante. Il se battra jusqu’au bout.

J’ai entendu un confrère doctement expliquer que Frêche reculait. Soyons sérieux. G. Frêche et C. Bourquin veulent surtout faire baisser la pression et démobiliser les anti septicémie à quelques semaines d’une manifestation dont ils redoutent qu’elle rassemble,beaucoup, beaucoup de monde.

Frêche annonce qu’il tiendra des réunions avec Bourquin, mais aussi avec Pierre Aylagas, maire d’Argelès et Michel Moly, maire de Collioure. Voilà les deux frères de la côte et grands rivaux à la succession d’Henri Sicre à la députation, embarquée sur le radeau Septimanie, sans aucun doute malgré eux.

Il faut vraiment que le besoin soit pressant pour qu’il annonce une tournée dans les P-O, lui qui n’y met pratiquement jamais les pieds.

Bourquin dans le Midi-Libre et sur son blog prétend que le refus de la Septimanie est « une supercherie orchestrée par la droite ». Il a raison, de source bien informée il semble que le rejet de la Septimanie soit orchestré par l’impérialisme américain et sa marionnette Bush. Mais les islamo-gauchistes ne seraient pas loin non plus.

C’est un peu lamentable. Mais Bourquin insiste, « les gens vont se rendre compte qu’il s’agit là d’un débat politique droite gauche. C’est clair ! On verra bien si lors de leur manifestation ils seront autant nombreux que ceux qui ont voté à droite dans les P-O aux dernières élections…

Ceux qui refusent la Septimanie, 90 % de la population des P-O, sont beaucoup plus dignes. Ils ne disent pas que la Septimanie, c’est un coup du PS ou de la gauche. Ils ne font aucun amalgame.

Incapable de susciter la moindre adhésion à leur Septimanie, Frêche et Bourquin ont recours à la manipulation, aux coups bas, au discrédit. Laissons les patauger dans leur bain.

Nourri au biberon du maoïsme et de la révolution culturelle (qui fit des millions de victimes), Frêche est un brutal qui croit pouvoir imposer une Septimanie qui n’a aucune légitimité démocratique, culturelle, historique, économique…Du passé faisons table rase, c’est avec cette vision que Frêche arrivé à la mairie de Montpellier décida de faire une ville nouvelle, Antigone, et qui nouvellement installé à la région, proclame l’an 1 de la Septimanie.

Frêche reconnaît que le but de sa démarche est bien de changer le nom de la région alors qu’il jurait le contraire dans l’interview de la semaine dernière.

Il est coutumier de ce genre d’attitude, cette versatilité est une des facettes de son arrogance, de son autoritarisme.

Bourquin s’insurge, il n’a jamais été question de changer le nom de la région.

Arrêtons de jouer sur les mots. La Septimanie nous est imposée partout. Comme sur cette carte touristique SEPTIMANIE (Languedoc-Roussillon en petits caractères) diffusée cet été à des centaines de milliers d’exemplaires.

Les mauvais arguments utilisés par Frêche et Bourquin témoignent d’un profond manque de respect à l’égard de ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, mais ils montrent surtout qu’ils sont aux abois.

Tout cela dit, je suis personnellement plutôt pour ce nom de Septimanie (à la seule condition que le nom soit précédé de « République bananière de… ». C’est mieux que Septimanie catalane ou Septimanie nord catalane dont l’usage serait exclusivement réservé aux P-O que Bourquin essaie de nous vendre pour faire passer la pilule.)

Polémique Victor Reporter de guerre à Perpignan.

PS : Un lecteur nous demande de rappeler les noms des conseillers régionaux catalans élus en mai 2004.

Groupe socialiste : Christian Bourquin, Jacques Cresta, Nicole Sabiols, Jany Prats-Vidal. Cette dernière, maire-adjointe à Saint-Estève et pro septimaniaque acharnée a déclaré que les gens ne comprenaient rien à la Septimanie. Air bien connu, le peuple ne comprend rien.

Groupe Vert : Michel Giordano, élu dans les P-O, mais n’y réside pas et n’y est pas revenu depuis la campagne électorale.

Alain Jamet : situation identique. Le Vert et la facho, tous les deux de l’Hérault sont élus dans les P-O. Mais la situation inverse n’existe pas.

Groupe communiste : Philippe Galano, Colette Tignères.

Groupe UMP : Danièle Pagès.

Groupe non inscrits : Pierre Becque, Roger Toreilles.

Coucou : On nous signale que perpignan-toutvabien est très suivi à la région. C’est trop d’honneur mes seigneurs de Septimanie. Le « média électronique », comme l’appelle Bourquin, n’en mérite pas autant. Précisons leur que ce n’est pas Christian Blanc qui nous a donné la lettre. Qui donc alors ? ? Cherchez bien.

PS: Belledent était bien invité et présent au mariage politico mondain de la fille de Jacqueline Amiel Donat.